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Selfie
Société

Me, my selfie and I

 
Le selfie, vous en avez sûrement entendu parler, ou pu lire, circonspect, les 15 conseils pour réussir le vôtre. Pourtant, il est temps de s’attarder sur ce phénomène devenu planétaire. Le selfie consiste comme son nom l’indique à se prendre en photo ou en vidéo soi-même. Bras tendu, sourire plus ou moins crispé, voici la façon 2.0 de se montrer. Le selfie n’est pas si récent : on en trouve déjà en 2004 sur des sites comme Flick’r ou MySpace. Mais l’engouement autour de ce mode de communication se concrétise en 2010 avec la sortie de l’iPhone 4, qui intègre une caméra frontale. Les usages sont nombreux, mais pour la plupart il s’agit d’une simple volonté de se montrer sur des réseaux sociaux comme Vine, Snapchat ou encore Instagram. Le succès de ces plateformes est aujourd’hui incontestable. Instagram recense 25 millions de photos « #selfie », et pas moins de 70 millions de de « #me » *1.
Le selfie entre déjà dans le milieu professionnel
D’autres en font un usage différent : pour les mannequins il s’agit de leur CV numérique, pour des artistes comme Kennard Phillips d’une manière d’être créatif *2. Le selfie apparaît avant tout comme une manière de faire la promotion de soi. Il n’est pas rare ainsi que les meilleurs utilisateurs de Vine soient sollicités ensuite par des marques pour faire des selfies publicitaires. Les stars, égéries de la mode ont senti la possibilité de communiquer sur leur vie quotidienne tout en maîtrisant leur image. Le selfie est devenu le lien entre la vie privée des stars et leurs fans. Ce type de promotion a l’avantage de se faire spontanément par la célébrité, qui y trouve du plaisir, et considère cette activité comme un divertissement plus que comme un travail de promotion.
Le selfie est progressivement entré dans le domaine de la communication professionnelle, et dans les domaines de la mode, nous l’avons dit. Mais récemment c’est dans le jeu vidéo que le selfie a marqué un grand coup. Le jeu GTA V, produit par Rockstar, intègre la possibilité de faire un selfie de son avatar. Les joueurs rivalisent d’originalité et les clichés deviennent viraux sur internet. C’est un grand coup de communication pour le jeu, mais là encore, l’ironie est de mise. Pour que le selfie soit réussi, on pose devant des accidents de voiture, des scènes de meurtres, des situations incongrues.

Le selfie, médiatisation du mauvais goût ?
La photo prise par un tiers surprend, et impose souvent en soirée un flash peu flatteur sur votre peau blanche de novembre. Avec le selfie il n’en est rien. Libre à vous de vous abriter à une table avec vos ami(e)s, de remettre vos cheveux en place, ou de vérifier si votre eyeliner ne se fait pas la malle avant de prendre la photo. Le selfie c’est le contrôle de A à Z de l’individu sur sa photo.
Le selfie vient combler un besoin moderne, celui de la médiatisation de la vie privée. Plus de surprise, l’image de soi est maîtrisée de manière professionnelle. Enfin, le selfie vient rendre médiatique un moment jadis tabou. Se regarder dans le miroir, moment de narcissisme littéral, devient une activité de groupe tendance.
Faire brûler les selfies-addict sur le bûcher du bon goût serait une erreur. Ces personnes sont, pour beaucoup, pleinement conscientes du caractère profondément ironique de ce mode de communication. Il n’est pas rare de les voir se caricaturer en tant que personnes narcissiques. La feinte est double ici : le selfie rend le naturel artificiel, mais le selfie est détourné lui-même par les utilisateurs. Il faut avoir conscience de cette artificialité. Les utilisateurs se moquent souvent de ces « noobs » du selfie qui l’utilisent au premier degré.
Mais jusqu’où cette ironie peut-elle être tenable ? L’ironie peut-elle justifier le mauvais goût ? Car cela ne concerne plus uniquement Booba ou Jay-Z, l’ego trip du selfie est devenu planétaire. La génération Y ne serait-elle pas simplement devenue la génération « et moi, et moi ! » ? Le selfie dans sa salle de bain ne devrait (vraiment) pas côtoyer sur Vine celui de Kanye West en concert.
Car il ne s’agit plus seulement ici d’obscénité mais bien d’une image de soi qui va se retourner contre l’utilisateur. Le selfie, roman de soi, deviendrait alors petite encyclopédie de nos vanités. Enfin, quel avenir pour les marques qui utilisent un moyen de communication dont il faut comprendre le cercle infini de private jokes ? La tendance se payant au prix de l’intelligibilité, la visibilité au prix du bon goût.
 
