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Asymétrie

Les nouvelles formes d’expression du soi sur LinkedIn

« On s’ajoute sur LinkedIn ? », « Regarde qui vient de m’envoyer un message sur LinkedIn », ou encore « Je n’ai toujours pas de stage je crois que je vais demander à mes contacts LinkedIn »… Tout le monde ou presque a déjà entendu ces phrases au détour d’une conversation et c’est plutôt normal : ce réseau social, connu pour être le terrain de jeu des professionnels de tous horizons est utilisé par environ 115 millions d’utilisateurs réguliers dans le monde. La firme de Mountain View, créée en 2003 et rachetée par Microsoft en 2016, a su se tailler la part du lion dans un marché qui n’était pas encore réellement exploité : celui des réseaux sociaux dédiés au networking.

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Notre société n’est pas celle du spectacle, mais de la surveillance

Le 1er novembre 2016, le film Snowden réalisé par Oliver Stone faisait son entrée dans les salles du monde entier. Le 24 janvier 2018, c’était à une autre grande affaire d’Etat américaine de surgir sur grand écran avec le long-métrage Pentagon Papers de Steven Spielberg.Deux grands réalisateurs, deux films au casting exceptionnel (Joseph Gordon-Levitt et Shailene Woodley dans Snowden, Tom Hanks et Meryl Streep dans Pentagon Papers) pour narrer deux histoires incroyables.

Quels bras de fer se cachent derrière ces blockbusters américains ?

Des sujets périlleux

Ex-consultant de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) et ancien mandataire de l’Agence centrale de renseignement (CIA), Edward Snowden décide en 2012 de télécharger des dossiers ultrasecrets révélant le vaste système de surveillance orchestré par les Etats-Unis dans le monde entier au nom de la lutte contre le terrorisme. Il les confie à des journalistes du quotidien britannique The Guardian pour qu’ils fassent éclater la vérité auprès du grand public, obligeant ainsi les dirigeants de la NSA, de la CIA, et des Etats-Unis (Barack Obama à l’époque) de démentir ces accusations, avant de les admettre et de tenter de les expliquer au peuple américain.

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À la Musique, Aux Marques, Le Streaming rédempteur

2017. Lucian Grainge, patron d’Universal Music écrit à ses employés : « Après une longue et difficile phase de transition, l’industrie renoue enfin avec la croissance ». L’industrie musicale clôture une année des plus importantes : après 15 ans de récession, les revenus sont en hausse de 11 %, à 7,7 milliards de dollars. Qui remercier ? Le divin streaming et sa messe par abonnement. Les revenus tirés des formules payantes ont doublé de 2,5 milliards de dollars en 2017 (+114 %), selon la Recording Industry Association of America.

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Time’s Up et MeToo : une communication en noir et blanc

Time has come

« À tous ceux qui voudraient essayer de nous faire taire, nous offrons deux mots : c’est fini ». « C’est fini », « time is up » en anglais. En trois mots, lors de la cérémonie des Grammy Awards le 28 janvier, la chanteuse Janelle Monae a repris dans son discours le flambeau d’Hollywood, se l’appropriant et passant ainsi le témoin à l’industrie musicale américaine. Une rose blanche au col, comme ses consœurs Lady Gaga, Pink ou Rihanna, la chanteuse a ouvert la voix sur un sujet jusqu’à maintenant peu traité par le milieu de la musique. L’industrie du cinéma avait amorcé le mouvement aux Golden Globes, en s’habillant tout en noir par solidarité avec les victimes de harcèlement et d’agression. Une action qui a inspiré les labels Roc Nation et Interscope/Geffen/A&M Records, proposant la rose blanche, « symbole de résistance » inspiré du mouvement des Suffragettes, toutes habillées de blanc.

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#Time’sUp, Le cas Aziz Ansari : dérive du mouvement ou nouveau regard sur un débat nécessaire ?

Aziz Ansari est un humoriste, acteur, et producteur reconnu. Le créateur de la série Netflix « Master of None » s’est toujours défini comme féministe et a soutenu à plusieurs reprises le mouvement #MeToo.

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L’immigration à l'ère Macron, droitiser pour mieux régner

 
C’est avec le projet de loi sur l’immigration, présenté jeudi 11 janvier 2018, qu’Edouard Philippe met en scène le durcissement de la politique migratoire française. Bien loin de la « grande société » rêvée par Alexis de Tocqueville, la justification de ce projet de loi semble attester d’une dynamique individualisante, et au demeurant égoïste. Réponse à un besoin sécuritaire, le gouvernement court-circuite ici les prétentions d’une droite en reconstruction avec une loi de circonstance.

Avant tout, et il est parfois bon de le rappeler, nous vivons dans une société multiculturelle. Ce multiculturalisme est une réponse à l’individualisme qui découle de la séparation des corps sous l’Ancien Régime. Il n’y avait plus d’appartenance collective face à l’avènement des institutions que sont la famille, le mariage ou les syndicats. Durant la deuxième moitié du XXème siècle, c’est ainsi que l’on reconnaît la place des identités dans la société. Et au lieu d’entretenir cette dynamique, ce projet de loi semble vouloir fédérer autour d’une volonté de repli. Examen de l’asymétrie dans la réception d’une loi sur un problème qui déchaîne les passions.
 

