Société

Rooftopping, serez-vous à la hauteur ?

 
Se promener dans les villes d’Amérique du Nord le nez en l’air, c’est dépassé ! Désormais, on les admire les pieds dans le vide, au bord du gouffre, cheveux au vent. Tel est le leitmotiv du rooftopping. A l’origine, il s’agit d’un mouvement artistique urbain dont Tom Ryaboi est le précurseur. Ce photographe canadien s’est fait connaître grâce à ses photographies vertigineuses prises depuis le sommet de gratte-ciels.

Grâce à internet, il n’a pas fallu longtemps à ce phénomène pour s’exporter de l’autre côté de l’Atlantique. De cette façon, le rooftopping devient une dynamique urbaine portée  principalement par les jeunes. Cette diffusion le fait passer du statut de pratique d’avant-garde à celui de tendance. Si la jeunesse canadienne et américaine possède le terrain de jeu idéal pour « rooftopper », ce sont les jeunes russes qui passent maître de cet art. Deux d’entre eux Vitaly Raskalov et Alexander Remnev ont été remarqués pour leur goût du risque sans pareil. Et pour cause, toute mesure de sécurité leur semble superflue. Sans câble, ni gants, se tenant d’une seule main, ils narguent l’objectif le corps suspendu dans le vide. Leur escalade ne se limite pas aux gratte-ciels, ils grimpent au sommet de grues ou de ponts. Ils prennent une photographie et la partagent sur les réseaux sociaux. Rappelant les Yamakasis, ce gang de jeunes hommes agiles qui escaladent les buildings dans le film d’ Ariel Zeitoun sorti en 2001, ces Russes sont sans cesse à la recherche de montées d’adrénaline plus extrêmes.

Quelles sont les motivations du rooftopping ? L’engouement développé par la jeunesse pour ce mouvement montre qu’il répond à leurs aspirations ; à la fois leur désir de dépasser leurs limites et leur besoin de reconnaissance. La preuve immatérielle de l’exploit accompli, la photographie joue un rôle primordial car elle engendre une rétribution symbolique sous forme de nombre de vues, de « likes » ou de « tweets ». Une mise en scène de soi est évidemment en jeu. Il s’agit de montrer son audace, sa témérité voire son inconscience face au danger.
Mais, plus généralement, le rooftopping s’inscrit dans une logique d’individualisation et de personnalisation. Il permet à l’individu de se réapproprier l’espace urbain. Il traduit le désir de s’extraire de la masse qui grouille au sol, de retrouver une individualité, presque une âme en se rapprochant de son lieu de prédilection, le ciel. D’être reconnu en tant qu’individu singulier.
Le rooftopping a pris une ampleur. Il s’est diffusé au sein de la société, entraînant sa mutation. Il devient une simple expérience : celle d’investir les toits, d’avoir une vue imprenable sur la ville, de la dominer. Ainsi, il n’est plus réservé à un cercle restreint d’aventuriers, mais peut être pratiqué par chacun. En allant, par exemple, au Perchoir. Situé à vingt-trois mètres d’altitude, ce restaurant gastronomique ouvert cet été est le premier rooftop parisien.

Progressivement, cette tendance passe dans le « mass market » puisque les marques l’intègrent à leur stratégie de marketing  Nissan, par exemple, crée l’événement, du 16 au 21 janvier 2014, en invitant le grand public à découvrir le nouveau Nissan Qashqai autour d’une exposition au bord du vide. Pour l’occasion, Nissan investit la terrasse du Publicis Drugstore des Champs-Elysées, avec vue plongeante sur l’Arc de Triomphe. Les nouvelles technologies permettent de vivre pleinement cette expérience hors du commun en diffusant des images ultra haute définition de rooftopping sur un écran de près de 13 m² au sol.
Parallèlement, Lacoste lance sa nouvelle campagne publicitaire : « Life is a beautiful sport ». Le visuel est celui d’une ville américaine vue de haut avec un homme marchant sur le toit d’un immeuble. Cet homme assuré et audacieux au bord du précipice incarne les valeurs de la marque. En effet, celle-ci déclare dans son communiqué de presse que « ces visuels urbains et minimalistes sont la simple métaphore de ‘l’esprit Lacoste’ qui reste sport et décontracté face aux défis ».

Le rooftopping est donc vendeur. Il suscite l’enthousiasme des foules. Plus qu’un point de vue ou qu’un état d’esprit, il se définit finalement comme une expérience. Et vous, irez-vous rooftopper ?
 
