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Société

François, le pape 2.0.

 
Sur le podium des personnalités les plus recherchées sur Google dans le monde entier, on tombe sans grande surprise sur le boys band britannique One Direction, ainsi que Justin Bieber, dont la réputation n’est plus à faire… Rien de bien étonnant, somme toute : il nous est facile de le comprendre face à l’engouement ou au doute que sont capables de susciter ces jeunes pop stars faisant chavirer le cœur des adolescentes mais aussi couler l’encre de nombreux détracteurs.
Cependant, juste après ces jeunes célébrités à mèche, devançant même le si charismatique président Barack Obama, sur la troisième marche du podium, on trouve… Le pape François !

C’est en effet le Saint-Père qui arrive en tête des mentions sur Internet, et obtient ainsi le titre de personnalité politique la plus « googlée » – en tous cas ce mois-ci – selon une étude commandée par Aleteia, un site d’information catholique. Mais la question qui se pose est : est-ce réellement une surprise ?
Dans un premier temps, ne nous mentons pas : oui. Indéniablement. Cela faisait longtemps qu’un souverain pontife n’avait pas été la source d’autant d’intérêt de la part des internautes, qu’ils soient fidèles ou non. Peut-être, et même sûrement, à cause de l’image un peu « vieillotte » et traditionnelle que renvoie le Vatican en général ; et même si les jeunes catholiques sont nombreux et actifs (comme cela peut se voir lors des Journées Mondiales de la Jeunesse), il n’en demeure pas moins que les hashtags #vatican ou #pape n’avaient jamais été très hype.
Et voilà que depuis l’élection du nouveau représentant mondial de la religion catholique, le Vatican change de visage, au sens propre comme au sens figuré. Jamais un pape n’avait été aussi populaire et aussi inscrit dans son temps. Depuis son investiture en effet, on entend beaucoup parler du pape François, de ses mesures, de ses réflexions, de ses objectifs pour la religion catholique, du changement et du nouveau tournant qu’il incarne, mais aussi de son image positive qui contribue à augmenter son potentiel médiatique.
« Le changement, c’est maintenant ». Oui, c’est bien ce que semble aussi dire ce François-là, de manière plus ou moins explicite. Et quel changement : tandis que Benoît XVI prônait le « silence » et le recueillement pour une communication réussie, saluant de manière méfiante les nouvelles technologies et les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter, le nouveau pape accueille avec bienveillance ces alliés qui participent grandement à sa popularité actuelle.
C’est donc allègrement que le Saint-Père surfe sur sa popularité nouvelle et sur le fait qu’il semble incarner une bouffée d’air frais au sein de la religion catholique, qui semble soudain frappée d’un réel renouveau. Ainsi, on assiste à une véritable série de clichés étonnants mais touchants du pape François : dans le métro, dans les favelas, faisant un selfie avec quelques-uns de ses jeunes fidèles… Cette nouvelle figure du catholicisme va même jusqu’à inspirer de nombreux « memes » sympathiques et positifs à son égard sur la Toile, tandis que son prédécesseur ne récoltait que des comparaisons physiques – qui, force est de le constater, étaient relativement pertinentes – avec Dark Sidious de Star Wars.
Cette omniprésence du pape dans les médias est telle qu’il a été récemment élu « personnalité de l’année » par le Time Magazine. Mais, plus surprenant encore, il fait la Une du magazine culturel américain Rolling Stone : la rédaction justifie ce choix en disant que le Pape François incarne un changement, et représente particulièrement bien un côté plus « humain » de la religion catholique, en plus d’être un homme humble et prêt à parler de questions d’actualité portant à débat et relatives aux droits de l’homme.
Alors, ce nouveau chef de file de la religion catholique est-il celui que les gens attendent pour révolutionner le Vatican ? Cette popularité exponentielle et cette soudaine sympathie du pape vont-elles durer et survivre face à des critiques qui restent présentes malgré tout ? Grâce à lui, va-t-il y avoir tant de changements que cela au sein de la politique de la papauté? « The times they are a-changin’ » chantait Bob Dylan, comme nous le rappelle si bien la couverture du Rolling Stone. Mais ne disait-il pas également que « The answer is blowin’ in the wind » ? Le temps nous le dira. Affaire à suivre, donc.
 
Camille Gross
Sources:
Le figaro
France tv info
9gag

The New york Times
Société

L’information en italique

 
Nous ne lisons pas de la même manière sur le papier que sur l’écran, c’est pourquoi le développement des sites d’information en ligne, au détriment du journal, soulève de nouvelles réflexions quant à la mise en page du discours proposé. Une typographie ou une couleur influent sur notre interprétation finale d’un texte, et ces structures que nous ne voyons pas sont autant de voiles qui façonnent le discours et l’orientent.

