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pain dans du plastique
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Au secours, mon boulanger est devenu transparent !

 
Comme tout le monde, l’apprenti communicant fait sa vaisselle, ses courses et son ménage. Légère différence avec tout le monde, la bouteille d’eau de Javel ou l’emballage de son goûter préféré sont susceptibles de l’amener à de longues et fastidieuses méditations. Je passai ainsi pour un être fort étrange ce matin en allant acheter ma baguette de pain quand, au lieu de passer ma commande, je me trouvai éberlué par la vue d’un mitron travaillant au four juste derrière la vendeuse.
Plus précisément, ce n’était pas ce mitron qui était en cause, ni son travail, ni même le four, mais bien autre chose. Tout simplement en fait, je venais de réaliser que la boulangerie en bas de chez moi avait été convertie au culte de la transparence ! Quand on pense transparence, on pense bien sûr  plus facilement à la finance ou la politique qu’à l’artisan du coin. Pourtant, la chose est ici indéniable, mon boulanger est devenu transparent.
D’une certaine manière, ça tombe bien. Ça permet de voir un peu mieux ce qu’est ce fameux concept, comment il circule, fonctionne et surtout dysfonctionne. Par exemple, je vois bien le mitron faire du pain, mais qu’est-ce qui me garantit que c’est bien le pain qui se trouve dans les panières devant moi ? De même, l’ouvrier est propre sur lui, son four a l’air nettoyé, le reste de son matériel aussi, pourtant rien ne me garantit qu’il suit les règles d’hygiène à la lettre et, ça je serais bien incapable de le voir.
Mais, quel est le rapport de tout cela à la communication, pensez-vous peut-être ? C’est justement que tout cela est de la communication. La transparence est un discours, un discours visuel ici, c’est-à-dire une mise en scène. On nous donne à voir le travail de l’artisan et on sous-entend ainsi : “on ne vous cache rien donc vous pouvez avoir confiance.” Problème, on ne peut pas ne rien cacher, il y aurait trop à montrer. Impossible de faire voir la semence de chaque grain de blé, la moisson de chaque épi, la mouture de chaque élément, toutes les étapes du travail du boulanger, etc. La transparence est impossible. Mieux ou pire, elle est un excellent moyen de ne montrer que ce que l’on veut montrer. Si je “joue la transparence” la journée dans mon atelier, il est plus facile d’y faire ce que je veux la nuit, puisque j’ai la confiance de mes consommateurs.
Le déplacement de la transparence vers des univers bien connus et relativement simples nous permet ainsi de comprendre comment elle fonctionne dans des mondes plus complexes. Fantasme de notre temps, peut-être né de la défiance, elle en génère à son tour. On n’a pas confiance en les institutions, alors on leur demande de nous montrer tout ce qu’elles font, mais elles sont incapables (et pas forcément désireuses) de le faire, et la défiance s’en trouve aggravée : “on ne nous dit pas tout”.
Un des défis des communicants de demain, et donc des apprentis communicants d’aujourd’hui, ce sera peut-être d’aider à sortir de la transparence et donc à rétablir la confiance. Sans prêter de pouvoirs magiques à la communication, on peut penser qu’elle aurait sa place dans une telle entreprise. Et, ce ne serait pas simplement l’occasion de se faire belles âmes mais aussi d’éviter de passer pour d’éternels vendeurs de vent.
 
Romain Pédron

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Le site de la campagne l'Odyssée de Cartier pour les 160 ans de la marque
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Après Homère, c'est au tour de Cartier

 
Je doute que la belle panthère Cartier ait échappé à votre regard ces derniers jours, se baladant d’écrans en écrans, du web à la télévision… Après deux ans de travail acharné, l’agence Marcel nous offre un film, à l’occasion des 165 ans de la marque, qui peut se vanter d’avoir déjà plus de 2 millions de vues à son actif. Et pour cause ! Une plongée de 3 minutes 30 dans un univers indescriptible, onirique à souhait… “Un vrai bijou de film” ! C’est le cas de le dire. Une pure campagne d’image, institutionnelle, quasi-cinématographique, mettant en scène l’histoire et les valeurs de la marque sous la focale de la création et de l’art. Enjoy !

