[rev_slider alias=”clean-news-post-based1″][/rev_slider]

Neknomination
Société

Neknomination : le jeu à boire 2.0

 
Quel est le point commun entre Isaac Richardson, jeune gallois ayant étudié la grammaire, Ross Samson, joueur star du rugby écossais et votre pléthore d’amis Facebook ? Vous ne voyez vraiment pas ? Réjouissez-vous ! Vous pouvez vous targuez d’appartenir au cercle très privé des internautes encore épargnés par le phénomène « neknomination ».
Venu tout droit d’Australie, cet étrange néologisme est né de l’esprit embrumé de deux étudiants de l’université de Scotch – le hasard fait décidemment bien les choses – au cours d’une soirée bien arrosée. Hybridation des termes « neckling » (boire cul sec) et « nominating » (désigner), le neknomination offre aux adeptes des jeux à boire un nouveau terrain d’expression : le web et ses réseaux sociaux.
Fini le temps des shots entre copains au pub du coin, l’exhibition 2.0 s’exporte jusqu’au fond des verres ! La règle de base, on ne peut plus simple, est propice à la propagation. Réalisée face caméra, la mission, une fois acceptée, consiste à boire d’une traite 50 centilitres d’alcool avant d’inciter deux de ses amis (au minimum) à faire de même. La vidéo est ensuite postée sur Youtube, Facebook ou Twitter et laisse 24 heures aux nominés pour relever le défi. Visible publiquement, ce selfie d’un nouveau genre institue un rapport de force entre le buveur, qui présente son exploit ; ses nominés, invités à suivre son exemple ; et le public, intangible mais bien influent, que constitue leur cercle d’amis. Tout refus est en effet soumis au joug facebookien et au jugement des pairs.
La principale crainte des personnes désignées ? Passer pour un « lâche » ou pire, quelqu’un qui ne sait pas s’amuser. Sur les réseaux, les remarques  faussement reconnaissantes mais rarement contestataires se multiplient. « Merci à mon copain de m’avoir nominée à ce jeu débile » déclare Anna, 19 ans, non s’en s’être recoiffée au passage.
Majoritairement apprécié par les jeunes qui y voient une occasion d’afficher leur « branchitude », les individus les plus influençables peuvent être amenés à renier leur libre arbitre sous la pression du groupe.
Bien qu’éthiquement contestable, la tendance du  neknomination  aurait pu rester anecdotique si les conséquences de ses dérives s’étaient cantonnées au cadre de l’égocentrisme digital.  Comme tout jeu, neknomination invite à la surenchère et à la réécriture des règles.
Si certains font le choix de remplacer l’alcool par des mélanges toujours plus écœurants (le but du jeu est  alors d’avoir l’estomac le plus résistant) ou  préfèrent boire dans des positions et des lieux d’exception (au choix : à cheval, tête renversée au-dessus des toilettes, aquarium géant, océan, pont suspend, etc…), d’autres franchissent les limites de l’inconscience en augmentant les degrés d’alcool et les doses ingérés. Quatre personnes sont déjà mortes des suites de ce jeu au Royaume-Uni. Triste ironie ou don du sort, la plupart des victimes sont vite devenues trop malades pour mettre en ligne leur performance.
Il a suffi de quelques mois pour que l’idée originale des amis australiens se répande comme une trainée de poudre et mette feu à la toile. Alertées par l’ampleur de la contamination, les autorités sont rapidement confrontées à l’impuissance de leurs moyens d’action. Face à un géant Facebook qui refuse de censurer des contenus qui ne sont en rien contraires à son règlement, la riposte des pouvoirs publics s’organise autour des médias plus classiques et des campagnes de sensibilisation que relaie la Police Nationale. Les messages subliminaux qui y sont véhiculés s’affranchissent d’un ton trop souvent moralisateur. Au traditionnel slogan « l’alcool est dangereux pour la santé » semble succéder un tout autre mantra : la jeunesse ne rend pas invincible.
Ce qui n’était au départ qu’un simple jeu est devenu un enjeu « de vie ou de mort » repris massivement par les médias. Sur les sites dédiés à l’information, les commentaires désapprobateurs pullulent. Instrumentalisé, le neknomination y est dépeint comme le reflet d’une société vouée à la décadence.
Loin de ces considérations pessimistes, un utilisateur de Facebook aurait trouvé le moyen de faire taire les médisances en ajoutant une note d’espoir à cette symphonie plutôt sombre.  Désabusé à l’idée d’avoir été nominé par l’un de ses contacts, Julien Voinson décide de prendre le contrepied du Neknomination. Il relève le défi vidéo tout en en modifiant les règles au point de créer un tout nouveau jeu : « smartnomination » (une réponse « intelligente » à la « désignation »).
Le principe?  Se filmer en train de réaliser une bonne action avant d’encourager deux de ses amis (ou plus) à faire de même, puis poster la vidéo sur les réseaux sociaux. Salué par la blogosphère, son initiative pourrait bien être le premier maillon d’une longue chaîne de solidarité. Dons de repas et de vêtements mais plus encore, don de temps, ce « smartselfie » semble réussir là où tous les autres ont échoué : sensibiliser son auteur à la misère du monde.
Alors certes, cette mise en scène de soi va à l’encontre d’une solidarité idéalement « désintéressée » mais peut-on réellement le lui reprocher ? Le smartnomination  fait figure de prétexte au rassemblement ce qui, au pays du narcissisme digital, est déjà un bel exploit.
Bonne ou mauvaise, l’influence ne l’est qu’entre les mains des hommes qui la créent. Outil au service d’une jeunesse débridée, instrument de mort ou vecteur de charité, les réseaux sociaux abolissent une fois de plus les frontières.
 
