Com & Société, Médias

Emily in Paris: abuser des clichés pour mieux buzzer ?

Paris ville lumière, Paris ville de l’amour, de la culture, de la gastronomie et de la magnificence architecturale. Si la série Emily in Paris, sortie en octobre 2020 sur Netflix, semble à première vue une énième production américaine à l’eau de rose, elle est aussi représentative d’un imaginaire collectif de Paris et de ses habitants, entretenu à l’étranger. Des stéréotypes qui ont poussé la rédac’ de FastN à penser ce fossé culturel entre la France réelle et l’image qu’on s’en fait à l’étranger. En quoi la stéréotypisation est-elle efficace dans ce genre de production culturelle ? Et comment Emily In Paris contribue-t-elle, non pas à casser les codes, mais à abuser des clichés pour faire réagir ?
Société

Les nouvelles séries interactives: coup de com’ ou révolution?

Qui, raidi sur son canapé, n’a jamais hurlé au personnage d’un film d’horreur de ne pas ouvrir la porte, de ne pas emprunter le chemin de gauche ? C’est un instinct inné pour les cinéphiles et autres amateurs du dimanche de marathons Netflix. Un phénomène d’identification naturel, volontairement suscité par les réalisateurs pour nous rendre acteurs du contenu que nous regardons. Rassurez-vous, ce sentiment d’impuissance pourrait finir par disparaître grâce à une nouvelle génération de contenus interactifs qui donnent au spectateur une part de contrôle sur la narration. Le géant du streaming Netflix a annoncé début octobre la sortie d’un épisode de la série futuriste Black Mirror, inédit et surtout interactif qui laisse le choix au spectateur du déroulement de l’épisode.

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Société

Netflix présente : « Secrets de communication »

Protagoniste : La firme Netflix est un service de vidéo à la demande avec abonnement âgé de 20 ans. Elle comptait, aux dernières nouvelles, environ 900 000 clients en France, soit le premier SVOD dans l’hexagone et 93 millions d’abonnés dans le monde.
Synopsis : Tout sourit à Netflix qui connaît un succès mondial retentissant, notamment grâce à sa communication… Mais quel est son secret ?

Invités

Netflix : from binge-watching to binge-communicating

Marque de fabrique de Netflix, le binge-watching est ce qui vous pousse à passer des heures, des nuits voire des semaines devant votre écran sans même vous en rendre compte ! Mais rassurez-vous, vous n’êtes pas plus accro à Netflix, que Netflix n’est addict à sa propre communication.
Très en vogue depuis les quatre dernières années, l’expression « binge-watching » a été utilisée pour la première fois à la fin des années 90 pour caractériser la consommation frénétique de plusieurs épisodes d’une même série, en une seule séance. Si l’expression est aujourd’hui largement répandue, elle reste essentiellement réservée au fonctionnement de la plus importante plateforme de streaming à la demande dans le monde : Netflix.

Invités

Netflix : une communication "made in USA"

Lancé le 15 septembre 2014 en France, Netflix débarquait dans le paysage de la VOD (vidéo à la demande) avec pour ambition de chambouler le paysage vidéoludique français. Deux ans et demi plus tard et de nombreuses campagnes promotionnelles déployées, Netflix a-t-il réussi son pari d’américaniser la consommation de SVOD en France?

AFROSTREAM
Société

Afro on demand

Afrostream est une plateforme de vidéos à la demande créée en Novembre 2013 par Tonjé Bakang. Après une période d’essai qui a débuté le 1er septembre, puis son lancement officiel le 1er octobre 2015, zoom sur l’évolution d’un média prometteur.

