Edito

FastN fait peau neuve

 
Chers lecteurs, chères lectrices, nous sommes très fières de vous annoncer la rentrée des classes chez FastNCurious !
En ce début d’année scolaire l’ancien bureau s’est attelé à sélectionner et former cette nouvelle équipe afin de lui passer – comme il se doit – le flambeau du blog. Nous les remercions pour leur confiance et pour le temps qu’ils nous ont accordé, nous ferons de notre mieux pour en être dignes.
Après deux mois d’été, la famille FastN reprend du poil de la bête et vous présente une équipe toujours plus nombreuse avec 42 rédacteurs et deux nouveaux membres au bureau, pour être encore plus aux petits soins de nos lecteurs adorés.
En prévision : Bien entendu des articles sur l’actualité de la communication toujours aussi aiguisés et pertinents, la refonte de notre site, le retour des conférences BuzzOff (mais pas que…), de nouveaux partenariats en perspective, et enfin des formats innovants avec la création d’un pôle audiovisuel pour vous livrer un contenu transmédiatique et varié !
On vous tiendra au courant des évolutions sur le blog et sur les réseaux sociaux, alors on n’hésite plus : On like la page Facebook et on follow le compte Twitter !
Stay tuned,
Le pôle présidentiel : Marion Bieysse, Marine Aubenas et Inès Fière.

Edito

FastNCurious fait sa rentrée, et au pas de course

Il y a quelques semaines à peine,  l’ancienne équipe FastN nous laissait les rênes du blog… et voilà qu’aujourd’hui nous lâchons les chevaux pour ce voyage Curious 2016-2017.
Au programme : des articles toujours plus incisifs et pertinents sur les processus de communication, le retour des conférences #BuzzOff dans lesquelles sont invités à jouter professeurs et professionnels de la communication, et la découverte de nouveaux sentiers au sein de la WebRadio du Celsa.
Avec ses 42 rédacteurs en lice cette année, FastNCurious vous promet une balade sans embûches au cœur de l’actualité de la communication.
Nous tenons particulièrement à remercier nos prédécesseurs pour leur confiance, leur patience, et leurs précieux conseils durant cette passation.
L’ensemble du bureau FastNCurious met le pied à l’étrier et se joint à nous pour souhaiter à tous nos lecteurs  une très bonne année en notre compagnie.
 
Le pôle présidentiel : Antoine Heuveline,  Irina Stasula & Charlotte Trodet.
Crédits image :
life.odbi.fr

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Fox News
Com & Société

On a tiré sur… le New-York Times !

95 ans que le géant américain n’avait pas publié d’édito en Une, ce fut chose faite ce samedi 5 décembre. En effet, suite aux attentats de San Bernardino datant du mercredi 2 décembre et ayant fait 14 morts, le troisième quotidien le plus lu aux États-Unis a décidé d’élever sa voix contre la circulation d’armes à feu dans le pays. Un véritable tollé communicationnel.
L’acte barbare qui a fait bondir les journalistes
L’acte a été perpétré par un couple, agissant sous l’effet de la propagande de l’État Islamique, au moyen d’armes à feu. Dans les colonnes des quotidiens américains, notamment du Huffington Post, celles-ci sont décrites comme un véritable “arsenal de guerre”.
Trois jours plus tard, c’est contre ces mêmes armes, que les civils peuvent se procurer de façon légale aux États-Unis, que la voix des journalistes du New York Times s’élève. “C’est un scandale et une honte nationale que des civils puissent acheter légalement des armes destinées spécifiquement à tuer des personnes avec une rapidité et une efficacité brutale”, peut-on lire en première page du journal.
Le Times new-yorkais prend pour cible les élus, qu’il juge trop laxistes face à la question du port d’armes au sein du pays. En effet, Barack Obama, durant ses deux mandats consécutifs, n’aura jamais su faire accepter le renforcement d’un ensemble des lois sur les armes. Sans parler des sympathisants républicains, à la tête du Congrès, qui reçoivent pour la plupart un soutien financier tout droit venu du lobby des armes, la NRA (National Rifle Association), et qui n’ont donc aucun intérêt à voir ces lois se consolider. Rappelons que les armes à feu font en moyenne 300 victimes et blessés par jour aux États-Unis.