Marine BRYSZKOWSKI
Sources
BBC
ABCNews
Telegraph
TheGuardian
Metro
Huffingtonpost
SudOuest
Youtube

M6
Société

M6 à la recherche d’un nouveau talent cousu main

« On aura tout vu », comme dirait l’autre. Ces dernières années on observe un véritable essor des émissions du type « Le meilleur… » cherchant le talent culinaire, musicale, acrobatique… On connaît bien ces émissions à la croisée du télé-coaching et de la télé-réalité telles que « Top Chef » ou « The Voice ».
 Et dire qu’en voyant « Le meilleur pâtissier », petite dernière dans cette lignée interminable d’émissions « talents », on se disait que « maintenant, ils n’ont vraiment plus d’idées ». Et cependant, l’Italie nous a déjà détrompé en lançant un programme cherchant le meilleur écrivain. 
De même, M6 nous surprendra de nouveau à la rentrée 2014 avec  « Cousu Main », une émission – le titre le laisse facilement deviner – dédiée à la couture, l’autre pilier du savoir-faire français. Dans une adaptation du programme britannique « The Great British Sewing Bee » présentée par l’emblématique Cristina Cordula, il s’agira de « prouver qu’il est possible de confectionner à moindre coût les vêtements tendances que tout le monde aime porter ».
On remarque ici clairement la tendance actuelle du « récup’ » mais on distingue également la continuation d’une télévision « low-cost » rendue possible par la mise en scène d’anonymes et d’un programme déclinable en épisodes sur plusieurs semaines. Ainsi dans « Cousu Main » la dramaturgie sera fondée sur l’élimination, de fil en aguille, des participants par un jury d’experts.
L’avenir nous dira si la France s’intéresse à la couture, néanmoins, un but sera sûrement atteint : enchanter la consommation de produits liés à la mode.

Teresa Spurr
Sources :
Cbnews.fr
Lefigaro.fr
Crédit photo :
Marianne ROSENSTIEHL/M6 dans le NouvelObs

google
Société

Un Google à deux visages ?

 
Les Jeux Olympiques d’Hiver, édition 2014, ont débuté ce vendredi 7 février à Sotchi. Une ouverture que Google a tenu à célébrer… à sa façon.
Un logo revisité
En effet, c’est avec un doodle aux couleurs du drapeau gay – impossible à rater en page d’accueil – que le célèbre moteur de recherche a décidé de fêter l’événement. Ce logo revisité s’accompagne d’un message extrait de la Charte Olympique.

