[rev_slider alias=”clean-news-post-based1″][/rev_slider]

Politique

Il était une fois Internet, les hommes et la démocratie

Une fameuse utopie, où, le légendaire Internet va révolutionner notre société afin d’y introduire un épanouissement total de la démocratie. Son avènement promettait un rêve fou : le pouvoir au peuple. Lol.
Bon, c’est vrai, Internet a changé la donne.
Il nous a permis de démocratiser notre société, l’exemple le plus pertinent étant la possibilité de répondre. En contradiction avec la théorie d’une parole – médiatique – sans réponse – de la part des masses que Baudrillard présente dans son ouvrage, Pour une critique de l’économie politique du signe, la société actuelle grâce à Internet et aux réseaux sociaux, est une société d’échanges d’informations.
A cet égard, le web est un outil démocratique, donnant à chacun un nouveau champ d’expression plus libre.

Au delà de ce droit de réponse, un des exemples phare qui affirme cette démocratisation que véhicule Internet est Wikipédia. Cette encyclopédie ouverte à tous, aussi bien dans la rédaction du contenu que dans la lecture de celui-ci, est symbolique de cette révolution : le savoir pour tous.
Il est indéniable qu’Internet engendre un changement de paradigme : d’un one to many à ce que l’on pourrait qualifier d’un « many to many. » Pourtant, cette révolution culmine davantage vers un glissement des forces en présence et une redistribution des pouvoirs allant à l’encontre du sens traditionnel de la démocratie : le pouvoir au peuple. « Le pouvoir relatif des internautes »  est exposé ici.
L’émergence d’une nouvelle classe. 
On parle bien souvent de la dimension participative d’Internet, permettant aux internautes d’intégrer une communauté, de donner son avis, de s’exprimer. A cet égard, La société met en exergue une soi-disant démocratisation du pouvoir, alors qu’en réalité, il n’y a qu’un transfert de ce pouvoir entre des groupes qui étaient déjà plus ou moins dominants.
Cyrille Frank, journaliste, formateur et consultant, explique dans son blog médiaculture.fr, qu’Internet engendre non pas un partage démocratique du pouvoir, mais plutôt l’avènement d’une « nouvelle classe de dominants ». Adieu, donc, l’utopie d’un pouvoir également distribué entre tous.
Historiquement, l’apparition de nouveaux déséquilibres sociaux est une conséquence inhérente à un changement de paradigme. Par exemple, la bourgeoisie supplanta l’aristocratie après la Révolution Française. L’apparition d’une nouvelle classe après une grande rupture est commun dans l’Histoire.
Dès lors, même si Internet comporte une vertu émancipatrice pour les internautes, il est important de souligner le fait que cela ne concerne pas tout le monde.

Cette nouvelle classe établit son pouvoir grâce à sa maîtrise des nouvelles technologies. Ces acteurs parviennent à s’adapter au temps technologique, afin d’en vivre. Plus concrètement, Cyrille Frank désigne cette nouvelle classe par : « les jeunes journalistes 2.0, communicants et marketeux technophiles, experts et consultants en réseaux sociaux, entrepreneurs du secteur technologique… ».
L’information est un levier de domination majeur dans la société actuelle : il est assez évident que ceux qui savent la manier seront puissants. 
Une illusion de pouvoir ? 
Par le biais de ce droit de réponse et de participer, les internautes ont également un pouvoir, une influence sur Internet. Cependant, sommes-nous influencés ou sommes-nous totalement libres de cette parole ?
On pourrait croire qu’il n’y a pas d’obstacle à notre liberté d’expression, et pourtant, il s’avère que nous sommes toujours influencés.
Prenons par exemple le système de réponse aux médias web, tel que le commentaire sur les articles ou bien sur les réseaux sociaux. On s’aperçoit que cette influence, ce pouvoir qui nous a été donné est en réalité réutilisé par les médias web dans leur propre intérêt. « Voici le pouvoir essentiel de la forme – en ce qu’elle est l’essence même de l’information. » explique Emmanuel Souchier, dans La mémoire de l’oubli. C’est en partie cette forme codifiée qui limite notre pouvoir, et qui permet aux médias web cette réappropriation. Prenons l’exemple de Twitter et ses fameux 140 caractères, qui influent malgré nous sur le contenu de l’information que nous transmettons. En effet, qu’est-ce que donner son avis en 140 caractères ? Notre influence est donc limitée à une forme qui est déterminée par les médias eux-mêmes.

Le Community Manager, acteur de cette « nouvelle classe dominante » dont parle Cyrille Frank, peut définir sa mission par trois verbes : fédérer autour d’un intérêt commun, animer en fournissant des informations aux internautes qui sont susceptibles de les intéresser, et modérer en régulant les conversations pour que les débats restent de qualité. Autrement dit, c’est lui qui va être face à nos réactions, à notre réponse. Les trois verbes qui définissent sa mission, prouvent que notre parole est influencée par l’action du Community manager. On nous amène subtilement d’un point A à un point B, de manière inconsciente. Il y a un mécanisme derrière le système du commentaire qui n’est pas synonyme de totale liberté et donc de vrai pouvoir.
D’autre part, d’un point de vue sociologique, notre choix est déterminé par plusieurs facteurs. Cette liberté d’expression pour tous, engendre un réel problème de visibilité. Certes, nous avons davantage la possibilité de nous exprimer, mais paradoxalement notre avis est dilué dans cet océan – nouveau – d’informations. Par conséquent partager son opinion via un commentaire relève également d’un relatif narcissisme. Il y a une volonté de sortir de la masse, d’être LE commentaire, et d’avoir raison. Cette problématique est d’autant plus réelle avec la possibilité de liker les commentaires. L’acte de réponse n’est donc pas totalement désintéressé, au contraire. Il se place comme fait social, c’est à dire comme une action qui n’est pas entièrement libre puisque partiellement déterminée. Par conséquent, la possibilité de réponse qui est donnée par les médias web est à double tranchant. Elle révèle à la fois la possibilité de participer, ce qui relève de la dimension démocratique du web, mais aussi une volonté d’attirer les internautes sur leur plateforme grâce au besoin des individus d’exister parmi les autres.
On peut parler de ré-appropriation d’un pouvoir des internautes par les médias web, et c’est cette récupération qui démontre dans le même temps la limite de ce pouvoir, que l’on a tendance à surestimer. 
Clémence Midière
LinkedIn
@clemmidw
 