Arnaud Faure
Sources :
*1 L’express Le selfie ou le « moi jeu » Géraldine Catalano
*2 The Guardian
Crédits photos :
Image de Une : Kennard Phillips – Catalyst Contemporary Art and War Imperial War Museum, Manchester, UK
Image 2 : un joueur anonyme

Scroogled
Société

KEEP CALM WHILE WE STEAL YOUR DATA

 
« Don’t get Scroogled » (comprenez: ne vous faites pas arnaquer par Google): voici ce que les chargés de communication de Microsoft ont décidé d’écrire sur de nombreux produits dérivés en vente sur l’e-shop de la marque depuis mercredi 21 novembre. En effet, le géant américain de l’informatique a décidé de ne pas y aller de main morte dans sa campagne anti-Google, qu’il avait déjà amorcée cet été.
C’est donc à grands renforts de mugs, de T-shirts ou encore de casquettes où l’on peut lire des catch phrases plutôt savoureuses – du type « Google is watching you » ou encore « Step into our web » – que la firme s’inscrit dans une opération de communication plutôt risquée, entre humour et agressivité. Ce qui tend à nous laisser plus que perplexes… Alors, pari communicationnel plutôt gagné ou perdu pour Microsoft?
Reprenons depuis le début. L’origine de la controverse est connue de tout le monde: en juillet dernier, le scandale qui avait eu lieu après la révélation par Edward Snowden du programme nord-américain PRISM, dont le rôle est d’espionner le Web (y compris en Europe), avait déclenché une vague d’inquiétudes et de protestations de la part des gouvernements comme des particuliers, hostiles à l’idée de voir leurs données récoltées sans leur consentement. Sur le papier, rien de bien méchant pour le célèbre moteur de recherche. Mais en réalité, cela avait permis à Microsoft de saisir une opportunité plutôt intéressante et de surfer sur la vague de l’espionnage informatique pour accuser son grand concurrent de se servir des données personnelles des utilisateurs pour gagner de l’argent, notamment en cernant les mots-clés récurrents employés sur Gmail par les particuliers pour mieux cibler les publicités leur étant destinées.
Au mois de mai, c’est donc plutôt gentiment que Microsoft avait entamé sa critique vivace de Google et de son moteur de recherche Google Chrome, qui n’en finit plus de séduire les internautes, largement préféré à Internet Explorer, en publiant des parodies des publicités faites par Google. Mais depuis quelques semaines, la firme a décidé de reprendre l’offensive. Après avoir lancé au début du mois de novembre une pétition priant Google d’arrêter de tirer profit de ses utilisateurs, Microsoft reprend donc de plus belle avec le lancement de ces nombreux goodies.