La semaine dernière, le quotidien « The New York Times » modifiait certains éléments, discrets mais significatifs, de son site internet, ouvrant la voie à un questionnement sur ces structures invisibles qui conditionnent notre lecture à notre insu. Jusqu’ici était utilisée la police Georgia, en gras, qui ressortait avec d’autant plus de force qu’elle avait été créée pour l’écran. Désormais, il s’agit de Cheltenham, une police d’imprimerie, en rappel à l’édition papier — mais en italique. Plusieurs études ont été consacrées à l’utilisation de l’italique, qui serait à manipuler avec précaution : sa densité et son mouvement seraient apparemment plus difficiles à saisir, mais forceraient aussi le lecteur à une concentration supérieure, qui lui permettrait de mieux retenir les données en italique. Ian Adelman, le directeur de digital design du site explique ce changement par le désir d’insuffler au lecteur un sentiment d’urgence dans sa lecture, mais aussi de réaffirmer l’image du journal : moins désuet, mais toujours traditionnel.
 Ainsi, un élément aussi impalpable et fugace que la typographie d’un article porterait-il en lui le manifeste du journal tout entier, dans son rapport à l’information, au lecteur et au monde ?
Agnès Mascarou
Sources :
fastcodesign.com
slate.com
nytimes.com
Crédit photo :
nytimes.com
 
 
 

snapchat piston stage
Société

T’avais un piston ?! – J’avais Snapchat

 
« Tu vas faire ton stage chez DDB Oslo !! Trop de chance ! T’avais un piston ?!
– J’avais Snapchat. »
Les fans de selfies éphémères vont enfin pouvoir mettre leur incroyable concision au profit d’une cause durable : le stage (et l’épopée de sa recherche). Et vous, étudiants à la ramasse, vous allez enfin pouvoir ajouter un contact utile à vos 40 amis.
En effet, avec The Snapchat Pitch, l’agence DDB Oslo vient de vous lancer un défi créatif des plus audacieux. Le principe est simple : faire le pitch de votre idée du siècle (si tant est que vous l’ayez trouvée) en moins de 10 secondes sur Snapchat pour l’envoyer à DDB_Oslo et tenter de décrocher un stage dans l’agence de vos rêves (le pitch devant être une idée exploitable pour un client réel de DDB, forcément). Si votre créativité réussit à triompher de vos millions de concurrents virtuels, alors vous aurez l’honneur suprême de décrocher un entretien, avec en prime un billet d’avion à destination d’Oslo, tous frais payés par l’agence.
Dans le pire des cas, vous avez donc Snapchaté une énième fois (et vous vous êtes un peu creusé la cervelle). Au mieux, vous vous octroyez un week-end norvégien à moindre coût. Honnête.

Innovant, amusant, intéressant et… intelligent : la dimension de réalité se fond ici dans la virtualité pour un crowdsourcing dissimulé derrière le côté « funky » du concept. Avec un tel processus de recrutement, c’est autant d’idées nouvelles que de Snapchats envoyés, et ce à moindre effort et à moindre coût. The Snapchat Pitch, ou comment tirer parti au mieux des étudiants prêts à tout pour être employés ou décrocher LE stage au sein de l’agence. Mais après tout, ils le font tous. Eux ont le mérite d’être originaux.
 
Eugénie Mentré
Sources :
Iletaitunepub.fr

Société

De l’usage du stéréotype en communication

Lancée il y a quelques jours, la campagne d’affichage du mouvement de La Manif pour Tous a fait l’objet d’un amusant détournement sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter. Des internautes ont en effet parodié les nouveaux visuels de la campagne, habillés aux couleurs d’un message stéréotypé (« Pas touche à nos stéréotypes de genre »), pour le moins déconcertant. À tel point qu’il devient même difficile de distinguer les affiches officielles de celles qui ont été parodiées…
Retour sur un dispositif communicationnel au slogan volontairement provocateur.
Stéréotypes et communication : à utiliser à bon escient

Jouer sur les stéréotypes peut être un moyen efficace de communiquer, puisqu’il s’agit de jouer sur des cadres de référence communs pour garantir la transmission rapide d’un message. Les clichés utilisés comme leviers de communication permettent ainsi d’entrer en résonnance avec des représentations socialement partagées et culturellement ancrées. Mais fonder une campagne entière de communication sur les seuls stéréotypes, en les affirmant comme vérité établie et en l’absence de ton décalé, s’avère une démarche périlleuse. Et encore plus quand celle-ci prend part à un débat social houleux.
La Manif pour Tous justifie sa campagne d’affichage comme se voulant provocante avec pour objectif de susciter l’intérêt autour de la question du genre et des modèles familiaux. Il est clair que s’appuyer sur de tels stéréotypes est un moyen affiché de provoquer, mais jusqu’à quel point est-ce une stratégie efficace de provoquer pour diffuser son message et faire parler de soi ? Peut-on aujourd’hui « provoquer pour provoquer » ? Sans nul doute que la provocation gratuite peine à faire sens et se révèle vite creuse.
Il apparaît aussi que le ton de cette campagne manque de subtilité, comme en témoignent les amusantes parodies qui ont surgi sur Twitter (cf. Bannière) dès la révélation des affiches par la Manif pour Tous. Appliqués aux adultes, les « stéréotypes de genre » prennent un tout autre sens, se révélant profondément drôles et absurdes : la femme est montrée comme affairée aux tâches ménagères, en contraste avec une figure masculine assise voire avachie – ou encore, l’homme promenant sa femme en laisse, traduisant la domination masculine sur une prétendue faiblesse du sexe féminin. Ce jeu de détournement des visuels par les internautes souligne le caractère quasi absurde des affiches de LMPT, faisant apparaître leur potentiel parodique intrinsèque.