Miléna Sintic
Crédits photos
Tom Ryaboi
Vitaly Raskalov
Aude Boissaye/studio Cui Cui
Jacob Sutton/BECT

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Cristina
Société

Il était une fois une princesse, qui fit tomber la couronne

 
Ce sont des temps difficiles qu’est en train de vivre la couronne espagnole : l’Infante Cristina, fille cadette du roi Juan Carlos, duchesse de Palma de Majorque, septième dans l’ordre de succession au trône d’Espagne, est invitée à comparaître le 8 mars prochain devant la justice de son pays, soupçonnée, entre autres, d’avoir blanchi de l’argent. Qu’une princesse soit ainsi suspectée de malversations financière, c’est bien une première dans l’Histoire de la Péninsule, qui pourrait bien coûter son titre à son père, dont la couronne est déjà vacillante et souffrant d’un gros déficit de popularité.
L’ancienne star du handball espagnol, Iñaki Urdangarin, co-fondateur d’une société patrimoniale spécialisée dans l’organisation de congrès sur le sponsoring sportif, et accessoirement époux de l’Infante, est en prise avec la justice espagnole depuis près de trois ans. Il est accusé d’avoir réussi à réunir près de six millions d’euros grâce à l’institut Noos, détenu en moitié par sa royale épouse. En novembre dernier, le juge Majorque en charge de l’affaire avait saisi le « petit palais » des époux princiers, une sobre maison de 2 000m2 située dans le très chic quartier de Pedralbas à Barcelone. Après neuf mois d’une enquête minutieuse, l’Infante va devoir justifier  sa position et son implication dans les affaires illégales de son mari. Le juge la soupçonne d’avoir blanchi et géré l’argent obtenu illégalement par ce cher Iñaki et il est certain d’avoir entre les mains les preuves nécessaires pour mettre la duchesse dans ses geôles.
Les médias espagnols sont eux aussi convaincus de l’implication de l’héritière, désignant l’amour comme motif de cette trahison. Quant aux Espagnols, ils attendent avec impatience que le couple royal s’explique, et notamment sur le train de vie des époux, rendu public par l’enquête, que l’on pourrait qualifier de scandaleux en ces temps de crise économique. Amoureuse ou non, l’implication de la princesse héritière dans de louches transactions financières et la façon dont elle semble en profiter si allègrement porte quoiqu’il en soit préjudice à l’image de la famille royale et devrait mobiliser une armée de communicants. Mais celle-ci est déjà bien entachée par ailleurs et la communication du palais semble ne se limiter qu’à de rares coups de com sans logique d’ensemble.

En effet, cette nouvelle, parue le 7 janvier dernier dans la presse, tombe comme un couperet sur la tête du roi, et prolonge « l’annus horribilis » de Juan Carlos, déjà en disgrâce auprès de son peuple et roi maudit depuis de longs mois : le sceptre avait failli lui glisser des mains lorsqu’il s’était rendu en avril dernier au Botswana pour aller chasser l’éléphant, safari au cours duquel il s’était fracturé la hanche. Si des excuses publiques, encore une première dans l’histoire de la royauté, avaient un peu réussi à redorer son image, la balle que son petit-fils de 13 ans s’était tirée dans le pied avait douloureusement rebondit médiatiquement dans le sien et trainé derrière lui comme un boulet. Par ailleurs, l’auto-proclamation d’enfants naturels et ses frasques amoureuses possibles qui avaient fait couler beaucoup d’encre à la parution d’une biographie de son épouse, la reine Sofia, ont concouru à entacher, peut-être définitivement, sa crédibilité auprès de ses sujets.
Aussi, le roi qui ne peut plus marcher sans béquille, s’était appuyé sur une communication politique en apparence solide mais qui n’est pas parvenu à endiguer sa chute dans les sondages, peut-être à cause de son caractère trop épisodique: seuls 50,1% des Espagnols ont une bonne image de leurs suzerain contre 76,4% il y a moins d’un an. Ce n’est pas en multipliant ses déplacements dans le pays et à l’étranger ou par à la création d’un site internet en 2012 ou encore d’une nouvelle émission hebdomadaire rendant compte chaque semaine des activités des Bourbons, que sa Majesté a réussi à établir un nouveau contact avec son peuple, et notamment avec les plus jeunes : 57,8% des moins de trente ans estiment qu’un meilleur système politique pourrait être mis en place. C’est dire si les quelques actions de com du palais ont payé.
Mais avant qu’un nouveau régime soit inauguré, c’est le peuple qu’il conviendrait de fédérer à nouveau et c’est la tête du roi que 45% des Espagnols demandent pour mettre sur le trône son fils Felipe. Une étude parue en début d’année dans le quotidien El Mundo révèle que près de 60% des Espagnols estiment qu’il est temps pour le roi de se retirer.
Ainsi, après 37 ans de règne et de services rendus à la nation, c’est bien l’abdication qui menace le souverain aujourd’hui. Malgré son rôle décisif dans la transition démocratique après Franco, les Espagnols ne soutiennent plus un roi aujourd’hui vieillissant et malade, l’invitant à prendre exemple sur la reine Beatrix des Pays-Bas qui a laissé sa couronne le 30 avril dernier à son fils, ou sur Albert II, roi de Belgique, qui le 21 juillet a pris sa retraite, ou bien sûr, sur le Pape Benoît XVI.
De là, on peut se demander si l’opinion publique n’est pas la nouvelle autorité divine des puissants. On pourrait tirer de ces abdications en série l’enseignement suivant : alors que leurs illustres prédécesseurs jouissaient d’un droit divin séculaire, les monarques de notre ère doivent désormais répondre de leurs actes devant la sphère publique et tirent aujourd’hui leur légitimité de leur cote de de popularité et de l’amour de la foule. La communication politique, nouvelle épée dont doivent s’armer les rois modernes ? Quoi qu’il en soit, celle de Juan Carlos semble coincée dans son fourreau, au moment même où il devrait déjà être en croisade !
 