 
 
 
 
 
 
AfroStream est la première plateforme française à proposer des films, des séries, des dessins animés et des spectacles (et bientôt des documentaires) afro-culturels. Ce nouveau mode de consommation de produits culturels afro, souvent laissés de côtés par les médias, a immédiatement trouvé son public, las de ne pouvoir accéder qu’à des contenus en streaming illégaux ou de mauvaise qualité. Preuve à l’appui : la plateforme réunit déjà presque 90 000 personnes sur Facebook et plus de 3000 abonnements. Le fonctionnement est simple, il y a trois types d’abonnements, de 6,99 euros par mois à 99,99 euros par an, qui permettent un accès illimité à divers contenus. La plateforme s’envole, les abonnés se multiplient et différents projets sont en cours de développement. Elle prépare la création d’une application mobile pour fin novembre et la réalisation d’une production originale en 2018 (il existe déjà une web série diffusée sur Youtube « Les Ways de Mimi »).
Aujourd’hui elle propose une sélection de Nollywood, des films à succès comme Think like a Man, Bande de filles, ou encore, depuis quelques jours, suite à son nouveau partenariat avec Sony Pictures Television, un grand nombre de films inédits en France comme The Wire, et des films plus classiques comme Bad boys avec Will Smith. Mais Afrostream ne se rêve pas seulement en diffuseur de culture afro, la plateforme a une plus large ambition et veut maîtriser l’ensemble de la chaîne, de la production à la diffusion de contenus.
 
 

 
 
 
 
 
Repérée par Y Combinator (l’incubateur de la Silicon Valley qui a aidé des sociétés comme Airbnb ou Dropbox), intégrée à la plateforme MYTF1 VOD, soutenue par Orange, et partenaire de Sony, AfroStream, la plateforme attire l’attention des géants du secteur depuis deux ans. Sont-ils séduits par la volonté de défendre une culture et de la diffuser, par le fait que le cinéma africain connaisse un succès énorme depuis quelques temps et mobilise un grand public, ou bien encore parce que l’Afrique est dans la ligne de mire de la plateforme qui veut en faire son marché numéro un ? Orange en tout cas ne doute pas du potentiel d’Afrostream et investit entre 500 000 et 3 millions d’euros via sa filiale Orange Fab France. L’opérateur explique qu’ils ont beaucoup en commun, en commençant par la diffusion de contenus. Ce dernier ne cache plus sa volonté de créer un Netflix à la française et voit dans ce partenariat la possibilité de se familiariser avec ce type de projet. Orange est d’ailleurs présent dans bientôt vingt pays africains où il réalise 10% de son chiffre d’affaire. Cet investissement va lui permettre d’appuyer sa présence et son image auprès des populations africaines (Afrostream est disponible en Côte d’Ivoire, au Sénégal mais aussi en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et le sera dans certains pays anglophones d’ici 2016), mais va également lui permettre d’enrichir son offre de contenus, car Afrostream devrait être lancé l’été prochain sur la TV d’Orange.
 
 

 
 
 
 
 
Afrostream se veut porteur d’identité pour ceux qui n’ont pas accès aux contenus afro. Les deux fondateurs veulent « montrer des héros qui ressemblent aux gens autour de nous et particulièrement l’homme et la femme noire, peu présents sur les écrans français. » Depuis quelques années, on voit se développer des médias ethniques en réponse à un sentiment d’appartenance à la société qui s’affaiblit. Les films et les séries sont à la fois des supports et des producteurs d’identités. Ils font fonctionner un imaginaire commun à travers le langage, les images, les relations ou encore les musiques. Cette culture commune nous touche, elle mobilise nos souvenirs et nos affects et nous permet de nous identifier aux personnages. Aujourd’hui, on sera plus touchés par un film qui va nous rappeler nos vacances d’été dans le Sud, ou nos repas de famille (oui, oui) qu’un film qui laisse notre partie droite du cerveau indifférente. Tonjé Bakang précise : « Durant mon adolescence, je regardais les séries et émissions américaines. J’y voyais enfin des gens comme moi, qui faisaient des blagues similaires à celles de nos familles africaines. En France, la seule représentation de la diversité dans l’humour était Jamel Debbouze » et veut ainsi « faire découvrir le monde à travers un autre point de vue, ne plus se contenter du regard caucasien ». Afrostream se considère comme plus qu’un simple média ethnique et cible toutes les personnes attirées de près ou de loin par la culture afro à travers le monde. En Afrique, grande oubliée de Netflix (pour l’instant), Afrostream veut développer la production et la diffusion de films afro, et va devoir se heurter à la concurrence que représente IrokoTV au Nigéria.
 