Une prise de position politique
Il est vrai que Google a habitué ses utilisateurs à marquer différentes occasions avec ses fameux doodles, mais ceux-ci s’apparentent plus fréquemment au registre de la célébration, de la commémoration et de l’hommage. A titre de comparaison, en janvier 2014, l’entreprise a par exemple effectué, parmi tant d’autres, un doodle pour célébrer la nouvelle année, un pour le nouvel an chinois ou encore un doodle-hommage pour commémorer la naissance de Simone de Beauvoir.
Un doodle surprenant
De fait, le doodle en question apparaît comme inhabituel. Les couleurs choisies, en référence au drapeau gay, auraient pu être celles, traditionnelles, des anneaux olympiques. Ce choix révèle la volonté d’une dénonciation politique des abus du gouvernement russe qui, depuis quelques mois, a remis le thème de l’homosexualité et de ses droits au cœur du débat public. C’est dans cet omni discours que le gouvernement a massivement légiféré, adoptant les désormais devenues célèbres lois (du 11 juin 2013) visant à “punir tout acte de propagande homosexuelle” et à réprimer “l’offense aux sentiments religieux”.
D’autres incriminent déjà Google pour son côté opportuniste. Il lui est en effet reproché d’adopter une telle position dans le principal but de redorer son image, laquelle a lourdement souffert de son implication dans le scandale de la NSA. Les données révélées, qui proviendraient entre autres du moteur de recherche, ont mis en lumière ce monde où la surveillance est omniprésente. Google, déjà critiqué par la pertinence et l’abondance de données intimes sur ses utilisateurs, s’est trouvé au cœur d’une tempête médiatique dans laquelle il est apparu comme ce Big Brother que nous prédisait Orwell. Google n’apparait donc pas forcément comme le candidat idéal pour émettre un discours sur les libertés.
Réelle sincérité ou coup de com’ de la part du géant du web ?
Pour les moins convaincus d’entre vous, il convient de s’intéresser au contexte. En effet, Google n’en est cependant pas à sa première implication pour la cause homosexuelle.
La firme de Mountain View bénéficie déjà d’une image plutôt gay-friendly, comptant de nombreux homosexuels parmi ses employés et s’étant déjà maintes fois exprimée pour la cause gay. En 2012, la campagne « Legalize Love », qui ciblait une soixantaine de pays particulièrement réputés pour leurs lois sévères concernant l’homosexualité, avait pour objectif de créer un soubresaut, du changement au vu de l’état de la législation.

La position de Google vis à vis de la cause n’en reste pas moins controversée. Une application baptisée « Setting Captives Free » n’en finit plus de faire scandale depuis sa mise en téléchargement sur Google Play. Cette application, lancée par une organisation religieuse américaine, s’est en effet dotée du but particulier de « libérer de leurs addictions les personnes du même sexe que le leur ». Celle-ci, en somme, inscrit en filigrane l’homosexualité du côté de la maladie, puisqu’une guérison apparait nécessaire. Ce type d’application n’a toujours pas disparu de la plateforme de téléchargement en ligne de la firme, malgré les nombreuses signatures de pétitions en ligne qui réclament leur suppression.
Le géant du web semble donc plutôt essayer de satisfaire son ensemble de publics, quitte à verser parfois dans la contradiction. Cependant, ces actes militants pour la cause, effectués pour de bonnes ou de mauvaises raisons, n’en restent pas moins utiles dans un monde où les homosexuels souffrent de discrimination quotidienne.
Ce mal d’image et de réputation n’empêche pas le géant de grandir et de conquérir encore et toujours plus de marchés : la firme est en effet devenue, ce lundi 10 février, la deuxième capitalisation boursière du monde, juste derrière Apple.
 
Adeline Mateus
Sources :
Leblogducommunicant2-0.com
Lemonde.fr
20minutes.fr
Crédits photos :
Captures d’écran page d’accueil Google

Société

L'innovation des outils de collecte de fonds

 
Le mois dernier, le Centre d’Études et de Recherche sur la Philanthropie (CerPhi) publiait une étude sur “Les financements innovants des associations et des fondations”, en analysant l’état des lieux de ce secteur et les perspectives à venir et à explorer.

