Politique

Le politique influenceur : lorsque Emmanuel Macron investit Snapchat

Le 7 novembre 2019 dernier, Emmanuel Macron prenait la parole sur le harcèlement scolaire et ce de manière peu conventionnelle. Cravate au cou, veste fermée, regard droit, le président casse les codes de l’intervention publique et politique en investissant le célèbre réseau social au fantôme jaune : Snapchat. Une façon originale de réinventer le discours politique et de faire du politicien un véritable influenceur 2.0.

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Face au Sénat, l’attitude énigmatique de l’ex chargé de mission dans la sécurité du président de la République et mis en examen, Alexandre Benalla

La stratégie de Benalla a évolué.  Désormais, l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron admet une « erreur » dans l’utilisation de ses passeports diplomatiques. Cependant, il demeure tout de même flou sur ses relations avec l’Élysée et nie toujours son implication dans l’affaire d’un contrat qu’il aurait négocié avec un oligarque russe -réputé proche de Vladimir Poutine- alors qu’il travaillait encore à l’Élysée. L’ex collaborateur du président serait salarié de cette société russe, pour une somme de 12 000 € mensuels.

Agora, Com & Société, Politique

Le divorce des Républicains et d’Alain Juppé, que reste-t-il de la droite de Chirac ?

Alain Juppé, maire de Bordeaux et ancien premier ministre de Jacques Chirac, a désormais mis fin à quarante-deux années d’adhésion au parti de droite. Il avait affirmé à plusieurs reprises ne « plus être en accord avec la ligne de l’actuel président des Républicains, Laurent Wauquiez », soit une « droite qui s’assume ». Si son départ n’est donc pas surprenant, il relance la polémique du virage des Républicains vers une droite de plus en plus clivée.
Le départ de l’ancien premier ministre s’explique par deux grands faits. D’une part, la vision et la personnalité de Laurent Wauquiez, avec qui Alain Juppé n’aura jamais trouvé d’atomes crochus. D’autre part, la fin du gaullisme historique des Républicains au profit d’un certain populisme ainsi que le désaccord quant à la question européenne. FastNCurious vous donne des éléments d’explication sur ce sujet qui fait débat sur la scène médiatique.

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Entretien avec Arnaud Benedetti : analyse contemporaine de la com’ politique

Arnaud Benedetti est professeur associé à Sorbonne Université, ex-directeur de la communication de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), du CNES (Centre national d’études spatiales) et du CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Il a publié dernièrement Le coup de com’ permanent (édition du Cerf, 2018) dans lequel il détaille les stratégies de communication d’Emmanuel Macron.

Ces dernières semaines, les gilets jaunes secouent l’actualité : ils sont au centre de tous les ronds-points de tous les médias et de toutes les discussions, poussant le gouvernement à réagir. Lundi 10 décembre, Emmanuel Macron s’est exprimé sur TF1 après plusieurs semaines de silence. Le « Prince jupitérien » y  présente les concessions qu’il entend accorder aux Français dès 2019, se plaçant ainsi directement dans le domaine de l’action. Pourtant, selon l’historien de la communication Arnaud Benedetti, la politique d’Emmanuel Macron se définit finalement plus par son style que par les actions qu’il prétend mener. Nous l’avons rencontré dans son bureau à l’Académie de Médecine pour qu’il nous livre son analyse de la communication du Président qu’il décrit notamment dans son dernier livre, Le coup de com’ permanent,  publié en avril 2018 aux éditions du Cerf.

Agora, Com & Société, Politique

Dehors ou le péril des exilés et des politiques migratoires

Un gros livre jaune, couleur de la trahison. Nous voici en présence d’une lettre ouverte écrite par un intellectuel polémique à un Président de la République à la popularité déclinante… « La colère est nécessaire. On doit l’utiliser non comme chef, mais comme soldat » écrivait Aristote. Dehors en est l’incarnation. Cet ouvrage s’inscrit dans notre histoire, celle d’une crise humaine dépassant les traditionnels États-nations, leur souveraineté et en principe, les clivages idéologiques.

Com & Société, Flops, Politique

La boutique Elysée.fr : de la mise en marque du monarque

Le Made in France devient une affaire d’Etat. En septembre dernier, à l’occasion des journées du patrimoine, l’Elysée a inauguré une boutique de produits dérivés en ligne aux couleurs du pays (doublée par un lieu de vente éphémère dans la Cour d’Honneur du palais). Tote bags « première dame », mugs à l’effigie du président, bougies bleu, blanc, rouge, etc : il y en a pour tous les goûts. Les produits, fabriqués exclusivement dans l’hexagone par Le Slip Français, Pierre Hermé, BIC ou Duralex entre autres, sont vendus en co-branding sous la marque Elysée – Présidence de la République.

Politique, Société

La communication politique pour changer les habitudes culturelles des populations : le cas du Venezuela

Le Venezuela traverse une grave crise depuis plusieurs années, en plus de la crise politique avec la contestation de Maduro par l’opposition, on a aussi affaire à une crise économique sans précédent. Le pays fait face à la chute des prix du pétrole avec beaucoup de difficulté, l’économie du pays ne s’étant pas assez diversifiée et reposant toujours trop sur la rente pétrolière du pays (qui est tout de même le premier producteur mondial de pétrole).