 

 
 
 
 
 
 
Si l’ambition sans limite du fondateur d’Afrostream laisse espérer un avenir prometteur pour la plateforme à la conquête du marché africain, ce dernier ne doit pas oublier que Netflix prévoit de « conquérir le monde » d’ici 2016, et que son arrivée sur le continent Africain risque de compromettre l’ascension fulgurante de la start-up …
Victoire Coquet
Sources :
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/02/26/afrostream-se-reve-en-netflix-africain_4584215_3212.html
https://afrostream.tv
Crédits images : 
afrostream.tv

netflix
Médias

Un petit écran, escroc mais pas trop

Alors que le CNC (Centre National de la Cinématographie) annonçait pour 2014 une augmentation de plus de 40% de la fréquentation des films français qui ont alors atteint leur plus haut niveau d’audience depuis trente ans, le cinéma Hollywoodien, en berne depuis 2013, ne cesse de reculer. Sur le territoire américain, les performances décevantes de certains gros opus tels que Transformers 4, Hunger Games, The Amazing Spider-Man 2 semblent vérifier une bien regrettable prophétie annoncée par Michael Cieply en 2012 dans Le New York Times qui titrait «  Movies try to escape cultural irrevence  » autrement dit « Le cinéma cherche à redevenir pertinent ». Le cinéma, du moins outre-Atlantique, aurait-il déjà franchi le seuil de la modernité? Le plus jeune des Arts aurait-il subi un vieillissement prématuré? A ce constat s’ajoute l’effondrement du sacro-saint marché de la distribution doublé du déclin amorcé de la 3D. Depuis le piratage et l’éclatement des plateformes de visionnage illégales, le cinéma bataille pour son existence. Pourtant, alors en plein milieu d’une seconde crise d’audience liée au développement des sites de locations de films et de séries télévisées tels que Netflix, ce sont les grands gardiens du cinéma, ces réalisateurs connus qui ont fait du grand écran le bastion de leur succès, qui semblent se désolidariser de celui-ci en s’associant au format sériel du petit écran, dévitalisant encore plus nos cinémas bien amoindris.
Woody l’entourloupette

Signait cette maxime restée culte : « La vie n’imite pas l’art, elle imite la mauvaise télévision ». Prolifique au grand écran, Woody Allen, le réalisateur de Manhattan, abandonne à titre provisoire un septième Art morose, pour se consacrer au petit écran, bien plus tendance en ces temps. C’est précisément le studio de production Amazon Studios qui a annoncé le savoureux projet dans lequel Woody Allen se voit confier l’écriture et la réalisation intégrale d’une saison de huit épisodes d’une demi-heure, baptisée «  Untilted Woody Allen Project » autrement dit Le projet Woody Allen sans titre. Malgré un discours naïf hurluberlu que nous lui reconnaissons bien, « Je ne sais pas comment je me suis mis là-dedans. Je n’ai aucune idée et je ne sais pas par où commencer (…)», difficile de ne pas faire le rapprochement avec l’attribution, et ce, la veille au soir, du Golden Globe à Kevin Spacey, pour son premier rôle dans la série House Of Cards produite par Netflix, un concurrent direct de Amazone Studios.
Petits écrans, grands affronts
Clint Eastwood pour la série Rawhide, Steve Mac Queen pour Au nom de la loi accompagné d’acteurs des plus cinégéniques comme Johny Depp, Brad Pitt ou George Clooney, autant de figures emblématiques du grand écran gagnées par le petit. Hitchcock l’avait très justement présagé dès 1955 avec les anthologies Alfred Hitchcock, ainsi qu’en tournant Psychose avec les moyens techniques de la télévision. L’avenir du cinéma se trouverait donc derrière lui, dans nos écrans LCD, depuis l’érosion de son succès et l’apparition du format sériel. Les plus gros producteurs Américains comme Jerry Bruckheimer, McG, David Fincher, malgré son dernier succès Gone Girl sorti fin 2014, sont aujourd’hui rangés derrière des chaines câblées prépondérantes tels que HBO, Showtime et des sites de locations : Netflix ou Amazone Studios et mènent une guerre d’audience acharnée. Le 7e Art connait une débâcle historique. Le petit écran, longtemps considéré comme un média ringard et peu valorisant pour la carrière d’un acteur se positionne aujourd’hui comme un art à part qui propose aussi bien une densité et une variété des rôles qu’une visibilité telle que le cinéma n’en pourrait jamais donner.