L’émotion, facteur clivant d’une loi archaïsante

Premièrement, et il semble pertinent de le rappeler, cette loi n’est pas mauvaise en soi. La thématique de l’immigration est souvent mise en avant de façon manichéenne dans nos médias, et il importe de s’en détacher. Dans ce qu’on peut lire, une conception effectivement binaire du débat sur l’immigration ressort souvent. La bonne politique serait nécessairement celle de l’accueil, et la mauvaise, la méchante, celle de la restriction qui serait motivée par l’entre-soi et la difficile acceptation de l’autre. La question soulevée par l’annonce de cette réforme est ici plus complexe qu’elle n’en a l’air.
 
Ici, et une fois encore, la position tenue par Emmanuel Macron est difficile à catégoriser. D’un côté en adéquation avec les propos de Mme Merkel qui prône un accueil inconditionnel, et de l’autre partisan d’un pragmatisme qui dépasse une pensée jugée irrationnelle axée sur un principe moral de solidarité. Cette réforme et la façon dont elle est introduite par Emmanuel Macron et Edouard Philippe mettent en exergue un autre aspect du débat, qui va au-delà de celui qui concerne l’accueil ou la restriction. Le curseur se déplace vers la confrontation entre l’émotivité, celle des belles âmes qui s’attardent sur les individus et les raisons qui les poussent à émigrer, et la rationalité, bien que froide et désincarnée, qui constate les difficultés d’accueil du fait du manque d’infrastructures en France.
Nous retrouvons ici la volonté de construire une image selon laquelle le président Macron ne s’encombre pas de considérations partisanes : il n’y a pas de souci à prendre à la gauche et à la droite, c’est toujours l’efficacité qui prime.

Loin du droit mais près du peuple ?

Dans ce projet, comme dans tout projet de loi, il y a une prétention,  prétention de répondre à un besoin social via l’envoi d’un signal. C’est éluder que, dans cette démarche, on martyrise la matière juridique, on détricote ce qui a été fait auparavant, on reprend ce qui a été défait… On malmène le droit, on le décrédibilise en le marquant du sceau des errances politiques. Les exemples en la matière foisonnent. En 1980, Valéry Giscard d’Estaing fait voter la loi Bonnet relative à la prévention de l’immigration clandestine, rendant plus strictes les conditions d’entrée sur le territoire. En octobre 1981, François Mitterrand abroge la loi Bonnet et instaure de nouvelles dispositions dans l’ordonnance de 1945, dans le sens de la sécurité pour les étrangers sur le territoire français.
 
En l’occurrence, on trouve une illustration assez éloquente de ce que le pouvoir politique inflige à la pérennité de principe du droit. Comme dans de (très) nombreux cas, la politique semble primer sur la solennité attachée à l’objet juridique. Quel est l’intérêt de montrer ces évolutions et ces changements ? Il s’agit de relativiser et de désacraliser. Il s’agit de penser une temporalité autre que celle imposée aujourd’hui par le quinquennat, par le culte des 100 jours, par la volonté de faire vite. Alors, cette loi, c’est que de la com’ ? Peut-être bien, quand on voit comment les dirigeants ont la faculté de détricoter ce qui a été fait précédemment. Il se pourrait que l’effet à long terme d’une telle réforme soit bien maigre.

Paradoxe de plus, autorité en moins

Finalement, on retiendra deux choses de ce projet de loi. Un volet politique qui tient d’une volonté de couper l’herbe sous le pied à une droite très à droite incarnée par le segment qu’exploite Laurent Wauquiez à l’heure actuelle. Un volet communicationnel, plus symbolique, qui concerne le signal envoyé aux migrants avec cette loi et le caractère dissuasif de celle-ci.
 
Souvenons-nous du principe d’un programme qui souhaitait faire valoir l’ouverture. La mise en pratique de celui-ci se manifeste aujourd’hui par ce projet de loi qui, selon Serge Slama, professeur de droit public à l’Université Grenoble-Alpes, est plus dur que la loi Pasqua de 2003 ou que la politique menée par Nicolas Sarkozy. La terminologie utilisée dans le projet est également dans cette veine : est effectuée la distinction entre « réfugié » et « migrant économique ». On a d’une part un terme marqué d’un point de vue émotionnel, d’autre part une dénomination technique et plus désincarnée. Comme pour légitimer le durcissement des conditions d’accès au territoire français pour ceux qui seraient animés par la « seule » envie de connaitre de meilleures conditions de vie.
 
Pendant ce temps, on cultive l’apparence de l’unité au sein de la majorité, dans une volonté de garder la face et d’apparaître unis. Combien de temps reste-t-il avant le début de la mutinerie contre le capitaine Macron ?
 