Nouveau slogan de #manifpourtous ! “Pas touche à nos stéréotypes de genre” J’apporte ma contribution à leur combat ! pic.twitter.com/mD8GpJZPbm
— Allan BARTE (@AllanBARTE) 14 Janvier 2014

Cette appropriation parodique par les internautes révèle un certain rejet du message véhiculé par la campagne de LMPT. En effet, on peut analyser ces tweets jouant sur la parodie et l’humour comme des manières d’affirmer une opinion de désaccord, à l’image de La Fontaine qui utilisait le procédé de la métonymie animalière pour se moquer et dénoncer certains comportements de la Cour sous Louis XIV.
 
Le stéréotype : une fonction rassurante mais désuète ?
Jusqu’où l’usage des stéréotypes est-il pertinent dans une campagne de communication ? Ceux-ci peuvent en effet apparaître comme des archaïsmes communicationnels s’ils ne sont pas traités avec un second degré, lequel leur permettrait de revêtir une dimension contemporaine et moderne. L’argument du stéréotype de genre apparaît comme désuet, dans la mesure où il évoque un certain repli communicationnel, qui va à l’encontre de la « société ouverte » dans laquelle nous vivons (1). K. Popper avait bien analysé cet aspect de notre monde contemporain globalisé, caractérisé par le changement ainsi qu’un mouvement continu d’ouverture communicationnelle. Dans un contexte de dispersion et de discontinuité, se poser comme défenseur des « stéréotypes de genre » traduirait alors une volonté de retour à des valeurs originelles.
La campagne de LMPT peut se comprendre à l’aune de la pensée de D. Bougnoux (2) : le mouvement de LMPT aurait l’impression d’une perte de repères du fait des caprices d’une économie-monde qui n’est plus encadrée par l’Etat protecteur. La Manif pour Tous pourrait s’analyser comme l’une de ces communautés « aux identités manifestes » qui ressent le besoin de réaffirmer des valeurs qui s’inscrivent dans un mythe des origines du genre homme/femme, face à la dévastation des valeurs traditionnelles et aux désordres individualistes causés par le marché capitaliste mondial. La revendication de « stéréotypes de genre » semble exprimer comme une peur du changement, de la confrontation culturelle, des différences (ici sexuallo-identitaires).
Si la campagne de La Manif pour Tous a été parodiée aussi rapidement, c’est sans nul doute parce qu’elle brandit des stéréotypes socialement catégorisants qui s’opposent aux valeurs d’ouverture que prône notre société globalisée et ouverte au changement. D’un point de vue communicationnel, ce qui avait pour but d’être une campagne encourageant une lutte claire et affirmée, s’est mué en une campagne en contradiction avec son époque.
S’il est d’abord question dans cette campagne de légitimité des identités sexuelles/sexuées, il est aussi question de légitimité des identités mêmes qui nous fondent en tant qu’êtres particuliers.
 
Alexandra Ducrot
(1) La société ouverte et ses ennemis, Karl Popper (1945) : il y défend l’idée d’une société qui ne se tient pas à des connaissances établies mais reste ouverte à la réactualisation des connaissances avec l’idée d’un possible changement de la réalité qui nous entoure. En effet se revendiquer de vérité unique ou immuable dénierait le caractère profondément pluraliste et multiculturel de toute société démocratique.
(2) Introduction aux sciences de l’information et de la communication, Daniel Bougnoux (1993)
 
Sources :
Il était une pub : « Affiches Manif pour Tous : A peine dévoilées déjà parodiées »
Yagg : « Stéréotypes et escargots géants : Les affiches de la «Manif pour tous» parodiées »
Crédits photos :
Bannière : Il était une pub
 

