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kama sutra
Société

De l'art, du sexe, du buzz : la débandade cul-turelle ?

 
Entre les performances d’art contemporain massivement relayées sur les réseaux sociaux et les expositions dont la promotion crée le buzz, les événements culturels puisent généreusement dans le registre du sexe pour aguicher le public et semblent ainsi utiliser un ressort publicitaire éculé pour se faire connaître. L’art serait-il destiné à devenir une marchandise comme une autre ?
Le boom des expositions cul-turelles
Comment prendre le métro parisien sans remarquer les innombrables affiches pour les expositions sulfureuses de la saison Automne-Hiver 2014 ? Au programme : le marquis de Sade au musée d’Orsay, le Kâma-Sûtra et l’amour au temps des Geishas à la Pinacothèque. Evidemment, la nudité et la sexualité sont loin d’être des sujets artistiques nouveaux. Et il n’est pas question dans ces expositions de choquer. Au contraire, l’exposition « Kâma-Sûtra, spiritualité et érotisme dans l’art indien » vise à faire découvrir cet ouvrage du IVe siècle sous un jour nouveau, à éclairer son approche de la spiritualité, loin de l’image d’un traité pornographique et salace, comme le souligne Alka Pande, le commissaire de l’exposition. La rétrospective sur le marquis de Sade est quant à elle composée d’extraits de son œuvre, illustrés par des toiles de Goya, Picasso, Rodin, Ingres… Point de subversion scandaleuse, en somme.

En fait, c’est davantage la communication mise en place autour de ces événements qui pose question. Les deux expositions de la Pinacothèque laissent entrevoir leur postulat : le sexe attire. Mais c’est sans doute le musée d’Orsay qui joue le plus sur cet attrait, en réalisant une vidéo de promotion érotique. Dans celle-ci, des corps nus s’étreignent. Cette vidéo ne laisse personne indifférent : on est choqué, sidéré, touché. Le buzz généré par celle-ci, sanctionnée sur YouTube par l’interdiction aux mineurs, montre que le musée a vu juste en jouant sur le caractère mobilisateur du sexe, comme il l’avait fait pour son exposition Masculin/masculin dont la vidéo avait elle aussi été censurée. Ce qui dérange, c’est l’utilisation par une institution culturelle de ressorts intimement liés à la publicité. Le procédé est gros, énorme, même. Or le fait d’utiliser des procédés communs à la publicité fait entrer l’art dans le commercial, le transforme en marchandise.

L’art et la manière de faire le buzz
L’art contemporain et notamment les « performances », fonctionnent par l’étonnement, le choc ou la perplexité d’un public. On pense par exemple au sapin aux airs de plug anal exposé sur la place de la Concorde pendant la FIAC, la Foire d’Art Contemporain à Paris. Mais quand Milo Moiré assure «évoquer la création de la peur», nous, nous voyons avant tout une femme nue en train de pondre, avec son vagin, des œufs remplis de colorant qui s’éclatent mollement sur une toile blanche. Cette artiste suisse a marqué les esprits avec sa performance à l’Art Cologne 2014 et ce qui est sûr, c’est que même si on n’est pas passionné d’art expérimental ou voyeur, il a été difficile d’échapper à ses vidéos qui ont circulé sur tous les réseaux sociaux. Dans la même veine, l’australienne Casey Jenkins avait fait le buzz après avoir tricoté avec de la laine préalablement introduite dans son vagin et imbibée de sang menstruel.

La débandade culturelle ?
En fait, selon la sociologue de l’art Nathalie Heinich, « l’utilisation du vocabulaire de la transgression, et notamment de la culture pornographique […] rend ces œuvres accessibles aux néophytes. » On observe ainsi un engouement sans précédent pour l’art contemporain, en particulier pour les performances. Mi-octobre, par exemple, 500 000 visiteurs se sont pressés dans les espaces dédiés à la performance de la FIAC. Et tout au long du mois d’octobre, d’innombrables sites d’informations et journaux ont publié des articles intitulés « Comment parler d’art contemporain quand on n’y connaît rien ? ». La question ne serait-elle pas plutôt « Pourquoi vouloir parler d’art contemporain quand on n’y connaît rien ? » ? Cette popularisation de l’art contemporain est, en réalité, biaisée. Car si la transgression exposée un peu plus haut est suffisante pour faire le tour de YouTube, ces performances n’intéressent pas véritablement le monde de l’art. Elles sont périphériques et n’ont d’ailleurs fait parler d’elles que sur les sites d’information généralistes et les réseaux sociaux. Difficile de croire donc à un art mis en danger par une « publicitarisation » d’événements marginaux…
 
Louise Pfirsch
@: Louise Pfirsch
Sources :
Le Monde, « Le Kama-sutra, lointain souvenir du désir », samedi 15 Novembre 2014
konbini.com
Stylist n° 067, « Quand la performance étouffe l’art », 30 octobre 2014
Crédits images :
amessagetoindia2.wordpress.com
offi.fr
Crédit vidéo :
DailyMotion

beyonce-selfie
Société

Art selfie : de l'Art à l'Arrière-plan

 
De passage à Paris en octobre dernier, Jay-Z et Beyonce se sont offert le luxe de poser devant la Joconde. On ne compte plus les likes et les retweets de cette photo, caractéristique du mouvement « Art Selfie » : il s’agit simplement de faire un selfie devant une œuvre d’art. D’après le New York Times, cette pratique tirerait son origine de la Frieze, foire londonienne d’art contemporain, en 2012. Depuis, elle ne cesse de s’ériger en tendance de fond : le collectif new-yorkais DIS en a même fait un livre, intitulé #ArtSelfie, paru le 27 octobre dernier. A l’heure où nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le caractère esthétique de nos selfies, le Art Selfie pose de nouvelles questions. De quels enjeux l’Art Selfie est-il porteur ? Quelles sont les conséquences de cette pratique sur l’œuvre d’art d’une part, et sur le concept même de selfie d’autre part ? Faut-il voir dans l’Art Selfie la dilution de l’œuvre d’art dans la représentation instrumentalisée de celle-ci, ou au contraire une nouvelle forme esthétique, caractérisée par une alliance entre art contemporain et culture populaire ?
« La culture, c’est fun »
La pratique de l’Art Selfie remonte déjà à quelques années. Mais elle ne s’est érigée en tendance de fond que suite à la création, le 22 janvier dernier, du « Museum Selfie Day », à l’initiative de Marlène Dixon. Cette passionnée de musée voulait « montrer que la culture, c’est fun ». Il s’agit en fait de « dédramatiser » les musées, comme l’explique la directrice de la communication du musée de Cluny dans un article paru dans Libération. Le récent succès du Art Selfie de Beyoncé et Jay-Z, ainsi que la sortie du livre #ArtSelfie montre que cette tendance semble s’imposer. Tendance encouragée par les musées eux mêmes, qui y voient un moyen de faire interagir les visiteurs avec les œuvres d’art, et ainsi de favoriser leur communication : « nous voulons encourager la participation des gens qui nous suivent sur les réseaux sociaux » explique la directrice du musée des Beaux-Arts de Lyon, dans Libération. Mais que nous dit en réalité le succès de cette tendance sur la nature même de l’Art Selfie ? De quoi ce succès, qui se traduit par un regain d’intérêt pour les musées, est-il le nom ?
L’œuvre d’art à l’arrière-plan
La nature même de la pratique de l’Art Selfie pose un certain nombre de problèmes quant à la valeur de l’œuvre d’art. Il suffit d’ouvrir le livre récemment paru intitulé #ArtSelfie pour s’en convaincre : les gens qui se prennent en selfie ont le dos tourné à l’œuvre. Le musée devient un lieu où l’on se promène en tournant le dos aux œuvres d’art. L’œuvre d’art n’est plus regardée, elle n’existe plus pour elle-même. Ce phénomène opère donc une redéfinition du rapport entre l’œuvre et le spectateur. Michael Fried, dans La place du spectateur, explique que l’œuvre d’art n’existe que par la présence du spectateur. En ce sens, faire un Art Selfie, et donc tourner le dos à l’œuvre, c’est nier son rôle de spectateur, et par conséquent c’est nier à l’œuvre son statut d’œuvre d’art. Le véritable spectateur, c’est celui qui observe le résultat : non pas une œuvre d’art, mais la représentation de celle-ci, reléguée au rang d’ornement d’un selfie qui se donne ainsi une caution arty. Le seul art de l’Art Selfie, c’est « l’Art de se montrer » (Stylist).

