[rev_slider alias=”clean-news-post-based1″][/rev_slider]

Capture Ecran Pub TV Fraises Tagada Haribo 2012 - Couple d'adultes enfants
Publicité et marketing

Tagada ou la schizophrénie de Peter Pan

 
Le 6 juin, Haribo a lancé La Bombe, un nouveau film publicitaire dédié à l’une de ses marques filles les plus emblématiques : les fraises Tagada ! Orchestrée par l’agence Hémisphère Droit, cette nouvelle prise de parole est symptomatique d’une pathologie inhérente à la marque Haribo.

Le pitch est simple : une action surprenante vient perturber le quotidien banal d’un couple normal. La fraise Tagada est bien sûr à l’origine de cet instant de folie qui conduit la jeune femme à sauter toute habillée dans sa baignoire. On retrouve ainsi le ressort comique utilisé dans la campagne Njut! d’IKEA, elle aussi orchestrée par l’agence Hémisphère Droit… On ne change pas une équipe qui gagne ! Quoique, la même idée ne gagne pas à tous les coups…
Le film s’adresse a priori à un public adulte. Malgré tout, le monde de l’enfance est présent et envahit le monde des adultes grâce aux fraises Tagada qui permettent de retrouver son insouciance. Haribo illustre ici le syndrome de Peter Pan, une certaine nostalgie de l’enfance, et l’affirme par sa signature : « on grandira plus tard ». Le bénéfice émotionnel défendu par la marque est ce moment de liberté, d’insouciance, de plaisir d’enfant qu’offre la consommation d’une fraise Tagada.
La démonstration de ce bénéfice émotionnel passe par le ton résolument décalé de cette publicité. Toutefois, on sent que ce registre n’est pas complètement assumé par la marque. Le rendu final reste très sobre et gentil. Les couleurs sont pâles, les expressions maîtrisées…On s’adresse à des adultes avec un gag pour enfant. C’est là que l’on prend conscience de la schizophrénie d’Haribo, qui souhaite réaliser un film destiné aux adultes mais n’assume pas pleinement son choix de cible. Et cette schizophrénie n’est pas sans conséquences. En voulant garder une tonalité qui plaise à la fois aux enfants et aux adultes, la marque freine le potentiel de l’idée créative de départ pour se retrouver, en fin de compte, avec un film relativement plat.
Haribo veut être une marque intergénérationnelle, elle le rappelle à  tout moment à travers son jingle, qui reprend la signature transversale à tous ses produits : « Haribo c’est beau la vie, pour les grands et les petits ». Mais comment garder un message fort et cohérent à travers une gamme de produits si large, et en s’adressant à une cible si étendue ? Haribo a fait le choix de la consensualité, et a ainsi confié ses différentes marques filles à différentes agences. Aussi, seule sa signature historique fait le lien entre ses différents produits. Néanmoins, pour une marque leader, la clé du succès est peut être dans le choix d’un ton qui ne fait pas de vagues. Ou tout simplement parce que ses bonbons sont bons…à tout âge !
 