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randomness
Société

Vivez heureux, vivez hasardeux

 
Tout est prévu : le clic, la recherche, tout se trouve, ce que vous voulez vous l’avez, et si vous n’en avez pas les moyens, l’on peut toujours vous le prêter. Toutes les avancées technologiques se sont fixées l’objectif d’accroître le contrôle qu’ont les hommes sur leur vie – voiture, téléphone portable et Internet en sont quelques exemples. Marshall McLuhan nous l’a montré, les nouveaux médias ne sont que des extensions du corps humain. Alors, dans une époque où les moyens d’action de l’homme se sont sans cesse accrus, comment surprendre un homme qui contrôle tous ses choix de A à Z ?
Le « random », une forte chance de succès
Le « random » en anglais, à la base des jeux de hasard, ennemi de la science et des religions, il reste un objet fascinant pour l’homme ;  mais pourquoi le hasard ?
Le hasard vient fournir ce qu’aucune des inventions technologiques n’a pu produire, ce frisson de l’inconnu. Plusieurs moyens de communication ont intégré l’aléatoire dans leur fonctionnement. On peut citer entre autres des sites comme Bazookam, Chatroulette, ou encore Stumble Upon. Ces sites connaissent un véritable succès car ils proposent une aventure numérique. Stumble Upon vous fait voyager d’une page internet à une autre selon vos goûts de manière aléatoire.  Ce site a été racheté par eBay pour 75 millions d’euros, il compte en 2013 30 millions d’inscrits. Enfin, la fonction aléatoire d’Apple pour la musique est la fonction la plus utilisée. Elle permet de vous surprendre même si vous connaissez tous les morceaux de votre iPod. L’aléatoire a réussi à fournir ce que nombre d’inventions ne peuvent fournir : de la surprise.

Reddit, propose sur sa page d’accueil des sujets aléatoires, où des débats entre personnes quasi anonymes ont lieu. La force de ce site réside dans la possibilité de sortir de son paradigme quotidien. L’anonymat et l’aléatoire permettant une liberté d’expression, une liberté de surprise quasi infinie. Car le « random », par son caractère fugace, permet une plus grande spontanéité, une plus grande liberté d’expression. Il ne s’agit plus de défendre son opinion diplomatiquement avec un ami, un membre de votre famille, mais plutôt de dire tout ce que vous pensez, sans concession, à un parfait étranger.
L’aléatoire ne doit plus être considéré uniquement comme le « bruit » par les sciences de l’information et de la communication. Il porte un véritable sens, vouloir l’aléatoire c’est vouloir quelque chose. Le hasard a un sens. Réduire l’aléatoire à l’inefficacité, à l’inutile ou au contingent est une erreur. Le « random », c’est l’errance, l’inconnu, l’aventure certes, mais qui mène à la découverte du trésor caché. Intégrer l’aléatoire à la communication, c’est intégrer le bonheur du jeu et de la surprise. De plus, le hasard a toujours été source de fascination pour l’homme – les religions et les sciences n’ont eu de cesse de vouloir l’expliquer. Le consommateur essaiera de faire de même. Ainsi, la musique aléatoire de son iPod viendra expliquer l’humeur de celui qui écoute le morceau. Faire vivre l’aléatoire à un public de consommateurs c’est faire vivre une expérience produit introspective. Celle de l’inédit continuel, et de la découverte de l’autre et de soi. Apple a parfaitement réussi cela avec l’iPod.
Pour une réhabilitation du « random » contre l’hyper ciblage du consommateur
Le « random » a déjà acquis sa place dans l’art. L’art génératif est par exemple un art numérique qui se base sur des algorithmes pour concevoir des œuvres d’art qui se génèrent elles-mêmes. André Breton avait initié le mouvement du dessin automatique, qui avait pour but de révéler le subconscient. Il s’agissait de laisser sa main guider le dessin. Il publia en 1933 Le message automatique, livre qui venait expliquer son approche artistique. Aujourd’hui la démarche est la même, hormis qu’elle passe par l’intermédiaire de l’ordinateur. L’objectif est le même : expliquer l’homme et son subconscient à travers le hasard. On peut observer ci-dessus (cf. Bannière) 3 créations aléatoires dans le « Brute Force Method » d’Andreas Nicolas Fischer.
A quoi bon toujours plus cibler, à quoi bon conforter les utilisateurs dans une routine intellectuelle ? Les vidéos YouTube proposées à droite de la fenêtre de navigation ne sont que des suggestions affinées par des centaines de recherche. Le charme, la surprise, voilà ce que peut proposer le « random » face à la routine de l’hyper choix sur internet.
De l’aléatoire naît la surprise et de la surprise la curiosité, meilleur levier de la connaissance. Après tout, le bonheur d’une bibliothèque réside surtout dans l’errance et la découverte de l’inconnu, et c’est ainsi que l’on progresse, lorsque l’on sort de son paradigme quotidien. Wikipédia a compris le potentiel du « random » en intégrant une fonction « aléatoire » qui nous transporte d’une page Wikipédia à une autre. L’aléatoire a un rôle à jouer dans les processus d’apprentissage.
Enfin, comment envisager la vente sur internet sans utiliser l’aléatoire, pourquoi essayer de vendre ce que le consommateur connaît déjà ? Ce qu’il tape dans la barre de recherche sur Amazon ou eBay, les articles similaires qui lui sont proposés, tout lui est connu d’avance. Il sait déjà s’il en a besoin, s’il veut l’acheter. Alors que proposer, des articles dont il ignore l’existence, est le meilleur moyen de créer le désir et donc la vente.
Dans une ère de l’hyper choix, il est bon de délester l’individu d’une routine quotidienne dont il est lui même l’acteur. Libre à nous de refaire d’Internet une mer sur la laquelle surfer et non une autoroute balisée.
 