Corentin Loubet

 
 
Sources
Marilyne Baumard / « La trame du projet de loi sur l’asile et l’immigration a été communiquée aux associations » / Le Monde / Publié le 10.01.2018 / Consulté le 15.01.2018 
 
Kim Hullot-Guiot / « Immigration, un projet de loi dur et contesté » / Libération / Publié le 11.01.2018 / Consulté le 15.01.2018
Maryline Baumard / « Que contient le projet de loi asile immigration ? » / Le Monde / Publié le 11.01.2018 / Consulté le 16.01.2018 
« Les dates clés de l’immigration en France » / Le Monde / Publié le 06.12.2002 / Consulté le 18.01.2018 
Alexandre Devecchio / Elisabeth Levy « En matière d’immigration, Macron va bien plus loin que ses prédécesseurs »/  Le Figaro Vox / Publié le 27.12.2017 / Consulté le 18.01.2018 
 
Crédits photo

  • Théo Haggaï, Cailloux, 2017
  • Felix Vallotton, La Blanche et la Noire, 1913
  • Henri Matisse, La Danse, 1911
  • Selçuk, Macron

 

La nouvelle censure ou l’Inquisition 2.0

La censure et la France ont une longue histoire en commun, elles forment un couple torturé qui, malgré les séparations successives, finissent inlassablement par se retrouver pour s’étreindre avec passion. Si par la force des choses, la censure a toujours été l’apanage de l’Etat et des fonctions régaliennes, il semblerait que son flambeau soit désormais passé entre les mains des citoyens. Rassemblés en communautés, en groupuscules ou simplement derrière leurs écrans, ils prônent la bien-pensance en vertu de l’intérêt commun afin d’immuniser la société contre les maux qui l’accablent. Humoristes, artistes ou même sportifs, tout le monde en prend pour son grade, et ça ne risque pas de s’arrêter : bienvenue dans l’Inquisition 2.0.
 

Historique de la censure en France

La censure française est plurielle, inventive et protéiforme. Elle a pu toucher les écrits lors de l’Ancien Régime (avec par exemple l’édit de François Ier contre les imprimeurs insoumis en 1535) mais aussi plus récemment le média télévisuel, notamment dans les années 1990 avec la désapprobation de la série animée Ken le survivant. Dès 1789, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme proclame la liberté d’expression et de pensée, un emblème humaniste et bienveillant qui sera néanmoins balayé d’un revers de main par un décret napoléonien qui rétablira la censure dès 1810. Aux origines de la censure vient l’État, machine indéfectible, qui l’exerçait dans le seul but de protéger ses institutions telles que l’Église, l’armée ou la famille. Partant d’un tel postulat, de nombreuses œuvres majeures furent censurées dès leur publication comme Madame Bovary de Gustave Flaubert ou Les Fleurs du Mal de Baudelaire en 1857 qui étaient alors accusées « d’offense à la morale religieuse » et « d’outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». C’est seulement en 1881 que la loi sur la liberté de la presse est promulguée. Se pliant aux intransigeantes exigences de la loi l’Etat tente de diminuer ses ingérences dans les médias, des velléités au goût amer à l’aune des deux guerres mondiales et du contrôle de l’ORTF en 1964. Durant les années 80 la censure se conduit en transfuge, se ralliant aux citoyens plutôt qu’aux ministères. Ceux-ci tentent de palier aux manquements de l’Etat en s’organisant en associations pour revendiquer leur droit de contestation. À l’heure du numérique et des réseaux sociaux, chacun peut prendre la parole et s’insurger contre une publication qui ne lui est pas destinée, lui donnant un pouvoir de censure (toute proportion gardée) qui ne lui était pas octroyé il y a peu.
 

Crédit : babelthèque

Le nouveau visage de la censure

La censure a changé de visage, c’est un fait. Un grand pouvoir impliquant de grandes responsabilités (chacun le sait) quelques outils sont alors primordiaux pour l’exercer avec tout le zèle adéquat. Ce nouveau pouvoir s’exprime avec force par le truchement du CSA, surchargé d’innombrables requêtes de spectateurs choqués par des séquences télévisuelles d’un goût plus ou moins douteux. Pas moins de 90 000 saisies pour l’année 2017, un triste record auquel a grandement contribué Cyril Hanouna et son canular homophobe ainsi que certains débats houleux diffusés dans l’émission On n’est pas couché animée par Laurent Ruquier. Le dernier exemple en date est l’éviction de l’animateur Tex (animateur des Z’amours sur France 2), qui, après avoir honoré les spectateurs d’une mauvaise plaisanterie sur les femmes battues, s’est vu tout simplement limogé de la chaîne manu militari. Certes, la blague était sordide et des excuses étaient nécessaires, voire impérieuses. Fallait-il pour autant l’excommunier de la sorte ? Tout sujet est susceptible de créer la controverse, de scandaliser, d’offenser les âmes les plus chatouilleuses. L’hypersensibilité est devenue la norme, les spectateurs s’offusquent – à juste titre parfois – sans pour autant chercher à débattre ou à comprendre. Quoique l’on en pense, cette sensibilité exacerbée dénature la pensée, l’histoire ou même l’art, comme ça a pu être le cas récemment dans le métro londonien, où les nus d’Egon Schiele furent censurés car jugés trop provocants par des usagers.
 