La violence de l’ArtSelfie
Ainsi, l’Art Selfie semble démontrer une volonté d’instrumentalisation de l’art pour donner une valeur ajoutée au simple selfie. Mais que nous dit cette volonté de donner une caution arty au selfie sur le selfie lui-même ? Si le preneur de selfie ressent le besoin d’associer à son selfie une œuvre d’art, c’est peut-être parce que celui-ci n’existe pas en soi. Le selfie, pour exister ( au sens de sortir –de) de son image d’autoportrait narcissique, recherche un prétexte qu’il trouve en la présence de l’œuvre d’art. Le selfie, recherchant cet appui, témoigne d’un manque; manque s’opposant cependant à la plénitude de l’œuvre. Tout se passe comme si le selfie avait besoin de ce qui n’a pas besoin de lui pour exister. L’Art Selfie est un mariage forcé entre un selfie et une œuvre d’art. En ce sens, l’Art Selfie est porteur d’une charge très violente : la représentation de soi devant l’art est capable de tuer le caractère esthétique de l’œuvre.
Du spectateur au spect’acteur
Au-delà d’une simple critique esthétique de la notion d’art selfie, le fait que la pratique de ce dernier se soit érigée en tendance invite à se poser d’autres questions. L’Art Selfiene témoigne-t-il pas de ce que Walter Benjamin appelait dès 1935 dans L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité, la déperdition de l’aura de l’œuvre d’art ?
Mais il faut aller plus loin qu’une simple critique. Peut-être peut-on voir dans l’Art Selfie une nouvelle forme esthétique, un changement du statut de l’œuvre d’art : si celui qui se prend en selfie devant une œuvre d’art n’est plus spectateur, il devient spect’acteur. Marcel Duchamp disait que le spectateur complète le travail de l’artiste. C’est peut-être parce qu’il illustre bien ces propos que l’Art Selfie a autant de succès et s’érige en tant que nouvelle forme d’art contemporain.
 
Alexis Chol
Sources :
artselfie.com
news.artnet.com
news.artnet.com
tmagazine.blogs.nytimes.com
jean-boite.fr
francetvinfo.fr
newt.liberation.fr

mannequinHM
Société

Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle

 
Face à la dénonciation croissante de l’utilisation de la maigreur comme égérie de la mode, la marque suédoise H&M a créé l’événement en introduisant des mannequins taille réelle dans le rayon lingerie d’un de ses magasins en Suède. Par cette action symbolique, le pays a ainsi démontré son ouverture d’esprit et son émancipation face aux diktats de la mode. En effet, si la Suède a sauté le pas, la majeure partie du monde de la mode ne semble toutefois pas encore disposée à valoriser une image de la femme et de la beauté dont le critère majeur serait autre que la minceur. De cette façon, l’initiative de la marque a eu immédiatement son effet sur les réseaux sociaux et nombreux sont les internautes (hommes et femmes) à saluer cette action :
“Enfin des personnes qui savent apprécier ! Beauté ne rime plus avec maigreur …”
“Enfin ! Si cela pouvait arrêter cette folie anorexique chez nos adolescentes !”
En effet, cette image de la beauté véhiculée par l’ensemble des médias n’est pas anodine et sans conséquences, notamment concernant les adolescentes, qui seraient plus enclines à sombrer dans l’anorexie. Nombreuses sont ainsi celles qui ripostent sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce diktat d’une beauté uniforme, valorisant un type unique de morphologie plutôt que les spécificités de chacune.
The perfect body
Cependant, si le géant du vêtement semble vouloir changer peu à peu les choses en matière de représentation féminine, il n’en est pas toujours de même ailleurs. La célèbre marque américaine de lingerie Victoria’s Secret s’est en effet récemment illustrée dans un scandale lié à sa dernière campagne de communication, The Perfect Body, illustrant toute une ribambelle de femmes prenant la pose en sous-vêtements. Jugée comme inacceptable par bon nombre d’internautes, la campagne fait alors un tollé et provoque la création d’une pétition, qui récolte plus de 14500 signatures. Victime d’un véritable bad buzz, la marque s’est ainsi retrouvée assaillie de critiques négatives, à tel point que cette dernière a dû faire marche arrière, préférant “A body for everybody” à son précédent slogan, jugé trop polémique.

“Vous être superbe bien entendu, mais ils aimeraient en publier une de vous en t-shirt”
Dans le même registre, on se souvient de Brooke Birmingham, cette jeune illinoise de 28 ans, ancienne obèse, ayant réussi le pari de perdre durablement plus de 80 kilos. Jeune femme désormais épanouie, fière de son nouveau corps et bien dans sa peau, son histoire a tout d’une success story comme en raffolent les médias. Lorsque le magazine Shape la contacte pour raconter son histoire, la jeune femme y voit alors l’occasion d’y partager son histoire, porteuse d’optimisme. Et pourtant. Brooke déchante rapidement lorsque le magazine décide de censurer la photo où elle pose en bikini, les mains sur les hanches, fière d’un corps portant les signes de sa métamorphose. “Vous être superbe bien entendu, mais ils aimeraient en publier une de vous en t-shirt”. La jeune femme comprend alors rapidement la triste réalité à laquelle elle fait face : même avec 80 kilos de moins, son corps ne correspondra jamais à l’idéal prôné par les médias.

Face à ce diktat de l’apparence, l’actrice Keira Knightley s’est récemment insurgée contre cette maladie de la retouche Photoshop dont elle a de nombreuses fois fait les frais. “J’ai vu mon corps être malmené tant de fois et pour tant de raisons différentes, que ce soit par des paparazzi ou sur des affiches de films. Je suis d’accord pour faire des shootings topless, tant qu’on ne me retouche pas, moi ou mes seins. Parce qu’il me semble important de dire que ce n’est pas la forme qui compte”. L’actrice, qui ne semble visiblement pas apprécier de voir son physique retouché à maintes reprises sans raisons valables si ce n’est pour les besoins du marketing, a ainsi accepté de poser topless pour le magazine Interview à la seule condition que son corps ne soit absolument pas retouché par la suite. Magazines, vous voilà prévenus.
“I want to show that average is beautiful” : making Barbie a real woman
Prenant le contrepied de ces dérives de la presse magazine, le designer américain Nickolay Lamm s’est récemment lancé dans la création d’une poupée aux proportions plus réalistes que celles de notre chère copine Barbie. Avec sa silhouette élancée et ses longs cheveux blonds platine, la Barbie avec laquelle nous avons grandi est en effet loin de ressembler à la majorité des femmes. C’est la raison qui a poussé Nickolay Lamm à créer Lammily, un équivalent de Barbie version réaliste, qui a été conçue selon les mensurations moyennes d’une jeune fille de 19 ans établies par le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (la principale agence gouvernementale américaine en matière de protection de la santé et de la sécurité publique).