Arnaud Faure
Sources :
The Guardian
The Time Science & Space
Distilled
Crédits photos :
3 tableaux d’Andreas Nicolas Fischer Brute Force Method
Distilled

Société

Rooftopping, serez-vous à la hauteur ?

 
Se promener dans les villes d’Amérique du Nord le nez en l’air, c’est dépassé ! Désormais, on les admire les pieds dans le vide, au bord du gouffre, cheveux au vent. Tel est le leitmotiv du rooftopping. A l’origine, il s’agit d’un mouvement artistique urbain dont Tom Ryaboi est le précurseur. Ce photographe canadien s’est fait connaître grâce à ses photographies vertigineuses prises depuis le sommet de gratte-ciels.

Grâce à internet, il n’a pas fallu longtemps à ce phénomène pour s’exporter de l’autre côté de l’Atlantique. De cette façon, le rooftopping devient une dynamique urbaine portée  principalement par les jeunes. Cette diffusion le fait passer du statut de pratique d’avant-garde à celui de tendance. Si la jeunesse canadienne et américaine possède le terrain de jeu idéal pour « rooftopper », ce sont les jeunes russes qui passent maître de cet art. Deux d’entre eux Vitaly Raskalov et Alexander Remnev ont été remarqués pour leur goût du risque sans pareil. Et pour cause, toute mesure de sécurité leur semble superflue. Sans câble, ni gants, se tenant d’une seule main, ils narguent l’objectif le corps suspendu dans le vide. Leur escalade ne se limite pas aux gratte-ciels, ils grimpent au sommet de grues ou de ponts. Ils prennent une photographie et la partagent sur les réseaux sociaux. Rappelant les Yamakasis, ce gang de jeunes hommes agiles qui escaladent les buildings dans le film d’ Ariel Zeitoun sorti en 2001, ces Russes sont sans cesse à la recherche de montées d’adrénaline plus extrêmes.

Quelles sont les motivations du rooftopping ? L’engouement développé par la jeunesse pour ce mouvement montre qu’il répond à leurs aspirations ; à la fois leur désir de dépasser leurs limites et leur besoin de reconnaissance. La preuve immatérielle de l’exploit accompli, la photographie joue un rôle primordial car elle engendre une rétribution symbolique sous forme de nombre de vues, de « likes » ou de « tweets ». Une mise en scène de soi est évidemment en jeu. Il s’agit de montrer son audace, sa témérité voire son inconscience face au danger.
Mais, plus généralement, le rooftopping s’inscrit dans une logique d’individualisation et de personnalisation. Il permet à l’individu de se réapproprier l’espace urbain. Il traduit le désir de s’extraire de la masse qui grouille au sol, de retrouver une individualité, presque une âme en se rapprochant de son lieu de prédilection, le ciel. D’être reconnu en tant qu’individu singulier.
Le rooftopping a pris une ampleur. Il s’est diffusé au sein de la société, entraînant sa mutation. Il devient une simple expérience : celle d’investir les toits, d’avoir une vue imprenable sur la ville, de la dominer. Ainsi, il n’est plus réservé à un cercle restreint d’aventuriers, mais peut être pratiqué par chacun. En allant, par exemple, au Perchoir. Situé à vingt-trois mètres d’altitude, ce restaurant gastronomique ouvert cet été est le premier rooftop parisien.

Progressivement, cette tendance passe dans le « mass market » puisque les marques l’intègrent à leur stratégie de marketing  Nissan, par exemple, crée l’événement, du 16 au 21 janvier 2014, en invitant le grand public à découvrir le nouveau Nissan Qashqai autour d’une exposition au bord du vide. Pour l’occasion, Nissan investit la terrasse du Publicis Drugstore des Champs-Elysées, avec vue plongeante sur l’Arc de Triomphe. Les nouvelles technologies permettent de vivre pleinement cette expérience hors du commun en diffusant des images ultra haute définition de rooftopping sur un écran de près de 13 m² au sol.
Parallèlement, Lacoste lance sa nouvelle campagne publicitaire : « Life is a beautiful sport ». Le visuel est celui d’une ville américaine vue de haut avec un homme marchant sur le toit d’un immeuble. Cet homme assuré et audacieux au bord du précipice incarne les valeurs de la marque. En effet, celle-ci déclare dans son communiqué de presse que “ces visuels urbains et minimalistes sont la simple métaphore de ‘l’esprit Lacoste’ qui reste sport et décontracté face aux défis”.