Crédit : rmc.bfmtv

 

Les réseaux sociaux en ligne de mire

Les réseaux sociaux ne sont pas en reste et nous prouvent chaque jour un peu plus que la frontière entre liberté d’expression et censure est parfois poreuse. L’hyperréactivité inhérente à ces plateformes démontre la puissance des internautes face à un contenu quelconque. Cette assertion pourrait se résumer au cas du blackface du footballeur Antoine Griezmann qui s’était grimé en basketteur de l’équipe des Harlem Globetrotters pour une soirée en décembre dernier. Après avoir posté le cliché sur Twitter, un déferlement de réactions s’ensuivit, les internautes admonestants le footballeur pour s’être teint la peau en noir. Se rendant compte de la maladresse, Antoine Griezmann se défendit en arguant un hommage, mais le mal était fait : il a du rapidement retirer la photo sous la pression des « twittos ». Cet exemple, bien qu’anecdotique, dénote un mal symptomatique des communautés sur les réseaux sociaux : leur manque de recul. Cet affublement relevait certainement de l’égard que le footballeur portait aux basketteurs New Yorkais et non d’une vieille tradition raciste d’outre-Manche du siècle dernier. Ces groupes rassemblés sur Twitter ont une force de frappe immédiate et supérieure, pouvants à coup de tweets bien placés (et légitimes) destituer Roman Polanski de son rôle de président des Césars. Quand certains y voient un tribunal médiatique où chacun pourrait y aller de sa sentence, d’autres y voient un formidable outil pour peser sur les institutions ou le gouvernement. Seulement, la question de l’omnipotence du réseau social se pose : que ces communautés puissent faire avancer le débat sur des sujets de société est une chose (une bonne qui plus est), qu’elles réagissent en continu, à chaud et avec émotion en est une autre. Si le poids de ces communautés peut être un levier novateur pour les causes sociétales, il convient néanmoins de rappeler que leur prise de parole ne doit pas écraser celles des autres. À l’heure où de nombreuses associations ou groupuscules s’insurgent contre la prise de parole de certain, il semblerait opportun de ne pas laisser la censure grignoter la liberté d’expression, au risque que celle-ci devienne la norme.
 

Crédit : Le Huffington Post

 

Martin Blanchet

 

Sources :

Johnny : Une vie après la mort

Le mercredi 8 mars 2017, la rock star Johnny Hallyday annonce qu’il souffre d’un cancer des poumons. Le clan Hallyday, qui a toujours été très actif sur les réseaux sociaux, publiait depuis des photos de familles et des messages d’amour. Ils sont unis, et lancent un hashtag en guise de message à la maladie : #fuckcancer. Malgré tout, le chanteur nous quitte le 6 décembre dernier, laissant dans le deuil son épouse, ses enfants, ses proches et de nombreux admirateurs. Ce samedi, nous avons été témoins de la vague humaine qui a descendu les Champs Élysées venue dire adieu à son idole. Mais heureusement, son œuvre continuera de nous accompagner.
Comme Michael Jackson, qui figurait dans le classement Forbes des célébrités disparues générant le plus de revenus, ou Claude François, qui a atteint des ventes record d’albums depuis sa mort, Johnny Hallyday n’a certainement pas fini de nous faire chanter. C’est ce qu’on appelle la carrière posthume : les carrières de nos chères idoles se poursuivent après leur disparition. Mais comment ?

L’instrumentalisation de la mort d’une célébrité

 
L’artiste défunt, ou plutôt l’image qu’il avait, devient un symbole fédérateur qui crée – ou continue de créer – un lien entre la vedette et son public, on s’en sert pour donner un axe aux prochains produits dérivés et œuvres-hommage. La célébrité devient une icône qui transcende le temps, une marque tirée de sa personnalité.
Même si l’artiste vit encore d’une certaine façon par sa musique ou son art, son impossibilité à communiquer sert les médias et les disquaires. En effet, l’absence de voix médiatique de l’idole disparue permet à toute une industrie de continuer à le faire vivre avec une voix différente, une voix qui convoque la nostalgie chez son public. L’important pour l’industrie, c’est de conserver la culture commune partagée entre le public et l’artiste avec par exemple un film sur sa vie, un album photo de famille, une compilation de ses meilleurs hits, les moments forts de ses performances sur scène, etc.

