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Curiosités

Le « sex blushing » ou la vengeance de l’estime de soi.

Perte de contrôle, et alors ?

 

Qui n’a jamais été interrogé par un professeur peu scrupuleux sur un point du cours qu’il n’avait pas du tout écouté ?  Que celui qui n’a jamais senti la gêne de devoir répondre à la fameuse question « on peut savoir de quoi vous parliez ? » ou de se voir demander son avis pendant un dîner de famille à propos d’un sujet dont il n’a pour ainsi dire même pas connaissance de l’existence jette la première pierre car aujourd’hui on parle de sex blushing. En apparence le lien n’est pas évident, mais en réalité le rougissement peu importe le moment où il survient entretient un rapport singulier avec l’estime de soi. Traduit littéralement, sex blushing veut dire « rougissement dû au sexe ». Cela résulte tout simplement d’une accélération du rythme cardiaque face à une situation d’excitation. Mais si ce rougissement peut paraître logique dans une situation de stimulation intense du corps, il est aussi la traduction d’un plaisir partagé et d’une expérience relativement agréable.

Voir son partenaire afficher des pommettes rouges après l’acte sexuel donne l’impression de lui avoir procuré du plaisir car ce rougissement témoigne à la fois de l’effort et de l’excitation ressentis sans que nuls mots n’aient à être prononcés. Apercevoir ce rougissement à la fin de l’acte c’est finalement être conforté dans sa performance sexuelle sans avoir à poser la sempiternelle question « c’était bien hein ? ». Pourtant bon nombre d’entre nous ont détesté ce rougissement non maîtrisé jusqu’à développer parfois une éreutophobie (phobie du rougissement) profonde.

 

Combien l’ont maudit d’apparaître au détour d’une conversation, d’un moment d’intimité, ou même d’un simple croisement de regard. Ce rougissement considéré par certains comme un handicap car perçu comme une vicieuse trahison de nos émotions ne serait-il pas finalement un simple reflet de notre profondeur et de notre plaisir ? Dans le cas des relations intimes il agit du moins comme tel et démontre bien le changement d’interprétation d’un phénomène kinésique et sémiologique en fonction de la situation dans laquelle il est analysé.

Au fond ce rougissement est la traduction d’une perte de contrôle sur la situation vécue et sur l’émotivité ressentie. On sent ses joues devenir chaudes, on sait que l’on rougit.

Prendre conscience en direct de ce rougissement devant les yeux de son interlocuteur rend le rougissement d’autant plus dérangeant que l’on est démasqué : la situation nous gêne et notre interlocuteur peut le voir. Mais cet instinct de maîtrise et de contrôle de soi perd tout son intérêt lorsque l’on se retrouve dans le cas d’un rapport sexuel. Quoi de plus instinctif et de non maîtrisé que la naissance du désir. Comment en matière de sexe pourrait-on prendre plaisir à vivre une excitation dans la retenue ? C’est dans cette perspective que le rougissement devient alors un abandon de soi doux et naturel et non plus une honte.

Être soi même

Mais pourquoi est-ce agréable de dévoiler ses émotions ? L’acte sexuel suppose un dévoilement de son intimité et une révélation de sa nudité face à son partenaire. Dès lors, nulle possibilité de conserver longtemps un caractère froid, dur ou distant sous peine de gâcher complètement la symbiose censée se mettre en place. Le seul moyen de ne pas vivre une expérience ratée est de se détendre, de quitter la rationalité de la performance et de s’adonner à une parenthèse déconnectée de la réalité où l’on devient le temps des ébats un autre soi. Cet autre soi est celui qui révèle sa part d’intimité et abandonne la peur du jugement pour profiter pleinement du moment présent. Les partenaires faisant application de cette règle d’or qu’est l’abandon de soi balayent alors tous leurs complexes, et font l’expérience d’un relâchement émotionnel. Ce rougissement qui a tant fait souffrir, ce rougissement qui a créé tant d’incertitudes revient non pas pour témoigner d’un malaise mais d’une affirmation de soi à travers l’acte sexuel.

Désormais il n’est plus une honte mais l’affichage clair d’une volonté : je prends du plaisir et mon corps l’exprime de toutes les manières possibles. L’affect dévalorisant lié au rougissement en classe par exemple est amoindri par la décharge de ce souvenir traumatisant : cela a été défini par Freud comme étant l’abréaction. Ainsi le sujet se libère du poids pathogène lié à ses précédentes expériences traumatiques. La libération de soi-même aurait lieu au moment où l’on revit cette même expérience physique qu’est le rougissement mais dans un contexte où les normes sont inversées, et où ce qui est honteux devient séduisant, ce qui ne s’assume pas s’expose fièrement. L’estime de soi naît par le fait d’assumer ses émotions et les exposer à la personne la plus intime qu’il soit à travers un moment de communion intense. La sexualité demeure un bastion de ces liens de sincérité et de proximité favorables à l’estime de soi et dont le sex blushing pourrait être un symbole.