Le rooftopping est donc vendeur. Il suscite l’enthousiasme des foules. Plus qu’un point de vue ou qu’un état d’esprit, il se définit finalement comme une expérience. Et vous, irez-vous rooftopper ?
 
Miléna Sintic
Crédits photos
Tom Ryaboi
Vitaly Raskalov
Aude Boissaye/studio Cui Cui
Jacob Sutton/BECT

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Cristina
Société

Il était une fois une princesse, qui fit tomber la couronne

 
Ce sont des temps difficiles qu’est en train de vivre la couronne espagnole : l’Infante Cristina, fille cadette du roi Juan Carlos, duchesse de Palma de Majorque, septième dans l’ordre de succession au trône d’Espagne, est invitée à comparaître le 8 mars prochain devant la justice de son pays, soupçonnée, entre autres, d’avoir blanchi de l’argent. Qu’une princesse soit ainsi suspectée de malversations financière, c’est bien une première dans l’Histoire de la Péninsule, qui pourrait bien coûter son titre à son père, dont la couronne est déjà vacillante et souffrant d’un gros déficit de popularité.
L’ancienne star du handball espagnol, Iñaki Urdangarin, co-fondateur d’une société patrimoniale spécialisée dans l’organisation de congrès sur le sponsoring sportif, et accessoirement époux de l’Infante, est en prise avec la justice espagnole depuis près de trois ans. Il est accusé d’avoir réussi à réunir près de six millions d’euros grâce à l’institut Noos, détenu en moitié par sa royale épouse. En novembre dernier, le juge Majorque en charge de l’affaire avait saisi le « petit palais » des époux princiers, une sobre maison de 2 000m2 située dans le très chic quartier de Pedralbas à Barcelone. Après neuf mois d’une enquête minutieuse, l’Infante va devoir justifier  sa position et son implication dans les affaires illégales de son mari. Le juge la soupçonne d’avoir blanchi et géré l’argent obtenu illégalement par ce cher Iñaki et il est certain d’avoir entre les mains les preuves nécessaires pour mettre la duchesse dans ses geôles.
Les médias espagnols sont eux aussi convaincus de l’implication de l’héritière, désignant l’amour comme motif de cette trahison. Quant aux Espagnols, ils attendent avec impatience que le couple royal s’explique, et notamment sur le train de vie des époux, rendu public par l’enquête, que l’on pourrait qualifier de scandaleux en ces temps de crise économique. Amoureuse ou non, l’implication de la princesse héritière dans de louches transactions financières et la façon dont elle semble en profiter si allègrement porte quoiqu’il en soit préjudice à l’image de la famille royale et devrait mobiliser une armée de communicants. Mais celle-ci est déjà bien entachée par ailleurs et la communication du palais semble ne se limiter qu’à de rares coups de com sans logique d’ensemble.

En effet, cette nouvelle, parue le 7 janvier dernier dans la presse, tombe comme un couperet sur la tête du roi, et prolonge « l’annus horribilis » de Juan Carlos, déjà en disgrâce auprès de son peuple et roi maudit depuis de longs mois : le sceptre avait failli lui glisser des mains lorsqu’il s’était rendu en avril dernier au Botswana pour aller chasser l’éléphant, safari au cours duquel il s’était fracturé la hanche. Si des excuses publiques, encore une première dans l’histoire de la royauté, avaient un peu réussi à redorer son image, la balle que son petit-fils de 13 ans s’était tirée dans le pied avait douloureusement rebondit médiatiquement dans le sien et trainé derrière lui comme un boulet. Par ailleurs, l’auto-proclamation d’enfants naturels et ses frasques amoureuses possibles qui avaient fait couler beaucoup d’encre à la parution d’une biographie de son épouse, la reine Sofia, ont concouru à entacher, peut-être définitivement, sa crédibilité auprès de ses sujets.
Aussi, le roi qui ne peut plus marcher sans béquille, s’était appuyé sur une communication politique en apparence solide mais qui n’est pas parvenu à endiguer sa chute dans les sondages, peut-être à cause de son caractère trop épisodique: seuls 50,1% des Espagnols ont une bonne image de leurs suzerain contre 76,4% il y a moins d’un an. Ce n’est pas en multipliant ses déplacements dans le pays et à l’étranger ou par à la création d’un site internet en 2012 ou encore d’une nouvelle émission hebdomadaire rendant compte chaque semaine des activités des Bourbons, que sa Majesté a réussi à établir un nouveau contact avec son peuple, et notamment avec les plus jeunes : 57,8% des moins de trente ans estiment qu’un meilleur système politique pourrait être mis en place. C’est dire si les quelques actions de com du palais ont payé.
Mais avant qu’un nouveau régime soit inauguré, c’est le peuple qu’il conviendrait de fédérer à nouveau et c’est la tête du roi que 45% des Espagnols demandent pour mettre sur le trône son fils Felipe. Une étude parue en début d’année dans le quotidien El Mundo révèle que près de 60% des Espagnols estiment qu’il est temps pour le roi de se retirer.
Ainsi, après 37 ans de règne et de services rendus à la nation, c’est bien l’abdication qui menace le souverain aujourd’hui. Malgré son rôle décisif dans la transition démocratique après Franco, les Espagnols ne soutiennent plus un roi aujourd’hui vieillissant et malade, l’invitant à prendre exemple sur la reine Beatrix des Pays-Bas qui a laissé sa couronne le 30 avril dernier à son fils, ou sur Albert II, roi de Belgique, qui le 21 juillet a pris sa retraite, ou bien sûr, sur le Pape Benoît XVI.
De là, on peut se demander si l’opinion publique n’est pas la nouvelle autorité divine des puissants. On pourrait tirer de ces abdications en série l’enseignement suivant : alors que leurs illustres prédécesseurs jouissaient d’un droit divin séculaire, les monarques de notre ère doivent désormais répondre de leurs actes devant la sphère publique et tirent aujourd’hui leur légitimité de leur cote de de popularité et de l’amour de la foule. La communication politique, nouvelle épée dont doivent s’armer les rois modernes ? Quoi qu’il en soit, celle de Juan Carlos semble coincée dans son fourreau, au moment même où il devrait déjà être en croisade !
 