Sources :
La démocratie électronique est-elle une illusion ? Par Hubert Guillaud sur Homo Numericus
Nouveaux médias : une nouvelle classe de dominants par Cyrille Franck sur Mediaculture
Qui a le pouvoir sur Internet ? Par Clément Mellouet sur FastNCurious
Crédits images:
images.google.fr
Pinterest.com
Lefigaro.fr
Computer Ethics
Emarketing.fr

miss irak
Politique

Miss Irak: ISIS, gloire et beauté

Les élections de Miss et autres concours de beauté ont été au coeur de l’actualité people de ce mois de décembre. Iris Mittenaere, couronnée Miss France le 19 décembre dernier, sèche encore ses larmes de joie; Miss Univers 2015 a eu un large retentissement médiatique, dû au moins en partie à l’énorme fail de l’animateur Steve Harvey, qui ne sait plus très bien où se mettre depuis. En revanche, l’élection de Miss Irak a davantage fait couler d’encre chez les spécialistes du Moyen-Orient que dans la presse à sensation.
C’est peut-être parce qu’elle impressionne peu ici, en Occident, où l’on est habitués à ces cérémonies terriblement kitsch, pleines de paillettes et de sourires forcés. Peut-être parce qu’on s’en fiche, au fond, de l’élection d’une pouliche dans un pays lointain. Mais l’histoire a montré que l’Irak n’est pas n’importe quel pays lointain. L’Irak, c’est la guerre contre Daesh, l’instabilité sociale chronique, les violences quotidiennes faites aux femmes. La tenue de Miss Irak 2015 n’est donc pas anodine. Et pour cause, pour la première fois depuis plus de quarante ans, l’Irak s’autorise cette fantaisie, ce spectacle qu’on veut présenter comme une bouffée d’air frais, la preuve que « la vie continue ». Une belle jeune femme de vingt ans du nom de Shaymaa Qassim Abdelrahman a été élue à Bagdad, choisie pour renvoyer au monde l’image d’une Irak moderne et dynamique. La Miss s’est déclarée « très heureuse de voir que l’Irak va de l’avant, grâce à dieu » (AFP). Message d’espoir ? Simple diversion ? On s’interroge.
Un message clair: Life goes on

Les élections de Miss diffusent rarement une image très positive de la femme, et comme le dit Faisal Al Yafai dans les colonnes du quotidien The National, « pas besoin d’être féministe pour détester les concours de beauté ». D’autant plus qu’on y célèbre la beauté féminine à l’occidentale, loin de déclencher un quelconque phénomène d’identification chez les Irakiens. Mais au-delà de ces considérations que l’on pourrait avoir dans bon nombre de pays du monde, il y a quand même la volonté – louable – de faire respirer un peu la population, de la faire rêver de tapis rouges et de reconnaissance internationale. Entre deux attentats-suicides, les Irakiens ont pu se plonger dans les grands yeux verts de Shaymaa Qassim et oublier un instant les morts et la violence. Certes, pas de défilé en maillots de bain. Évidemment, même toutes habillées, les candidates ont fait l’objet de nombreuses attaques; en ne portant pas le voile lors du concours, et voulant promouvoir l’image de femmes indépendantes et épanouies, elles ont régulièrement reçu des menaces de mort. Plus de 150 de ces candidates se sont retirées de la course, craignant pour leur vie. Donneurs de leçons, conservateurs et extrémistes religieux qui peuplent aussi le pays rejettent catégoriquement cette initiative de la femme moderne, trop occidentalisée, trop souriante peut-être.
Une élection-diversion au milieu du chaos

Si depuis 1972 aucune véritable élection de Miss Irak n’a eu lieu, c’est parce que le pays est plongé dans un chaos qui n’en finit pas de durer. L’invasion par les États-Unis en 2003, sous le fallacieux prétexte d’un maintien de la paix dans la région, a eu de lourdes conséquences sur le développement économique. L’Irak traverse depuis de nombreuses années une période désastreuse sur le plan humanitaire, qui empêche une élévation du niveau de vie moyen et perturbe la paix sociale. L’insurrection djihadiste, qui est finalement la conséquence de cette crise
prolongée, est une source supplémentaire de difficultés et monte sournoisement les irakiens les uns contre les autres. Il est évident que l’élection de Miss Irak n’a pas grand chose à voir avec ces problématiques géopolitiques. Mais il se trouve qu’elles ne sont pas sans lien avec le recul significatif des droits des femmes dans le pays ces quinze dernière années. La constitution post-2003 fait complètement abstraction des efforts de protection de la femme qui avaient existé jusqu’à lors, sous un statut juridique établi lors de la fondation de la République de 1958. Les protections légales contre le mariage précoce et le divorce arbitraire ont été complètement édulcorées et n’ont qu’une valeur à peine symbolique. Le congé maternité n’existe plus; sans parler d’un taux d’emploi des femmes désespérément bas.
Il a donc fallu à Shaymaa Qassim Abdelrahman un courage indéniable pour mener à bien sa candidature, et pour finalement parvenir à la victoire en ignorant les menaces de mort et d’enlèvement de Daesh. C’est d’ailleurs ce courage qui pourrait faire parler d’un signe de progrès, d’espoir, d’une bonne nouvelle en somme. Il est toutefois nécessaire de souligner que l’Irak devra actionner un long processus de mise en perspective de l’image de la femme pour espérer un jour que l’élection d’une Miss devienne aussi peu significative en Irak qu’en France.
Mariem Diané
Sources:
Courrier International, Moyen-Orient: Miss Irak est de retour et ce n’est pas une bonne nouvelle
The National, Why the Miss Irak beauty pageant offers merely a sham of stability
L’Express, Miss Irak: le pays a élu sa première reine de beauté depuis 45 ans
Clarionproject.org, ISIS Warns Iraqi Beauty Queen: Join Us or We Kidnap You
Crédits photos:
Reuters/Ahmed Saad Photo
http://femmesdumaroc.com/actualite/election-de-la-premiere-miss-irak-depuis-20-ans-24887
Camp de civils en fuite des combattants djihadistes: © Gerard GUITTOT/REA

Politique

Hollande, geek malgré lui

Hollande et les réseaux sociaux : je t’aime … Moi non plus
En janvier, l’Elysée inaugurera le compte Snapchat du président de la République. Peu friand des réseaux sociaux, préférant selon ses dires de 2013 la “conversation directe” avec les Français, François Hollande y a pourtant progressivement accru sa visibilité au fil de son quinquennat. Très utilisé pendant la campagne présidentielle, son compte Twitter @fhollande a été laissé à l’abandon plusieurs mois avant que le président en personne ne le réactive le 1er janvier 2014. Des critiques dénonçant un président au silence anachronique ont commencé à se faire entendre, le contraignant à retisser sa Toile. Sans surprise, il jouit d’un nombre spectaculaire de followers qui relayent en masse chacun de ses courts messages. Son équipe a annoncé début octobre son arrivée sur un réseau social plus ludique, facile d’accès, intuitif et surtout plus jeune : Instagram. Il est alimenté très régulièrement et constitue une sorte de carnet de bord. Un roman photo qui offre à n’importe quel utilisateur l’opportunité de consulter l’agenda du Président. Mais il contribue aussi à donner l’image d’un François Hollande proche de ses concitoyens, quasiment accessible. On le voit ainsi profondément affecté alors qu’il réconforte une personne touchée par le tragique accident d’autocar de Puisseguin : cette publication et la légende qui l’accompagne témoignent que le président est dans l’affect, qu’il partage la douleur de ses concitoyens, et qu’il est un homme avant tout. Au même titre que biens des utilisateurs d’Instagram, il se met en scène et donne à voir ses moins faits et gestes, ce qui tend à l’humaniser.