Cette innovation apparaît dans un premier temps comme “une nécessité, une urgence et une opportunité” pour ces associations, porteurs de projets ou fondations. L’appel à la solidarité du public, réelle nouveauté permet d’augmenter les chances de ces associations de récolter plus d’argent et ainsi d’asseoir leur légitimité en diffusant plus largement leur image. Enfin, cela répond également à l’évolution de notre société, maintenant majoritairement connectée.
Or, pour des raisons multiples, comme le manque d’implication des gouvernances des associations, l’absence de la prise de risque et de budget pour la Recherche et le Développement, une non-habitude à l’expérimentation en matière de financement, l’innovation est quasiment absente du monde associatif et philanthropique, principalement dans les grosses structures dont les administrations sont verrouillées et peu ouvertes à l’extérieur.
Pourtant, une dynamique d’innovation s’est développée, avec l’émergence de nouvelles démarches et outils qui ont souvent prouvé leur efficacité : le micro-don dit “indolore” (avec des cartes de paiement solidaires, des cartes de dons, des arrondis sur salaires ou en caisse) qui permettent, au quotidien de démocratiser et de banaliser ce geste solidaire.
Mais c’est surtout avec l’omniprésence d’Internet, des réseaux sociaux et le perfectionnement technologique que l’innovation en matière de financement des associations s’est particulièrement développée. De plus, elle s’est ancrée dans le paysage de la philanthropie individuelle, en donnant à co-construire ensemble des outils performants entre les porteurs de projet et les donateurs.
Avec les plateformes de crowdfunding comme My Major Company ou Ulule, nous assistons à une nouvelle pratique de donation, en faisant de celle-ci un challenge et une expérimentation aussi bien individuelle que collective.
Un réel changement s’est donc opéré depuis quelques années. Selon le CerPhi, “Le don change de nature et de registre, l’expérience du don se diversifie”. Le processus, est non seulement dédramatisée, mais il est également banalisé. Les offres, (en même temps qu’elles) se multiplient et sont désormais plus accessibles au quotidien. L’offre est grandissante, et l’information circule plus rapidement et plus efficacement, permettant à ces donateurs de choisir plus pertinemment les projets qu’ils décident de soutenir. Ainsi les associations visent, plus que des “donateurs”, une “communauté de supporters” et ce dans une logique de mobilisation, “de recherche de visibilité et d’adhésion”.
La diversification et la multiplication des opportunités d’actes de générosité sont manifestes, mais on constate également une émergence concrète d’une nouvelle habitude solidaire des jeunes générations. La plateforme de financement participatif, Kiss Kiss Bank Bank a ainsi récolté 12 500 000€ grâce à plus de 243 000 donateurs, à partir d’un système de démultiplication des réseaux depuis sa création.
Toutefois, comme pour les problématiques du mécénat, l’impact de ces nouveaux outils et de leurs retombées financières sont difficiles à évaluer. C’est pourquoi le CerPhi pointe du doigts le manque d’études sur le sujet afin de créer et de mettre en place des opérations plus viables. La fin de cette analyse propose des pistes pour favoriser l’innovation dans le domaine du fundraising, à savoir :

la co-construction des outils et ce à plusieurs échelles : celle des associations, des donateurs et des entreprises.
la mise en place d’action de lobbying et les moyens de mutualiser ces approches auprès des entreprises.
la sensibilisation des administrations et des gouvernances des associations, souvent trop rigides et réticences à l’innovation en matière de financement et dont les budgets Recherche & Développement sont moindres
le développement d’une culture de l’innovation et de son financement, afin d’engager une prise de risque et une meilleure transversalité des actions.

 
Ces nouveaux outils et démarches participatives ont bousculé le paysage philanthropique. Ils ont ainsi eu de véritables effets notamment sur les donateurs, mais également sur l’image des associations. Enfin, c’est principalement le rapport du public à la solidarité qui a évolué, avec une assimilation de la notion de don à celle de participation citoyenne ou “réflexe de participation”, presque plus qu’à un acte de générosité.
 
Joséphine Dupuy-Chavanat
 
Sources:
Cerphi

Société

Enfants ou gouvernement : qui faut-il sensibiliser aux usages d’internet ?