Pour le côté réaliste de sa poupée, Lamm a dans un second temps créé une palette de stickers qu’il est possible de coller et d’enlever à sa guise : taches de rousseur, cicatrices, boutons, pansements adhésifs, tatouages, blessures, ou encore piqûres de moustiques, à vous de customiser comme il vous plaît votre poupée. Avec ce nouveau modèle, Lamm espère montrer que les différents types de morphologies sont à la fois naturels et beaux. Il dénonce la forte ressemblance de toutes les poupées, raison pour laquelle il souhaite leur donner une touche réaliste.
Si l’ensemble de ces revendications ciblant le diktat d’une beauté féminine uniforme encouragent visiblement l’évolution des mentalités, les médias – et particulièrement les magazines – s’inscriront-ils également dans cette voie du changement ? On peut espérer que les défenseurs d’une beauté non standardisée finiront par obtenir gain de cause, mais il est cependant encore trop tôt pour l’affirmer. Affaire à suivre.
Pauline Flamant
Sources :
express.be
thecreatorsproject.vice.com
facebook.com/minutebuzz
buzzfeed.com
journaldesfemmes.com
dailymail.co.uk
huffingtonpost.fr
Crédits photos :
Victoria’s Secret
brookenotadiet.com
nickolaylamm.com

movember
Société

No Shave November: une tendance au poil!

 
Si le mois d’octobre est rose le mois de novembre, lui, sera poilu !
En effet, depuis quelques années, le trend du mois de novembre, c’est le #NoShaveNovember. Si l’expression parle d’elle-même, un petit rappel s’impose: il s’agit d’inciter les hommes à se laisser pousser la barbe durant tout le mois de novembre, pour la bonne cause. Enfin si cette tendance ne change pas uniquement le physique de ces messieurs, elle aspire surtout à sensibiliser les publics aux cancers masculins dont on parle trop peu souvent.
La moustache et le financement participatif
A l’origine de cette tendance, il y a l’organisation Movember, née au début des années 2000. Sur la simple initiative d’un groupe d’amis qui se laissent pousser la barbe pendant un mois, le mouvement Movember devient rapidement une façon de se mobiliser pour la lutte contre les cancers masculins, notamment le cancer de la prostate. Le mouvement rencontre alors un franc succès et devient un organisme à part entière, la “Movember Foundation Charity”.
Dès lors, d’autres organisations voient le jour, notamment la No Shave November, soutenue par l’American Cancer Society. Cette organisation résulte d’un double objectif : sensibiliser à la “santé masculine” tout en prenant plaisir à le faire, comme le dit Rebecca Hill, l’une des fondatrices de No Shave November.
Par le biais de dons ou en participant à de nombreux événements; à l’université, au travail, ou encore sur les réseaux sociaux, toutes les formes d’implications sont bonnes pour devenir un Mo Bro ou une Mo Sista et ainsi lever des fonds destinés à la recherche sur les maladies qui touchent exclusivement les hommes. Jusque-là, Movember a levé plus de 409 millions de dollars aux Etats-Unis et près de 322 000 (dollars) en France et continue de mobiliser les différents publics autour de cette cause. On notera cependant que la France reste le « plus mauvais élève » alors qu’elle enregistre le taux le plus élevé de cancers masculins au monde (835 hommes sur 100 000).
Fortes de ce succès, ces organisations sont soutenues par des figures médiatiques et sportives, à l’image de Fabien Chivot (chef du restaurant Moustache) ou encore du Top 14. Une belle initiative qui mêle sensibilisation, humour et virilité !

Les Racingmen mobilisés pour Movember par racingmetro92

Une tendance qui dépasse l’enjeu caritatif

Si la barbe et la moustache font agir pour la bonne cause, elles servent aussi les stratégies des marques et inspirent de nouveaux concepts.
La moustache revient donc à la mode après être longtemps tombée dans l’oubli et associée à l’archétype du “ringard”. Désormais déclinée sur tous les supports, les objets publicitaires, la décoration, le prêt-à-porter, la moustache est perçue comme “le petit plus” branché qui donne leur côté “preppy” aux pseudo-hipsters. Rien à voir avec la moustache de Salvador Dali ou celle d’Hulk Hogan! Aujourd’hui, la moustache est incontestablement “in”: des noms d’agences, aux restaurants en passant par le retour en force des barber shops, elle est désormais devenue incontournable. Peut-être même trop. Des “giftbox” dédiées à l’art du rasage aux conseils mode de la rubrique Style Académie du dernier GQ, la moustache est bichonnée, soignée et surtout bien taillée.
Même le digital se l’approprie: on pense, entre autres, à Lumia qui a tout récemment, lancé une campagne de “Selfie Stach” sous forme de concours, qui consiste à poster des photos de soi, paré de sa plus belle moustache.
Pour mieux comprendre le phénomène, l’infographie ci-contre fait la lumière sur cet attribut typiquement masculin ! (donc Messieurs, aucune d’excuse pour ne pas vous mettre aussi au Movember!)
Une mobilisation éphémère ?
Le seul obstacle au succès que rencontre Movember pourrait être le caractère éphémère de ce genre de phénomènes ; on pense alors au « Ice Bucket Challenge », à la campagne « Kony 2012 » ou encore au récent «#WakeUpCall » qui ont vite lassé les internautes. Cependant, Movember reste, par définition, une mobilisation relativement ponctuelle et s’inscrit alors dans une dynamique récurrente sans pour autant être omniprésente.
Si cette tendance de l’homme à la pilosité faciale abondante et/ou maîtrisée au millimètre près est aujourd’hui un phénomène en plein essor, elle est aussi un moyen de faire passer un message fort et fédérateur autour d’une cause très peu souvent
médiatisée qu’est la santé masculine. Barbant ou dans le vent? A vous de trancher !
Alors Messieurs, à vos barbes, prêts, rasez!