Inès Garmon
Sources
LeMonde
HuffingtonPost
CourrierInternational
Crédits photos
Esmatouristic
GHI

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Google nest
Société

L’objet Google

 
Depuis le début des années 2000, Google n’a cessé d’acheter des entreprises dans le but d’améliorer ou de développer ses services. Ces nombreuses acquisitions ont permis au géant américain d’être présent dans de nombreux domaines en rapport avec internet et son application web au sens large. Google est à présent un acteur majeur du monde numérique. Néanmoins, depuis quelques temps, l’esprit de Google est au réel. Le moteur de recherche veut désormais élargir son niveau de compétence en dehors du logiciel et produire de l’objet. En cela, l’achat de Nest Labs mi-janvier, troisième plus gros investissement jamais fait par Google, n’est pas anodin.
Pour le comprendre, il faut se pencher sur ce qu’est Nest Labs et saisir en quoi cette entreprise symbolise les volontés nouvelles de son acquéreur.
Nest Labs est une jeune entreprise fondée en 2010 spécialisée dans la domotique ou “maison intelligente”. Créée par deux anciens employés d’Apple, Tony Fadell et Matt Rogers, la société californienne fabrique des thermostats et détecteurs de fumée connectés qui apprennent des habitudes de leurs utilisateurs. Mais pourquoi payer 3,2 milliards de dollars pour, si l’on empreinte la formule à un lecteur du Monde, “un thermostat et une puce wifi”?
Trois raisons à cela :
1- Nest Labs est une société en expansion, dont les produits sont achetés en grande quantité dans le marché nord-américain (plus d’un million de thermostats déjà vendus selon Tony Fadell). La force de Google rendrait possible une croissance nationale et internationale facilitée ce qui permettrait à son investissement d’être tout à fait rentable à moyen terme.
2- L’équipe de Nest Labs est composée de nombreux ex-employés d’Apple. Google a acheté des compétences. Sa volonté à devenir global passe obligatoirement par la capacité à créer des objets sans avoir besoin de lier des partenariats. C’est encore le défaut de Google actuellement : la firme a du mal à produire des objets attrayants, aussi intéressante qu’en soit la technologie. Les Google Glass en sont un exemple parlant. Google a besoin de penser design, et ses dirigeants en sont conscients.
3- C’est le point le plus important : on comprend très bien l’intérêt de Google à entrer sur le marché de la domotique et à plus grande échelle dans celui des objets connectés (même si c’est déjà en partie le cas avec les Google Glass). L’objectif principal étant évidemment de ne pas rater la prochaine vague technologique, voire de devancer ses concurrents directs. On pensera par exemple à Apple qui, avec l’IPhone et IOS, avait forcé Google à jouer les rattrapages et à proposer Androïd gratuitement. Ici, Google veut se placer en premier sur le marché. Le but étant, on le devine, de fournir un système complet, de relier tous ses anciens services et terminaux aux nouveaux afin de maximiser l’écosystème Google auprès de l’utilisateur.
Car c’est là tout l’enjeu de ce nouveau marché pour les entreprises de services web. Si l’utopie des objets connectés parlant directement entre eux a peu à peu été abandonnée, la capacité des objets parlants entre eux par l’intermédiaire d’un opérateur web devient bien réelle. Et c’est là que Google pourrait tirer remarquablement son épingle du jeu. Dans l’hypothèse non pas d’un internet des objets mais d’un web des objets, Google a ainsi la possibilité de créer un système complet (voir fermé), regroupant par exemple équipements de domotique, wearable technology (objets connectés portables sur soi comme une montre ou une paire de lunettes), smartphones, tablettes et ordinateurs, tous utilisables à partir d’un compte Google et tous connectés entre eux. Cette possibilité explique le peu d’énergie déployée par Google et par les autres entreprises impliquées dans les objets connectés à essayer d’en réduire le nombre.
On comprend dès lors mieux le nouveau leitmotiv de l’entreprise californienne, “Computing everywhere”, mettre des ordinateurs partout.
Recueillir, proposer et classer les informations, fondements de l’activité du moteur de recherche, ne pourraient plus se penser dans l’avenir sans ce “web augmenté”. “Web augmenté” qui par ailleurs ouvrirait tout un nouveau champ de possibilités en termes d’interactions, d’usages, de marketing et de publicité. Google ne perdrait donc quand même pas de vue sa principale source de revenus, la publicité.