En soutien au film, l’agence a mis en place un site dédié à l’expérience, ainsi que la possibilité de découvrir le making-of directement sur la page Facebook Cartier.
 
Marion Mons
Crédits photo & vidéo : ©Cartier – ©Marcel

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Société

L'ORT(AE)F

 
« Un couteau suisse, un objet qui sert à beaucoup de choses mais dont on ne sait pas quelles sont sa fonction première et sa finalité. » C’est en ces termes que Rachid Arhab du CSA a définit l’AEF — qui tient pour Audiovisuel Extérieur Français. Pour faire simple, l’AEF chapeaute les activités des télévisions et radios publiques françaises bénéficiant d’une diffusion internationale.
En 2008, Nicolas Sarkozy avait souhaité donner un coup de fouet à l’ancêtre de l’AEF, France Monde. L’idée était d’inscrire ces différents médias que sont France 24 et RFI détenus à 100% par l’AEF et TV5 Monde dans une stratégie commune afin de leur offrir une réelle visibilité internationale. À la manière de la britannique BBC ou de la montante Al-Jazeera, l’AEF devait permettre à la France d’exister sur la carte des « médias-monde ».
Alors sous la houlette du Ministère des Affaires Étrangères, l’AEF se trouve affublé d’une direction bicéphale composée d’Alain de Pouzilhac au poste de président-directeur général et Christine Ockrent en directrice générale déléguée. Ainsi, petit délice de ce monstre à deux têtes, Bernard Kouchner se retrouve ministre de tutelle de sa femme. Mais une sombre affaire d’espionnage des mails, SMS et documents des dirigeants de France 24 régentée par cette dernière va conduire à sa suspension, laissant Pouzilhac seul aux commandes en mai 2011.
Seul boss à bord, Pouzilhac se retrouve alors les mains libres pour mener sa barque comme il l’entend. Dans son esprit, si l’AEF veut peser, il va falloir intégrer la radio RFI à la chaine de télévision France 24 créant une sorte de double compétence au sein d’un même pôle. Cependant, ce genre de décision ne se décide pas forcément autour d’une tasse de thé à la cafet’ du Quai d’Orsay. Alors une mission parlementaire lancée en février 2011 devait rendre compte de ce projet et des possibles dysfonctionnements attendus.
Ca n’a pas loupé, on se retrouve face à un beau foutoir. En premier lieu, la guéguerre intestine qui a agité l’AEF a salement « terni l’image de la France » selon Pierre Sellal, secrétaire général du Quai d’Orsay. Deuxième tâche d’huile dans le dossier, ce sont les innombrables rallonges que Pouzilhac a quémandées du côté de l’Élysée — 20 millions par-ci, 40 par là, pour une belle ardoise de plus de 100 millions d’euros. Ensuite, léger souci, les deux rapporteurs du dossier, Messieurs Christian Kert (UMP) et Didier Mathus (PS), ne sont absolument pas d’accord sur la suite à donner à la fusion. En effet, alors que Kert se réjouit de celle-ci permettant la réalisation d’une « news factory » d’avenir — combinaison des rédactions radio, Internet et télévision — , Mathus craint une dislocation de RFI au profit de France 24.
Histoire de rendre un rapport un tant soit peu cohérent, les deux députés vont proposer d’un commun accord que TV5 sorte de l’attelage de l’AEF par le biais de France Télévisions, et suggérer une solution mi-chaude mi-froide, où — plutôt qu’une fusion — il s’agirait de simplement renforcer les liens entre RFI et France 24. Ainsi, la fusion entre les deux entités semble plus que compromise puisque le rapport parlementaire est le seul moyen d’acter une telle décision.
Pour le coup, c’est un sacré camouflet pour l’UMP et le désormais candidat Sarkozy qui avait fait de la réforme de l’AEF une mesure phare de son quinquennat. Le résultat se donne à lire clairement, France 24 n’a toujours pas trouvé son aura internationale et la fusion patauge. Ainsi il est fort probable que le dossier n’avancera pas avant les présidentielles, et reste à voir ce que le prochain président décidera de faire.
 