Cependant, cette campagne de dénonciation n’est-elle pas un peu osée? Il faut dire que tant d’acharnement de la part d’un géant de l’informatique censé être infaillible suscite de nombreuses réactions de la part des internautes. Si certains sont enthousiasmés par cette opération marketing à l’humour noir, il se trouve que beaucoup demeurent indécis, et n’hésitent pas à y voir un geste désespéré de la part de Microsoft, qui s’acharnerait à descendre son concurrent principal pour mieux se valoriser. Ce qui n’est pas toujours du goût de tous…
Cela se voit encore plus lorsqu’il s’agit de s’intéresser à ce que pourrait cacher ce marketing « humoristique ».
Ainsi, beaucoup ne voient en cette campagne qu’un ultime moyen de diversion de la part de Microsoft, qui, par ces produits dérivés et par la campagne « Scroogled » en général, tenterait simplement de faire oublier le fait que Google le devance très largement au niveau du capital sympathie généré chez les internautes, mais également sur le plan des avancées techniques. N’oublions pas qu’un événement technologique de taille à venir dans les prochains temps est la sortie des Google Glasses, qui constitueront à elles seules un élément capable de nous faire faire un bond en avant dans l’univers du high-tech.
Du coup, forcément, les tasses à café de Microsoft font difficilement mouche… Pire encore, elles fournissent de l’eau au moulin des détracteurs de la firme, qui s’amusent beaucoup de cette situation. On pourrait même se demander si ce merchandising anti-Google acharné ne rendrait pas l’image de ce dernier plus sympathique. D’autant plus que Microsoft, qui se veut grand dénonciateur des pratiques douteuses de son concurrent, n’est pas non plus tout blanc dans le scandale d’utilisation des données personnelles d’utilisateurs, et est lui aussi soupçonné d’avoir recours à de telles pratiques, même si cela reste à vérifier.
Ironie de l’histoire: il paraît chez les mugs « Keep calm while we steal your data » remportent un franc succès… Auprès des employés de Google.
 
Camille Gross
Sources
L’express
01net
Scroogled

Le père Fouettard - Saint Nicolas
Société

Le père Fouettard en sursis

 
Le père Fouettard, stéréotype raciste ? C’est le débat dont s’est emparé récemment le comité des droits de l’homme de l’ONU, après que de nombreuses plaintes – aux Pays Bas notamment – ont été déposées à l’encontre du personnage folklorique.
Mais revenons un peu en arrière. Pour nombre d’habitants du nord de la France, belges, hollandais, et luxembourgeois, le 6 décembre célèbre l’arrivée de Saint Nicolas, le patron des écoliers, accompagné son fidèle acolyte, le père Fouettard, ou Zwarte Piet (Pierre le Noir).
Seulement voilà, tandis que Saint Nicolas, évêque à la peau blanche, s’occupe de récompenser les enfants obéissants, Zwarte Piet, noir de peau et à la coupe afro, punit les moins dociles. Aussi depuis quelques années, mais cette saison en particulier, les voix s’élèvent contre ce personnage, qui allierait à ses prétendues origines africaines un côté répressif (débat complexe car il existe une confusion sur l’origine du personnage).
Et ce n’est pas la première fois qu’une institution se fait taper sur les doigts : en 2012, c’est la bande dessinée d’Hergé Tintin au Congo qui avait fait l’actualité ; au tribunal cependant, les juges avaient estimé qu’il n’y figurait “aucune volonté de véhiculer des idées à caractère raciste, vexantes, humiliantes ou dégradantes à l’égard des Congolais ni d’inciter les lecteurs à la discrimination et à la haine”.
A l’instar de la disparition du tirailleur sénégalais des boîtes de Banania, le père Fouettard, tradition occidentale datant du XIXe siècle, serait-il, lui aussi, menacé d’extinction ?
Une question pourtant reste entière : que fait l’ONU dans cette galère ?
Eléonore Péan
Sources :
L’avenir.net – Qui est vraiment le père Fouettard ?
France24 – Pas de racisme dans Tintin au Congo
Crédits photo :
Le Point.fr
 