La nostalgie comme parti pris

On a tous en tête un chanteur ou un groupe qui a partagé avec nous les moments les plus chers de notre existence à travers sa musique – ou un autre art. De nos jours, c’est d’autant plus facile de se sentir invité dans l’intimité des célébrités avec les réseaux sociaux. C’est une incroyable vitrine sur le quotidien de nos idoles, et c’est pourquoi se crée le sentiment d’une réelle proximité avec le public. Bien que cette proximité soit plutôt superficielle, puisqu’il y a rarement de réels échanges intimes entre le public et l’artiste, il n’en reste pas moins que les fans doivent faire leur deuil.
« Au-delà du besoin de réassurance auquel elle contribue, la nostalgie répond à différentes problématiques de gestion de marques. Elle est le moyen pour certaines marques d’élargir leur cible », affirme Aurélie Kessous. Effectivement, le sentiment de nostalgie comble un besoin et rassure les gens. En convoquant ce sentiment, on replonge les gens dans le passé, ce qui leur donne un repère.
Ce parti pris communicationnel apparaît presque comme une évidence, et il s’est avéré plus qu’efficace. Beaucoup de marques comme Volkswagen et Levi’s font appel au passé ou à l’histoire pour toucher leur cible. La nostalgie peut être collective (époque ou histoire) comme individuelle (souvenirs intimes), elle est suscitée par différents stimulus comme l’ouïe, l’odorat, la vue… En d’autres termes, on se sent mélancolique à l’écoute d’une chanson d’un artiste défunt, puisqu’elle nous rappelle également les émotions d’un moment passé à écouter cette chanson.
Et il n’y a pas que les fans qui revivent leur passion pour leur idole. Le décès d’une star, qu’elle soit populaire ou non, fait qu’un public plus large va la découvrir. Quand c’est un artiste iconique, comme Johnny Hallyday, qui nous quitte, c’est d’autant plus vrai puisqu’il y avait tout un univers derrière ses chansons. Plusieurs vont découvrir qui était Johnny par les albums photos et les films, et auront alors envie d’acheter sa musique.

Derrière chaque grand homme disparu se cache un homme

C’est un peu comme si l’homme derrière l’art n’était plus là, mais qu’il y avait toute une équipe encore présente pour faire continuer de tourner la machine. Il semblerait même que l’absence de l’artiste rapporte presque autant que sa présence. Peut-être parce qu’en son absence il laisse toute la place à son art. Peut-être parce qu’en son absence on joue sur des procédés différents pour vendre
Par exemple, dans le cas de Claude François, c’est Fabien Lecoeuvre qui orchestre le tout. Sous sa supervision, Cloclo a vendu plus de disques en étant défunt que durant sa carrière. Lecoeuvre a « la conviction qu’une carrière posthume doit être pensée avec plus de soin qu’une carrière « normale » » et les carrières posthumes n’ont plus de secrets pour lui. De plus, il est un véritable maître en matière de musique. Il a d’ailleurs publié Le petit Lecoeuvre illustré et La véritable histoire des chansons de Johnny Hallyday. Johnny Hallyday sera-t-il la prochaine personnalité culte dont il s’occupera ?
Les carrières posthumes sont assez troublantes, puisqu’elles sont parfois plus fructueuses que les carrières des artistes vivants. On ne soupçonne pas toute l’industrie qui se démène derrière pour continuer de faire vivre nos idoles, ceci pour notre plus grand bonheur. On peut déjà se douter – ou espérer- que Johnny Hallyday ne quittera jamais complètement nos oreilles ou nos cœurs.

Rosanne Bourque
Twitter : @RosanneBourque
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Sources :

 Crédits photos :

  1. image.4ever.eu
  2. intellivoire.net

 
 
 
 
 

Secret Story : de l'apogée au déclin de la téléréalité d'enfermement

Le jeudi 7 décembre, à 21 heures sur NT1, était retransmise en direct des studios de la Plaine-Saint-Denis la finale de Secret Story saison 11. Avec 468 000 téléspectateurs réunis devant leur poste de télévision (selon l’institut de mesure de l’audience des grands médias français), soit la plus basse audience historique réalisée par une finale du programme. L‘ultime prime-time hebdomadaire de cette saison du jeu de téléréalité, phare d’EndemolShine, pourrait bien être le dernier chapitre de la grande histoire de la téléréalité d’enfermement en France. Explications.

Le communiqué de presse de la chaîne promettait un événement à la hauteur de la formidable saison qu’elle a fait vivre à ses téléspectateurs les plus fidèles. En réalité, on pourrait plutôt parler d’un non-événement, car le moins que l’on puisse dire, c’est que Secret Story ne passionne plus les foules…

En témoignent les audiences globales réalisées par le show de téléréalité cette année, qui n’ont pas de quoi affoler les compteurs de Médiamétrie : à peine 400 000 téléspectateurs en moyenne pour la quotidienne, diffusée la semaine en access prime-time, soit moins de 3 point de part d’audience. Le prime dépasse quant à lui de justesse les 500 000 téléspectateurs, soit à peine 2,4% du public présent devant la télévision. Bien faible quand on sait que lors des premières saisons du programme, les émissions quotidiennes dépassaient allègrement les 4 millions de fidèles, tandis que les primes tournaient autour des 5 millions.

« Secret Story », une création française adaptée du précurseur « Big Brother »

Si la téléréalité s’est démocratisée aujourd’hui, et qu’elle est déclinée dans de multiples thématiques, on oublie souvent que le programme pionner en la matière n’est autre que le concept Big Brother, créé par John de Mol, en 1999 aux Pays-Bas.

Cette émission a révolutionné la télévision de divertissement dans le monde entier. Elle compte à l’heure d’aujourd’hui plus de 50 adaptations internationales, une longévité record de près de 18 ans et elle a donné suite à des adaptations en tout genre, notamment avec des personnalités connues.