#Hyperprésident ?
De là à dire que cette présence sur les réseaux sociaux contribue à désacraliser sa fonction, il n’y a qu’un pas – qu’on ne franchira pas. Car justement, cette surabondance des publications peut avoir un effet de réassurance. Au lendemain des attentats de Paris, les équipes du président ont publié une image du conseil de défense qui se tenait à l’Elysée. Les visages sont fermés, les traits sont tirés, et chacun a le nez plongé dans ses feuilles ou le regard tourné vers le président. L’instant est solennel, et le sérieux, le studieux et le sobre qui émanent de cette photo renvoient l’image d’un président bien entouré et conseillé, qui s’active vraiment en coulisses – mais peut-on encore parler de coulisses ? – à l’heure où ses concitoyens sont plongés dans l’angoisse et le deuil. Il y a une dimension paternaliste à tout cela,probablement savamment orchestrée par les conseillers en communication du Président. Ce compte permet de montrer un Francois Hollande dynamique qui multiplie les déplacements et les rendez-vous diplomatiques en France comme à l’étranger, en conseil des ministres comme auprès des dirigeants allemands, russes ou italiens. Le pouvoir des images s’exerce là à l’extrême : chaque prise de vue représente un enjeu différent du quinquennat. L’omniprésence du Président sur ces photographies est une manière comme une autre de faire comprendre qu’il est sur tous les fronts.

Séduire la jeunesse
Voici venue l’heure de Snapchat. Dans l’équipe du Président, on insiste sur le côté novateur de la chose : il s’agit d’informer autrement, de donner un regard plus singulier, se devine surtout en filigrane une opération de séduction à l’adresse des jeunes. Les 18-34 ans constituent 71% des utilisateurs du réseau social. A cet âge où les opinions politiques se forgent, la construction d’une figure politique accessible et en phase avec son époque peut avoir un impact considérable sur les jeunes électeurs. Le vote des jeunes étant crucial pour l’échéance de 2017, on comprend que le Président et ses conseillers cherchent à diversifier les supports – quitte à surprendre. En effet, le recours par les politiques à ce réseau était jusqu’alors circonscrit aux États Unis. Il s’opère donc une certaine américanisation de la vie politique française, avec des hommes d’Etat érigés au statut de vedette, mettant leur personne et leurs proches en scène en permanence. D’autant que le principe de Snapchat étant d’auto détruire les photographies diffusées. Cela laisserait penser qu’il en est ainsi car les photos sont légères, humoristiques voir compromettantes – en témoigne les filtres que Snapchat a récemment incorporé à ses fonctionnalités. Quel est donc le sens de cette démarche quand on est le Président de la République ? C’est surtout la fonction “Story” qui intéresse ses conseillers en communication. Les photos sont rendues universelles et donc visibles par tous pendant 24 heures. Elles permettent donc une immersion des utilisateurs dans l’antichambre du pouvoir. En dévoilant les coulisses des campagnes, les candidats veulent sans doute montrer qu’ils mènent des campagnes participatives, dont le militant est une partie intégrante et non un simple adjuvant à l’élection. Toujours est-il que l’ex-président fantôme des réseaux sociaux est en passe de devenir un aficionado du petit fantôme sautillant de Snapchat.

Erwana Le Guen
Sources :
– Huffington Post, “Twitter / Facebook, Hollande renoue avec les réseaux sociaux”
– Quora, “How can Snapchat influence the 2016 US election?”
– L’Obs, “François Hollande débarque sur Snapchat en janvier, on vous explique pourquoi”
Crédits photo :
Le Lab d’Europe1
Instagram @fhollande
Instagram @fhollande
Slate.fr

Politique

La peur par la communication: la méthode Daesh

Le terrorisme est un ensemble d’actes de violence qu’une organisation politique exécute à l’encontre d’une société, afin de la désorganiser et de créer un climat d’insécurité, de sorte qu’une prise de pouvoir soit possible. Le mot trouve ses racines étymologiques dans la France révolutionnaire du XVIIIè siècle. Il désignait alors la doctrine partagée par les partisans du régime de la Terreur. C’est donc dès l’origine un mot à connotation politique. Aujourd’hui, le terrorisme désigne des groupes politiquement formés et organisés tels que le groupe Etat Islamique et AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique), qui s’appuient sur une interprétation fondamentaliste du Coran, militant pour un Islam qu’ils considèrent comme pur, originel. Un prétexte pour mener le Jihad de l’épée, c’est-à-dire une lutte armée contre les infidèles, l’Occident, au nom d’une entité religieuse unique. Les méthodes du terrorisme au XXIème siècle utilisent aujourd’hui les mêmes recettes discursives qu’autrefois : instiller la peur, par les mots et les actes plutôt que de combattre frontalement ses cibles. Cette peur est instrumentalisée dans le but de soumettre les opposants et de faire adhérer à l’idéologie de potentielles recrues.
L’instrumentalisation de la peur par le discours politique
Selon Manuel Castells, dans Communication et Pouvoir, le discours et la violence sont deux instruments du pouvoir, utilisés pour asseoir une domination. Le discours permet de construire du sens, donc des valeurs, des intérêts, une idéologie à suivre. La violence est légitimée – du moins rationalisée par le discours produit. A l’inverse, le discours trouve un poids et un écho supplémentaire dans un appel à la violence. Le terrorisme passe ainsi par la communication et par les actes de violence afin d’introduire un rapport de domination vis-à-vis des populations ciblées, ce qui leur donne l’ascendant dans la relation.
De plus, la cognition politique, soit le traitement des informations, est façonnée par les émotions. Les émotions fortes – et en politique tout particulièrement l’enthousiasme et la peur – renforcent notre attention. Ainsi, l’utilisation de la peur par les terroristes procède d’une tactique politique, poussée à son extrême par une communication menaçante et terrorisante et par des actes de terrorisme.
Dans quel but ?
La peur, oui, mais pour quoi faire ? Le but du terrorisme est, premièrement, la conquête physique de territoires sur lesquels étendre sa domination et, deuxièmement, la conquête des esprits et des cœurs. L’un ne va pas sans l’autre puisqu’il faut convaincre de nouveaux combattants qui aideront sur le terrain. Ces deux objectifs sont d’ailleurs mentionnés dans le discours du 4 juillet 2014 d’Abu Bakr Al-Baghdadi, le leader du groupe Etat Islamique. Adressé à tous les musulmans du monde, ce discours les incitait à rejoindre le « nouveau califat » et à faire allégeance au groupe.
Le but d’une communication axée sur la peur est de soumettre les populations visées, de susciter leur peur, pour paralyser mais aussi de diffuser leur idéologie et de recruter. Le terrorisme est donc très dépendant de la communication. Ce qui compte en effet, n’est pas tant l’acte terroriste en lui-même, que la diffusion et la médiatisation de la terreur. Comme au théâtre, la présence du spectateur est essentielle pour propager l’histoire. C’est par ce biais que les groupes terroristes vont marquer les esprits et créer la paralysie, liée à la peur de la mort, nécessaire pour anéantir toute réflexion, toute révolte.
Une guerre psychologique
La réussite du groupe Etat Islamique à convertir au-delà de leur zone d’influence tient en partie à leur utilisation de tous les moyens de communication actuels. Ils sont présents sur tous les supports : Internet, télévision, print, grâce à leurs propres canaux d’information et aux réseaux sociaux. Certaines agences de communication islamistes radicales comme As-Sahab ou Al-Boraq, créées par Al-Quaïda diffusent leurs messages. Le groupe Etat Islamique édite et diffuse plusieurs magazines dont Dabiq ou Dar Al-Islam, littéralement « domaine de la soumission à Dieu », écrit en français.
La propagande djihadiste passe avant tout par les images : les photos glorifiant les combattants et les vidéos mettant en scène des exécutions sommaires. Cette théâtralisation est particulièrement flagrante avec la vidéo mise en ligne en juillet de la mise à mort publique de soldats syriens au sein de l’amphithéâtre de la ville antique de Palmyre.