Inès Garmon
Sources
LeMonde
HuffingtonPost
CourrierInternational
Crédits photos
Esmatouristic
GHI

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stan smith adidas
Publicité et marketing

Histoire d’un buzz : le retour de la Stan Smith

 
La Stan Smith, ça vous dit quelque chose ? Impossible d’être passé à côté du retour de la mythique basket Adidas, revenue sur le marché après plus de deux ans d’absence. Une belle leçon marketing à passer en revue.
En mai 2011, c’est le site du magazine GQ qui annonce la nouvelle : les Stan Smtih vont être retirées de la vente. La raison ? En dépit de ses 70 millions de modèles vendus depuis sa création, il semblerait que la chaussure ne soit plus assez rentable pour la marque et ne se vendrait, soi-disant, qu’en France.
Cette décision est pourtant bien curieuse, puisqu’elle s’inscrit dans la montée même des tendances sportswear au tournant de la décennie. En effet, un an avant la suppression des Stan Smith, Isabel Marant lançait ses fameuses sneakers compensées, dont le talon est dissimulé dans la chaussure même. Dès lors, les baskets ne sont nullement réservées aux sportifs mais s’étendent au monde du prêt-à-porter de luxe, très vite copiés par les grandes enseignes d’habillement.
Alors pourquoi se retirer au moment le plus propice aux bénéfices ? La réponse émerge en mai 2013 : pour créer un buzz. C’est un tweet du compte Adidas (@adidasoriginals) qui a mis le feu aux poudres : «  A legend returns, 2014 #StanSmith », suivi d’un aperçu Instagram de la nouvelle Stan Smith. Un message simple, épuré – à l’image des chaussures-.
La marque continue de provoquer les mois suivants, cette fois-ci par une nouvelle stratégie qui est de ne donner aucune information. La rupture du silence n’en sera que plus sensationnelle.
C’est à partir de décembre que tout s’enchaîne alors. Pour commencer, un trailer est diffusé sur la toile, puis un jeu concours pour remporter un logo Stan Smith personnalisé, le tout à coup d’une vague de hashtags que les participants doivent poster sur Twitter – de quoi augmenter sa visibilité sans dépenser un sou.

Le fameux trailer est une réussite en matière d’image de marque.  Tout d’abord, l’appel au joueur de tennis Stan Smith qui a donné son nom aux fameuses chaussures ancre leur réapparition dans un fond de retour aux sources, comme un hommage rendu aux fans de la première heure.
Mais la vidéo laisse également place à des interventions de célébrités en vogue, telles que Sky Ferreira ou Andy Murray, lui insufflant cette jeunesse et cette modernité qui lui a toujours été caractéristique depuis sa création, en 1963.
Adidas a ainsi su se démarquer de ses concurrents, en rappelant ses racines et jouant à la fois sur les cordes de la hype et de la tradition.
La Stan Smith a fait un retour en grandes pompes le 15 janvier dernier. Les soldes en cours ne gênant nullement sa mise en vente, les ruptures de stock ne tardèrent guère. La valorisation des origines de la marque se retrouve dans une stratégie marketing qui restreint les lieux de vente aux seuls magasins Adidas Originals et quelques boutiques parisiennes pointues, telles que Merci ou Colette (qui a eu un droit de vente en avant-première, le 5 septembre).
On notera également une « légère » augmentation du prix, celui-ci étant passé à 95€ (contre un prix original autour des 50€), implantant définitivement la chaussure dans le monde de la mode « haut de gamme » et non plus uniquement du sportswear ou streetwear.

La bonne idée d’Adidas a été, au final, d’analyser finement le marché financier et les tendances stylistiques, savoir jouer de la notoriété d’un de ses produits, et le retirer pour mieux le remettre sur la table.
On peut admirer la prise de risque de la compagnie au sens où il était difficile de prédire que les débuts de la vague sportswear allaient perdurer. Près de quatre ans après, elle est plus présente que jamais et ne cherche plus à s’émanciper de ses origines : sport et mode cohabitent en paix.
 