Le principe est simple : enfermer durant près de 3 mois une vingtaine de candidats anonymes dans un espace clos. C’est dans immense maison créée ex-nihilo que les candidats seront filmés 24 heures sur 24. La vie au sein de la maison est rythmée par une voix-off qui est la muse de la production pour intervenir dans le quotidien des habitants. Ces derniers se nominent entre eux chaque semaine, et une fois soumis au vote du public, l’un des colocataires quitte l’émission chaque semaine, au terme du prime-time d’élimination hebdomadaire.

Adapté d’abord sur M6 avec Loft Story en 2001, le format n’a duré que deux saisons, suite à des audiences jugées insuffisantes à l’époque, et des nombreuses polémiques ayant entachées la réputation de la « petite chaîne qui monte ». En effet, dès sa mise à l’antenne, l’émission, qui devient un véritable phénomène de société, subit les critiques de puissants cercles intellectuels, qui la qualifient de « télé-poubelle », un mécontentement alors largement repris par une part de l’opinion publique. Des manifestations anti-Loft Story sont même organisées devant le siège de la Six, ce qui nuit considérablement à l’image de la chaîne, ternie par l’aspect « trash » du programme. Souhaitant redorer son blason, M6 met fin à Loft Story en 2002, laissant le champ libre à la première chaîne d’Europe dans le créneau de la téléréalité. Elle est furieuse d’avoir manqué le format Big Brother, qui a propulsé sa consœur à plus de 11 millions de téléspectateurs lors de la finale de la première édition du show. Elle en profite alors pour se lier pendant dix ans avec Endemol via un contrat d’exclusivité sur tous ses nouveaux formats.

Puis, en 2007, Big Brother réapparaît en France dans une version totalement retravaillée, dans laquelle les candidats ont des secrets qu’ils doivent protéger, tout en essayant de trouver ceux des autres. Avec la création d’Endemol France, l’émission trouve très vite son public, et les premières saisons signent un succès d’audience retentissant. Car la vraie force novatrice de Secret Story est d’avoir associé aux schémas habituels de la téléréalité de vie en communauté (histoires de cœur, ruptures sentimentales, rivalités, clashs…) un aspect ludique très marqué, via les missions, les compétitions organisées au sein de la maison, les enquêtes autour des secrets, les stratégies des candidats, etc.

Ce savant mélange propulse Secret Story en tête des émissions phares de TF1. Au même titre que Star Academy ou Koh-Lanta, elle devient un programme emblématique de la téléréalité française.

De nombreuses spécificités nationales ont été insérées dans le format, pour le différencier du vieillissant programme fondateur. Par exemple, pour renforcer la dimension « éjectable » des candidats nominés de la semaine, la production française a installé un sas entre la maison et le monde extérieur dans lequel l’annonce du candidat éliminé est réalisée, en interaction avec le présentateur présent en plateau. Cela a bien sûr un effet sur le suspens de l’émission : via ce mécanisme, la production parvient à créer une impression d’enjeu important, amplifiée par le ton grave de l’animateur et un fond sonore très pesant.

10 ans plus tard, où en est le format ?

Onze saisons plus tard, ébranlé par un changement d’incarnation et un basculement sur la petite sœur de TF1, NT1, l’essoufflement du programme se fait clairement ressentir à chaque nouveau lancement.

En effet, en plus de l’usure mécanique du format, l’émission souffre d’un manque cruel d’investissement financier, clairement visible à l’antenne : la maison est la même depuis quatre saisons, le casting est réduit à des stéréotypes de la téléréalité. De plus, les schémas narratifs tournent en rond, avec des missions identiques d’année en année (« faux-couple », « faux-ex », « échange de partenaires » …), des twists vus et revus comme le retour d’anciens habitants, les fausses éliminations et les départs en pièce secrète.

Ce manque d’inventivité est sanctionné par un public jeune de plus en plus exigeant et volatile. De plus, le dispositif-antenne a subi de lourdes modifications qui ont contribué à la perte d’attractivité du programme : le traditionnel After Secret, qui suivait l’émission hebdomadaire, recueillant « à chaud » les réactions du candidat sortant, ainsi que les péripéties post-prime en connexion avec la maison, est passé à la trappe, jugé trop coûteux à produire pour l’horaire tardif dans lequel il aurait été diffusé.

A la place, la production a inséré un Debrief quotidien de l’épisode du jour, qui se contente de débattre et analyser les événements de la quotidienne, un talk-show au contenu bien maigre qui n’apporte aucune valeur ajoutée au programme.

Enfin, toujours dans une logique pour rentabiliser le coût élevé du programme, la chaîne rediffuse à de (trop) nombreux horaires les quotidiennes, quitte à ce que le téléspectateur sature : Secret Story occupe ainsi près de huit heures d’antenne chaque jour, et même onze heures le jour du prime.

Ces restrictions budgétaires nuisibles à un show d’une telle envergure sont dues au fait que NT1 ne dispose pas de la même enveloppe que celle du vaisseau amiral TF1 lorsqu’elle était le diffuseur exclusif du jeu de téléréalité. En ce temps-là, Endemol facturait une saison complète 22 millions d’euros à la Une, ce qui permettait de réaliser un casting international, de trouver des secrets remarquables comme « Je suis né hermaphrodite», « Je vis avec les poumons d’un autre » et de multiplier les rebondissements. La maison était reconstruite intégralement chaque année et décorée par Michèle Sarfati, l’une des plus talentueuses décoratrices de la télévision.