Les médias font partie intégrante de la stratégie du groupe Etat Islamique pour propager la peur dans nos sociétés, pourtant géographiquement éloignées de son territoire. Cette stratégie s’appuie sur notre fascination pour les images et le jeu du sensationnalisme chez les médias pour monopoliser l’attention et créer la sidération. Les actes terroristes trouvent ainsi un écho dans les médias, qui font résonner sur le long terme la portée de leur action.
Quand la terreur descend dans nos rues
Enfin, la terreur ne passe pas uniquement par les discours. Les groupes terroristes la font descendre dans nos rues. Les attentats touchent directement les populations et servent de rappel au discours jusque-là prononcé et mis en scène. Ils jouent sur l’effet de proximité. Les attentats sont des prises de conscience directes que la terreur n’est pas seulement formalisée, elle est aussi appliquée.
Les attentats s’appuient avant tout sur la symbolique pour marquer les esprits. Le lieu des attaques est choisi rationnellement par leurs auteurs : Charlie Hebdo à cause de ses portraits du prophète et Eagle of Death Metal, groupe qualifié de sataniste, véhiculant des valeurs négatives. Le symbolique ajoute une dimension supplémentaire à l’acte en lui-même, qui marque davantage les esprits. On retrouve également ce symbolisme dans les discours d’accompagnement : la manipulation des mythes arabes, des références religieuses (le Coran) et de références historiques (le retour au Califat, âge d’or de la civilisation arabo-musulmane). Les noms autoproclamés des terroristes et des membres des organisations sont également d’une grande importance. Par exemple, le chef suprême du Califat, a pris le nom d’Al-Baghdadi. Il s’agit d’un titre accordé à l’élève qui a suivi un cursus d’études religieuses à l’Université de Bagdad, un titre qui lui donne sa légitimité. Enfin, la couleur
funeste du noir choisie pour leur tenue et leur drapeau de ralliement fait également partie de la stratégie de communication de propagation de la peur, associée à l’obscurité qui effraie.

Ainsi, la stratégie de communication des groupes terroristes tels que Etat Islamique se résume en quelques mots : diffuser la peur au-delà des zones d’influences directes (Irak et Syrie) afin de recruter de nouveaux membres et paralyser les sociétés occidentales. Cette stratégie n’est pas seulement abstraite puisqu’elle passe également par des actes terroristes. Non seulement ces groupes terroristes veulent que l’Occident les craigne, mais ils souhaitent également désagréger nos sociétés en propageant la peur de l’autre et notamment celle des migrants en provenance des zones de conflits, des musulmans et des personnes d’origine arabe. Cette peur-là fait donc partie de leur stratégie : y céder signifie céder à leur idéologie.
Julie Andréotti
Sources :
Les Inrocks, Pourquoi la lutte contre Daesh doit d’abord passer par les mots, 26/11/2015 
Aleteia, Le Grand entretien (1/3): Alexandre Del Valle: “Daesh veut provoquer un syndrome de Stockholm généralisé en Occident, 2/12/2015
RT France, Daesh: une exécution massive à Palmyre, 5/07/2015
Télérama, la vidéo: arme de communication massive de l’État Islamique, 2/12/2015
Le Figaro, l’Etat Islamique a une identité de marque très travaillée, 18/02/2015 
L’obs, Daesh, la propagande de la terreur, 7/03/2015
Le Monde, Au procès du cyberjihadiste Al-Normandy: “pour moi, ce n’était que des textes”, 6/03/2014
Huffington Post, Daesh: la terreur par l’image, 17/02/2015
Mediapart, Les rouages de la communication terroriste: comment comprendre les enjeux de la terreur, 25/11/2015
Youtube, France 24, Quels sont les principaux messages du discours du chef de l’EI Al- Baghdadi ? 
Crédits photos: 
Le Figaro 
Le megazoom 
 

ELECTIONS REGIONALES FN
Politique

"Quoi, tu t’appelles Gégé tu votes pas FN" : pour en finir avec le cliché du bolos agriculteur et raciste

Le 13 décembre dernier, une brise de soulagement soufflait sur la France. « Zéro », comme zéro région remportée par le Front National malgré une victoire dans un climat anxiogène lors du premier tour. Sur les réseaux sociaux, dans les médias, l’entre-deux tours était submergé d’articles et de farces sur ces « idiots » qui avaient osé voter FN. De l’étude démontrant que moins on est instruit, plus on a tendance à voter FN à la cartographie des tournages de Confessions Intimes comparée à celle du vote frontiste, tout était bon pour faire comprendre que seuls des paysans ignares vivant reclus avaient pu faire un choix aussi irrationnel.
Pourtant, se laisser aller à ce genre de raccourcis peut être dangereux : d’une part, cette association tend à devenir de moins en moins vraie et d’autre part, elle constitue du pain béni pour le FN, qui en joue dans sa communication.

Manifestation anti-taxe Tampon
Politique

Taxe Tampon: quand l'Assemblée s'en tamponne

Le 14 octobre dernier, l’Assemblée Nationale a rejeté la demande des députés d’abaisser à 5,5% la taxe sur les produits d’hygiène féminine (tampons et serviettes), actuellement à 20%. Instaurée au Canada en 2013, cette taxe – jugée discriminatoire et sexiste – est depuis l’année dernière en débat dans de nombreux pays à travers le monde.
Contre toute attente, le Sénat a finalement voté le 21 Novembre dernier l’abaissement de la TVA, relançant le débat.
2014 : « Année des règles »
Souvent tabou, passé sous silence ou retrouvé dans des conversations exclusivement féminines, le sujet des règles émerge librement depuis quelques mois sur les différents réseaux sociaux, dans les médias ou les débats publics.
On ne parle pas ici uniquement de féminisme, mais d’une volonté de ne plus cacher inutilement un phénomène dont tout le monde a connaissance.
Avis mitigés, interrogations, l’unanimité n’est pas encore totalement adoptée, comme lorsque Instagram censure – puis remet en ligne sous la pression des internautes – la photo d’une bloggeuse où l’on aperçoit sur son pantalon et son drap des tâches de sang menstruel.
Des publicités qui mettent en scène un pudique liquide bleu jusqu’aux représentations péjoratives à la télévision et au cinéma – analysé dans Periods in Pop Culture, un essai de Lauren Rosewarne – une réelle spirale médiatique s’est enroulée autour de ce thème.
Si le sujet paraît anecdotique, il n’en demeure pas moins sérieux, car le sujet qui fait le plus parler de cet « événement » mensuel est la taxe sur les produits de première nécessité, autrement surnommée « taxe tampon ».
En France, tout produit ou service acheté est frappé par la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui est la principale source de revenu de l’Etat (193 milliards d’euros selon le projet de loi de finances pour 2016). Il existe trois taux : le taux réduit à 5,5%, le taux intermédiaire à 10% et le taux dit normal à 20%.
Les produits d’hygiène, et donc aussi ceux d’hygiène féminine, sont compris dans ce dernier taux et sont donc taxés à 20%.
Par comparaison, dans les produits dits « de première nécessité » qui sont taxés à 5,5%, on trouve des produits évidents tels que l’eau mais aussi… le foie gras, les sodas ou les bonbons. Se pose donc la question de ce que l’on entend par « première nécessité ».
Avec cette taxe, le collectif féministe Georgette Sand a estimé qu’une femme dépensait en moyenne au cours de sa vie 1500€ en protections hygiéniques.
En Suède, où le sujet est devenu tellement courant que les médias ont renommé l’année 2014 « année des règles », la bloggeuse Clara Henry aurait même demandé à la Sécurité Sociale de lui rembourser 5800€, soit le prix dépensé au cours de sa vie en protections (le coût de la vie étant plus cher en Suède).
Saigner, c’est payer