PAL

Politique

Les poupées russes

 
Dimanche, dans un climat électrique Vladimir Poutine était élu avec plus de 60% des voix. Une réélection entourée d’une aura de doute : observateurs volontaires escamotés, bancs d’électeurs « volants » allant de bureau de vote en bureau de vote… Autant de ruses tues par le nouveau président qui évoque une élection « ouverte et honnête ». Pourtant toutes les formes de contestation n’ont pas été muselées et cette période électorale a permis le surgissement de nouvelles d’entre elles.
Ainsi, méfiez-vous des apparences : ces « poupées » sont en passe de devenir les figures de proue du mouvement anti-Poutine. Des masques flashy et des robes édulcorées qui n’auront pas empêché la réélection du « père de la nation ».
Poutine ou les nouvelles « poupées russes »
Ces mystérieuses créatures, qui forment le groupe punk « Pussy Riot », ont multiplié les happenings depuis quelques semaines pour dénoncer la politique de Poutine et son retour –annoncé- en tant que président après 4 ans passés à la tête du gouvernement. Un retour assez symbolique puisque, concrètement, l’ancien agent du KGB était toujours resté au pouvoir. Comment ? Grâce à un réel tour de passe-passe : puisque la constitution russe ne permet pas à son président d’enchaîner plus de deux mandats, Dimitri Medvedev a pris l’intérim dans cette vaste pantomime qui laissait le pouvoir aux mains de l’ancien président. Pis encore pour les détracteurs de Poutine, ils devraient souffrir sa présence au Kremlin jusqu’en 2018 en cas de victoire cette année (en 2008, une réforme de la constitution allongeait le mandat du président de 4 à 6 ans) voire 2024 s’il parvenait à briguer sa propre succession, ce qu’il avait déjà fait en 2004. Un horizon bouché qui en agace beaucoup…
Pourtant comme le dit le dicton, « chat échaudé… »
Poutine jouissait d’une popularité confortable jusqu’à ces derniers mois où divers scandales sont venus entacher la candidature de l’ex-président : corruption, fraude (les élections législatives de décembre sont entourées d’un voile de suspicion et ont provoqué moult manifestations), censure… Les maux dont on accuse le candidat sont violents et ont ranimé les forces de contestation des opposants. Opposants à qui on donne des noms, des visages et qui incarnent à l’étranger la figure du « Protester » à l’image du blogueur Alexeï Navalny auteur du blog Navalny et du site Rospil qui dénonce les différents faits de corruption. Cet activisme lui vaut un passage en prison mais participe surtout à donner de la visibilité à son combat relayé par de nombreux médias étrangers comme le site BBC news qui disait à son propos : « He is also arguably the only major opposition figure to emerge in Russia in the past five years. And he owes his political prominence almost exclusively to his activity as blogger »[1]. Cependant, le web n’est pas le seul territoire de la contestation et la rue est investie massivement. Par des manifestants d’abord, qui ont défilé à de nombreuses reprises dans les rues en arborant un ruban blanc, symbole de cette « révolution ».
Et dernièrement par un groupe punk, qui choisit de protester d’une façon atypique mais efficace. Les Pussy Riot c’est un band exclusivement féminin qui pour se faire entendre, a choisi de se produire dans des lieux pas forcément prêts à les accueillir : le toit d’un immeuble à proximité de la prison où était alors détenu Navalny, la Place Rouge et dernièrement  la cathédrale Saint Sauveur où elles ont prié -selon le titre de leur chanson- « Sainte Vierge, chasse Poutine »… Où la prière -punk- comme droit de résistance au « tyran » qu’un Thomas d’Acquin ne renierait pas…
Une balade punk sans conséquence ?
Dimanche soir, sans second tour, Vladimir Poutine était sacré Président de la République russe. Alors, que conclure de toute cette mobilisation ? Du bruit, et rien de plus ?
Certes l’élection de Poutine était annoncée, l’homme contrôlant la plupart des leviers du pouvoir : les médias, les forces de l’armée et les milieux d’affaires. Ce pouvoir ainsi verrouillé ne permettait aucune surprise aux urnes. Pourtant ce déferlement des paroles contestataires n’est pas vain : il trouve des relais efficaces qui consacrent les personnages emblématiques de cette lutte, meilleure façon de cristalliser l’attention sur les leaders de l’opposition et donc, de contrebalancer la parole officielle qui n’hésite pas à négliger cette opposition (Poutine comparait les rubans blancs brandis par les opposants à des préservatifs). Largement fissurée, l’image de Vladimir subit les attaques d’une partie de l’intelligentsia russe, des journalistes et des blogueurs qui n’hésitent pas à braver sur le net la censure et les peines encourues. Une décomplexion de la parole qui aujourd’hui fait mentir les pronostics : si Poutine est élu cette année et pour six ans, la question est maintenant de savoir si l’exploit sera réitéré en 2018.
Les perturbateurs font désormais mentir ceux qui voyaient Poutine rivaliser avec Staline et ses 25 ans au pouvoir.
 