 
Depuis que l’espionnage à grande échelle mené par la NSA a été révélé au grand public par un scandale sans précédent, les peurs liées à la protection de la vie privée sur internet semblent s’être aggravées. Cela explique peut-être pourquoi la journée consacrée à l’internet sûr à fait parler d’elle sur beaucoup de médias cette année. Cette journée aussi appelée « Safer internet Day », a eu lieu le 11 février et comme son nom l’indique, il s’agit d’une journée consacrée à la protection des internautes.

L’objectif principal de cette initiative, approuvée par la consommation européenne, est la sensibilisation des enfants aux dangers du cyber-harcèlement et à la nécessité de protéger les données personnelles. Toutefois, ces deux points relèvent de l’initiative personnelle, et il ne faut pas oublier que la question de la sûreté d’internet s’insère dans une problématique plus large où les gouvernements ont un rôle à jouer. Les législateurs réussissent-ils à s’adapter à ces nouveaux enjeux ? Rien n’est moins sûr.
Des magistrats perdus
Il semble en tout cas qu’en France les tribunaux aient du mal à s’adapter – ou même à comprendre – la révolution numérique. En effet, le 5 février un blogueur a été condamné à 3 000 euros d’amende pour vol de documents après avoir téléchargé des documents non protégés accès qu’il avait trouvé en utilisant le moteur de recherche Google.
Ces documents de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) auraient dû être confidentiels mais étaient en libre accès sur le site de l’agence susnommée qui n’a d’ailleurs pas souhaité se porter partie civile. La condamnation d’Olivier Laurelli, plus connu sous le pseudonyme de Bluetouff, semble ainsi résulter d’un quiproquos avec le parquet dont le représentant avoue qu’il n’a “même pas compris la moitié des termes qu[’il a] entendus aujourd’hui”.
Des débuts difficiles pour la CNIL
C’est sans doute pour pallier aux lacunes de ces tribunaux ordinaires, dépassés par l’avènement d’un média qu’ils ne comprennent pas, qu’une autorité judiciaire indépendante spécialisée dans l’application de la loi informatique et libertés a été fondée. La Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a pourtant elle aussi ses failles comme l’a montré récemment le cas Google.

Dans cette affaire, le problème n’était pas tant la condamnation mais l’application de celle-ci, car en obligeant le célèbre moteur de recherche à afficher sur sa page d’accueil le verdict du procès, la Cnil n’avait pas prévu que son site serait saturé par les visites d’utilisateurs de Google, intrigués par l’encart inhabituel. Le site de la commission est alors resté inaccessible pendant plusieurs heures, prouvant par-là que même l’organisme judiciaire le plus spécialisé de France avait encore beaucoup à apprendre.
Malgré les problèmes rencontrés par la Cnil, sa création montre qu’il y a quand même de la part de l’Etat un effort d’adaptation. Cependant, la compréhension du problème par le gouvernement et en particulier par le chef de l’Etat reste relative comme le prouvent les propos plutôt stéréotypés de ce dernier lors de son voyage dans la Silicon Valley. Il se focalise en effet sur les aspects négatifs du média à qui il reproche notamment d’être un grand vecteur de rumeurs et d’attaques personnelles – ce qui est assez étonnant au vu de ses récents démêlés avec la presse papier. Finalement, on en vient à se demander qui des enfants nés à l’heure d’internet ou du gouvernement a le plus besoin de sensibilisation à ce média.
Alexia Maynart
Sources :
Safeinternet.fr
Numerama.com
Cnil.fr
Lemonde.fr
Crédits photos :
Huffingtonpost.fr
Saferinternet.org.uk

Play to Cure cancer
Société

Si jouer pouvait guérir

 
On nous annonçait il y a encore quelques jours que les jeux vidéos n’avaient pas d’impact négatif sur « les performances scolaires et cognitives » de ses joueurs. Aujourd’hui, le Cancer Research UK (institut de recherche mais aussi association caritative) fait mieux, en vous proposant de les aider à vaincre la maladie en installant un jeu intergalactique sur votre Smartphone.
Play to Cure – Genes in Space : un moyen de mettre à contribution le moins scientifique d’entre nous dans le traitement de données utiles à l’analyse des gènes responsables des dysfonctionnements cellulaires à l’origine du cancer.
Le message du Cancer Research UK est simple : nous pouvons tous contribuer à faire avancer la recherche sur le cancer – avec ou sans blouse -, et plus étonnamment, avec ou sans don*.
L’occasion de donner bonne conscience aux plus réticents à apporter leur contribution financière à la recherche, ou réelle campagne de sensibilisation ?