Désormais, la chaîne fait pression sur le producteur pour qu’il abaisse sa facture à chaque renouvellement. Cette saison « au rabais » ne coûterait ainsi plus que 11 millions d’euros, ce qui représente néanmoins un budget très important pour une petite chaîne de la TNT comme NT1.

Austérité budgétaire oblige, l’environnement de vie des habitants est le même depuis 2014.

Produire mieux à moindre coût, la concurrence des séries-réalité

A ce désamour du public pour le programme d’enfermement est venu s’ajouter la rude concurrence d’un nouveau type d’émissions de téléréalité, apparu en 2011 : la série-réalité.

Tout commence par l’arrêt de Dilemme, une émission de téléréalité d’enfermement proposée par W9 au printemps 2010. Création française d’Alexia Laroche-Joubert, elle réalise des audiences correctes mais insuffisantes pour amortir le coût de production élevé du programme. La chaîne demande alors à la productrice de réfléchir à une nouvelle émission tout aussi fédératrice, mais moins chère à produire. C’est la naissance des Chti’s, qui donnera lieu à de nombreux spin-off comme Les Marseillais qui connaitront un immense succès auprès du jeune public. Dans le même temps, Les Anges d’NRJ12 s’envolent et réalisent des scores d’audience jamais vus pour un programme de téléréalité sur la TNT, avec des pointes à plus d’un million de téléspectateurs.

Ainsi, depuis 6 ans, pour toucher les cibles d’audiences prioritaires, à savoir les jeunes de 15 à 34 ans et les FRDA-50, les chaînes de la TNT usent et abusent des formats de série-réalité. L’équation est d’autant plus intéressante pour les diffuseurs que ces émissions sont produites à moindre coût : un épisode est facturé entre 20 à 40 000 euros à la chaîne, là où EndemolShine réclame plus de 100 000 euros à NT1 pour Secret Story.

Pourquoi un tel écart de prix ? A cause de tout le dispositif que l’émission génère, à savoir une maison et un plateau à construire, une équipe de production composée de près de 150 personnes, mobilisées durant 3 mois, un prime en direct hebdomadaire à produire, etc. Tout la difficulté dans la fabrication du programme est aussi liée au fait qu’il est produit et diffusé intégralement en direct, c’est-à-dire que la production construit et assemble les épisodes au jour le jour, ne pouvant prévoir véritablement un scénario à l’avance, comme c’est le cas pour les programmes de série-réalité, tournés plusieurs mois avant leur diffusion à l’écran. Cela revient 2 à 3 fois plus cher qu’une saison de série-réalité, alors que certaines sont bien plus performantes en audience, comme Les Marseillais VS Le reste du Monde, qui a rassemblé en audience veille cette saison près de 750 000 inconditionnels, soit près du double des quotidiennes de Secret Story.

En faisant revenir leurs candidats « stars » à chaque nouvelle saison, ces émissions s’appuient sur le côté « feuilleton » de leurs mésaventures, tournées dans des lieux exotiques et paradisiaques, bien loin de la morosité de l’automne parisien dans lequel évoluent les « secretistes ». De plus, en capitalisant sur la notoriété déjà bien développée de ses protagonistes, les séries-réalité s’assurent de voir revenir un socle minimal de fidèles, là où le casting est entièrement composé d’anonymes dans la « maison des secrets ».

Ainsi, les directeurs de programme de ces chaînes au coût de grille serrée optent de plus en plus, dans une logique de rationalité, pour ces programmes plus fédérateurs et moins coûteux.

L’émission « 10 couples parfaits », diffusée cet été sur le canal 11 de la TNT, a signé des scores d’audiences supérieurs à Secret Story 11, tout en étant facturée à la chaîne trois fois moins cher.

Mais alors, quel avenir pour la dernière émission de téléréalité d’enfermement française ? La renaissance de son diffuseur actuel, NT1 – qui subira un rebranding en janvier 2018 avec un nouveau nom assez controversé, TFX, une nouvelle identité visuelle, un habillage modernisé et une clarification de son positionnement éditorial, axé sur les jeunes de 15 à 24 ans – sonnera-t-elle le glas du programme ? Ou la direction des programmes choisira-t-elle de lui donner un nouveau souffle en lui offrant réellement les moyens de se renouveler ?

Sources :

« « Big Brother » et « Loft Story », les succès d’Endemol », Le Monde, Emmanuelle Jardonnet, 20/03/2005

« Comment « Secret Story » va cannibaliser l’antenne de NT1 », Pure Medias, Charles Decant, 05/09/2015

« Coulisse SECRET STORY 10, UNE VERSION LOW COST AVEC DES SECRETS AU RABAIS ? », VSD, 25/05/2016

« Les Marseillais vs Le reste du monde 2 (bilan d’audience) : Jessica, Julien et Nikola toujours au top sur W9 », Toutelatele.com, Benoît Mandin, 01/12/2017

« La téléréalité en France est-elle à bout de souffle ? », Le Figaro, Damien Mercereau, 04/12/2017

Crédits photos:

Image 1: œil de Secret Story

Image 2 : Logo Big Brother

Image 3 : Capture écran NT1 (Prime 11 Secret Story 9)

Image 4 : Manifestations anti-Loft Story devant le siège de M6

Image 6: Visuel 10 couples parfait

Image 5 : Capture écran NT1 (Maison des secrets)

Mélenchon, le modèle de communication à suivre pour les syndicats ?