Charlene Vinh
Sources :
Lemonde.fr
Lsa-conso.fr
Lefigaro.Fr
Colette.fr

Google nest
Société

L’objet Google

 
Depuis le début des années 2000, Google n’a cessé d’acheter des entreprises dans le but d’améliorer ou de développer ses services. Ces nombreuses acquisitions ont permis au géant américain d’être présent dans de nombreux domaines en rapport avec internet et son application web au sens large. Google est à présent un acteur majeur du monde numérique. Néanmoins, depuis quelques temps, l’esprit de Google est au réel. Le moteur de recherche veut désormais élargir son niveau de compétence en dehors du logiciel et produire de l’objet. En cela, l’achat de Nest Labs mi-janvier, troisième plus gros investissement jamais fait par Google, n’est pas anodin.
Pour le comprendre, il faut se pencher sur ce qu’est Nest Labs et saisir en quoi cette entreprise symbolise les volontés nouvelles de son acquéreur.
Nest Labs est une jeune entreprise fondée en 2010 spécialisée dans la domotique ou “maison intelligente”. Créée par deux anciens employés d’Apple, Tony Fadell et Matt Rogers, la société californienne fabrique des thermostats et détecteurs de fumée connectés qui apprennent des habitudes de leurs utilisateurs. Mais pourquoi payer 3,2 milliards de dollars pour, si l’on empreinte la formule à un lecteur du Monde, “un thermostat et une puce wifi”?
Trois raisons à cela :
1- Nest Labs est une société en expansion, dont les produits sont achetés en grande quantité dans le marché nord-américain (plus d’un million de thermostats déjà vendus selon Tony Fadell). La force de Google rendrait possible une croissance nationale et internationale facilitée ce qui permettrait à son investissement d’être tout à fait rentable à moyen terme.
2- L’équipe de Nest Labs est composée de nombreux ex-employés d’Apple. Google a acheté des compétences. Sa volonté à devenir global passe obligatoirement par la capacité à créer des objets sans avoir besoin de lier des partenariats. C’est encore le défaut de Google actuellement : la firme a du mal à produire des objets attrayants, aussi intéressante qu’en soit la technologie. Les Google Glass en sont un exemple parlant. Google a besoin de penser design, et ses dirigeants en sont conscients.
3- C’est le point le plus important : on comprend très bien l’intérêt de Google à entrer sur le marché de la domotique et à plus grande échelle dans celui des objets connectés (même si c’est déjà en partie le cas avec les Google Glass). L’objectif principal étant évidemment de ne pas rater la prochaine vague technologique, voire de devancer ses concurrents directs. On pensera par exemple à Apple qui, avec l’IPhone et IOS, avait forcé Google à jouer les rattrapages et à proposer Androïd gratuitement. Ici, Google veut se placer en premier sur le marché. Le but étant, on le devine, de fournir un système complet, de relier tous ses anciens services et terminaux aux nouveaux afin de maximiser l’écosystème Google auprès de l’utilisateur.
Car c’est là tout l’enjeu de ce nouveau marché pour les entreprises de services web. Si l’utopie des objets connectés parlant directement entre eux a peu à peu été abandonnée, la capacité des objets parlants entre eux par l’intermédiaire d’un opérateur web devient bien réelle. Et c’est là que Google pourrait tirer remarquablement son épingle du jeu. Dans l’hypothèse non pas d’un internet des objets mais d’un web des objets, Google a ainsi la possibilité de créer un système complet (voir fermé), regroupant par exemple équipements de domotique, wearable technology (objets connectés portables sur soi comme une montre ou une paire de lunettes), smartphones, tablettes et ordinateurs, tous utilisables à partir d’un compte Google et tous connectés entre eux. Cette possibilité explique le peu d’énergie déployée par Google et par les autres entreprises impliquées dans les objets connectés à essayer d’en réduire le nombre.
On comprend dès lors mieux le nouveau leitmotiv de l’entreprise californienne, “Computing everywhere”, mettre des ordinateurs partout.
Recueillir, proposer et classer les informations, fondements de l’activité du moteur de recherche, ne pourraient plus se penser dans l’avenir sans ce “web augmenté”. “Web augmenté” qui par ailleurs ouvrirait tout un nouveau champ de possibilités en termes d’interactions, d’usages, de marketing et de publicité. Google ne perdrait donc quand même pas de vue sa principale source de revenus, la publicité.

Thomas Luck
Sources :
Nouvelobs.com
Lemonde.fr
Wired.com
Crédit photo :
Gizmodo

Société

Non commandé ? Aussitôt livré !

 
L’entreprise a déposé un brevet en décembre pour un nouveau système d’organisation. Ce dernier tire pleinement parti de la collecte monstrueuse d’informations sur Internet et d’algorithmes pour pouvoir anticiper les envies de ses clients. En fonction des pages que vous visitez, des recherches que vous faites ou du panier que vous constituez, Amazon s’occupe déjà des colis alors que vous n’êtes pas « passé à la caisse ». Cela remet au centre des préoccupations des consommateurs la collecte de données sur internet, sujet qui génère beaucoup d’interrogations et d’inquiétude.
Le but ? Gagner du temps et vous dissuader toujours davantage d’aller en magasin. Les produits seront préemballés et acheminés vers une plateforme afin de parvenir au client le plus rapidement possible. Les colis expédiés alors que vous n’avez pas payé vous seront, visiblement, offerts. Jolie façon de fidéliser la clientèle, mais aussi un moyen de perdre de l’argent.
Info ou intox ? Amazon n’a pas souhaité commenter pour le moment. Après son annonce selon laquelle les commandes seront livrées par drones dans quelques années, l’entreprise fait encore parler d’elle. En effet, le PDG d’Amazon Jeff Bezos annonçait début décembre un nouveau système de livraison sous la forme de drones possible dans quelques années pour livrer en 30 minutes dans les zones urbaines grâce à des drones électriques et écologiques. De nombreux journaux et économistes se sont penchés sur la question, trouvant le projet irréalisable, les Etats-Unis comme la France interdisant l’utilisation de drones à des fins commerciales.
Les journalistes et consommateurs s’enflamment déjà à propos de ce nouveau projet, on parle d’achat forcé et de flicage sur internet. Difficile à dire, il faudra attendre l’explication d’Amazon.
Quoi qu’il en soit, cette stratégie semble présenter beaucoup de risques en terme de coûts et en terme d’image (déjà relativement mise à mal par divers reportages sur les conditions de travail au sein de l’entreprise). Pour beaucoup Amazon s’apparente déjà à une sorte de « big brother » car l’entreprise américaine utilise énormément la publicité ciblée très précisément sur les goûts et intérêts des consommateurs en fonction de leurs recherches sur le site. Ce projet ne risquerait-il pas de donner du crédit à cette représentation de l’entreprise ?
 