« The more players we have, the quicker we get the results, bring forward the day, when all cancers are cured »
 
Eléonore Péan
Sources :
CancerResearchUK.org
LaReclame.fr
* une application gratuite, disponible uniquement en anglais à l’heure actuelle

Facebook
Société

Facebook, notre meilleur « ami »

 
Depuis début février, Facebook convie ses quelques 1,2 milliards d’usagers actifs à son dixième anniversaire, et le réseau social numéro un ne ménage pas ses efforts pour intégrer ses invités à la fête. La nouvelle activité phare de cette période de célébration ? La possibilité de visionner une petite vidéo rétrospective, retraçant le parcours de chacun sur le site.
Le principe est simple, attractif et permet la mise en place d’une stratégie de communication des plus efficaces. Sur fond de musique émouvante, Facebook nous permet à nous, simples utilisateurs généralement anonymes, de nous remémorer nos « premiers moments », nos « publications préférées » et autres « photos que [nous avons] partagées. » Et justement, c’est là tout l’intérêt d’une telle démarche. Le rythme de la vidéo, la succession d’images et le zoom final sur notre photo de profil actuelle nous donnent l’agréable impression d’être quelqu’un d’important, d’unique au milieu de la masse d’usagers inscrits sur le réseau social. Chacun peut, le temps d’une minute, se rêver une vie palpitante, pleine de rebondissements et de bonheurs quotidiens.
Mais surtout, Facebook réussit à s’accorder une place non négligeable dans ce conte de fée que ses usagers sont censés vivre. Toujours présent, il serait là pour les accompagner à chaque moment clé de leur vie. Ce nouveau tournant communicationnel est d’ailleurs cohérent avec les efforts précédents visant à faire de Facebook un véritable journal intime (pensons à la mise en place de la Timeline en 2009 par exemple). Une telle stratégie de communication joue ainsi sur l’émotion et cette méthode semble s’avérer judicieuse, notamment pour un site dont le succès s’appuie sur les relations sociales, la fonction « like » ou encore le « partage » de photos et d’informations.
Plus qu’un réseau social, Facebook serait donc un « ami » qui nous accompagnerait et nous épaulerait tout au long de notre vie. Une stratégie que l’on « like », sur le papier du moins.
Margaux Putavy

DELL
Société

Dell, professionnel du Hackintosh

 
Il semble que Dell ait réussi un prodige à la fois informatique mais aussi légal : faire tourner son nouvel ordinateur portable, le XPS 15 sur Mac et sur PC. Tout du moins c’est ce que semble promettre la vidéo publicitaire qui présente une couturière en train de retoucher ses modèles sur son fabuleux ordinateur Dell passant, sans problème, d’un système d’exploitation à l’autre en effleurant l’écran. En outre, le design de l’ordinateur est très proche de celui d’un MacBook Air, ce qui renforce la possible confusion d’utilisation des logiciels.