 
Alizé Grasset
@: Alizé Grasset
 
Sources :
Lhommetendance.fr
No-shave.org
Neo-sapiens.fr
ca.november.com
Lerugbynistere.fr
Journalmetro.fr
Menlook.fr
Goodmorningcrowdfunding.com
Crédits images:
blog.briteskies.com
cdn.movember.com
Menlook.fr
Journalmetro.fr
9buz.com

Consommation collective
Société

La consommation collective ou le Human to Human

 
Qu’elle concerne la mutualisation des biens, ou des savoirs, la consommation collaborative, autrement dit le human to human, pèserait aujourd’hui plus de 3 milliards d’euros, d’après une estimation annuelle de Forbes en 2013. Fort d’une croissance de près de 25% en 2013, ce phénomène porte désormais un nom: la consommation collaborative (la sharing economy). Et en voici le nouveau messie : il s’appelle Jeremy RIFKIN, et avec son dernier ouvrage La nouvelle société du coût marginal zéro, il poursuit son œuvre sur « la troisième révolution industrielle ».
Aujourd’hui, un marketing hyper-puissant, des informations envahissantes et une publicité omniprésente nous incitent à nous remettre en question : qu’est-ce qui au juste, compte vraiment à nos yeux?  Posséder était, jusqu’il y a quelques années, le moyen ultime de manipuler les univers de signes véhiculés par les objets, ce qui nous permettait de nous affirmer au sein de notre société. Mais en remettant en question cette échelle de valeurs, beaucoup d’entre nous, dépassés par ce dictat fétichiste, avons reconsidéré nos priorités. Oui, nous sommes de plus en plus nombreux à considérer  que l’expérience prévaut sur la possession en tant qu’accomplissement ultime de notre singularité. Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que peut-être il avait été nécessaire de remettre en question nos modes de consommation affolés, pour se rendre compte que d’autres possibilités s’offraient à nous.
Emmène-moi, aidons nous, partageons nos projets
Tous les domaines de notre vie quotidienne sont touchés, depuis la consommation la plus basique de biens alimentaires (réseau des AMAP, La Ruche qui Dit Oui), en passant par les transports (Blablacar), au financement de projet (KissKissBankBank, Ulule, Kickstarter…), aux services, et à la remise en cause des institutions et des monopoles du marché. Pour des exemples concrets de projets collaboratifs, c’est ici que ça se passe.
L’émergence de cette économie s’accompagne d’un nouvel élan dans les métiers de la communication. Il s’agit désormais de recréer du lien entre les humains, de remettre en avant les qualités et les avantages des objets : oui, ces derniers ont le droit à une deuxième vie, et grâce à eux, nous aspirons à de nouveaux contacts humains.
La fin du gratuit ?
Attention cependant ! La consommation collaborative reste avant tout une nouvelle manière de consommer. Le futur envisagé est fondamentalement différent de celui que notre génération et celles qui nous ont précédées  ont, jusqu’alors, imaginé. Mais certains penseurs nous mettaient déjà en garde : pourrait-on envisager que dans une société où tous les services sont optimisés, connectés et payants, les gens ne soient plus capables de se rendre service gratuitement ? C’est une interrogation intéressante. A moins que l’évolution de  l’économie ne laisse place à une autre forme de monnaie d’échange ou de troc (comme c’est déjà le cas dans des réseaux spécifiques ou il s’agit d’échanger des biens et des services similaires), les discriminations purement d’ordre financier n’en seraient que prolongées. Et la problématique de l’accès à cette nouvelle forme d’économie deviendrait la principale barrière à l’ouverture de ces méthodes de consommation au plus grand nombre.
Comment s’adaptent les industriels face à ce nouveau pan de l’économie ?
Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est la réaction des industries actuelles face à la menace que constitue pour elles l’économie du partage. En encourageant la mise en commun des connaissances et des savoirs cette économie du partage  créé de nombreuses opportunités, mais du même coup, réduit les débouchés sur le marché du neuf. A court terme, le constat est alarmant pour les entreprises installées, et il faut réagir vite. C’est pourquoi, les firmes ont d’ores et déjà commencé à riposter, parfois en encourageant les start-up prometteuses (Start’inPost à La Poste), ou en constituant au sein de leur entreprise un laboratoire d’innovation, comme pour l’entreprise Castorama avec Les Troc’Heures . C’est donc un nouveau défi dont les marques se sont saisies.

Des thinks-tanks spécialisés dans le conseil stratégique et l’accompagnement de ces firmes dans leur transition vers cette nouvelle économie (tel que Crowd Compagnies) sont apparus. Ce bouleversement concerne tant les produits et leur distribution que les méthodes de recrutement au sein des entreprises, le management – qui tend à devenir plus participatif-, les nouveaux modes de communication et l’expression positive de la marque envers les consommateurs. En effet selon les sondages, beaucoup de consommateurs pensent avoir trop de matériel, et se sentent encombrés par pléthore d’objets inutiles. En somme, nous voulons consommer en accord avec nos valeurs.
En ce qui les concerne, les marques n’ont pas seulement à faire face à un changement au niveau des débouchés, mais elles doivent se légitimer au sein de la Cité, auprès des consommateurs, qui cherchent désormais à donner du sens à leurs actes d’achat.
Cela passe essentiellement par la promotion de leur démarche environnementale au cœur de campagnes publicitaires grand public, au prix d’un green washing général … La marque Le Chat a justement récemment fait les frais de cet excès de respect envers la nature, accusée de promettre des vertus écologiques non tenues.

Quoiqu’il en soit, l’économie collaborative serait un bon pas à franchir vers une économie plus respectueuse de l’environnement et socialement plus généreuse. Cependant, nous devons veiller à ce que les valeurs de départ ne soient pas systématiquement instrumentalisées, et détournées pour masquer une finalité mercantile. L’économie collaborative, c’est encore un système d’hyperconsommation qui marquera, dans le meilleur des cas, une étape vers l’autonomisation des citoyens. Affaire à suivre…
 
Lucie Jeudy
 
Sources :
 
Jean Baudrillard, La société de consommation, Folios, collection Essais, 1970, 316 pages.
Rachel Bosman What’s mine is yours: the rise of collaborative consumption.
Anne-Sophie Novel, La vie share mode d’emploi : consommation, partage et modes de vie collaboratifs, Manifestô, 2013
liberation.fr
legroupe.laposte.fr
observatoiredelapublicite.fr
influencia.net
influencia.net
 
Crédit photos : 
 
web-strategist.com
2.bp.blogspot.com
observatoiredelapublicite.fr
Pour aller plus loin :
Reportage « Global Partage » :

mark zuckerberg
Société

Mark, un ami qui vous veut du bien

 
“L’épidémie d’Ebola se trouve à un tournant critique. Le virus a contaminé 8400 personnes jusqu’à présent, mais il se répand très rapidement et certains prédisent qu’il pourrait contaminer 1 million de personnes, voire plus, d’ici plusieurs mois si rien n’est fait pour le combattre”, a expliqué il y a quelques semaines Mark Zuckerberg, président de Facebook.
L’épidémie de cette fièvre hémorragique aurait déjà, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), causé la mort de 4800 personnes, principalement au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée. Le PDG du réseau social le plus utilisé au monde (1,32 milliard d’utilisateurs) ainsi que son épouse, Priscilla Chan, avaient déjà annoncé le 14 octobre un don de 25 millions de dollars aux Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) pour lutter contre le virus. Ce n’est pas une première pour le jeune milliardaire de 30 ans qui avait été placé en 2013 en tête de la liste des plus grands donateurs de la planète par le journal américain The Chronicle of Philanthropy.
Sans doute parce qu’il est soucieux d’étendre ses ardeurs philanthropiques aux utilisateurs de son réseau social, est apparu sur Facebook, début novembre au sommet de votre fil d’actualité un nouveau bouton : “cliquez pour faire un don”.