Pierre-François JAN

Affiche evian pour la livraison à domicile
Publicité et marketing

Jacques a dit qu’il fallait être interconnecté

 
Jacques a dit qu’il fallait être interconnecté tout le temps. Et même pour sa consommation d’eau minérale. Et de préférence, de l’eau Evian. En effet, on peut contempler depuis peu dans les couloirs du métro, la nouvelle campagne de publicité de la célèbre marque d’eau minérale. Habituée par le passé à créer le buzz et notamment à travers la célèbre campagne « Live Young », Evian récidive aujourd’hui avec la campagne « Evian chez vous ».
Le principe
Cette campagne vient promouvoir un tout nouveau concept de livraison d’eau à domicile. L’objectif: ne plus avoir à se farcir les cinq étages sans ascenseur chargé de packs d’eau lourds et encombrants pour pouvoir boire de l’eau minérale de qualité.
Pour cela, la marque propose en parallèle du service, un tout nouveau gadget dont la forme de goutte d’eau (normal) évoque une mini-console de jeu. Cet objet est en fait une Smart Drop qui se pose sur le frigidaire parmi les nombreux magnets que vous possédez déjà. Cependant, ce n’est pas son esthétique qui confère à cette nouvelle venue sur le marché du high-tech, sa particularité. En réalité, la Smart Drop a pour objet de faciliter vos commandes d’Evian en ligne puisqu’elle dispose d’une connexion wifi intégrée lui permettant de suivre en temps réel vos besoins en eau minérale. Le petit plus réside dans son mode de fonctionnement simple et futuriste qui, lorsque vous ne l’activez pas, vous offre son plus beau sourire.
Ensuite c’est très simple vous indiquez à votre petite boite la quantité d’eau désirée, à quelle fréquence vous souhaitez être livré et hop le pack d’eau arrive chez vous en main propre ou sur votre paillasson. Ce dispositif testé depuis deux ans dans le quinzième arrondissement a manifestement déjà prouvé son efficacité. Voilà des familles qui vont être contentes, des séniors qui font leur marché à pied également mais aussi l’étudiante qui… (ah non pas l’étudiante, elle est fauchée et boit l’eau du robinet).
La com’
Ici, il faut aussi se pencher sur l’affiche et Evian s’est investie puisqu’elle a demandé la collaboration de l’agence BETC Digital qui a réalisé un print épuré et efficace.
En effet, l’affiche reprend le fonds de commerce des pubs de la marque: un fond blanc et neutre permettant de faire ressortir les autres éléments de la composition. En l’occurrence, il s’agit du logo détourné de la marque : seul, central et de taille significative. La filiation est claire avec la campagne précédente, « Live Young ».
Le plus intéressant se révèle alors être le détournement de logo à l’initiative de la marque. On peut saluer le geste quand on sait que le logo est souvent un symbole fort pour les consommateurs et une composante essentielle de l’image de marque. Par cette transformation, Evian montre sa volonté de changement ou plutôt d’évolution, d’adaptation au monde qui est le notre aujourd’hui: interconnecté et en quête d’une optimisation maximum. Enfin, le « jeviens » évoque une volonté de proximité avec le consommateur et l’image renvoyée est alors celle d’une marque à l’écoute et disponible. Bref une campagne qui risque de faire couler un peu d’eau!
Pour le côté pratique, la Smart Drop ne sera disponible pour les abonnés d’evianchezvous que courant 2013. En attendant, la livraison est déjà possible pour Paris et les environs.