Invisible girlfriend
Société

« Invisible Girlfriend » : Love Story Sur Mesure

 
On a Meetic, pour une relation stable entre gens bien pensants, on a Gleeden pour une relation extra conjugale torride, on a Tinder pour des rencontres 100% sans râteaux, on a tout ça et bien d’autres. Les réseaux sociaux ne cessent de se réclamer de l’amour, avec la volonté de s’amuser et d’éradiquer la solitude sexuelle ou sentimentale. Et si  on était bien, simplement célibataire célibataire ? D’ici fin décembre, la nouvelle application « Invisible Girlfriend » vous proposera une relation virtuelle qui fera enfin taire les mauvaises langues de votre entourage.
« Invisible Girlfriend » est la nouvelle application dévoilée il y a quelques jours lors du Startup Weekend St.Louis, aux Etats-Unis. Après avoir remporté le concours, l’application a été développée en seulement 54 heures par une équipe de 10 professionnels. Le concept ? Donner l’illusion à votre entourage d’être en couple en simulant une relation auprès de vos proches. Son créateur Matt Homann explique « Notre audience peut être très diverse, que ce soit un homosexuel obligé de contenter sa famille avec une fausse relation hétérosexuelle, un salarié qui ne veut plus des avances de ses collègues au bureau, ou alors un employé qui entend se consacrer entièrement à sa carrière sans devoir justifier son célibat ».

Evidemment, le service est payant (entre 9,99$ et 49$99) et en fonction de la formule à laquelle vous souscrirez, on vous accordera SMS, appel automatique, poste Facebook, message vocaux et autres douceurs de la part de votre chère et invisible dulcinée. Plus vous payez, plus votre « Invisible Girlfriend » semble réelle. En effet, pour le pack « presque fiancé » à 49,99 dollars américains, vous pourrez customiser votre « Grilfriend », et scénariser de toute pièce la relation.

Affronter la pression sociale
En prévision de la saint Valentin, le CNRS titrait en 2013 « L’amour est un lien social incontournable. Il s’étale à la une de nos médias, il accapare nos conversations, il transporte ou accable les corps et les esprits ». Aux yeux de la société, l’absence d’amour est synonyme de solitude, d’isolement, de tristesse, mais aussi d’égoïsme et d’individualisme. Il est vrai que l’amour, considéré comme une victoire de la communication, est une construction sociale difficilement évitable. Selon « Invisible Girlfriend », il devient donc préférable de mentir pour se débarrasser de cette pression sociale plutôt que de risquer de faire mauvaise figure. Et pour ça, l’application se présente comme l’élément parfait pour donner de la consistance à vos mensonges et les rendre infaillibles.

Bien entendu, l’application se passe d’évoquer les conséquences que pourraient avoir un tel mensonge sur la vie de ces esseulés. D’accord, vos proches ne vous tapent plus sur les nerfs mais n’est-il pas plus lourd de porter un mensonge de cette ampleur que de seulement assumer sa solitude ou sa différence. D’autant plus que cet « Invisible Girlfirend » ne permettra au final qu’à se conforter dans un malaise, se réfugier dans des mensonges pour peu à peu se renfermer sur soi même.

Toujours Plus De Solitude ?
Cette application serait-elle révélatrice d’une solitude de plus en plus prononcée au sein de la société moderne ? On ne peut pas vraiment dire ça. Moyennant un abonnement de 19 euros par mois environ, l’application « Rentafriend » lancée en juillet  2010 permet de louer des amis et met à disposition un fichier de plus de 250 000 personnes dites « Amis » à l’intention de « Sans Amis ». Quelques temps après le lancement de l’application, une journaliste du LA Times s’est rendu compte que peu de personnes avaient eu recours à cette application proportionnellement aux « Ami » rémunérés par le site qui proposaient leurs services. Ainsi, « RentaFriend » révèle moins un manque d’amitié qu’un besoin d’argent avec un surplus de volontaire prêts à tout pour gagner quelques sous et que très peu de « Sans amis » en Europe. En espérant que “Invisible Girlfriend » ne prenne pas la même tournure.

Ainsi, on attend avec impatience Noel où certains pourront enfin s’offrir des « Invisible Girlfriend ».

Et surtout ne soyez pas jalouses mesdames, « Invisible Boyfriend » ne devrait  pas tarder.

 
Filipine Guyonnaud
Sources
Huffingtonpost
Time

Bitstrips par Clémence
Société

Bitstrips, une nouvelle manie(re) de raconter sa vie ?