 Marie Latirre
 
Crédits photo: Ksenia Kolesnikova

[1] bbc.co.uk

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chantal-jouanno-johanna-leguerre-afp
Politique

Jacques a dit tous aux champs !

 
Le XXIe siècle est définitivement une ère « verte ». Le biologique sous toutes ses formes est des plus tendance, les documentaires pleuvent à propos des agriculteurs qui ont la vie de plus en plus dure, mais surtout, envers et contre tout, le Salon de l’Agriculture fait toujours autant parler de lui après des siècles d’existence. Il faut savoir en effet que ce salon est issu d’un Concours Général Agricole, dont le premier a été lancé en 1870 à Paris. Dédié aux concours d’animaux, il a progressivement évolué en une présentation des animaux et produits du terroir, à l’image de ce qu’on connaît aujourd’hui (même si la tradition du concours demeure). C’est aujourd’hui la plus grande manifestation agricole française, qui a accueilli en 2011 pas loin de 680 000 visiteurs.
Et pourtant, ce n’est pas la nature qui attire visiteurs et journalistes à sillonner les allées au milieu du foin, des vaches et des producteurs vendeurs, mais bien plutôt l’aspect très politique de cet évènement. Si Mitterrand avait l’habitude de faire tous les ans un pèlerinage à la Roche de Solutré, Jacques Chirac a lui instauré une sorte de norme pour les politiques, celle d’apparaître au salon de l’agriculture. L’ancien Président y est en effet apparu chaque année durant toute sa carrière politique, où les médias ont notamment pu remarquer son amour des pommes. En 2008, Nicolas Sarkozy avait souhaité reprendre ce rituel en s’y rendant à son tour peu de temps après son élection, au début de son quinquennat. Avait alors eu lieu le dérapage hyper médiatisé que l’on sait du fameux « casse-toi pauvre con » lancé par le Président, dont il allait entendre parler pendant des années.  Suite à cet épisode, le salon de l’agriculture fut plus médiatisé que jamais, dans la logique désormais de dénicher le « buzz ». Et cette année, année électorale oblige, les politiques étaient plus présents que jamais à la porte de Versailles. Mais on peut du coup se demander qui a influencé l’autre : les politiques, sachant l’ampleur communicationnelle de cet évènement, se sont-ils sentis obligés d’y apparaître ? Ou bien, voyant le nombre de candidats prêts à visiter le salon, les médias se sont-ils mobilisés en masse afin d’être sûrs de ne pas louper l’évènement important qui aurait pu avoir lieu ?
En tous les cas cette année, le salon de l’agriculture s’incruste partout sur internet. Depuis l’inauguration Samedi 25 Février par Nicolas Sarkozy, les agriculteurs ont pu accueillir François Bayrou le Dimanche 26, François Hollande le Mardi 28, Jean-Luc Mélenchon le Mercredi 29, Eva Joly le Jeudi 1er Mars ou encore Marine Le Pen le Vendredi 2. Mais on a pu aussi y voir François Fillon, Ségolène Royal, Dominique de Villepin… Lorsque le rituel croise la période électorale, l’évènementiel devient une arme que personne ne veut laisser au hasard. Pourtant ce n’est pas toujours à leur avantage, comme le prouve l’exemple de Marine Le Pen qui a eu un accueil très chaleureux de ses sympathisants mais a également dû affronter une discussion musclée avec les responsables de la filière viande, suite à ses déclarations au sujet de la viande distribuée en Ile de France qui serait, selon la candidate, exclusivement hallal à l’insu des citoyens. De quoi relancer la polémique sur l’abattage des animaux et mécontenter les agriculteurs dépendants de cette activité.
Le salon de l’agriculture semble donc une étape communicationnelle et médiatique obligée, particulièrement en cette année 2012, bien qu’il ne soit pas forcément un bienfait pour le candidat politiquement parlant. Ce qui montre bien que si le lien entre politique et communication est nécessaire, leur adéquation n’est pas si aisée.
 