 
Justine Jadaud

Campagne 2012 Save the Children Break the circle of violence
Société

Jacques l’a dit, mais personne n’a remarqué

 
Tout le monde sait que les digressions sont nombreuses sur nos lieux de travail : on répond à nos mails, on organise notre soirée… Et c’est en plein travail que l’un de mes collègues m’a interpellée pour me mettre un site devant les yeux. J’ai jeté un vague regard à la page, avant de détailler avec ébahissement les images qui s’offraient à moi. Notant mentalement le site, ads-ngo.com, je me jurai d’y retourner plus tard… Pour découvrir à mon grand plaisir un site d’une richesse incroyable. Il regroupe en effet les campagnes publicitaires d’ONG du monde entier et permet aux internautes de les commenter ou simplement de les partager sur un très grand nombre de réseaux sociaux. J’ai choisi de détailler ces affiches qui m’ont réellement captivée, mais je vous invite à aller faire un tour sur leur site, qui contient de vraies merveilles de communication !
Le cercle
La première image est celle d’un homme sur le point de frapper un enfant, effrayé et se cachant derrière ses bras. Puis le reste de l’image : le cercle, l’évolution, les différents âges de la vie… Et le sens suit automatiquement : cet homme était cet enfant et cet enfant devient cet homme. Le texte n’est là qu’en soutien, au cas où le premier stade de la communication, celui qui n’a pas besoin des mots pour s’imposer, ne fonctionnerait pas. Il ajoute cependant une phrase choc, un slogan, comme un mantra de ce combat contre la violence : « break the circle »*. Le cercle de la haine qui se reproduit, et qui n’est plus seulement intellectualisé par un chiffre, « 70% des enfants battus reproduisent ce schéma à l’âge adulte » comme on le lit vaguement dans les journaux. Non, là on le voit et on le ressent dans cette image, juste sous nos yeux, et c’est toute la force de cette affiche. Le cycle de la vie passe par l’âge car le petit garçon vieillit, mais aussi par les expressions des visages qui accompagnent ces différents âges, reproduisant un scénario logique implacable qui ne prend jamais fin. Le cercle est la seule forme parfaite en géométrie, en art, en littérature ou encore en poésie : il représente l’infini et l’enfermement. C’est pourquoi il convient de tout faire pour le briser, pour le dépasser : en art comme dans la plus quotidienne des scènes, celle d’un simple enfant qui renverse son verre de lait, dans la cuisine banale de la banale maison d’une famille comme il en existe tant. Banal et choquant, donc efficace.
En faisant glisser la roulette de la souris, on voit que les femmes aussi en prennent pour leur grade (égalité des sexes oblige) et qu’une autre forme de violence est traitée avec la même subtilité… une violence sexuelle cette fois, tout aussi marquante, tout aussi agressive dans son traitement graphique. Le cercle, les gestes, les visages et la banalité de la chambre… Tout est là pour mettre mal à l’aise et s’ancrer dans les mémoires.
Personne n’a remarqué…
Puis une autre série de photos apparaît, toujours pour cette même association. L’omniprésence des chiffres cache en grande partie l’enfant au-dessous, que nous ne pouvons que deviner vaguement… Volontairement ? Vu le titre, « almost nobody noticed »**, la réponse est oui. De la bourse aux programmes télé en passant par les sudokus, qui ne se reconnaîtrait pas dans au moins l’un de ces éléments ? En revanche, connaissions-nous les chiffres donnés dans cette minuscule phrase au-dessous de l’image, à peine lisible tant elle est petite par rapport au programme télé ? Cette campagne est loin d’être la première à utiliser une forme de culpabilité, celle d’être né sous une bonne étoile, pour toucher émotionnellement. Mais la beauté de cette communication sur le média supplantant l’humain mérite d’être soulignée… Bien sûr ces images agacent la petite voix supérieure, personne n’aime s’entendre dire qu’on agit mal en regardant la télévision ! Serait-ce une autre preuve de l’efficacité de cette communication… ?
La loterie de la vie
Une autre série d’images suit alors, comme en écho : nous avons gagné le gros lot ! Nous sommes du bon côté du trait qui sépare les deux images, les deux univers, nous avons gagné la « lottery of life »*** ! Qu’y pouvons-nous… ? Les affiches ne proposent pas d’autre réponse que le petit  logo en haut à gauche (mais tout à fait visible, d’une discrétion très efficace) et qui renvoie au site de l’association : http://www.savethechildren.org. En suivant ce lien, on apprend que cette association date de 1919 et a été fondée en Angleterre par une sociologue, Eglantyne Jebb, pour aider les enfants d’une Europe ravagée par la guerre. Lors de sa création, la sociologue a déclaré : « Nous ne pouvons pas laisser des enfants sans défense, quelle que soit leur origine, face à des violences physiques ou morales. Nous ne pouvons pas courir le risque qu’ils pleurent, qu’ils soient affamés, désespérés et qu’ils meurent sans qu’aucune main ne leur soit tendue ». Lottery of life***.
Après pas mal de temps passé à me renseigner sur ce site, une question demeure : pourquoi le site « save the children » existe dans plusieurs langues mais pas en français ? Et poruquoi y a-t-il si peu d’informations disponibles sur adsngo.com ? Mais peut-être est-ce simplement parce que personne ne l’a encore remarqué…
 
Héloïse Hamard
 Crédits photo : Ads-ngo.com & ©Save the children
*Brisez le cercle
**Personne n’a remarqué
***La loterie de la vie

L'euro 2012 Poland Ukraine
Publicité et marketing

L’Euro 2012 de la pub’