Paola Paci
Sources
LeMonde
LeMonde
20minutes

pièces jaunes 2014
Société

De l'esprit de famille au don : l'opération pièces jaunes

 
Du 8 janvier au 15 février 2014 se déroule l’opération Pièces Jaunes. L’emblématique collecte à l’initiative de Bernadette Chirac se tient chaque année et permet de récupérer des fonds afin d’améliorer la qualité de vie des enfants hospitalisés. Quelles sont donc les valeurs que souhaite véhiculer une telle opération ?

 
 
 
Un cadre jaune, faisant immédiatement penser aux couleurs de l’opération, met en valeur la photographie. Cette dernière montre un enfant seul, perdu, au milieu de l’environnement hostile qu’est ici l’hôpital : on joue ici sur la corde sensible des parents. La phrase en blanc introduit un doute auprès de ces derniers. Par l’usage du conditionnel « pourrait », elle crée une interrogation. A cela fait immédiatement échos l’impératif qui jalonne l’ensemble de l’affiche : « ne le laissez pas seul… aidez-nous… faites un don ». Au doute répond la solution : le don. Le message est clair et efficace.
Un bémol cependant : il s’agit ici de créer des chambres « mère-enfant ». A priori, rien de négatif. Mais à l’heure où l’égalité homme-femme est un sujet brûlant, n’est-il pas dommage d’oublier dans cette affaire, le père ? Le lien maternel est ici très simplement mis en valeur par le tiret entre « mère » et « enfant », mais un père ne pourrait-il pas avoir le même statut ?
Au risque d’apparaître tatillonne, rappelons que c’est par de telles expressions, bien trop ordinaires, que se perpétuent ce type de vision de la famille.
Néanmoins, et pour conclure sur une note positive, n’oublions pas que l’important est d’inviter chacun à apporter sa pièce à l’édifice, et en cela, la campagne semble plutôt convaincante.
 
Mathilde Vassor
Crédits photos :
Une – TF1.fr
RTL.fr

Kiss for peace
Publicité et marketing

« Kiss for Peace » ou la nouvelle campagne publicitaire intrigante et novatrice du déodorant Axe.

 

Le nouveau spot publicitaire d’Axe, sorti en exclusivité avant d’être diffusé mondialement le 2 février 2014 à l’occasion du célèbre Super Bowl aux Etats Unis, détonne par rapport aux campagnes précédentes. En effet, la ligne de conduite de la marque du groupe Unilever change du tout au tout – passant de l’humour à l’audace. Les formules Anarchy, Dark Temptation ou Apollo, mettant en scène de jeunes hommes à croquer, laissent aujourd’hui place à Axe Peace. La marque se veut jeune, moderne, et n’hésite pas à s’affirmer en dévoilant un concept audacieux et novateur.
Arrogante, la campagne fait déjà le buzz en troquant ses protagonistes privilégiés – les machos et les filles en furie – pour des dictateurs et des machines de guerres. Les conflits internationaux sont résolus par le pouvoir d’un simple baiser. Axe fait désormais place au changement, en mettant pour la première fois la femme au premier plan. La figure masculine se mue en véritable gentleman prêt à renoncer à la guerre par amour. Le coup de théâtre et l’étonnement du spectateur renforcent le message de la campagne de communication.
Son succès est enfin intensifié par l’implication qu’elle donne aux internautes : ceux-ci sont sollicités pour soutenir l’association Peace One Day. En partageant un baiser sur le hashtag #kissforpeace, certains auront la chance d’être exposés à Time Square sur un panneau d’affichage. Quoi de mieux pour pouvoir être au centre de l’attention ?
 Laura de Carné
Sources :
Tuxboard
Le monde marketing
 
 