Une prise de position se transforme en couac…
Malheureusement, si la prise de position du quotidien sur le sujet est tout à fait recevable, celui-ci multiplie les erreurs et décrédibilise alors son propre édito, le laissant, désarmé, aux mains de ses détracteurs.
Le premier problème se trouve sur le fond. Ainsi, le Huffington Post reproche à son concurrent son manque de courage quant à sa prise de position. En effet, le terme d’interdiction des armes à feu n’est à aucun moment mentionné dans l’édito, et c’est pourtant ce que le New York Times prône. Par ailleurs, le journal se trompe de cible en pointant du doigt les armes à feu, puisque la plupart des tueries aux USA ne sont pas perpétrées par ce type d’armes, mais bien par les armes de poing.
Erick Erickson, commentateur sur la chaîne CNN, s’est montré plus agressif en critiquant la forme: il a tiré sur la Une, invoquant un cruel manque de profondeur, avant de poster la photo sur Twitter. Il qualifie l’édito de “creux” et se vante d’avoir ajouté quelques trous à la page. Ainsi criblée de balles, la Une du journal prend l’allure d’un torchon.
 

Enfin, les quotidiens américains s’accordent pour remettre en cause l’efficacité d’une telle démarche. Pour rappel, lorsque le New York Times publie en 1920 un édito en Une, celui-ci a pour but de décrédibiliser la candidature du républicain Warren G. Harding à la Maison Blanche. Ce dernier finira par remporter les élections.
Cette façon de procéder semble donc trop cavalière et trop brutale pour avoir un réel impact en terme de communication. The Daily Beast écrit ainsi “Apparemment même le New York Times pense devoir gueuler pour être entendu.”. La qualité de l’information s’efface sous le poids de la colère.
Une cause pourtant bien défendue… par les autres.
Si le New York Times rate cette fois sa cible, la cause en a inspiré d’autres, notamment l’organisation MomsDemandAction, formée par des parents craignant pour la sécurité de leurs enfants dans les lieux publics, notamment à l’école. Cette association s’est implantée dans chacun des 50 états américains.

Soutenue par le Président Obama lui-même, qui apparaît dans l’une des vidéos du collectif Everytown for Gun Safety, l’organisation avait lancé en 2013 une campagne de pub très remarquée puisqu’elle mettait en scène des enfants armés. Un visuel choc allié à un puissant cynisme : on apprend sur l’une des affiches publicitaires que la vente de Kinder Surprise a été interdite à l’école pour la sécurité des enfants. Quelle ironie lorsque l’on sait que ceux-ci sont toujours menacés par la possible présence d’armes au sein des établissements !
Le combat ne s’arrête pas donc pas là pour ceux qui rêvent d’une législation plus ferme sur la circulation d’armes aux États-Unis. Mais les lecteurs du New York Times, eux, risquent d’attendre longtemps le prochain édito en Une. Rendez-vous dans 95 ans alors, au sein d’une Amérique qui sera peut-être enfin devenue une « gun free zone ».
Manon DEPUISET
@manon_dep
Sources :
New York Times, End the Gun Epidemic in America, 4 décembre 2015
Huffington Post, Le New York Times appelle à un contrôle des armes à feu dans un éditorial au vitriol, publié sur sa Une, 5 décembre 2015
Arrêt sur images, Armes à feux: édito (polémique) en Une du New York Times, 7 décembre 2015
Crédits photos: 
Arrêts sur Image 
MomsDemandActs 
Twitter