De l’utilité du like responsable
Le simple pouce en l’air, symbole ultime du géant Facebook, a été remplacé par la même main tenant un petit coeur rose. Tout comme Marc Zuckerberg et sa femme, et comme c’est écrit, “nous pouvons participer à la lutte contre Ebola”. Nous, simples utilisateurs, pouvons faire comme eux, milliardaires. En d’autres termes, nous pouvons tous agir à notre niveau et Facebook nous facilite la tâche. Plus d’excuses et fini le slacktivisme : sur les réseaux sociaux il est particulièrement aisé de se donner bonne conscience en likant et en twittant les actualités d’une multitude d’ONG. En revanche, les actions concrètes et utiles qui en découlent sont rares.

Cette opération de collecte de fonds a été mise en place au profit de deux ONG : International Mediacal Corps et Save the Children. La première a pour but de fournir des traitements d’urgence sur place et de former les équipes médicales. Il s’agit de les “aider à stopper Ebola à sa source” et de “restaurer la santé et l’espoir chez des millions de personnes”. La seconde soigne les enfants et protège ceux dont les parents ont été emportés par la maladie. Les internautes qui souhaitent faire un don sont amenés à choisir l’une des deux. Cependant, pas question pour le géant du web de se faire de la gratte puisqu’il est précisé que “l’intégralité du montant” sera reversé à l’association.
Comme Mark Zuckerberg, Larry Page (directeur et fondateur de Google) a lancé sa propre collecte de fonds. Le principe est simple : “pour chaque dollar versé, Google donnera 2 dollars”. Le but est que la somme totale atteigne les 7,5 millions de dollars. Le mouvement a aussi été suivi par Bill Gates, co-fondateur de Microsoft.
Entreprises, humanitaire et image : une recette qui marche
Protéger et entretenir sa réputation est un enjeu majeur pour l’entreprise. Le maintien d’une bonne image de marque auprès du public et des actionnaires relève de subtiles stratégies. De plus en plus exposées et soumises à la rapidité des flux d’informations et des rumeurs, elles rivalisent d’inventivité pour se construire et véhiculer une image positive. Elles font face à des consommateurs de plus en plus méfiants et avertis qui cernent très bien leur “mauvaise foi” et la finalité commerciale de leurs campagnes. La communication corporate (ou communication institutionnelle) est d’autant plus utilisée par les géants de l’internet (Facebook, Google, Apple, Amazon). En effet, ils sont présents dans le quotidien des utilisateurs et doivent prouver à chaque instant leur légitimité et leur responsabilité sociale.

C’est dans ce contexte que l’utilisation de campagnes fondées sur l’humanitaire semble très efficace. Et les entreprises l’ont très bien compris. La cause humanitaire est difficilement critiquable. En effet, quoiqu’on en dise les résultats sont là : même si en poussant ses internautes à faire des dons, Facebook améliore son image, il n’en demeure pas moins que l’argent sera effectivement utilisé pour lutter contre Ebola. Même si Mark Zuckerberg s’est défendu de faire du marketing en répondant aux critiques sur son profil Facebook, le but est de donner au réseau social l’image d’une entreprise responsable et d’intérêt public qui se soucie des grandes causes sanitaires et sociales de son temps. Et justement, la firme en a besoin. Elle a récemment été secouée par différents scandales concernant la protection de la vie privée. En effet, le business-model de Facebook repose sur l’exploitation des données personnelles des utilisateurs et a donné lieu à de nombreuses polémiques. Outre sa supposée collaboration avec la NSA, il lui est principalement reproché de ne pas respecter la législation européenne sur la protection de la vie privée ce qui a conduit 25000 internautes à porter plainte en août dernier.

Concernant Facebook et Ebola, la véritable hypocrisie se cache ailleurs. Début octobre, un hacker, étudiant à Stanford, a révélé que Facebook était en train d’expérimenter un système de paiement entre utilisateurs sur son application Facebook Messenger utilisée par 200 millions de personnes à travers le monde. Il est fort probable que les transferts d’argent qui seront effectués grâce au “bouton Ebola” servent en réalité à mesurer la capacité du serveur à les supporter. Facebook cherche donc à investir le marché des transactions monétaires. Cela semble d’autant plus évident que le directeur de l’application Facebook Messenger n’est autre que que David Marcus, ancien PDG de Paypal.
Cette volonté de se positionner comme acteur de l’intérêt général et social au même titre qu’un Etat par son aspect paternaliste et protecteur, est très bien illustré par le slogan de Google depuis 2004 : “Don’t be evil” (“ne soyez pas malveillant” en français). Dans la charte de l’entreprise la plus puissante du monde il est d’ailleurs mentionné “il est possible de gagner de l’argent sans vendre son âme au diable”… En terme de culture d’entreprise, il s’agit du pilier identitaire central du groupe. Le comble du cynisme alors qu’en juin 2013, après les révélations d’Edward Snowden, Google ainsi que Facebook et Microsoft sont accusés de participer au programme d’espionnage de la NSA en livrant des millions de données personnelles relatives à ses utilisateurs. Ce n’est pas un hasard si Larry Page, le PDG de Google, a récemment exprimé vouloir changer de slogan.
Alice Rivoire
Sources :
bbc.co.uk
persee.fr
who.int/fr
lexpress.fr
leparisien.fr
Crédits photos :
facebook.com
taxjusticeblog.org
mailactu.net

paywwhatyouwant PWYW
Société

Seriez-vous prêts à payer avec le PWYW ?

 
Depuis plusieurs années on assiste à une transformation de l’attitude du consommateur. Force est de constater que ce dernier rejette de plus en plus la passivité qui lui a longtemps été attribuée. La tendance est en effet à une émancipation croissante du consommateur vis à vis des opérations de marketing en se rendant maître de ce qu’il consomme et de l’argent qu’il dépense.
Il se dessine aujourd’hui devant nous un sujet qui décide de la publicité qu’il souhaite voir sur les écrans − comme nous en avons eu l’exemple avec la marque Nespresso et le sexy George Clooney − un sujet qui décide de quand il veut regarder son programme télévisuel préféré, avec le service de TV à la demande, et même un sujet qui décide du prix qu’il souhaite dépenser pour un produit proposé.
Cette dernière évolution s’exprime dans le « pay what you want » (payez ce que vous voulez), ou le PWYW pour les plus initiés. C’est un système de prix participatif au sein duquel l’offrant n’impose plus un prix fixe pour le produit qu’il propose, mais laisse le consommateur en décider lui-même, générant ainsi une implication exclusive de ce dernier dans la chaîne de valeur.

D’où vient cette tendance ?