Il y a donc un réel enjeu économique, qui peut s’avérer rédhibitoire dans les pays défavorisés, quant à l’accès à ces produits.
En Inde, où seulement 12% des femmes y ont accès en raison de leur coût, ces produits sont d’ailleurs très peu commercialisés, entraînant ainsi des répercussions sur le mode de vie, et bien sûr sur la santé des femmes.
Mais plus proche de nous, le coût de ces produits pose aussi problème dans les milieux les plus précaires. Distribution gratuite en Angleterre pour les sans-abris, succès de la Coupe menstruelle (protection réutilisable), invention de sous-vêtements réutilisables et absorbants… les solutions alternatives sont de plus en nombreuses pour éviter ce diktat non écologique et coûteux.
Les médias au service d’un ras-le-bol généralisé
La taxe initiale qui avait été instaurée au Canada en 2013 – par la députée Irene Mathyssen, une femme donc – et qui s’élevait alors à 5%, a été supprimée depuis sous la pression médiatique et des suites d’un mécontentement général.
De nombreuses « opérations » ont été lancées dans divers pays, pour faire annuler cette taxe discriminatoire qui classe un tampon au même rang d’utilité que du caviar (rappelons qu’avoir ses règles ni un choix, ni un phénomène évitable).
En 2014, de nombreuses militantes britanniques ont envoyé des culottes ensanglantées en signe de protestation à David Cameron. Récemment, ce « Culotte Gate » s’est répété en France avec des centaines de sous-vêtements tachés envoyés à François Hollande, Manuel Valls ou encore Marisol Touraine, ministre de la santé.

Pour dénoncer le coût élevé des tampons et éveiller certaines consciences, un collectif britannique a revisité un spot publicitaire, sur le modèle des publicités pour parfum. Le tampon y est devenu presque luxueux : sensualité, désir pour l’objet, grand appartement sur un fond de musique envoutante, le tampon est présenté avec dérision comme un objet rare et précieux.
 

Après également de nombreux hashtag sur les réseaux sociaux tels que #TamponTax ou #NoTaxOnTampon et une pétition en ligne – adressée directement à Michel Sapin, ministre des finances – qui rassemble plus de 27 000 signatures, le combat pourrait enfin aboutir.
En effet, des sénatrices militantes ont déposé le 19 novembre des amendements au projet de budget 2016 pour réduire cette taxe sur ces produits, finalement voté le 21 novembre.
Mais si Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes, a déclaré « qu’il fallait prendre au sérieux cette demande », Christian Eckert, secrétaire d’Etat au Budget, a de son côté affirmé que « le gouvernement ne souhaite pas bouger sur les taux de TVA ».
Bien que passée au Sénat, contre l’avis de Christian Eckert, cet amendement doit passer le 10 décembre à l’Assemblée Nationale. Cette dernière étant composée à 75% de députés masculins, affaire à suivre…
Capucine Olinger
LinkedIn
Sources :
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1444587-video-du-soir-pour-que-cesse-la-taxe-rose-une-pub-imagine-le-tampon-en-produit-de-luxe.html
http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/11361-culottegate-centaine-culottes-tachees-envoyees-francois.html
http://www.lemonde.fr/sante/article/2015/11/11/comprendre-la-bataille-de-la-taxe-tampon_4807643_1651302.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_term=Autofeed#link_time=1447266823
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/10/16/tva-sur-les-tampons-qu-est-ce-qu-un-produit-de-premiere-necessite_4791200_4355770.html
http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/budget-2016-le-retour-de-la-taxe-tampon-931578.html
http://georgettesand.org
« La guerre des tampons », Glamour N°137, août 2015
Crédits photos :
Vice.com
20minutes.fr

TAFTA
Politique

Dans la boîte noire du TAFTA, il y a …

Vous êtes un As de la fouille de terrain pluri-médiatique ? Vous avez reçu un catalogue des acronymes internationaux pour votre anniversaire ? Félicitations : la probabilité que vous ayez déjà entendu parler du TAFTA est non nulle.
Pour les autres, au risque de vous décevoir, le ”taffetas” dont nous parlons est loin d’être aussi soyeux que le tissu… Le Traité de commerce Transatlantique ou TAFTA, est un projet d’accord entre les États-Unis et l’Union Européenne, dont le but manifeste est de faciliter les échanges commerciaux entre les deux parties, notamment par le biais de l’harmonisation des normes. Ainsi dit, le projet semble promettre limpidité et efficacité. Bien loin d’être aussi franc et univoque en soi, de nombreuses dimensions de ce projet sont discutables, à la fois sur le plan démocratique, moral ou environnemental. Fort d’un double silence démocratique et médiatique, le projet évolue dans l’ombre.
Le TAFTA, Kézako ?
Le principe même du TAFTA consiste à achever la dynamique de libre-échange existant entre les Etats-Unis et l’UE, en mettant la priorité sur la facilitation du procédé de l’échange lui-même, et non sur d’autres aspects comme la qualité des biens & services échangés.
Les arguments avancés pour justifier la légitimité du TAFTA ont évolué dans le temps, l’un chassant l’autre quand celui-ci s’avérait réfuté : des retombées positives sur la croissance dans l’UE (…+0,05% du PIB européen pour la prochaine décennie), des créations d’emplois (qui seraient plutôt une « destruction massive d’emplois » selon Attac), une aubaine pour les PME (démenti par Attac entre autres)… Une communication qui peut sembler plutôt maladroite de la part de la Commission Européenne.
Les négociations devraient majoritairement aboutir au choix de lois moins contraignantes pour les multinationales et les banques. Ce faisant, les mesures de prudence prises dans l’Union Européenne concernant les effets néfastes, scientifiquement prouvés ou potentiels, de certains produits ou de certaines pratiques, pourraient désormais être abolies concernant l’agriculture intensive, les OGM, l’utilisation massive du gaz de schiste par exemple. Beaucoup de notions controversées qui pourraient pourtant devenir une réalité pour les européens dans un avenir proche.
Le silence démocratique
Un projet d’ampleur donc, illustré par le fait que le beau bébé va bientôt fêter ses 4ans. Mais si les négociations avancent sur le sujet, les enjeux démocratiques de représentativité et de justice demeurent.