 
Si vous l’ignoriez encore, Bitstrips n’est ni une plateforme frauduleuse de téléchargement, ni un mauvais porno.
Bitstrips, ce sont ces jolies tranches de vie sous forme de bandes dessinées que nos amis partagent allègrement et massivement sur les réseaux sociaux depuis bientôt un mois. Vous avez passé novembre dans une grotte sans connexion WiFi et voulez à tout prix rattraper votre retard ? Rien de plus simple.
1- Téléchargez l’application.
2- Créez votre avatar (vous avez tout intérêt à le faire plus grand, plus mince et plus musclé. Au mieux personne ne remarquera rien, au pire tout le monde pensera que vous êtes myope).
3- Choisissez une mise en situation, remplissez les bulles, trouvez un titre catchy.
Et voilà, le tour est joué !
Si Bitstrips est numéro 1 des téléchargements iPhone depuis le 7 novembre, l’application n’est pourtant pas une nouveauté. Créée en 2007 par le canadien Jacob Blackstock, cette interface marrante et accessible était déjà utilisée, en particulier par des professeurs pour rendre leurs cours plus ludiques. Pour son créateur, Bitstrips a vocation à devenir un nouveau moyen de communication. Ambitieux ? Oui. Un peu mégalo ? Aussi. Loin du compte ? Pas si l’on se fie à l’explosion du nombre d’utilisateurs depuis la sortie des applications mobile et Facebook : Bitstrips revendique aujourd’hui 20 millions d’utilisateurs, 55 millions de vignettes échangées et plus de 3 milliards d’utilisateurs exposés.
Le nombre grandissant d’abonnés sur Instagram et la chute des ventes de livres auraient pu nous mettre la puce à l’oreille : nous sommes une génération d’artistes (pour ne pas dire de feignants) et préférons communiquer en images plutôt qu’avec des mots. Pénélope Jolicoeur l’avait compris aussi, malheureusement nous sommes peu à être aussi doués qu’elle avec des crayons de couleurs et un stylo Bic noir.
Bitstrips, c’est une application gratuite, simple d’utilisation, les vignettes sont faciles à créer, elles se parcourent extrêmement rapidement sur un fil d’actualité et c’est bien là ce qui fait toute sa force. Bitstrips envahit tout, de la presse avec la publication dans L’Express des Fabuleuses aventures de Nathalie Kosciusko-Morizet dans le métro parisien à Pôle Emploi avec le CV, en image s’il vous plaît, du Suisse Tarik Dlala.

Pourtant l’application a une faiblesse : tout comme le Grand Big Mac, elle est victime de son succès. Les internets ne cessent de nous le prouver, le trop est l’ennemi du bien. Un mois à peine et nous frisons déjà l’overdose de bande dessinée, les puristes convulsent devant leur écran et ceux à qui il reste quelques forces se ruent sur des tutos expliquant comment faire disparaître Bitstrips de leur fil d’actualité. Nous le savons bien pourtant, que lorsqu’une tendance se propage trop rapidement, touche trop d’utilisateurs en même temps, devient visible partout, elle anéantit tous ses espoirs de pérennité et finit par imploser.
Petit Bitstrips a bien grandi, mais peut-être un peu vite. Il ne nous reste qu’à attendre patiemment le seuil où, las de tous nous mettre en scène dans les mêmes décors, nous ressortirons la mine contrite nos Bescherelle. Souhaitons également à Tarik Dlala de bien s’amuser en rédigeant son nouveau CV.
 