Politique

LE GAYETGATE

 
L’idylle entre notre président et la jolie Julie Gayet jouit d’une notoriété nationale et les Français connaissent tous désormais l’actrice française, mais cette notoriété a largement dépassé nos frontières, et les médias  étrangers se font une joie d’en faire leurs Unes. Tentons de décrypter le « Gayetgate » et les raisons d’une telle résonnance médiatique.
K.O !
« Le charisme d’un toast sans beurre » (ABC), « François Hollande, la Nabilla de la Vème République » (Le temps), « La France a faim de croissance. Pas de croissants » (Le soir),
« Le président français a été pris la main dans le sac avec son pantalon sur ses chevilles joufflues, trompant non pas la mère de ses enfants, mais la maîtresse avec qui il l’a quittée » (Le Telegraph).
Qu’ils soient Américains, Suisses, Belges ou même Italiens, les journalistes du monde entier ne voient pas d’un très bon œil la prétendue liaison et ne manquent pas de blâmer celle-ci. Pourquoi ce soudain intérêt pour les affaires françaises ? Tout le monde a toujours raffolé des rumeurs et des ragots, d’autant plus quand cela concerne des chefs d’Etat. Kennedy et Marilyn Monroe, Bill Clinton et Monica Lewinsky, ou encore Silvio Berlusconi et ses innombrables maîtresses…
Bill Clinton a fait face à une procédure d’impeachment à cause d’une malheureuse liaison avec une stagiaire, tandis que le Président français est la cible de railleries, moqueries et jugements à l’étranger, qui déteignent sur la vision de notre chef d’Etat, visage de la France durant son mandat. A peu près 80 % des Français déclarent que cette affaire ne va pas changer leur vision du Président, mais les actes de François Hollande désacralisent à l’international la vision de la fonction de chef d’Etat français, en se faisant prendre la main dans le sac comme un enfant.
L’écho du « Gayetgate » a même atteint la Chine, et il ne semble pas s’être adouci avec la distance. Les internautes chinois expliquent les actes du Président par des clichés qui nous collent à la peau : « Si les présidents français n’ont pas de maîtresses, les Français ne seront pas d’accord, c’est la tradition » ou d’autres idées reçues comme : « Il faut s’y attendre avec les Français… En France, même la politique  est très romantique ». L’actrice française est qualifiée de « quatrième femme » venue perturber un ménage à trois préexistant, composé de Ségolène Royal et du couple présidentiel. Monsieur Hollande ne nous aide visiblement pas à enrailler les stéréotypes, nous resterons donc peut être éternellement, des amoureux transis, fana de croissants et qui surfent sur Gleeden comme ils trainent sur Facebook.
Au vu des derniers scandales concernant de hauts dignitaires chinois et des sex tapes , le « Gayetgate » sert peut être à cacher un malaise national. Une technique pour rassurer un peuple sur la « bonne conduite » de ses dirigeants. Une stratégie qui a amené les Italiens à comparer François à Silvio.

Un long silence
Après un long silence de l’Elysée décrit par La Stampa comme « le plus long no comment de l’histoire », les journalistes s’excitent et s’emballent, et les rumeurs pointent le bout de leur nez. On peut lire dans la presse que Julie Gayet serait enceinte de 4 mois, que Valérie Trierweiler aurait tenté de se suicider après la révélation de l’idylle, qui selon Closer durerait depuis plus de deux ans.
Le b.a.-ba de la communication de crise – et on peut considérer cela comme une crise – est de prendre la parole. Si plus personne ne veut entendre parler des lasagnes de Findus c’est bien parce qu’ils sont restés silencieux, les médias se sont donc déchainés sur l’affaire sans aucun cadre de discussion, qui aurait pu être donné par la marque de surgelés. Et l’on retient simplement aujourd’hui la dimension équestre de leurs plats.
François Hollande ne s’est pas exprimé sur le sujet, on a simplement eu le droit à un « c’est d’ordre privé ». La première dame non plus, et l’amante seulement par voie judiciaire, en portant plainte contre le magazine Closer.
Les journalistes français comme étrangers se sont donc fait une joie de remplir ce silence médiatique pesant. Si l’Elysée avait mieux géré cette crise, les journalistes s’en seraient tenus à de simples commentaires. De plus, même si la limite entre vie privée et vie publique d’une personne aussi importante qu’un Chef d’Etat est très compliquée à délimiter, il me semble qu’il est tenu de répondre de ses actes, surtout quand ceux-ci nuisent à l’image de la France. Il est évident que la Présidence aurait dû s’exprimer et contenir alors le scandale.
Sinon, la prochaine fois Monsieur le Président, évitez le scooter.

 
Sibylle Pichot de la Marandais
Sources :
L’Express : Comment la presse étrangère se moque de l’affaire
Le Parisien : L’affaire Gayet – Hollande vu de l’étranger
Le Monde : L’affaire Hollande Gayet électrise les médias étrangers
RTL / Gayet : Hollande, la presse étrangère s’empare de l’affaire révélée par Closer.
Nouvel Obs : Hollande – Gayet les italiens se sentent moins seuls.
Crédits photos :
New York Post
L’Express
FocuSur

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cinema français
Culture

Le cinéma en France : à bout de souffle ?