Edito

FastN is back

Si l’équipe FastNCurious change, le bébé lui va continuer à grandir… En effet, l’ancienne équipe en charge du blog nous a laissé les clés de la boutique pour que nous puissions sortir du berceau et faire en sorte de continuer de grandir le mieux possible.
Au programme cette année : des articles toujours aussi pertinents, le retour des Conférence #BuzzOff et plein de nouveaux projets … On vous réserve quelques surprises.
Cette année l’équipe s’est élargie (nous sommes passé de 30 à 36 rédacteurs réguliers) et reste tout aussi déterminée à vous livrer des articles qui aborderont les différentes problématiques de la communication avec un regard critique et incisif. Avec toujours des angles d’attaque et problématiques pertinentes.
Nous tenons à remercier l’ensemble de la précédente équipe pour nous avoir aidés lors de la passation et pour leur travail.
Le pôle présidentiel : Jeanne Capeyron, David Lavaud et Niels Pedersen.
Crédits images : 
maxisciences.com 

Edito, Politique

Benetton ou la nouvelle ère du politiquement correct

 
Terminées les campagnes scandaleuses de Benetton, bonjour le politiquement correct. En 2013, le fils Benetton calme la créativité du père et impose un retour aux fondamentaux. La marque ne communiquera plus sur le décalage mais sur l’exemplarité. Elle ne mettra plus en scène le Pape et des nones, l’Imam ou les Présidents et Chanceliers, des condamnés à mort ou des chômeurs mais des personnalités dont l’engagement social est loué. Terminée l’époque du célèbre photographe Oliviero Toscani. Place au discours responsable, comme un ado qui après s’être bien amusé, deviendrait adulte.
Elettra Wiedemann (créatrice de One Frickin Day, association installant des panneaux solaires pour les cliniques du Burundi, de Haïti et du Rawnda), Hanaa Ben Abdesslem (mannequin tunisienne idole des femmes arabes),  Alek Wek (mannequin d’origine sud soudanaise qui œuvre pour attirer l’attention sur la situation de ce pays) et bien d’autres ont ainsi été invités à parler de leur projet autour de la fondation de la marque UNHATE et par la même occasion, de leur couleur préférée.
C’est beau, c’est bien. Mais ce n’est pas très original. Il ne suffit pas de mettre en avant des personnalités engagées dans des domaines caritatifs pour prouver que Benetton est, elle aussi, une marque à responsabilité sociale. Le politiquement incorrect, lui au moins est viral. Il fait parler, fait le buzz et assure un positionnement de marque efficace, assumé et radical. Avec Benetton père, l’univers autour de la marque était incontestable. Benetton était « la marque qui avait osé. » Ici on dira tout au plus « c’est bien, c’est mignon. »
Pour leur défense, aujourd’hui le politiquement incorrect est difficilement affichable, surtout en France. On peut penser à la campagne d’Ashley Madison mi 2012 (site de rencontre pour infidèles) mettant en avant les présidents de la République Française le visage couvert de rouge à lèvre. Seuls deux exemplaires à Opéra avaient été affichés, personne n’ayant osé les sortir. Le problème avec le politiquement incorrect n’est pas les retours ou les réactions scandalisées, mais le fait de trouver un canal acceptant de le diffuser. C’est la peur des représailles de la part des diffuseurs. A quoi cela sert de dépenser pour une campagne qui ne se limitera qu’à quelques articles sur Internet.
Mais finalement, habitués aux campagnes chocs de Benetton, c’est peut-être le caractère sage de la dernière qui nous interpelle et nous fait parler d’elle. Ce retournement de situation a ses avantages et fait parler de la marque autant qu’avant. Il semble qu’elle maîtrise mieux qu’on ne le pense la portée virale de son image.
Dans tous les cas, cette semaine, nous reparlerons du politiquement correct mais dans un tout autre cadre (à propos de la polémique du « N-word » autour de Django Unchained) avec Laura Garnier pour Irrévérences. Be there !
 
Camille Sohier