Médias, Politique

Raquel Garrido se défend sur le Snapchat de Jeremstar : vers une télé-réalité du politique ?

Début octobre, Le Canard Enchaîné fait de nouveau des siennes : il accuse la porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Raquel Garrido, de n’avoir pas payé ses cotisations retraites depuis 6 ans. Cette dernière a défendu son honneur sur une plateforme on ne peut plus surprenante… le Snapchat de Jeremstar, personnage public adulé des jeunes et spécialiste de téléréalité, avec qui elle travaille chez Ardisson depuis septembre. C’est donc à l’adresse de ses « vermines » et des « jeremstarlettes » que l’avocate de La France Insoumise remet en cause ces accusations. Un procédé qui a bien évidemment fait parler de lui : pourquoi ce besoin de fuir les médias traditionnels ? Raquel Garrido gagne-t-elle en crédibilité au sein de la sphère politique en répondant aux questions de celui qui a pour habitude d’interviewer Nabilla et autres candidates de télé-réalité ?
La nouvelle logique d’audience en politique
Force est de constater la visibilité qu’apporte Jeremstar : il est aujourd’hui un des personnages publics français les plus suivis sur les réseaux sociaux avec 1,1 million d’abonnés sur YouTube, 1,7 million sur Twitter, 1,8 million sur Instagram et est le snapchatteur le plus suivi en France. Exploiter la plateforme de ses réseaux sociaux permet donc aux arguments de Raquel Garrido d’être reçus par une audience inégalable. De plus, le ton de Jeremstar est décalé et humoristique : d’emblée, l’interview tourne au divertissement et le cadre énonciatif posé par l’influenceur rend la personne interrogée sympathique. Une mine d’or pour la défense de Raquel Garrido qui s’adresse à un public qui lui construit un ethos de sympathie et de sincérité au même niveau que n’importe quelle autre figure publique paraissant dans les snaps du bloggeur. Quand il est question de se défendre auprès du plus grand nombre, de nombreux politiques se tournent vers les supports de divertissement plutôt que de répondre à l’appel des médias traditionnels : Jean Luc Mélenchon, en avril 2017, a préféré se rendre sur le plateau d’On n’est pas couché plutôt que de rejoindre un meeting à Dijon. Le nouvel d’objectif est d’élargir la portée des discours, de capter l’attention du plus grand nombre. Il devient alors logique de participer à une émission comme celle de Laurent Ruquier, qui avait réuni 1,37 millions de téléspectateurs.

Être public avant d’être politique ?
Depuis l’affirmation des médias audiovisuels, notamment l’apogée de la télévision dès les années 1960, les règles de l’énonciation du politique ont été changées. Valéry Giscard d’Estaing est un de premiers à avoir médiatisé sa vie familiale et à jouer sur ce que pouvait apporter le média audiovisuel dans la construction de son ethos politique, en dévoilant par exemple ses talents d’accordéoniste. En avril 1985, François Mitterrand dialogue sur TF1 avec Yves Mourousi pendant près de 100 minutes. Cette émission, à laquelle il participe pour se construire une nouvelle image, dépasse largement le contenu politique. Par exemple, il coupe l’herbe sous le pied du journaliste qui pensait le mettre à l’épreuve : on ne dit plus « ché-bran » mais « câblé » selon le Président de la République. Ici, la logique de se construire une image publique jeune, personnelle et plus humaine, découle d’une volonté de se rapprocher des citoyens. Finalement, c’est presque la même idée que le jeu de question réponse entre Jeremstar et Garrido (mais le support a changé) : le politique côtoie des sujets plus triviaux. En effet, Raquel Garrido passe de ses cotisations retraites à sa collection de maillot de bain sans aucune disruption. Cependant, cette tendance à la médiatisation du personnage politique s’est emballée avec l’arrivée d’Internet et c’est sans surprise que lors des campagnes présidentielles, tout le monde a pu observer les talents de Macron au bottle flip challenge et découvrir le filtre préféré des candidats, le tout via Snapchat.

 

La victoire du politainment ?
Faut-il divertir pour être politique ? Ce qui était retenu des débats lors des dernières élections, c’était les bons mots, les répliques, la répartie, donc les « punchlines » et les « clashs », qui étaient repris par les téléspectateurs pour être détournés de façon humoristique. Il faut donc faire rire ou porter dans son discours, sa gestuelle, un potentiel humoristique. Le divertissement aurait pris le pas sur le contenu réel du débat. Il faut capter son audience par les formes du discours plus que par les idées. Il semblerait alors que les fonctions de l’énonciation politique se résument de nos jours à l’unique fonction phatique de Jakobson, fonction de mise en contact qui établit la relation, relation assurée indépendamment du message. Ce que cherche le politique désormais, c’est entrer en relation avec sa communauté. Et il semble que le lien créé par le divertissement soit de nos jours le plus efficace pour rassembler le plus d’audience.

Clémence Duval
Sources
Valeurs actuelles, consulté le 25 octobre.
RTL, consulté le 25 octobre.
Ina.fr, consulté le 24 octobre
Huffingtonpost.fr, consulté le 24 octobre
Huffingtonpost.fr, consulté le 25 octobre