 
Spielberg a dit : « Le public a un appétit pour tout ce qui touche à l’imaginaire, tout ce qui est éloigné de la réalité et que la création vous permet ». Ce public, si nécessaire au souffle même du cinéma, semble pourtant s’en être quelque peu détourné ces derniers temps…
Les chiffres sont tombés, le verdict est établi : de 2012 à 2013, le nombre d’entrées de cinéma en France a chuté de plus de 10 millions. Quelques succès, mais pas si retentissants que cela, et un cinéma français qui peine à se faire une place face au cinéma international – et notamment américain.
A quoi peut-être bien dû ce rejet du fauteuil rouge ? De la part d’un pays produisant, qui plus est, un cinéma au retentissement international. Quand le recul des chiffres de fréquentation ne semble pas lié à une baisse de qualité – il y a bel et bien eu des perles cinématographiques cette année – la responsabilité en revient souvent à une mauvaise communication de l’objet que l’on souhaitait vendre.
La France ne saurait-elle pas nous promouvoir le cinéma tel qu’il mérite de l’être ?
Ton affiche,
« je m’en fous, je m’en fous, je m’en fous ! » (1)
Placardées partout, si nombreuses et pourtant si uniformes. Les affiches sont tellement présentes et explicites (visages des acteurs, noms mis en évidence) qu’on ne les remarque même plus. Non seulement la recherche d’un véritable esthétisme ou d’une quelconque originalité paraît abandonnée, mais on y lit également aujourd’hui presque systématiquement les critiques (réductrices et donc erronées) de divers magazines en guise de légitimité. Sans analyse, sans particularité, des « merveilleux », « magiques », « incroyable » à tout bout de champ, qui, lorsqu’ils sont crus, attisent mais déçoivent bien vite les curiosités.
La Télévision : média trompeur ?
“La vérité c’est comme une couverture trop petite. Tu peux tirer dessus de tous les côtés, tu auras toujours les pieds froids » (2)
La promotion des films se fait presque nécessairement par la télévision, média de masse par excellence. Mais, tout en étant indéniablement un processus marketing, le petit écran en vient à ne plus questionner le grand. Ce sont toujours ces mêmes têtes d’affiches, évoquées plus haut, que l’on voit et revoit sans discontinuer. Les animateurs louent les films sans même les avoir vus, – on ne heurte pas les sensibilités, et on lustre les souliers. Les questions sont redondantes et sans cesse les mêmes – « Est-ce que vous vous êtes identifié à ce personnage », « Comment c’était de jouer avec tel réalisateur ? », « Ça fait quoi d’embrasser tel confrère plus ou moins sexy ? ».  C’est finalement, systématiquement, une approbation sage et vide qui est préférée à la critique construite et personnelle. Même les émissions consacrées exclusivement au cinéma se font rares, et ne représentent pas de grandes audiences.
De l’inutilité des réseaux sociaux
«Tu m’emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour ! Mais tu m’emmerdes ! » (3)
Le cinéma est loin d’être un art ancien, et il semble pourtant peiner à utiliser au mieux les moyens modernes dont il pourrait tirer de nombreux spectateurs. Peu de films ont, en France, une page Facebook, ou l’alimentent assez afin que celle-ci représente un intérêt véritable : les exclusivités, les Making-of, les articles à propos des films sont souvent absents de leurs pages sur les réseaux sociaux – quand elles existent (La Vie d’Adèle en est toutefois un bon contre-exemple). On ne cherche pas la participation du public à l’aide de Twitter, on ne fait pas de site dédié au film, bref : on ne met pas en place les armes qui pousseraient les spectateurs à se retrancher dans les salles de cinéma.
Repenser la communication du cinéma en urgence
« Il est l’ooooor, mon seignoooooooor » (4)
Oui, il est bel et bien temps de penser le cinéma autrement et de ne pas le laisser vaciller seul dans sa propre créativité avortée. L’heure/l’or de repenser aux tarifs des places de cinéma par exemple, si chères qu’elles en reviendraient désormais presque au prix du DVD – que l’on peut regarder, lui, autant de fois qu’on le souhaite. Prix qui ne s’accordent pas non à une société où le streaming et le téléchargement illégal sont de plus en plus faciles d’accès.
Projeter d’autres choses peut-être aussi, ou différemment. Des séries ! Pourquoi pas ? La production en est large et riche ! Regrouper des films ensemble, organiser des soirées plus attractives comme le font certains cinémas d’arts et d’essai ; le cinéma Le Select à Antony est novateur, sur ce registre, et sait créer l’événement.
Certes, on ne manque pas d’imagination au sein du monde fictif du 7e art, mais on en manque cruellement dès qu’il s’agit de projeter l’imaginaire dans la vie, la vraie, au champ réel des spectateurs, à défaut du champ de la caméra. Pourquoi ne pas repenser autrement le cinéma ? Des évènements autour de la sortie de film – groupés, par exemple ? – des avant-premières où un dialogue avec les spectateurs serait envisageable, plus fréquemment, une façon autre d’annoncer un film. Le film En Solitaire avec Cluzet montrait dans sa bande-annonce les difficultés rencontrées durant le tournage plutôt que les extraits du film.
Il s’agirait d’aider ainsi cet art si important qu’est le cinéma en France. Non pas réformer le 7ème art en lui-même mais repenser la façon dont il parle de lui. Lui donner un nouvel air, le faire respirer un peu. Avant qu’il ne s’essouffle.
 