 
Imaginez un peu que le 8 juin prochain, en parallèle de l’ouverture de l’Euro 2012, un organisme lance une compétition alternative avec une structure similaire à l’illustre championnat (compétition, groupe, et dimension internationale) à cette différence près qu’elle ne ferait pas s’affronter des équipes de football mais des publicités ?
Voyons un peu ce que ça donnerait…
Règles du jeu
Pour faire simple, et parce que cet article a tout d’une « uchronie », et que par conséquent la science-fiction me donne le pouvoir d’écrire ma propre réalité, je vous fais grâce des étapes éliminatoires (tirage au sort, phase de groupes et matchs de barrages) pour attaquer le vif du sujet : la phase finale.
Les conditions des « matchs » :
– 8 groupes de 4 équipes
– Match aller uniquement
– Conditions de match aléatoires : la pub a pour seul impératif d’avoir pour sujet l’Euro 2012
– Temps du match : temps de la publicité
Groupe B bis
Dans ce monde parallèle, le tirage au sort aurait été tout différent de celui que nous connaissons actuellement. Zoom sur cette pool inédite.
Les Pays-Bas, où la pub la plus « beauf ». Une pompe à bière devrait vous éviter bien des tracas.
Ce spot est celui du fournisseur d’énergie NLénergie qui choisit de jouer sur la peur des néerlandaises face aux « bombes » ukrainiennes pour encourager leur compagnon à rester au pays pour voir les matchs. En contrepartie, pour tout abonnement au fournisseur, une pompe à bière vous sera offerte et vous garantira de bons moments de camaraderie et de virilité devant les matchs de l’Euro.
La vidéo ici…
Des femmes, de la bière et du foot, un ensemble bien classique mais pour le coup, le résultat est un peu au ras des pâquerettes, si vous me passez l’expression.
L’Angleterre est, dans cette pool imaginaire, la deuxième équipe à concourir avec pour fier représentant la marque de bière Carlsberg, qui multiplie les publicités ayant pour sujet direct l’Euro 2012. Le spot en question met en scène les gloires du foot devenues, pour l’occasion, professeurs à la Fan Academy : cours de supporter, master class de pénalty, diplôme du meilleur buveur de bière-de-la-victoire, bref comment devenir « the great fan ».

De l’humour, de l’idée, et des guests (Maradona entre autres) : l’Angleterre n’a peut-être pas la meilleure équipe de foot mais se place à coup sûr sur le podium en ce qui concerne les publicités.
La France et la pub d’Orange « Be prepared » proposent une des publicités qui jouent le plus la carte de l’international. La marque met ainsi le paquet sur ces spots car pour la première fois de son histoire, Orange est sponsor officiel de ce championnat et rejoint ainsi la liste des 12 mastodontes sponsors officiels de la compétition parmi lesquels : Coca-Cola, Hyundai, McDonald’s, Continental, Adidas…

Comme pour Carlsberg, l’accent est mis sur les supporters et leur préparation située à mi-chemin entre le marathon et l’activité clandestine, mais qui dans les deux cas n’en font que de meilleurs chemins pour apprécier à sa juste valeur la communion presque céleste qu’est un match de football, en tout cas pour ces adeptes du ballon rond.
La Chine, évidemment totalement hors sélection, propose néanmoins une publicité vantant l’Euro 2012 pour la chaîne Now TV, qui obtiendrait sans nul doute le prix de la pub la plus polémique.
Si le début s’annonce bien, avec ces footballeurs/personnages de mangas jouant gaiement aux couleurs de l’Euro, on est de plus en plus sceptiques devant un spot –osons le dire- des plus sinistres : des monuments emblématiques tels que le Colisée ou Big Ben en proie aux flammes, des bombes, des tanks, un ciel noir et des créatures maléfiques en tout genre surgissant dans le stade. Au final le malaise est perceptible et on ne peut qu’être circonspect devant ce spot. Quel était le message à comprendre ? L’espace interprétatif est large, mais une chose est sûre, c’est qu’une publicité un peu plus classique aurait largement fait l’affaire…
De l’insolite au classique, du vulgaire à la célébration des sentiments les plus nobles, l’Euro 2012 aura, cette année encore, stimulé la créativité des publicitaires de tous les horizons. Preuve, s’il en fallait, d’un marché porteur et fédérateur qui intrigue, amuse et attire nombre de spectateurs pour qui le foot n’est pas la panacée.
Qui sait, le vainqueur  de l’Euro 2012 de la pub ne se trouve peut-être pas dans cette  sélection. Le challenger a jusqu’au 1er juillet 2012 pour créer la surprise.
NDA : à tous les fans de foot qui liront cet article-fiction, qu’ils ne soient pas outrés. La plongée d’une novice dans le monde complexe du foot ne se fait pas sans erreurs…
 
Marie Latirre