Clémence Lépinard
Sources :
Rue 89
Konbini
Melty Buzz
L’Express
Le blog de Penelope Jolicoeur

Allo Nabilla
Société

Allô Nabilla : quand les téléspectateurs commencent à raccrocher…

 
Le mardi 12 novembre dernier, NRJ12 a diffusé le premier épisode de son programme hybride : Allô Nabilla, Ma famille en Californie. La chaîne nous donne à voir une émission qu’elle qualifie de « dynasty reality française », empruntant à la fois aux codes de la télé-réalité et à ceux de la fiction. Un format insolite et déroutant, apparaissant comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase médiatique, après s’être emparé du buzz autour de la formule phare « Allô ». 
Une audience qui ne suit pas la promotion agressive du programme

Bien que NRJ12 ait investi dans des moyens publicitaires considérables – affiches géantes dans les bouches du métro parisien ; récurrence de la diffusion du teaser et du jingle de l’émission sur la chaîne – les audiences ne sont pas à la hauteur de cette promotion rugissante.
En effet, le 1er épisode du dynasty show ne réunit que 2,9% de part d’audience (soit 690 000 curieux), et le 2ème épisode seulement 1% de part d’audience soit environ 300 000 téléspectateurs, de maigres chiffres au regard d’une tapageuse campagne de communication. Le programme s’essoufflerait-il alors déjà ?
Un programme télévisuel qui décline à l’extrême la marque Nabilla…
En plus de son format atypique, il convient d’analyser le contenu même de l’émission, qui s’appuie sur le phénomène Nabilla. Plus qu’un simple phénomène, la starification progressive de Nabilla semble s’être muée en un véritable concept, une marque qui se décline à foison dans les différentes strates du monde médiatique. Une marque associée à un slogan – « Allô » – et à une identité reconnaissable, fondée sur une parole franche et spontanée. C’est précisément cette parole sans retenue qui fut à l’origine du buzz retentissant et de la folle surenchère médiatique, incarnée par le « Allô quoi », institué comme un quasi élément de langage (et aujourd’hui marque déposée), circulant dans la sphère médiatico-sociale.

Successivement invitée sur les plateaux de Canal (Le Supplément, Le Grand Journal, Le Tube), et plus récemment, dans les émissions de D8 (Voyage au bout de la nuit) et de France 4 (C’est quoi ce boucan ?), l’omniprésence médiatique de Nabilla exemplifie clairement une course à l’audience effrénée qui exploite l’image et la marque de la jeune femme. NRJ12 la porte à son paroxysme, en déclinant son slogan « Allô », pour l’insérer dans le titre même de son programme : Allô Nabilla, Ma famille en Californie.
… et dénature l’authenticité de la parole nabillesque*
NRJ12 propose assurément un programme au format nouveau, directement inspiré du dynasty reality américain filmant le quotidien de la famille Kardashian, mais son contenu semble toutefois nébuleux.
L’émission est à mi-chemin entre télé-réalité et fiction : Nabilla Benattia est érigée en narrateur et les dialogues sont scénarisés. Or, c’est incontestablement sa spontanéité et sa répartie naturelle qui constituent la marque de fabrique de Nabilla. Celle-ci a tissé son image sur une stratégie du buzz, fondée sur une parole impulsive et désinhibée, qui ne fait plus sens dès lors que celle-ci est écrite par avance. Dans Allô Nabilla, cette parole perd de son authenticité en devenant fictionnelle et réflexive (« Je vais tout vous raconter », dixit Nabilla dans la vidéo de lancement de son reality show). Sa scénarisation tacite, s’appuyant sur un script artificiel et stéréotypé, falsifie et sclérose son naturel.
Médias le magazine, sur France 5, tourne en dérision cette parole falsifiée qui se meut dans un scénario qui regorge de clichés :