Chloé Letourneur
Citations :
(1) La crise, de Coline Serreau, 1992
(2) Le Cercle des poètes disparus, de Peter Weir, 1989
(3) Un singe en hiver, de Henri Berneuil, 1962
(4) La folie des grandeurs, de Gérard Oury, 1971

Publicité et marketing

Quechua tente l'aventure smartphone

 
Marronniers par excellence, les journalistes nous dépeignaient il y a peu les « cadeaux de Noël préférés des français ».  Tablettes et autres Netbooks n’ont pas réussi à détrôner les smartphones en tout genre qui conservent, cette fois encore, la tête des ventes. En cette période de fêtes de fin d’année 2013, ils auraient générés à eux seuls près de 460 millions d’euros de dépenses. Un montant légitimement attractif qui séduit de plus en plus de marques, désireuses de se créer une place sur le marché. C’est dans cette optique qu’il y a quelques semaines, Quechua, la mythique marque de distributeur de Décathlon, a lancé son propre smartphone. Un pari fou et insensé ? Peut-être pas tant que ça.
« Le premier smartphone mountainproof »
Le « Quechua Phone 5 », puisque tel est son nom, n’a de commun avec le petit dernier d’Apple que le chiffre final, ici référent à la taille de son écran (5 pouces). Loin de toute course effrénée à l’innovation technologique, Quechua propose un smartphone tout terrain, et opte, de fait, pour un cœur de cible adepte des longues randonnées sauvages. Vendu au prix unitaire de 229€ dans tous les magasins Décathlon, « le premier smartphone moutainproof », comme la marque aime à l’appeler, se caractérise par sa robustesse, sa résistance aux chocs et intempéries et par son autonomie longue durée qui n’a de cesse d’impressionner ses utilisateurs. Dans sa recherche de satisfaction du consommateur, Quechua a également pris le parti d’intégrer à son smartphone un altimètre-barométrique ainsi qu’un GPS.

Sur ce même plan purement technique, les critiques s’accordent à dire que le Quechua Phone 5, fabriqué par le constructeur français Archos, est malgré tout assez lourd, encombrant et qu’il propose un équipement dont la performance reste bien en deçà de celle de ses concurrents, à savoir, par exemple, un appareil photo 5 Mégapixels.
Direction communication digitale
Côté communication, Quechua a placé toute sa confiance en l’agence Fred & Farid Paris, avec laquelle elle travaille depuis plusieurs campagnes. De cette association est née une vidéo promotionnelle dont l’unique selling proposition est fondée sur l’aspect particulièrement résistant du smartphone.

Mais la vraie originalité de cette opération, outre le lancement du produit qui peut déjà être perçu comme une originalité en tant que telle, réside dans l’utilisation du digital. Un choix qui apparaît particulièrement cohérent dans un objectif de promotion d’un smartphone.
Quechua a ainsi mis en ligne un site in extenso dédié au produit en question. L’internaute peut non seulement lire les qualités vantées du smartphone mais aussi le « mettre à l’épreuve » des éléments naturels – ici l’eau, la terre et le vent – et se voir proposer une vidéo résultant de ses choix.
Une réponse socio-marketing réfléchie
Dans l’esprit commun, la marque Quechua reste cependant très liée aux accessoires dits plus « classiques » de sport et de randonnée. Pour beaucoup d’ailleurs, elle n’est célèbre que grâce à ses tentes 2 secondes dont la renommée n’est, il est vrai, plus à faire.

Le lancement du Quechua Phone apparaît, à première vue, et à première vue seulement, comme surprenant et sortant du domaine initial de la marque. Peut-être faut-il y voir in fine, plus qu’un simple pari de la part de Quechua, et bel et bien une réponse socio-marketing résultant d’un véritable besoin consommateur ? L’étude, réalisée par Décathlon en amont de ce lancement, a en effet su démontrer que 25% des randonneurs ne se munissaient pas de leur téléphone lorsqu’ils partaient marcher, de crainte de l’abîmer ou parce que celui-ci n’était simplement pas en mesure de répondre à leurs attentes (localisation ou partage de données par exemple). Il faut donc solidement replacer les choses dans leur visée: c’est à cette niche de consommateurs que s’adresse ici le Quechua Phone 5, et non pas aux hypsters en quête perpétuelle de la dernière tendance. Il n’est en rien destiné à concurrencer les Iphone et autres Samsung.
Le Quechua Phone véhicule de fait les valeurs de la marque – simplicité, solidité, bon rapport qualité/prix – et c’est en cela qu’il représente une avancée cohérente pour l’enseigne sportive qui, par-là, fait son entrée dans l’univers du 2.0.
Rappelons qu’elle n’est pas la première à avoir osé sortir des sentiers battus pour « tenter » l’aventure – le jeu de mots est facile, j’en conviens – puisqu’en 2008, Bic avait déjà sorti son Bic Phone. Le concept du téléphone portable simple d’utilisation avait séduit et le pari s’était avéré gagnant puisqu’en moins de trois ans, plus de 500 000 exemplaires s’étaient écoulés. Souhaitons le même sort au Quechua Phone qui a au moins le mérite de détonner au rayon des sacs de couchage et des kits de survie de Décathlon.
 
Céline Male
Sources
Blackandgold
Quechuaphone
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Clubic
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