Alors que les négociations se déroulent à huit-clos, la Commission européenne affiche un procédé de négociations « clair et transparent » sur Twitter, donnant ainsi un accès public à des documents… intégralement rédigés en anglais. L’occasion de se remémorer l’article 15 du traité sur le fonctionnement de l’UE, promettant « la participation de la société civile » et un « principe d’ouverture. ».
Les pays européens ont accepté en juin 2013 par mandat d’être représentés par des commissaires européens, nommés par les eurodéputés. Cependant, on peut regretter la faible ouverture du procédé à une multiplicité d’acteurs concernés par ce traité, puisque les négociants proviennent à 90% de la sphère économique. Le mystère entourant ces négociations est tel, que Julian Assange, fondateur de Wikileaks, a promis une récompense de 100 000 euros à quiconque ferait fuiter le document.
Dans le monde de l’après TAFTA, les États ont perdu toute souveraineté vis-à-vis des grandes entreprises : une clause instaure en effet le droit des entreprises à poursuivre les États s’ils estiment que certaines décisions institutionnelles constituent des obstacles à leur développement. Ce monde existe déjà : au Canada, où le NAFTA est en vigueur depuis 1994, des multinationales comme Lone Pine ou Monsanto ont obtenu gain de cause.
TAFTA : Une maille manquante au tissu médiatique
La visibilité médiatique, notamment télévisuelle, des enjeux du traité est plutôt mince. Pourquoi les effets cancérogènes de la viande ou la COP21 sont-ils préférés par les chaînes ? La faible exposition médiatique de cette cause pourrait s’expliquer par la lenteur du processus de négociation du TAFTA, inadapté aux logiques reines de buzz ou de coup médiatique.
Concernant les chaînes privées, leur dépendance vis-à-vis de grands groupes à l’activité fortement diversifiée comme Havas ou Bolloré peut avoir des répercussions sur leur programmation. Mais comment expliquer le silence des chaînes publiques ?
Nous remarquons que la chaîne Youtube « Datagueule », qui se saisit largement de problématiques actuelles comme le TAFTA, est réalisé en coproduction avec France Télévisions. Pourquoi ne pas défendre cette cause sur des chaînes grand public ? Le TAFTA est en effet majoritairement évoqué par des médias dont l’audience est restreinte et ciblée (Public Sénat, France Culture ou encore Mr.Mondialisation). La mise à l’agenda médiatique est pourtant une condition nécessaire au débat public.
Quoi qu’il en soit, le silence qui entoure le TAFTA est une aubaine pour les extrêmes de tous bords, à l’heure où l’Europe est tourmentée et remise en question par certains, à l’image de Philippe Loiseau, député européen Front National.

Le manque de transparence du procédé alimente les esprits conspirationnistes et nationalistes, qui jouent sur la confusion de l’UE et l’opacité des négociations du TAFTA pour promouvoir un repli sur la patrie. La mobilisation du Président du Bundestag en Allemagne souligne le silence des responsables politiques français notamment.
Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’une frilosité politique, d’une dépendance des médias privés ou d’une résignation des médias télévisuels publics, le cas du TAFTA permet de penser le rôle majeur de la télévision dans la mise à l’ordre du jour des sujets dans l’opinion publique.
Fiona Todeschini
@FionaTodeschini
Sources :
Émission France Inter, « Le Téléphone sonne » de Nicolas Demorand. « Où en sont les négociations du TAFTA ? », jeudi 29.10.15 avec Elvire et Yannick Jannot
La Croix. Consulté le 29/11/2015 – http://www.la-croix.com/Actualite/Europe/Comment-les-commissaires-europeens-sont-ils-designes-2014-10-07-121761
Somofus, “TTIP/TAFTA et ses investisseurs tout-puissants”. https://www.youtube.com/watch?v=LLi4dej-nw
Datagueule, « TAFTA gueule à la récré – https://www.youtube.com/watch?v=zHK1HqW-FQ
Attac TV https://www.youtube.com/watch?v=-AXPpS5n_gE 
Boulevard voltaire – http://www.bvoltaire.fr/hildegardvonhessenamrhein/president-bundestag-se-rebiffe-contre-traite-transatlantique,215456
Traité sur le fonctionnement de l’UE, en ligne.
Crédits photos :
Comptes Twitter de Philippe Loiseau et de la Commission européenne
Photo de couverture : mr.mondialisation.org
Pour plus d’informations, consulter le site de la Commission Européenne, le site de Public Sénat, ou encore le site du Monde, comportant une rubrique consacrée uniquement au TAFTA.

Politique

Erdogan ou la mort programmée du kémalisme

Les législatives du 2 novembre dernier en Turquie semblaient être jouées d’avance. Alors que, pour la première fois depuis 13 ans, l’AKP (parti islamiste modéré d’Erdogan) avait perdu sa majorité absolue, tout semblait indiquer une disgrâce de l’ancien président turc. Pourtant, déjouant tous les pronostics fatalistes, l’AKP obtint une immense victoire électorale, et retrouva sa place de premier parti politique dans le pays. Cela s’explique avant tout par la popularité sans précédent d’Erdogan, et sa maîtrise totale de son image.
Le triomphe d’Erdogan, renouveau religieux
L’actuel premier ministre bénéficie depuis son élection comme maire d’Istanbul d’une immense popularité.
L’année 1994 signe le début de la carrière politique de cet homme issu d’Anatolie, et qui n’était jusque-là reconnu que pour ses talents de footballeur professionnel. Cette année marque donc le début de sa gloire, à travers le poste de maire d’une des villes les plus puissantes du pays.
Pourtant, Erdogan se présente alors comme représentant d’un parti islamiste modéré, alors que sous la République, aucun parti religieux n’avait triomphé lors d’élections d’une telle ampleur. La raison de ce succès électoral ? La stratégie d’Erdogan, qui se présente comme un champion de la lutte contre la corruption qui gangrène toute la classe politique de la ville. Son respect profond de l’islam devient dès lors un outil de communication : un homme aussi vertueux que lui ne saurait pécher et par là trahir et décevoir ses électeurs. Sa foi devient un instrument politique.
Mais la victoire d’Erdogan et de sa religiosité assumée a également une signification bien plus profonde que cela. D’autre part, sa popularité n’a jamais été aussi haute que lorsqu’il a publiquement dénoncé l’Etat d’Israël, le qualifiant d’ «enfant gâté » en 2011 et prenant parti pour la cause palestinienne publiquement en 2013.
Un certain retour à la religion semble se produire en Turquie, et Erdogan en est le symbole. Il s’agit de l’émergence d’un islamisme conservateur au sein d’une république laïque, présentée comme un modèle de modernité au Moyen-Orient. Recep Tayyip Erdogan est celui qui vient, à travers les décennies, défier l’autorité du grand Atatürk, père de la République et artisan de la sécularisation de la société turque.
MusKemal, figure historique incontournable
Mustapha Kemal eut de nombreux noms, et parmi ceux-ci le plus célèbre est sans aucun doute celui d’Atatürk traditionnellement traduit comme « Père des Turcs ». Ce surnom, est synonyme dans l’imaginaire collectif turc d’un grand homme qui a su faire entrer la Turquie dans l’ère moderne, et a jeté les fondations de l’état turc actuel. Mustapha Kemal représente le mythe l’homme providentiel par excellence, figure politique dont le destin individuel a transformé l’histoire de son pays. Il est vu comme l’homme qui a su marquer l’histoire, et qui malgré toutes les controverses, continue de forcer l’admiration à travers les siècles.
Kemal est le symbole d’une Turquie nouvelle, délivrée du califat mais aussi et surtout d’un renouveau laïque que l’on présente souvent comme un phénomène inédit dans le monde musulman.
En effet, une fois arrivé au pouvoir, Kemal proclame la République et sépare la justice et l’enseignement de la religion islamique : le voile est notamment interdit dans les universités d’Etat en 2014
« Enfin, legs durables de Mustafa Kemal, l’existence même de la nation turque aujourd’hui, le fait qu’elle se place cette année à la dix-septième place mondiale en termes de puissance économique […] et la position internationale d’Ankara» conclut Adel Taamalli sur le blog collectif et indépendant tunisien Nawaat.
C’est dire l’importance de l’héritage du dirigeant, qui fondé à lui seul un courant politique, le kémalisme, dont beaucoup ont tenté de s’inspirer sans le même succès. Sa figure est particulièrement respectée en Turquie, où un immense mausolée a été construit pour lui rendre hommage. Mustapha Kemal est une figure révérée par les Turcs, comme le prouve la controverse autour de son biopic en 2008 de Can Dündar, qui était considéré comme insultant envers la mémoire de leader.