Héloïse Hamard
Crédits photo :
©AFP

Cube-McDonalds
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Ronald nous tire le portrait

 
La campagne “Venez comme vous êtes” continue de nous surprendre avec un nouveau volet qui n’est pas sans rappeler le lancement de la fameuse signature. Souvenez-vous, les stop-motion sympathiques et les enfilades d’affiches dans les couloirs de métro mettant en scène le même personnage avec différents styles si décalés.
Pour soutenir la nouvelle campagne print aux airs de cadavre exquis, lancée le 22 Février 2012, BETC a imaginé pour McDonalds une opération interactive. Ainsi, tout comme sur les affiches, les passants présents le 24 février sur le parvis de la Défense ont pu se prendre en photo et s’intégrer à la campagne dans un photomaton géant pourvu d’un grand écran :

A quand le shooting “portes ouvertes” ? Serons-nous tous bientôt des acteurs de pub ?
 
Marion Mons

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Politique

Je suis un « anti-communicant »

 
Début février, nous avons rencontré Maxime Verner, le déjà ex-étudiant du Celsa mais surtout le plus jeune candidat (22 ans) à l’élection présidentielle de 2012. Légèrement en retard, l’outsider nous dit apprendre plein de choses grâce à la campagne qu’il mène, son « école de la vie » comme il aime à le dire. A ce jour, Maxime Verner avait 302 promesses de signatures de maires de villages et de villes qui comptent entre 5 et 8000 habitants. [Il lui en manque aujourd’hui une centaine.] Il avait encore 180 rendez-vous prévus avec des élus dans le mois suivant… « Quand je fais un truc, je le fais à fond ». Pour le vérifier, suivez-le sur Twitter et soyez informés de tous ses voyages !
Croiser un candidat, en théorie, c’est pour parler de politique. Mais nous, nous avions plutôt à cœur de comprendre sa communication. Alors dans cet article, nous ne parlerons pas de la loi pour l’éligibilité des jeunes qu’il a fait passée en 2010, ni de l’Association des Jeunes de France, ni de son livre, ni de ses propositions pour la jeunesse, ni de celles sur l’économie, encore moins de celles à venir sur l’éthique. On trouve tout cela ici. Nous nous contenterons donc de dire qu’il est un candidat de proposition qui ne veut pas être président mais apporter un dynamisme à la campagne, des idées neuves et de vraies propositions pour un projet de société fondé autour d’une politique d’investissements sur la jeunesse. Car la politique, « c’est à tout le monde ». Il aime citer Camus (« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ») et faire le « V » avec ses doigts comme Verner mais c’est surtout « le signe le plus courageux et le plus symbolique » qu’il se puisse faire en temps de crise, Churchill le faisait en 1940.
Le « porte-voix de la jeunesse » se fout de l’image qu’il renvoie il s’en fout de la forme : « Ce qui [l]’intéresse, [le] passionne et ce qu’[il] veux faire, c’est ça : du fond ». D’où sa volonté de ne répondre qu’aux invitations d’émissions qui lui permettent réellement d’exprimer ses engagements. Par principe, il ne refuse pas les médias associatifs (et surtout pas FastNCurious). Il se dit lui-même « anti-communicant » et préfère largement Twitter à Facebook. Il y voit un lieu de rencontre et de débat avec des personnes influentes et y va quand il a un moment. Facebook, il ne s’en sert que comme d’un relais vers son site. D’ailleurs, 4000 personnes par jour vont sur son site (qu’il dit lui-même « mal foutu ») en venant de Facebook pour y découvrir ses articles et ses documents en PDF.