L’erreur en a fait sourire plus d’un puisqu’Apple est connu pour protéger ses logiciels légalement en les autorisant seulement à être utilisés sur ses machines. De plus, la réalisation d’un Hackintosh (faire fonctionner OS X sur un PC) est une manipulation compliquée qui nécessite des connaissances très techniques et pointues dans le domaine informatique. Il parait amusant d’envisager la jeune et jolie couturière de la publicité être une geek professionnelle capable de créer un logiciel qui regrouperait Mac et Windows.
Une communication interne défaillante
Comment est-il alors possible qu’une telle erreur apparaisse dans la publicité Dell ? Il semble probable que la faute n’ait pas été commise lors du tournage mais seulement après. En effet, lors du tournage de la publicité, l’écran était probablement vierge afin d’éviter les reflets sur la vidéo. Il s’agit du travail d’un créatif qui, chargé de s’adapter aux mouvements des doigts de l’actrice, a recréé un enchaînement logique entre un logiciel de couture et l’interface Windows 8. L’enchainement des plans paraissant plausible, aucun des créatifs n’a fait attention à ce problème d’incrustation de Mac visible grâce à la barre de fonction et aux boutons qui s’apparentent à ceux de l’interface des Mac. Il semblerait que l’équipe publicitaire ait focalisé le message sur le design des produits et la modernité de l’entreprise. De manière originale, elle met en exergue, dans une publicité pour un ordinateur très performant et novateur, une femme créative au travail rappelant le programme de Dell « Initiative Women Powering Business ». Simplement, en oubliant de prendre en compte les contraintes propres au produit même, leur publicité apparait comme risible.
Ceci pose le problème de la segmentation des services dans les grandes entreprises. Un manque de communication entre les différents pôles de compétences est l’une des causes de cette bourde. Il n’est sans doute pas venu à l’idée aux concepteurs de la publicité de faire réviser la vidéo promotionnelle par un ingénieur ou un informaticien qui aurait pu leur signaler l’incident et aurait épargné à Dell un « bad buzz » relativement ridicule et des dépenses publicitaires inutiles. Surtout quand le groupe ne se porte pas bien et qu’il prévoit un programme de restructuration et de licenciements.
Le mutisme : une réponse insuffisante
Enfin la dernière erreur de communication de Dell aura été le déni. En effet, un mois après la publication de la réclame, celle-ci a été tout bonnement enlevée et aucun communiqué de presse ou article concernant leur malentendu n’a été rédigé. Lorsque les dirigeants sont interrogés, ceux-ci éludent les questions ou répondent  « ne pas être aussi familier avec OS X » sans pour autant assumer pleinement leur malheureuse campagne, ce qui alimente les railleries sur le Net et leur mauvaise image.
La mauvaise communication passe pour être monnaie courante chez Dell ; annonçant, il y a quelques jours, au Register son programme de restructuration et de licenciements, l’entreprise a manifesté un refus de donner le chiffre exact du nombre d’employés concernés au journal. Celui-ci s’est empressé de fouiller et a divulgué une suppression de 15.000 emplois entachant ainsi l’image de l’établissement.
Limiter, dans une juste mesure, les informations pour gérer sa communication est une bonne idée. N’en donner aucune présente la firme sous un mauvais jour en lui conférant un aspect dissimulateur. « Trop d’infos tue l’info » mais « aucune info tue l’image ».
Caroline Dusanter
Sources :
Macworld.fr
Iphoneaddict.fr
Pompomcomedy.fr
Crédit photo : Iphoneaddict

Société

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Woody Allen sans jamais oser le demander

 
Scoop
Il y a quelques jours, Dylan Farrow, fille adoptive du fameux cinéaste Woody Allen, a publié un témoignage dans le New York Times où elle raconte qu’il a abusé d’elle alors qu’elle avait 7 ans. Des allégations que le réalisateur juge « fausses et honteuses ». Retour sur une dénonciation qui fait polémique, à quelques semaines des Oscars pour lesquels le réalisateur est nominé pour son dernier film Blue Jasmine.
En janvier, lorsque Woody Allen s’était vu décerner un Golden Globe pour l’ensemble de son œuvre, son fils adoptif, Ronan Farrow, rédigeait un tweet pour le moins ironique : « Missed the Woody Allen tribute – did they put the part where a woman publicly confirmed he molested her at age 7 before or after Annie Hall ? »* Il fait ici référence à sa sœur, Dylan, qui déjà en octobre dernier affirmait avoir été victime d’abus sexuels lorsqu’elle était jeune.
La lettre ouverte de Dylan Farrow, parue dans le New York Times, explicite largement cette affirmation : « Quand j’avais sept ans, Woody Allen m’a prise par la main et menée dans un grenier sombre, qui ressemblait à un placard, au deuxième étage de notre maison. Il m’a dit de m’allonger sur le ventre et de jouer avec le train électrique de mon frère. Puis il m’a agressée sexuellement. Pendant ce temps-là il me parlait, me murmurant que j’étais une bonne petite fille, que c’était notre secret. » Ce récit, à la fois témoignage et accusation, par sa précision, n’est pas sans revêtir un caractère réaliste.
La question que pose une telle dénonciation est celle de la vérité : pourquoi l’accusation est-elle dévoilée aujourd’hui ? Simple cas de conscience ou perverse stratégie de communication à quelques jours des Oscars ? Mia Farrow, mère biologique de la victime, ne fait qu’attiser les braises en alimentant son compte Twitter. Vengeance d’une ancienne compagne, manipulation du cinéaste pour le voir évincé de la course aux Oscars, ou soutien d’une mère pour sa fille ? Autant de questions que l’on est en droit de se poser suite à cette révélation.
Woody dans tous ses états