Ainsi, malgré sa popularité, l’image d’Erdogan est très différente de celle des hommes au pouvoir traditionnellement diffusée en Turquie.
Les médias au service du pouvoir
Rien que l’adjectif « sultan » que s’accordent à lui accoler à la fois Libération et Le Nouvel Observateur sont déjà un indice révélateur de la fracture profonde qui sépare le kémalisme de la politique de l’actuel Premier ministre turc.

S’il a souvent été reproché à Kemal un trop grand autoritarisme, il reste indéniablement aux yeux de tous le père de la démocratie turque. Au contraire, Erdogan semble renouer avec cette tendance à un pouvoir plus autoritaire, tout en remettant en cause certains principes les plus fondamentaux de la démocratie.
L’exemple le plus parlant est le contrôle qu’Erdogan entend exercer sur la presse nationale. C’est ainsi que suite à la relative défaite de l’AKP au début de l’année et à l’organisation de nouvelles élections en novembre, Erdogan a cherché à faire taire la presse d’opposition. Le 28 octobre à l’aube, la police turque intervient dans les locaux des chaînes Kanaltürk and Bugün TV à Istanbul pour interrompre toute transmission. « La situation des journalistes est la pire depuis les années 1980, période de coups d’État militaires » affirm Can Dündar, le rédacteur en chef du journal Cumhuriyet selon L’Humanité. Un des faits les plus marquants de cette censure officielle est l’interdiction qui a été faite à la presse de couvrir les attentats meurtriers d’Ankara du 10 novembre dernier.
La lutte contre la laïcité
Mais ce qui caractérise sans doute l’opposition farouche d’Erdogan au kémalisme est son combat contre la sécularisation de la société turque.
La carrière politique d’Erdogan commence par la défense des intérêts de la minorité musulmane en Anatolie, profondément croyante et ignorée jusque-là par le pouvoir en place. Il est même condamné quelques années plus tard à une peine de prison pour avoir lu en public un poème du nationaliste Ziya Gökalp incitant les croyants à combattre les infidèles. Mais il parvient à faire de cette traversée du désert une véritable force, puisqu’il fonde à sa sortie de prison l’AKP, qui devient immédiatement la première force politique du pays. L’image qu’Erdogan veut se construire et diffuser largement est celle d’un homme de foi suivant scrupuleusement les enseignement de l’islam.
C’est ainsi qu’alors que Mustapha Kemal avait interdit le port du voile dans les universités, Erdogan l’autorise à nouveau dès 2008. L’interdiction a également été levée pour toutes les fonctionnaires en 2012.
 

Deux frères ennemis
Erdogan s’impose comme le symbole d’une certaine lassitude du peuple turc envers le kémalisme jusque-là tout puissant. La multiplication du port du voile le prouve : quatre députées se sont présentées voilées à l’assemblée pour la première fois de son histoire en 2013, et près des deux tiers des turques le portent aujourd’hui.
De fait, Erdogan et Atatürk, par leur popularité et leur immense pouvoir politique, représentent les deux faces d’une même pièce, celle du mythe de l’homme providentiel. Chaque époque appelle son propre héros ; le rapprochement entre ces deux figures antagonistes est en réalité révélateur des courants d’opinion profonds qui traversent la société turque et fondent son identité.
Aussi, deux images antagonistes se dégagent de cette confrontation : si Kemal a laissé un héritage à la fois glorieux et lourd, puisqu’il n’est que très peu contesté, Erdogan est plus contrasté. Toutefois, cette image plus nuancée se développe hors de Turquie, car dans le pays, c’est-à-dire là où se trouve son électorat, Erdogan accorde un soin tout particulier à son image qu’il contrôle afin de servir ses ambitions politiques.
Myriam Mariotte
Sources :
http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Mustafa_Kemal_Atat%C3%BCrk/134505
http://www.herodote.net/Moustafa_Kemal_1881_1938_-synthese-180.php
http://nawaat.org/portail/2013/09/22/mustafa-kemal-un-grand-homme-de-lhistoire/
http://global.britannica.com/biography/Recep-Tayyip-Erdogan
http://www.liberation.fr/planete/2011/06/13/erdogan-le-nouveau-sultan-turc_742371
http://www.leparisien.fr/faits-divers/attentat-d-ankara-le-bilan-s-aggrave-a-97-morts-erdogan-critique-12-10-2015-5177731.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr%2F
http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Le-gouvernement-turc-autorise-le-port-du-voile-dans-les-lycees-2014-09-24-1211236
http://www.courrierinternational.com/article/2014/11/25/les-dix-declarations-les-plus-ridicules-du-president-erdogan
http://www.france24.com/fr/20081110-le-biopic-atatuerk-provoque-controverse-turquie-cinema
http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201109/06/01-4431860-turquie-erdogan-accuse-israel-detre-un-enfant-gate.php
http://www.telerama.fr/medias/comment-erdogan-musele-les-medias-turcs-avant-les-legislatives,133490.php
http://www.humanite.fr/turquie-erdogan-veut-etouffer-la-liberte-de-la-presse-587808
Crédits photos:
Huffington Post
Blogspot
Ibtimes