 
Johana Bolender
@JohBolen
Sources :
nytimes.com
slate.fr
lemonde.fr
cnc.fr
Crédits photo :
pro.clubic.com
gq.com

Com & Société

Zappe-t-on encore aux US ?

 
L’éternel duel opposant la télévision à Internet n’a pas fini d’animer les débats. Aux Etats-Unis, une récente étude vient de confirmer ce qui a longtemps été prédit : le temps de visionnage de la télévision baisse au profit des autres supports numériques (smartphones, pc portables et tablettes)
Les Américains de 18 à 49 ans passent ainsi en moyenne 5h09 devant différents supports contre 4h31 pour le petit écran, une première !
 L’argument qui l’emporte est celui de la portabilité qu’offre ces nouveaux supports. L’image du « Couch potato » n’est plus d’actualité, désormais on choisit de consommer en mobilité. L’offre élargie et l’accessibilité grandissante aux tablettes y sont pour quelque chose. L’explosion des ventes de ces supports vient en effet confirmer ce changement de pratiques.
 Il n’y a pas si longtemps, la télévision représentait LE médium capable de fédérer autour d’un programme alors qu’Internet était considéré uniquement comme lieu de flânerie occasionnelle, de hasard et de buzz. La donne est en train de changer affirme cette étude. L’on pourrait être tenté d’affirmer sans nuance le déclin de la télévision, ceci dit, les programmes télé sont très souvent commentés à travers un second écran dans une démarche dite de second-screening ou de multitasking. Comprendre par-là, l’action combinée de regarder une émission tout en utilisant un deuxième terminal afin de partager sur les réseaux sociaux ce que l’on est en train de faire ou son avis sur ce qui est diffusé.
 Néanmoins, en réalité, le contenu télévisé n’est pas moins consommé, il est juste consommé en majeure partie, ailleurs : en ligne. La SVOD (Subscription Video on Demand) a fait des ravages, des plateformes de streaming vidéo telles que HULU ou Netflix gagnent de plus en plus de parts de marchés par rapport aux chaînes du câble. Un abonnement moins coûteux, la possibilité de visionner un contenu  à tout moment, des programmes de qualité qui peuvent se vanter d’avoir remporté un Emmy Award (House of Cards), autant d’avantages qui séduisent de plus en plus. Ainsi, le chiffre d’affaires de Netflix qui comptabilise 31 millions d’abonnés aurait bondi d’un quart en un an pour atteindre 1,1 milliard de dollars.

Netflix se réjouit et tente de renforcer sa position en tant qu’acteur dans le monde du cinéma notamment en s’alliant à la maison de production de Sony, puis en négociant un accès au câble. Ainsi, il viendrait se frotter de plus près à ses plus gros concurrents qui eux tentent d’effectuer le chemin inverse pour être là où leur public semble leur échapper, sur la toile.
 La SVOD sonne-t-elle le glas de la télévision traditionnelle ? Nombreux sont ceux qui le pense, toutefois, ce serait sans compter sur la réactivité des grands groupes télévisés, et l’énergie qu’ils mettent pour rester dans la course. S’adapter est le maître mot. S’adapter au progrès des supports technologiques, leur multiplication et à l’autonomie qu’ils offrent à chacun à travers Internet. Dans le cas échéant, ce sont les annonceurs qui risqueraient d’aller chercher le consommateur potentiel là où il sera le plus probable de se trouver.
 L’avantage pris par le numérique aux Etats-Unis vient corroborer des hypothèses émises il y a de cela quelques temps. Si ce pays semble être la référence en matière de tendances, un service tel que celui offert par Netflix ne saurait, pour le moment, trouver sa place en France, en témoigne la réticence qu’avait suscitée l’arrivée des nouvelles chaines de la TNT. De plus, les habitudes de consommation du médium TV ainsi que l’organisation des grands groupes médias ne sont pas les mêmes. Sans oublier les instances concernées telles que le CSA qui jouit d’une influence certaine pour tout ce qui se passe dans le paysage audiovisuel français.
 
Salma Bouazza
Sources :
Lesechos.fr
Lesechos.fr
Zdnet.fr