L’opposition à la loi travail a mis en lumière les dissensions existantes entre les Insoumis et leur leader, Jean-Luc Mélenchon, et les principaux syndicats représentatifs français.
  
 
Les ordonnances réformant le Code du Travail ont connu une opposition populaire bien faible, en comparaison avec les manifestations anti-loi El Khomri. Si plusieurs manifestations se sont succédées partout en France, elles n’ont pas réuni suffisamment de protestataires pour obtenir une résonnance médiatique. Cet échec de la contestation sociale s’explique entre autres par les dissensions qui règnent entre les principaux leaders de l’opposition. Les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon et les principaux syndicats français n’ont fait preuve d’aucune unité, alors que leurs positions idéologiques restent proches pour ce sujet. Dans leur affrontement pour le leadership de cette protestation, leurs stratégies de communication jouent un rôle primordial.
 

Des syndicats dépassés…


 
Les syndicats français sont en crise, c’est un fait. Le taux de syndicalisation en France ne cesse de décroître, et frôle dangereusement la barre des 10% (11% en 2013, 8,7% dans le privé). Et la communication syndicale ne sort pas assez de l’ordinaire pour leur permettre de séduire à nouveau le salariat français. Leur présence médiatique est quasi inexistante, hors période de manifestations et de grève. En clair, ils n’existent que dans l’action de protestation classique : dans l’entreprise, ponctuellement dans la rue et les médias, mais leur présence n’est pas suffisamment variée tant en termes de forme et de fond. Sur la forme, leur absence quasi-totale des médias numériques leur empêche de toucher la nouvelle génération de travailleurs. Leurs sites internets respectifs, très classiques (voire imbuvables) tranchent avec la modernité et la clarté de la page d’accueil des Insoumis. Leur absence de résonnance sur les réseaux sociaux, pourtant un canal idéal pour toucher la jeunesse, prouve aussi que les syndicats peinent à se renouveler.
 

 
Les codes et symboles très utilisés ne varient que trop peu, depuis le poing levé jusqu’à la couleur rouge prédominante chez les trois principaux syndicats (CGT, CFDT, FO). Cette absence de renouvellement de la forme participe forcément au désamour des français pour les syndicats, pourtant des piliers essentiels de la démocratie sociale.
 

En contraste avec un Mélenchon moderne

A contrario, Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, a parfaitement su gérer sa communication, et ne pas s’essouffler après une campagne présidentielle réussie. Il incarne l’ultra-modernité qui manque aux syndicats. Pendant sa campagne déjà, il a rompu avec les codes usés par le temps, avec notamment, l’abandon de la couleur rouge prédominante (bien que subtilement présente) sur son affiche de campagne (contrairement à 2012). Surtout, il a su réinventer de manière très efficace les vieux codes de la campagne politique. Il a redonné un coup de projecteur sur les meetings politiques grâce à l’utilisation de son hologramme. Un simple coup de communication sans énorme plus-value ? Surtout une belle vitrine de modernité pour un candidat de 66 ans engagé politiquement depuis 41 ans.
Le vrai coup de génie de Mélenchon et de son équipe de communication aura été sa présence sur YouTube. Ce média aura été d’une rare efficacité pour toucher les jeunes durant la campagne, mais aussi après. La « Revue de la semaine » de Mélenchon rassemble ainsi près de 110 000 vues hebdomadaires. L’utilisation de YouTube par Mélenchon, une vraie première de cette campagne présidentielle, a été une franche réussite. Il totalise ainsi presque 370 00 abonnés aujourd’hui. À titre de comparaison, la chaîne CGT (oui, oui, elle existe) en totalise 1274, celle de la CFDT 423, et celle de la Force Ouvrière 386.
Certes, Mélenchon vise un public plus large que les syndicats cités de par la différence entre politique et syndicalisme. Cependant, leur base idéologique est proche. Mélenchon a su rendre de nouveau attractif pour la jeunesse un message que les syndicats peinent à faire entendre. Il est plus que temps qu’ils se penchent sur la question, car la France a besoin de partenaires sociaux modernes et rassembleurs. Elle en manque cruellement aujourd’hui.
 

Robin Labouérie

Linkedin : Robin Labouérie
 

Sources :

 

Crédits Photos :
  • Capture d’écran du site La France Insoumise (responsive design)
  • Capture d’écran du site CGT (responsive design)
  • Affiche électorale Jean-Luc Mélenchon Front de Gauche – Présidentielle 2012
  • Affiche électorale Jean-Luc Mélenchon La France Insoumise – Présidentielle 2017