Lorsqu’il officialise ses programmes, il convie ceux qui le veulent. Comme les journalistes ne viennent que si leurs patrons le demandent, inutile de perdre du temps à leur courir après. De même, il dit ne pas être là pour diffuser sa pensée à des milliards de personnes mais plutôt pour débattre et convaincre ceux qui sont réellement ouverts à une politique audacieuse. En clair, il est disponible mais ne force personne à l’écouter. Il propose, à l’électorat et aux citoyens de disposer !
D’un esprit curieux, il voit que ce qui manque à la société, c’est de l’« humain ». Alors il va à la rencontre des gens physiquement. Il lit beaucoup et se nourrit de trois débats par semaine minimum. Il aime y croiser des gens, des passions et des projets qui viennent alimenter et consolider son propre système de pensée. Il précise d’ailleurs que sa communication et sa démarche se fondent avant tout sur l’humain et la générosité. Point trop d’argent, on peut faire un don à son association mais pas plus de cent euros, ainsi on reste fidèle à l’idée de l’association et Maxime Verner reste indépendant. Ses affiches ? C’est un architecte qui a une imprimerie qui les lui a imprimées. Quand il se déplace, il puise dans ses économies personnelles mais cela ne lui coûte pas trop cher puisqu’on lui prête des voitures et qu’il dort chez l’habitant. Et quand il rencontre des élus locaux, il leur parle et leur projette ses idées novatrices et ambitieuses. Il sait que les maires parlent entre eux et mise sur le « bouche à oreille » et le « téléphone arabe ».
 
Thomas Millard, Romain Pédron et Ludivine Préneron

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Image du film de la sécurité routière sorti début 2012 par Publicis Consultants sur les dangers de la route
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Un conducteur choqué en vaut deux

Voici le troisième volet d’une campagne en 3 temps menée par la Sécurité Routière, toujours bien décidée à nous rendre plus responsables ! En effet, même si le nombre de tués baisse d’années en années en France, elle n’en reste pas moins un des pays les plus concernés par les accidents de la route (encore 3 970 accidentés en 2011). C’est pour cette raison que la Sécurité Routière continue son travail et investie aujourd’hui dans des campagnes toujours plus transmédia. Il est donc possible de voir un nouveau film à la télévision depuis janvier, au cinéma depuis le 1er février, ainsi que sur facebook, sur msn et sur youtube (sans parler des relais média gratuits).
Après « Insoutenable » et ses 3 millions de vue sur Youtube en 2011 :

Et le film « électrochoc » décembre dernier :

Voici donc le premier film de Publicis Consultants pour l’organisme : 45 secondes pour “réveiller les consciences” et rappeler les principales causes des accidents de la route. Ce film fait partie d’une nouvelle campagne de sensibilisation demandant à chacun d’être acteur de la sécurité routière avec ce message “Tant qu’il y aura des morts…il nous faudra agir pour une route plus sûre”. Découvrez, en noir et blanc, 45 secondes d’images réelles mêlées à des images de fictions plus poignantes les unes que les autres :

Pour soutenir le film, l’agence a également prévu un espace de dialogue sur ce site. Le tout formant une campagne numérique conséquente.
 