C’est le groupe Radiohead qui, en 2007, a initié cette tendance en proposant à ses fans de payer ce qu’ils souhaitaient pour le téléchargement de leur nouvel album « In Rainbows ». Si l’objectif affiché était de se libérer de l’emprise des maisons de disque, il n’en est pas moins vrai qu’ils ont créé le buzz et donc transformé l’évènement en une opération de marketing. En effet, si la majorité des personnes ont téléchargé l’album pour un euro seulement, 40% d’entre elles ont tout de même décidé d’y consacrer 8 euros. L’opération peut sembler ne pas avoir été profitable sur le plan commercial, pourtant presque la moitié des acheteurs ont reconnu la valeur marchande du produit alors qu’on leur laissait le choix de ne rien dépenser du tout.
Depuis, ce système a prospéré dans le monde de la musique et s’est étendu à d’autres domaines marchands tels que la restauration, l’hôtellerie, le tourisme et même la vente en ligne.
Ainsi, cet été, à Paris, cinq hôtels, dont certains étoilés, ont lancé une opération similaire sur une durée d’une vingtaine de jours. Et ça a marché ! Les clients ont dans l’ensemble joué le jeu en payant un prix avoisinant celui habituellement appliqué par les établissements.
Un modèle qui marche quand le lien social est plus fort
En revanche, en 2009, Brandalley, le célèbre site de vente de vêtements en ligne, avait proposé, sous le slogan « rendons le pouvoir d’achat aux français », plus de dix mille articles vendus au prix proposé par les cyberacheteurs eux-mêmes. Malheureusement pour le site, 85% de ces derniers n’ont payé qu’entre 1 et 2 euros, sans tenir compte du prix recommandé par le site, ce qui avait poussé l’e-commerçant à déclarer qu’il regrettait « l’instinct d’appropriation pur et simple [des consommateurs]» et que pour eux l’opération « payez- ce-que-vous-voulez [serait] la dernière ».
Le problème, dans ce cas-là, est bien que le consommateur paie « what he wants » et non « what he thinks is fair ». La nuance, si elle est mince, se doit d’être relevée. On remarque ainsi que l’opération est beaucoup plus concluante dans des domaines qui impliquent un rapport direct entre l’offrant et l’acheteur. Il semblerait que le lien social ait un impact sur l’attitude du consommateur et sur son éthique, élément indispensable à la viabilité de ce système. Le consommateur ne jouerait le jeu que lorsqu’il se trouverait en face de la personne offrante, ou, mieux encore, en face de la main créatrice qui a façonné le produit proposé (un concert, un hôtel, un repas…). L’expérience hôtelière menée à Paris cet été le prouve.

Le PWYW, un idéal ? …
Le PWYW serait-il un système idéal qui révolutionnerait la relation existant entre le consommateur, le produit et l’offrant ? Au vu des expériences citées précédemment, ne devrait-on pas doubler le PWYW d’une action d’éducation du consommateur à la valeur marchande des produits qu’on lui propose pour que ce système soit viable ? Ou devrait-on plutôt le transformer en un système où chacun paie ce qu’il peut payer, et non plus ce qu’il veut payer ? Dans ce dernier cas de figure, l’avancée vers l’autonomisation du consommateur en serait atténuée. En effet ce dernier y perdrait son pouvoir de décision puisque l’effort consenti dépendrait de ses moyens financiers et non plus d’une volonté personnelle.
… Ou une réalité beaucoup plus terre à terre ?
Cependant il faut bien l’admettre, plus qu’un idéal, l’idée du PWYW est une utopie. Ce système est proposé par les offrants non pas avec l’intention de le maintenir durablement, mais plutôt dans l’optique de fidéliser le client par des opérations ponctuelles et accrocheuses.

Ainsi, la société Brandalley qui avait pourtant annoncé ne plus vouloir reconduire l’opération a, contre toute attente, décidé de la renouveler les 13,14, 15 et 16 novembre prochains, mais en fixant cette fois un prix minimum d’achat et un nombre maximum de produits achetés. Si en 2009, l’opération n’a pas été rentable sur le plan financier, elle l’a bien été sur le plan du marketing : le site a pu accueillir 10.000 nouveaux adhérents et donc 10.000 nouvelles cibles publicitaires. Cette opération marketing n’est pourtant pas assumée publiquement puisque dans ses déclarations le e-commerçant assurait « vouloir avant tout faire plaisir à ses clients ».
En effet, plus qu’une nouvelle façon de consommer, le PWYW est une nouvelle façon de concevoir une action de marketing : le consommateur se laisse attirer par des manœuvres accrocheuses qui ont pour seul but de fidéliser les clients ou d’en attirer de nouveau. Ce système serait alors la version moderne de la carte de fidélité.
 
Valentine Cuzin
 
Sources :
influencia.net
lesechos.fr
ladepeche.fr
Crédits photos :
spinnakr.com
eil.com
lesbonsplansdenaima.fr

macholand
Société

Macholand : le féminisme 2.0

 
Mardi 14 octobre 2014, la pendule affiche 14h. Le « premier site d’action anti-sexiste de France » est mis en ligne : Macholand surgit sur les Internets. Surfant sur les idéaux du web, Macholand se présente comme un site bénévole et participatif visant à mettre en lumière les dérives sexistes de l’espace public. Il cible notamment les publicités de grandes marques comme Ariel ou Epson ainsi que des personnalités, de Gérard Collomb, maire de Lyon à Mister V, youtubeur.
En mai 2013, une enquête Mediaprism pour le Laboratoire de l’égalité est menée : le plus souvent, le grand public n’a pas conscience d’être soumis à des visuels véhiculant des stéréotypes sexistes ; ils ne sont pas capables de les identifier comme tel. Pourtant, la majorité des répondantes attendent des entreprises ainsi que des médias, l’arrêt de la propagation de ces stéréotypes (l’étude montre aussi que l’utilisation des stéréotypes est contre-productive pour le milieu publicitaire). Il est donc primordial que la population puisse être en mesure d’identifier le sexisme, mais aussi d’en mesurer les conséquences sur les mentalités.

Le slacktivisme, vraiment impuissant ?
La femme hystérique qui ne vit qu’à travers le prisme de l’apparence et du liquide vaisselle tombe en désuétude. En exploitant pleinement le processus de l’empowerment, le site se dresse contre l’image monolithique de la femme et les doubles standards prégnants, autant dans les esprits que dans l’espace public. Les fondateurs n’en sont pas à leur coup d’essai puisqu’on y retrouve trois noms notoires dans le militantisme féministe : Caroline de Haas, fondatrice d’Osez le Féminisme et ancienne conseillère au ministère des Droits des femmes, Elliot Lepers et Clara Gonzales, deux fondateurs des 343 connards qui répondait aux 343 salauds – ceux qui clamaient leur droit à « leur pute » dans un manifeste mené par Frédéric Beigbeder et Elisabeth Lévy, publié dans Causeur en octobre 2013.
Le postulat de Macholand est le suivant : « seules les paroles identifiées comme publiques pourront être interpellées, car elles ont une valeur normative. Macholand.fr n’a pas vocation à agir au sein de la sphère privée. » Le principe : enclencher une action massive en ligne pour être entendu, en passant par la mobilisation des internautes sur les réseaux sociaux. Ainsi, les posts sur Facebook, les tweets ou encore les mails fusent.

Dans une interview de Caroline de Haas accordée à Metro, la co-fondatrice explique que lorsqu’on se bat seule contre le sexisme ordinaire, les gens ont souvent le sentiment qu’il s’agit une opinion individuelle. Le caractère massif de ces opérations démontre alors la capacité de mobilisation des sphères féministes en ligne, déjà très actives sur Twitter. Cette idée d’opération militante en ligne rappelle inéluctablement le procédé des Anonymous et autres groupes de hackers mystérieux, cible de fantasmes et de polémiques à travers le monde. Les critiques diront que ce mode d’emploi relève du harcèlement, mais chaque opération dispose d’objectifs limites mentionnés sur la page. De plus, toutes les actions menées s’arrêtent lorsque les visés font machine arrière sur leurs campagnes sexistes.
Internet, un espace de luttes ?
Abattre une par une les dérives sexistes de l’espace public : il s’agit d’une ambition absolument faramineuse, mais outre l’objectif militant de Macholand, chaque opération présente un espace “ce que nous en disons” afin d’exposer aux publics non-initiés le problème que présente l’objet mis en accusation. Internet n’est pas un espace politique au sens traditionnel, pourtant il est devenu en quelques décennies la première source d’information. Il rend visibles des débats qui se situaient en dehors des circuits institués de la démocratie représentative.