 

Raphaël Le Grand

Sources :

–        Ne plus rougir et accepter le regard des autres d’Antoine Pelissolo et Stéphane Roy
Conseils et exercices pour maîtriser ses rougissements
(Odile Jacob, 2009).

–        https://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Comportement/Articles-et-Dossiers/N-ayons-plus-honte-de-rougir/4Accepter-sa-sensibilite

–        https://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1993_num_48_5_4095

–        https://www.universalis.fr/encyclopedie/abreaction/

 

Le smartphone peut-il rendre heureux ?

« Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient. […] C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui se tuent et qui se pendent. »

Pascal, dans cet extrait des Pensées (1670), affirme une vérité qui rejoint le bon sens: le bonheur est la fin de toutes nos actions, peu importe le moyen. Qui, en effet, ne choisirait pas le bien-être face à la souffrance, quelle que soit la situation ?

Pour le philosophe, toutefois, seule la foi en Dieu permet d’atteindre un bonheur durable et véritable. Mais Pascal n’a vécu ni l’avènement du smartphone, ni la création de la psychologie positive. Or l’association de ces deux tendances apporte, à en croire certains, une solution pour tous à l’éternel problème de la quête du bonheur.

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Les Fanbases, l’atout des stars

L’ère du digital est à présent bien installée et avec elle sont apparues les fanbases (ou fandom). N’avez-vous jamais été passionné(e) par une personnalité ou un artiste ? Si c’est le cas peut-être avez-vous pu faire partie de l’une d’elles. Ce nouveau phénomène fait écho à la popularité des stars, c’est un outil communicationnel et une expression de la passion.

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Arbitrage vidéo, érotique du football

La caméra s’est infiltrée partout, elle hante nos ordis, nos smartphones, nos rues, et plus que jamais , les stades. Le VAR (assistance vidéo à l’arbitrage) a été inauguré en Ligue 1 début août lors de la rencontre entre l’OM et Toulouse. Grâce au VAR, l’arbitre a la possibilité de consulter un écran lors d’un événement litigieux entraînant un carton rouge, un penalty ou une faute grave non sifflée. Il peut v oir et revoir la scène sous différents angles . Alors que l’homme veut observer, surtout ce qui lui est interdit, l’arbitre, l’homme de l’ombre, est maintenant sous les feux des projecteurs.

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Sécurité et contenus sur Internet : le cas « ElsaGate »

L’apparition des écrans à tous les angles de notre société a transformé notre rapport au divertissement, si bien que dès le plus jeune âge, les enfants ont accès à un smartphone ou une tablette. Dès lors, ils détiennent entre leurs mains une puissante réserve de contenus pour se distraire. En dépit des dispositifs de sécurité mis en place pour réguler ces plateformes, le scandale YouTube communément appelé sur la toile ElsaGate démontre la faillibilité de ces systèmes.

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« Image.

Reflet et réflecteur, accumulateur et conducteur […]

Pas de valeur absolue d’une image.

Images et sons ne devront leur valeur et leur pouvoir

qu’à l’emploi auquel tu les destines »

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Le doigt à l’honneur

Avec son voyage à Saint-Martin (Antilles) en Septembre dernier, notre président a eu l’excentricité de remettre à l’honneur un symbole à priori aux antipodes du cadre politique : le doigt d’honneur.

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« Fais-moi ouïr », une tendance révélatrice de sens ?

Vous avez sûrement déjà entendu parler d’ASMR (Autonomy Sensory Medium Response), « réponse automatique des méridiens sensoriels » ou « réponse sensorielle autonome culminante ». Cette pratique procurerait, à certains, une forme d’orgasme auditif qui se traduirait par une sensation de frisson parcourant l’échine, du bas de la nuque jusqu’au haut du crâne. Ce concept a commencé par intéresser les influenceurs présents sur Internet et s’est par la suite popularisé, au point de toucher les marques, voire certains professionnels spécialisés en psychologie, neurologie et neurosciences. L’ASMR, utilisée à des fins que l’on pourrait qualifier de thérapeutiques, serait-elle en mesure de répondre à des enjeux d’ordre communicationnel ?

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