Marion Mons
Sources :
©Le Parisien – ©Stratégies – ©Sécurité Routière – ©Publicis Consultants – Communiqué

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Twisted Metal "Shoot my truck" Capture d'écran
Société

Quand le digital devient trop érotique

Être digital, tel est le mot d’ordre de tout bon communiquant désireux de percer aujourd’hui. Le terme revient partout : il est tout aussi bien substantif qu’adjectif, nous sommes tous des « digital natives » ou « digital immigrants », les plus jeunes sont nés dedans, les autres évoluent à ses côtés en tentant de l’apprivoiser. Tant et si bien que l’on commence à avoir un peu de mal à distinguer clairement ce qu’il renferme. L’émergence d’un nouveau « mot besace » ? Peut-être.
Suis-je digital si j’ai un Smartphone et que j’utilise tous les jours mes applications favorites ? Suffit-il d’être sur Facebook et Twitter pour être digital ou faut-il au contraire maîtriser parfaitement la technicité de ces nouveaux outils pour pouvoir vraiment se dire acteur du concept?
Tirer sur un camion au milieu du désert, à balles réelles, simplement en appuyant sur la touche espace de son clavier, ça aussi c’est possible grâce au digital. Les mots ne trompent pas, c’est bien dans le Digital Post n°86 de l’agence DDB° que j’ai pu trouver le sujet de cet article.
Le jeu vidéo de combat motorisé Twisted metal, sorti en 1995 sur PlayStation chez Sony Computer Entertainment, va bientôt être réédité sur PlaySation 3. En attendant sa sortie, la marque lance donc une forme de jeu via un site internet créé à cet effet. « Shoot my truck », invite ainsi les internautes à s’inscrire afin d’avoir peut-être la chance de pouvoir tirer à balles réelles, avec une vraie mitraillette sur un camion en plein désert. Le concept est ici de reprendre la base du jeu qui consiste grosso modo à survivre dans une arène à bord d’un véhicule blindé et massivement armé. Pour être le dernier pilote en lisse, il faudra donc détruire tous les véhicules concurrents d’où l’idée d’illustrer « réellement » le jeu vidéo.

L’internaute se trouve alors en mesure d’agir sur le réel de façon violente par l’intermédiaire d’internet et de l’outil digital. Il a la possibilité de se déresponsabiliser de son acte, de se cacher derrière cette barre d’espace devenue mitraillette.
En conséquent, la frontière entre le monde virtuel et le monde physique devient, par le prisme numérique, de plus en plus réelle. N’oublions pas que dans digital, il y a chiffre mais il y a surtout « doigt » avec cette notion de touché. Et si le tact est une forme de « touché sans toucher » selon le mot de Derrida, alors cette utilisation du digital fait preuve de mauvais tact en créant une puissance hypocrite chez le participant, ne servant ni plus ni moins qu’à étancher sa soif de violence facile et sans conséquence. L’idée n’est pas ici de condamner mais bien de mettre en garde. J’ai d’ailleurs été moi même le premier à être tenté par l’expérience quand j’en ai appris l’existence.
 Mais s’il est mauvais de considérer la dichotomie entre monde numérique et monde réel comme étant trop prononcée, il peut s’avérer dangereux, ou du moins discutable, de la rendre trop perméable.
Pour finir, revenons sur les deux principes fondamentaux de la communication énoncés par Sybille Krämer dans son article « Appareils, messagers, virus : pour une réhabilitation de la transmission » paru en 2008 dans la revue Appareil. Entendons par le « principe postal », une communication fondée sur le processus de transmission du message faisant appel à un voire plusieurs médias ; et par « principe érotique » la dimension dialogique de la communication, non instrumentale, cette pragmatique universelle d’Habermas dans laquelle la réciprocité évince le rôle du média.
Dans le cas de Twisted metal, nous assistons à la dérive d’un des aspects de la communication digitale, pourtant essentielle aujourd’hui, qui comme la viralité, tend à superposer le principe érotique sur le principe postal.
Oublier le média, fenêtre ouverte sur le réel, ou pire encore, nous cacher derrière lui : voilà l’inquiétude naissante face à certaines utilisation du digital.
 
Ambroise

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