Le constat général : la démocratie verticale ne fonctionne plus. Les individus, ici les internautes et particulièrement les sphères féministes, souhaitent avoir un impact direct sur l’environnement qui nous entoure, sans passer par les pouvoirs politiques. Face à l’insatisfaction générale de l’exercice du ministère des Droits des Femmes initié par François Hollande lors de son élection, l’empowerment prend de plus en plus d’ampleur, comme si Internet se présentait finalement comme un espace de reconquête du politique. La mobilisation en ligne que propose Macholand va non seulement à l’encontre de la diffusion des stéréotypes liés au genre, mais aussi contre l’Etat, le plus froid des monstres froids, comme le décrivait Nietzsche.
En dépit du consensus général sur l’abolition des stéréotypes genrés, Macholand a subi plusieurs contestations, qui ont commencé par un piratage du site quelques minutes après son lancement. Celles ci se poursuivent par un emballement de la twittosphère pour finir par quelques articles, dont celui d’Eugénie Bastié, journaliste de Causeur, qui a évoqué des parallèles nauséabonds entre Macholand et la délation durant les années 1940, tout en soutenant qu’au lieu de combattre les stéréotypes, il faudrait plutôt reconquérir ce qu’elle appelle « les territoires perdus de la république » face à l’invasion musulmane.
Enfin, comme d’habitude, il reste aussi ceux qui clament « préférer l’humanisme au féminisme » sans trop avoir compris de quoi le féminisme était le nom.
Thanh-Nhan Ly Cam
@Thanhlcm
Sources :
macholand.fr
marianne.net
metronews.fr
lefigaro.fr
L’intégralité de l’enquête Mediaprism disponible en ligne

HBO
Société

L’illusion de l’indépendance médiatique

 
La chaîne HBO est une chaine américaine câblée payante proposant des émissions qui se veulent critiques, ainsi que des films, séries, talk show…(similaire à Canal+).
Si elle se targue de proposer une certaine indépendance. Il existe des nuances qui nous amènent finalement à nous poser la question de l’illusion de l’indépendance médiatique ou de la neutralité des médias.
Le succès d’HBO
HBO communique sur son absence de publicité, elle est financée via des abonnements. Elle prône la qualité de programme à la différence des networks et critique sans complexe les autres chaines qu’elle considère comme non libres de leurs choix et qui fabriquent une télévision de masse plutôt qu’une télévision de qualité. En utilisant le slogan « it’s not TV. It’s HBO » elle accentue, entretient sa distinction et encense ses séries en oeuvres d’art. Elle légitime les séries télévisuelles comme un domaine culturel noble qui permet à son public de se distinguer du reste des téléspectateurs en affirmant sa position économique et sociale ainsi que la valeur culturelle et intellectuelle de ses programmes. En regardant cette chaine, le public se cultive et n’est plus sujet à la consommation de masse des autres chaines. HBO crée une frontière entre les téléspectateurs : grâce à la chaine ils seront au dessus de la « populace » qui ne fait que consommer la télévision. HBO se distingue de ses concurrents en narrant le fait que les téléspectateurs ne sont plus des « temps de cerveaux disponibles pour les annonceurs ». En créant cette frontière entre les différents médias et les téléspectateurs elle renforce les abonnés à croire en sa différence et en sa qualité.
Le storytelling d’HBO réside dans un concept simple: la politique culturelle de l’entreprise est une façon d’instaurer l’image de marque, de crédibiliser les programmes, et surtout de masquer aux consommateurs qu’elle est une industrie florissante en coulisse. Le merchandising permet de faire croire aux téléspectateurs à un niveau supérieur de l’appréciation du programme.
HBO justifie son prix par la qualité de ses séries : la particularité des réalisations de la chaine réside dans le choix des sujets abordés. La ligne éditoriale de la chaine est de montrer le jamais vu à la télévision. Les séries sont donc très réalistes dans le déroulement de l’histoire, comme dans la psychologie des personnages. HBO a décidé d’inviter en guest star dans les épisodes de leurs séries, rendant ainsi l’épisode exceptionnel et permettant un large buzz. Ce qui garantit une grande audience et permet aux acteurs de promouvoir leurs films. Ce schéma repose sur le modèle « boutique télévision » qui propose des programmes faits pour un certain type de public uniquement, et pas pour une cible familiale à la différence des chaines gratuites.
La chaine a lancé de nombreuses campagnes publicitaires sur les chaines gratuites qui sont sur le ton de la disruption : osées, drôles, impertinentes, provocatrices, personnalisées en fonction du sujet de la série afin d’obtenir un maximum d’abonnés.
Les stratégies de communication agressives de la chaine ont permis d’ancrer l’image de marque dans la culture populaire des Américains, ce qui a permis l’installation de sa réputation et de son succès. Pour satisfaire les abonnés de la chaine, elle a misé sur la création de plusieurs avantages pour les clients : cartes géographiques, interviews, bonus, service de replay…
L’illusion de l’indépendance
Cependant malgré l’image de marque que souhaite donner la chaine, beaucoup de séries contiennent du placement de produits. Situation paradoxale puisque ce sont ces mêmes séries qui font une critique de la consommation, du capitalisme et de l’indépendance. Cette indépendance relative permet l’émergence d’émissions critiques sur la chaine comme le talk show Last Week Tonight avec le célèbre humoriste John Olivier.

 

En effet ce talk show nous donne à voir une réalité peu abordée par les médias américains, notamment le sujet sur la neutralité d’Internet. A ce sujet la FCC (Federal Communications Commission) souhaite instaurer un Internet à deux vitesses: une vitesse de connexion optimale pour ceux pouvant la payer et une vitesse de connexion plancher pour les autres.
John Olivier a remporté le pari de sensibiliser les téléspectateurs à un problème de société et a réussi à déclencher 45 000 commentaires, faisant exploser les serveurs de la FCC.
Il s’avère que la chaine HBO avait déjà eu une querelle judiciaire avec la FCC, ce qui expliquerait peut être le choix de son sujet. En effet, lors de sa vidéo de présentation, John Olivier mettait en avant son concurrent Netflix. Si HBO avait à ce moment-là des problèmes de connexion, le choix du sujet relèverait plutôt d’une d’une stratégie de lobbying, de communication afin de faire valoir ses revendications, ce qui peut changer la donne.
Nous pouvons donc nous interroger sur l’indépendance médiatique : n’est-elle pas qu’une illusion ?
Alexandra Montaron
@AlexandramontarSources
Lemonde.fr
Arretsurimage.net
Libération.fr
Thedailybeast.com
Npr.org
Archinfo24.hypotheses.org
Tuxboard.com
Dailymotion.com