Une stratégie du buzz vide de tout contenu – une « promotion du vide » ?
 L’émission semble incarner ce qui constitue l’attribut même de Nabilla : que l’on parle d’elle, même quand il n’y a rien à dire. A contrario d’une prise de parole reposant sur la rareté et le pondéré, le phénomène Nabilla est tel une coquille vide, qui s’appuie sur un contenant omniprésent et hautement médiatisé, et un contenu pauvre – si tant est qu’il y ait un message.
Un chroniqueur du Plus du Nouvel Observateur va même jusqu’à parler de « promotion du vide », soulignant la contradiction entre cette parole du buzz vouée à l’éphémère, et une stratégie communicationnelle qui s’établit dans le long terme. La limite réside en cela même : la parole nabillesque est singulière en ce qu’elle se cristallise et surgit dans un court terme médiatique, mais elle finit par s’étioler et se désagréger du fait de son omniprésence télévisuelle prolongée.
 A force de vouloir prolonger le buzz, Nabilla et la chaîne NRJ12 se heurtent aux limites de ce tapage médiatique, résolument volatile et périssable. C’est précisément ce caractère épisodique et précaire qui empêche le buzz de se constituer en une stratégie durable de communication. Par conséquent, le programme Allô Nabilla a-t-il des chances de s’ancrer dans le paysage audiovisuel français de manière pérenne ?
 Dès lors, je conclurais sur cette interrogation de Guillaume Jouteux que je laisse volontairement en suspens : « Jusqu’où ira la promotion du vide ? »
Alexandra Ducrot
 
*Nabillesque : terme dérivé dudit prénom Nabilla, ironiquement utilisé en référence au personnage médiatique (toute situation surprenante qui se prête à la formule « Allô quoi ; ou encore, toute exhibition de ses atouts féminins, on parle alors de « décolleté nabillesque »).
Sources :
Leplus.nouvelobs :
“Allô Nabilla” sur NRJ 12 : pourquoi l’audience va dégringoler dès mardi prochain » par François Jost
« Nabilla sur Canal Plus, D8, iTélé : jusqu’où ira la promotion du vide ? » par Guillaume Jouteux
“Allo Nabilla” sur NRJ12 : une émission qui ne casse pas trois pattes à un chihuahua » par Virginie Spies
Crédits photos :
Image de Une : visuel NRJ12
 
 
 

Invisible Girlfriend
Société

Love 2.0

 
Grande gagnante du concours organisé lors du Startup Weekend Saint-Louis, la toute nouvelle application Invisible Girlfriend (dont le lancement a cette semaine été annoncé pour Noël prochain) a de quoi en surprendre plus d’un. En proposant de se créer de toutes pièces une petite-amie virtuelle déclinable selon 3 formules : Just Talking (échange de textos et d’appels automatiques), Getting Serious (possibilité offerte de voir son mur Facebook se remplir de petits mots doux) et Almost Engaged (permettant de passer de véritables appels et de recevoir des cadeaux) – ce produit se fait ainsi le messager d’une petite révolution opérant sur le « marché » de l’amour.
On constate qu’à une stratégie de « consommation de masse », qu’il s’agisse de « consommation » amoureuse (encouragée par les sites de rencontre fleurissant chaque jour) ou purement sexuelle (prônée par de nombreuses applications telles que Candyshop ou Lulu) visant à maximiser ses chances de trouver un partenaire, semble se substituer une stratégie de leurre. L’essentiel ne serait alors plus de faire réellement évoluer sa vie sociale mais plutôt d’obtenir une certaine tranquillité vis-à-vis de ses proches et de ses amis en ayant une fausse « belle histoire à raconter », selon les termes des créateurs de l’application. Que demander de plus ?
 
Héloïse Lebrun-Brocail
Sources :
Influencia
Businessinsider.com
Cosmopolitan
Crédits photos :
invisiblegirlfriend.com

La boulette de l'OMS - sida
Société

La boulette de l'OMS

 
Lundi 25 novembre, l’information se répand largement sur les réseaux sociaux et dans de nombreux médias tels que Fox News, The Daily Mail ou Al Jazeera : les Grecs s’injectent volontairement le virus du sida pour pouvoir bénéficier de 700 euros d’avantages sociaux. La source est on ne peut plus fiable, puisqu’il s’agit de l’Organisation Mondiale de la Santé. Cette déclaration, passée jusque-là inaperçue, a été relevée dans un rapport qui avait été publié début octobre.
Sur les réseaux sociaux, l’information est très vite rapprochée de l’austérité sévère menée en Grèce. La polémique est relayée, commentée, débattue par les médias. Mardi 26 novembre, l’OMS publie un communiqué : il s’agit en fait d’une erreur d’édition. Oups.
Comment une telle erreur a-t-elle pu passer inaperçue pendant presque deux mois ? Les rapports de l’OMS circulent pourtant au sein de l’ONU, ils sont à la base de plans d’action des gouvernements et des ONG en matière de santé publique. Combien de rapports publiés chaque jour par des organisations internationales détiennent de telles erreurs ? La chasse aux couacs institutionnels est lancée…
 