Politique

L'union, par la communication

Alors que le bilan des attentats qui ont eu lieu vendredi soir s’alourdit d’heures en heures, l’équipe de FastNCurious tient à exprimer son soutien à tous ceux qui ont été affectés par ces évènements tragiques. Nous partageons le choc et l’effroi auquel vous faites face.
Nous adressons toutes nos condoléances aux victimes, qui, à Paris, Beyrouth ou ailleurs sont chaque jour plus nombreuses.
Les actes perpétrés hier soir sont ignobles. Ils touchent profondément la France et portent atteinte au vivre ensemble dans notre pays où la liberté est et restera une valeur essentielle qui motive chaque citoyen.
Le communiqué dans lequel le groupe Etat islamique revendique l’attentat qualifie le Président de la République française d’ « imbécile ». A travers son Président, c’est ici tous les citoyens français qui sont insultés par l’organisation Etat islamique. Entre un peuple motivé par les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité et un groupe d’extrémistes religieux répandant la mort sur leur passage au nom d’une religion qu’ils n’incarnent pas, nous ne préciserons pas qui pourrait être qualifié d’ « imbéciles ». Mais nous ne tomberons pas dans leur rhétorique, face à ces actes qui cherchent à nous diviser, restons unis.
Sur FastNCurious nous continuerons à dévoiler ce que cache la communication. L’exemple du groupe Etat islamique est révélateur, au-delà de ses attaques, l’organisation rejette la diversité, la pluralité de la société française et ce sous couvert de leur discours religieux. Ces actes visent à instiller la peur, à remettre en cause notre capacité à vivre ensemble. La lutte contre le terrorisme passe indéniablement par la compréhension des actes qui le motivent. L’impact de cette stratégie de la peur s’effondre dès lors qu’elle est dévoilée, et c’est à cela que nous allons travailler.
Nous n’avons pas peur. Et nous sommes unis.
L’équipe FastNCurious. 
Crédit image : Joann Sfar

Des paroles et des actes, Marine Lepen
Politique

De DPDA à Face à France: vers un renouveau du débat politique à la télévision

Marine Le Pen, la star. Marine Le Pen, la diva, « à qui on n’impose rien ». C’est en ces termes que la présidente du Front National a annulé à la dernière minute sa venue dans l’émission politique phare de France 2, Des Paroles et Des actes, obligeant la chaîne à supprimer l’émission de sa grille du soir. Cet épisode fait suite à une lettre envoyée par les présidents du PS et des Républicains au CSA, pour qui la visibilité accordée à la candidate dans la région Nord Pas de Calais-Picardie aux régionales est contraire à l’égalité politique Ces évènements remettent en question la légitimité du format de l’émission de France 2 face à de nouvelles formes mises en avant, jugées plus authentiques.
Une occasion manquée pour le FN
L’invitation de Marine Le Pen – une cinquième fois, un record pour l’émission – souligne l’incapacité du parti à mettre en avant médiatiquement des figures autres que celles de son leader. Cela ne peut que souligner, dans un parti où les mandats nationaux se font rares, l’échec de surexposition d’un Florian Philippot qui truste la part du lion médiatique de son parti et qui se voit critiqué par des ténors comme Louis Alliot, pour qui « c’est Marine qui décide »
La vraie question qui se pose pour le Front National, qui veut s’inscrire dans la logique des partis dits “de gouvernement” et s’institutionnaliser, c’est de se construire des personnalités plus visibles médiatiquement, qui peuvent être vues comme une alternative au leader, au risque de passer pour une entreprise familiale où, pour diriger, le bon patronyme est nécessaire.
La réalité du « système » ?
L’erreur la plus notoire vient sans doute de Jean Christophe Cambadélis et de Nicolas Sarkozy qui, soucieux de ne pas laisser une « tribune » de deux heures à Marine Le Pen, ont alerté le CSA , permettant ainsi à Marine Le Pen de dénoncer une fois de plus le fameux UMPS et de s’embourber dans sa stratégie du « seul contre tous » Elle met en avant une supposée collusion d’un système médiatico-politique – dont elle serait la victime. Les Républicains et le PS sont les meilleurs alliés de Marine Le Pen, qui se niche volontiers dans les draps de la démocratie et s’offusque dans un communiqué de presse de la volonté de l’émission d’organiser un débat « excluant d’ailleurs sans raison les autres candidats à cette élection ». Par leur erreur stratégique, les Républicains et le PS ne font que donner plus de force à l’argumentaire traditionnel du FN.
En annulant l’émission, France 2 ajoute de l’huile à la communication d’un FN qui s’affirme comme étant au centre de la vie politique française, en plaçant sa présidente dans une situation où elle peut se permettre de refuser une émission en prime time.
Une perte de crédibilité pour l’émission
Alors que France 2 avait réussi à s’imposer comme la chaîne des rendez-vous phares de la politique, avec ses émissions de débat comme Mots croisés et Des paroles et des actes (qui permettent d’interroger sur une volonté quasi-exhaustive des personnalités politiques), France 2 écorche son image de chaîne du service public en mettant clairement en avant une volonté d’audimat et un besoin de rentabilité, et donc une volonté de susciter de fortes audiences en invitant des personnalités médiatiques susceptibles de créer l’événement.
Comment la télévision – considérée comme le quatrième pouvoir – peut-elle répondre aux injonctions de présidents de partis politiques qui, conscients de la visibilité procurée par l’émission, se sont précipités pour fixer les modalités de son organisation ? Comment l’émission peut-elle continuer à prétendre être indépendante de la mêlée politique ?
Le face aux Français pour plus d’authenticité

Il semble que la formule en place depuis 2011 doit être repensée et actualisée, surtout dans le contexte d’élections régionales, que France 2 peine à couvrir. Est-ce pertinent d’inclure un débat avec seulement une partie des candidats à la présidence d’une région, dans une émission à portée nationale ?
L’imbroglio de Des paroles et des Actes souligne l’incapacité actuelle du service public français à assurer une bonne couverture médiatique des élections locales.
Bien que France télévisions déclare ne pas vouloir remettre en cause le format de l’émission de France 2, « seule émission du PAF sur une grande chaîne généraliste à une heure de grande écoute », jouissant d’un quasi-monopole sur le paysage audiovisuel français ; le retour de Face à France , sur NRJ 12 (une émission crée en 1987) remet au goût du jour une tendance qui s’inscrit dans les émissions politiques : celle d’un désir d’authenticité de la parole qu’une simple confrontation entre personnalités politiques ne pourrait remplir. L’objectif est clair : arracher le masque du pouvoir à ces hommes et à ces femmes pour les mettre face au quotidien. L’utilisation actuelle des réseaux sociaux dans ce type d’émissions à la manière de C dans l’air, avec sa séquence questions-réponses, s’inscrit dans cette lignée. Il faudrait ainsi voir la confrontation portée par les vrais français, ces gens lambdas qui sans détours sauront apporter un peu de spontanéité dans un débat, alors qu’ils en sont traditionnellement exclus, comme le souligne la visite récente de François Hollande chez Lucette.
Un rapport au parlement sur les orientations de la chaine paru en octobre prévoit la création d’une nouvelle chaine d’information, animée d’une volonté explicative qui se voudrait plus pédagogique. On pourrait penser à un nouveau format court en cohérence avec la ligne éditoriale de la chaîne, qui s’adapte au phénomène du buzz politique amplifié par les réseaux sociaux : le paysage audiovisuel français est peut-être en quête d’une émission politique de type débat accessible à l’ensemble des citoyens.
Jérémy Figlia 
Sources :

http://lelab.europe1.fr/louis-aliot-critique-lomnipresence-mediatique-de-florian-philippot-2540967
http://www.frontnational.com/2015/10/monsieur-pujadas-on-ne-mimpose-rien/
 
Crédits photos : 
http://www.rtl.fr/actu/politique/marine-le-pen-sur-france-2-exigences-contradictoires-colere-et-grande-confusion-avant-l-emission-des-paroles-et-des-actes-7780210304 
http://www.non-stop-people.com/actu/tv/face-france-christophe-beaugrand-cloue-le-bec-christine-boutin-89922