Société

Internet sous péage : entre voies express et chemins de terre

 
La « neutralité du Net »… on en a déjà entendu parler, c’est le genre d’actualité à laquelle on ne prête pas vraiment attention, un peu comme le conflit israélo-palestinien et toutes ces autres choses qui paraissent beaucoup trop compliquées pour que l’on daigne ouvrir nos écoutilles. Et pourtant, ce n’est pas faute de couverture médiatique, de nombreux travaux journalistiques tentent d’expliciter cette affaire et de sensibiliser le public à cette cause, sans grand succès.
Alors la neutralité du Net, qu’est-ce que c’est ? C’est l’un des principes de base de l’Internet : un Internet neutre où toutes les informations circulent à vitesse égale à travers les « bandes passantes », ces immenses tuyaux qui font circuler l’information en ligne. Ainsi, que l’on soit un membre des « GAFA » ; acronyme désignant à l’origine Google Apple Facebook et Amazon, mais qui est de plus en plus utilisé comme un synonyme pour désigner tous les géants du Net à mesure qu’ils se multiplient, comme Twitter et Youtube par exemple ; ou une petite entreprise, ou une association, ou encore un particulier, nous empruntons tous la même autoroute de l’information. Seulement, il y a de plus en plus de poids-lourds sur la route, Youtube par exemple occupe 13% des bandes passantes pour ses contenus vidéos volumineux et très fortement consultés. Cela entraîne un surcoût pour l’entretien et le développement des bandes, et c’est ainsi qu’aux Etats-Unis, l’organisme en charge des télécommunications, la Federal Communications Commission (FCC), entreprend de réformer l’accès à aux bandes, notamment par la création d’offres différenciées.
Certes, aujourd’hui le débat est centralisé dans le pays de l’oncle Sam, c’est à cause de l’arrivée de Netflix et de son accaparement de 32% des bandes passantes, selon le cabinet Sandvine, mais puisqu’Internet est partout, sa neutralité nous concerne tous. En 2012 par exemple, les spécialistes du numérique s’interrogeaient déjà sur le sujet sur le site Owni.
AVOIR FACEBOOK SANS AVOIR INTERNET
La fin de la neutralité du Net ce serait donc des offres différenciées, un système de péage, amenant à un Internet à deux vitesses, entre ceux qui pourront payer plus cher un débit de connexion plus rapide et un accès illimité, et les autres.

Concrètement, cela instaurerait un filtre dans lequel seuls les grands groupes marchands, comme les GAFA, pourraient entrer. Les petites boutiques en ligne et les sites à but non-lucratif (associations, forums, blogs) n’auraient pas les moyens de s’offrir la voie rapide sur Internet et seraient relégués sur les petites routes départementales. L’accès à Internet ne leur serait pas refusé mais leurs sites seraient si longs à charger qu’à terme ils finiront par perdre en visibilité et par disparaître. En effet, les internautes ont perdu l’habitude d’attendre que la page charge et ne tardent pas à aller voir ailleurs. De nos jours, Internet et rapidité vont de pair, alors ralentir quelque-chose revient pratiquement à le faire disparaître. Quant à nous, internautes, nous aurons à choisir entre plusieurs forfaits Internet. Comme le vendeur en informatique nous demande ce que nous recherchons comme type d’ordinateur, le fournisseur d’accès nous demanderait quel usage on souhaite faire de l’Internet : les mails, Facebook, Wikipédia, les sites d’information, Youtube… Vous pourriez avoir Facebook sans avoir Internet, ou envoyer des mails qui, pris dans les embouteillages, mettront plusieurs heures voire jours avant d’atteindre leurs destinataires.
LOADING… PLEASE WAIT

Les bandes passantes sont saturées, elles demandent plus d’entretien, la FCC a besoin de lever de nouveaux fonds, sa réforme tient, en tous cas sur le papier. Dans les faits, elle se heurte à plusieurs réalités.
– A terme, cet Internet à deux vitesses se transformerait en une immense galerie marchande, où tous les sites se devraient d’être ou commerciaux, ou bardés de publicité, pour rentabiliser le péage versé aux « FAI » pour fournisseurs d’accès à Internet.
– Il n’y aurait plus d’Internet du savoir, d’Internet des connaissances, d’Internet citoyen et participatif. Cet Internet-ci serait tellement lent que les internautes finiraient par ne plus s’en servir.
Et pour une fois, citoyens et grandes entreprises se rangent du même côté : comme Google qui a récemment pris position pour la défense de la neutralité du Net, la plupart des entreprises de la Silicon Valley ont un système économique qui est fondé sur les contenus postés par les utilisateurs. Ce sont les « UGC » pour User Generated Content, dont ces entreprises se font les curateurs, les éditeurs, les hébergeurs et les distributeurs. Comme Youtube qui attend qu’un internaute poste une vidéo et nous oblige à visionner des publicités avant de pouvoir y accéder, toutes ces entreprises ont besoin de la créativité des internautes pour la monétiser et être rentables. Sans la masse d’internautes elles ne seraient rien. Ainsi, sans la neutralité du Net elles ne seraient rien non plus.
Et c’est ainsi que le 10 septembre 2014, le mouvement Internet Slowdown a été lancé : aux Etats-Unis, des milliers de sites se sont mis à fonctionner au ralenti le temps d’une journée, afin de montrer à leurs utilisateurs à quoi ressemblerait l’Internet de demain et les sensibiliser à la cause. Parmi eux : Tumblr, Netflix, Digg, Mozilla, YouPorn, Etsy, Kickstarter, Vimeo… Google a également récemment pris position pour défendre l’Internet innovant et citoyen qui est permis par la neutralité du net.
En définitive, imposer un accès différencié, autant dire discriminé, au Net, irait à l’encontre des principes fondamentaux de l’Internet et des libertés. Internet construit comme outil de démocratisation de la culture, permettant au savoir et à la connaissance de circuler à travers les distances géographiques mais surtout par-delà les frontières sociales, serait bafoué. Et l’opinion publique qui se forme en ligne, serait complètement modulée par les acteurs dominants du réseau, soit, pour poursuivre le raisonnement précédent, de grands groupes commerciaux. C’est pour toutes ces raisons que depuis le 12 mars 2012 le Conseil National du Numérique – CNNum – invite le gouvernement français à reconnaître le principe de neutralité du Net comme « principe fondamental nécessaire à l’exercice de la liberté de communication et de la liberté d’expression ».
Internet est un réseau de communications où freiner revient, ni plus, ni moins, à censurer.
Marie Mougin
@Mellemgn
 
Sources:
HBO – Last Week Tonight with John Oliver: Net Neutrality
France 4 – Internet va t-il coûter plus cher ?
France Culture Plus – La neutralité du net, cheval de Troie de la Silicon Valley ?
Le Monde blogs – Netflix et YouTube seront-ils épargnés par la remise en cause de la neutralité du Net ?
Le Monde blogs – Neutralité du Net : Google sort enfin de son silence
Libération – L’Internet pour les riches, des JPG pour les pauvres
Les Echos – La neutralité du Net sur la sellette
Slate – Pourquoi ça rame quand je veux regarder une vidéo YouTube avec Free
RTBF – Internet Slowdown Day
La Quadrature du Net – Les failles fatales de la neutralité du Net selon le CNNum
La Quadrature du Net – Net Neutrality
Owni – La guerre des tuyaux
Owni – La neutralité cachée d’Internet
CNNum – Avis sur la neutralité du net
Sénat – Union européenne et monde numérique
Crédits Gifs:
Conférence Cross Campus (Santa Monica)
Battleforthenet.com

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