Camille Frilley
Sources :
Le Huffington Post
Slate.fr
Crédits photo :
www.businessnews.com

Une Liberation sans photos
Société

Peut-on imaginer un journal sans photo ?

 
Le 14 novembre dernier, pour la première fois de son histoire, le quotidien Libération a fait le choix de publier un « numéro spécial » : un journal ne comportant aucune image, de la première à la dernière page. Seulement des cadres volontairement laissés en blanc.

Pour quelles raisons la rédaction a-t-elle osé faire un pari aussi risqué ? Les journalistes expliquent ce choix aux lecteurs dans l’édito en « Une » ainsi que dans un article entier page 23. On apprend ainsi que le quotidien souhaite dénoncer « la situation calamiteuse où se trouvent les photographes de presse, en particulier les reporters de guerre, qui mettent leur vie en danger pour à peine la gagner. »

Pourtant, savoir c’est aussi voir. On ne peut nier l’importance de l’image pour tout organe de presse. La démarche consistant à utiliser l’absence pour nous faire comprendre à nous, lecteurs, que l’image est tout sauf secondaire est pour le moins intéressante, et inédite. La photographie est primordiale, en tant qu’appui mais aussi complément du texte. D’ailleurs, ne dit-on pas souvent « une image vaut mille mots » ou encore qu’une photo « parle d’elle-même » ?
Le but de Libération est donc à la fois de dénoncer la situation des photographes, mais aussi d’alerter sur l’importance de la photographie dans un journal. Deux thématiques qu’il ne faudra à présent plus oublier de prendre en considération en lisant un média papier.
 
Elsa Mahouche
Sources :
Libération – Aujourd’hui, un “Libé” sans photo
Crédits photo :
Libération

Société

Google Play Music : à la recherche de nouveaux marchés

 
Google vient de lancer une application iPhone pour son service de streaming musical Play Music. Ce programme a été lancé en novembre 2011 sur un site internet dédié puis décliné en application web. Mais il aura fallu attendre 2 ans pour que soit lancée l’application autonome sur Android puis iPhone. Celle-ci propose une fonction d’écoute limitée mais gratuite et un accès payant avec possibilités de transférer des morceaux dans une bibliothèque musicale en ligne.

Le lancement de cette plateforme sur mobile vient concurrencer les tenants du secteur, Deezer, Spotify et Itunes, en se rendant disponible à un public plus large qui souhaite écouter de la musique à n’importe quel endroit. Elle gagne ainsi en notoriété d’autant plus que son catalogue est vaste grâce à des accords avec de gros labels.
Ainsi, elle n’est pas loin des plus de 26 millions de titres au catalogue Itunes, service musical d’Apple, qui se voit maintenant concurrencé sur ses propres terminaux. En effet, en la rendant disponible sur les produits de la marque à la pomme, Google vient proposer une alternative à des utilisateurs utilisant automatiquement Itunes – qui semblait être jusque-là dans une situation de quasi monopole. D’autant que Nokia Music devrait bientôt lancer son application, ce qui risque également de mettre Itunes en difficulté.
Avec cette nouvelle offre, le choix s’élargit encore et la fonction de téléchargement (dans la limite de 20.000 titres stockés) pourrait intéresser ceux que Deezer ou Spotify laissent insatisfaits. Les clients d’Apple accepteront-ils de changer pour la marque concurrente ?
 
Astrid GAY
Sources :
Macworld.fr
01net.com
Crédits photo :
Softpedia.com
Imore.com