Leslee Dart, porte-parole de Woody Allen, a affirmé que le cinéaste avait lu l’article et le considérait comme faux et honteux. Selon elle, une enquête avait déjà été menée par des experts indépendants mandatés par la Cour. Ceux-ci avaient conclu qu’il n’y avait aucune preuve crédible de l’agression. Et d’ailleurs, le réalisateur a reçu le soutien sans faille de l’un des enfants qu’il avait adopté avec Mia Farrow. Dans un entretien au magazine People, Moses Farrow accuse en effet sa mère d’avoir implanté de faux souvenirs dans l’esprit de sa sœur. Il lui paraît donc évident que Woody Allen n’a pas agressé sa sœur Dylan.
Mieux, le 7 février dernier, Woody Allen publie à son tour dans le New York Times une lettre ouverte en réponse à celle de Dylan Farrow en affirmant les propos qui suivent : « Bien sûr je n’ai pas agressé Dylan (…) J’espère qu’un jour elle saisira comment elle a été privée de la présence d’un père aimant et exploitée par une mère plus intéressée par sa colère putride que par le bien-être de sa fille ».
Ce conflit médiatique et médiatisé semble bien poser ces questions : à quelle fin faut-il utiliser les médias ? Permettent-ils de prescrire ou sont-ils le moyen de proscrire ? Doivent-ils informer, déformer ou bannir ?
La seule réponse qui soit pour le moment est la suivante : la course aux Oscars pour le réalisateur américain et son héroïne Cate Blanchett semble bien compromise.
Règlement de compte interconjugal ou dénonciation d’un crime juridique ? Telle est l’interrogation qui reste encore sans réponse à ce jour.
 
Juliette Courtillé
Sources :
Lefigaro.fr
Leparisien.fr
Francetvinfo.fr
Lemonde.fr
Crédits photos :
Actucine.com
Awfulannouncing.com
* “J’ai raté l’hommage à Woody Allen. Est-ce qu’ils ont mis le moment où une femme a publiquement confirmé qu’il avait abusé d’elle à l’âge de 7 ans, avant ou après Annie Hall ?”

famille royale espagne
Société

Seize centimes de trop ?

 
Tout semble s’effondrer pour la monarchie de Juan Carlos. Seuls 57% des espagnols se disent ainsi encore favorables au régime monarchique, et 62% d’entre eux aimeraient que le roi abdique en faveur de son fils, selon un sondage publié dans le quotidien El Pais. En cause ? De nombreux scandales, allant d’une coûteuse chasse à l’éléphant secrète du roi au Botswana en une période où l’Espagne est frappée de plein fouet par la crise ; à la mise en accusation de l’infante Cristina dont le procès pour fraude fiscale et blanchiment d’argent s’ouvrira en ce 8 février.

La publication le 3 février dernier d’un communiqué de presse de la Zarzuela dans le journal conservateur La Razón intitulé « La Monarchie coûte à chaque espagnol 16 centimes par an » n’est donc pas anodine et vise à rassurer les espagnols sur la pertinence économique de leur régime politique tant contesté. Le communiqué insiste en effet également sur la baisse du budget consacré à la Couronne pour cette année 2014 et sur la modification du mode de rémunération de la reine et de sa belle-fille, qui toucheront non plus une somme décidée subjectivement par le roi mais un salaire évalué par un comité.
Reste à voir si cette initiative sera suffisante pour contenir l’exaspération ambiante envers la famille royale.
 
Héloïse Lebrun-Brocail
Sur le même sujet voir le Curious d’Inès Garmon
Sources :
CourrierInternational.com
LeFigaro.fr
LaVie.fr