Thomas Luck
Sources :
Nouvelobs.com
Lemonde.fr
Wired.com
Crédit photo :
Gizmodo

Société

Non commandé ? Aussitôt livré !

 
L’entreprise a déposé un brevet en décembre pour un nouveau système d’organisation. Ce dernier tire pleinement parti de la collecte monstrueuse d’informations sur Internet et d’algorithmes pour pouvoir anticiper les envies de ses clients. En fonction des pages que vous visitez, des recherches que vous faites ou du panier que vous constituez, Amazon s’occupe déjà des colis alors que vous n’êtes pas « passé à la caisse ». Cela remet au centre des préoccupations des consommateurs la collecte de données sur internet, sujet qui génère beaucoup d’interrogations et d’inquiétude.
Le but ? Gagner du temps et vous dissuader toujours davantage d’aller en magasin. Les produits seront préemballés et acheminés vers une plateforme afin de parvenir au client le plus rapidement possible. Les colis expédiés alors que vous n’avez pas payé vous seront, visiblement, offerts. Jolie façon de fidéliser la clientèle, mais aussi un moyen de perdre de l’argent.
Info ou intox ? Amazon n’a pas souhaité commenter pour le moment. Après son annonce selon laquelle les commandes seront livrées par drones dans quelques années, l’entreprise fait encore parler d’elle. En effet, le PDG d’Amazon Jeff Bezos annonçait début décembre un nouveau système de livraison sous la forme de drones possible dans quelques années pour livrer en 30 minutes dans les zones urbaines grâce à des drones électriques et écologiques. De nombreux journaux et économistes se sont penchés sur la question, trouvant le projet irréalisable, les Etats-Unis comme la France interdisant l’utilisation de drones à des fins commerciales.
Les journalistes et consommateurs s’enflamment déjà à propos de ce nouveau projet, on parle d’achat forcé et de flicage sur internet. Difficile à dire, il faudra attendre l’explication d’Amazon.
Quoi qu’il en soit, cette stratégie semble présenter beaucoup de risques en terme de coûts et en terme d’image (déjà relativement mise à mal par divers reportages sur les conditions de travail au sein de l’entreprise). Pour beaucoup Amazon s’apparente déjà à une sorte de « big brother » car l’entreprise américaine utilise énormément la publicité ciblée très précisément sur les goûts et intérêts des consommateurs en fonction de leurs recherches sur le site. Ce projet ne risquerait-il pas de donner du crédit à cette représentation de l’entreprise ?
 
Paola Paci
Sources
LeMonde
LeMonde
20minutes

pièces jaunes 2014
Société

De l'esprit de famille au don : l'opération pièces jaunes

 
Du 8 janvier au 15 février 2014 se déroule l’opération Pièces Jaunes. L’emblématique collecte à l’initiative de Bernadette Chirac se tient chaque année et permet de récupérer des fonds afin d’améliorer la qualité de vie des enfants hospitalisés. Quelles sont donc les valeurs que souhaite véhiculer une telle opération ?

 
 
 
Un cadre jaune, faisant immédiatement penser aux couleurs de l’opération, met en valeur la photographie. Cette dernière montre un enfant seul, perdu, au milieu de l’environnement hostile qu’est ici l’hôpital : on joue ici sur la corde sensible des parents. La phrase en blanc introduit un doute auprès de ces derniers. Par l’usage du conditionnel « pourrait », elle crée une interrogation. A cela fait immédiatement échos l’impératif qui jalonne l’ensemble de l’affiche : « ne le laissez pas seul… aidez-nous… faites un don ». Au doute répond la solution : le don. Le message est clair et efficace.
Un bémol cependant : il s’agit ici de créer des chambres « mère-enfant ». A priori, rien de négatif. Mais à l’heure où l’égalité homme-femme est un sujet brûlant, n’est-il pas dommage d’oublier dans cette affaire, le père ? Le lien maternel est ici très simplement mis en valeur par le tiret entre « mère » et « enfant », mais un père ne pourrait-il pas avoir le même statut ?
Au risque d’apparaître tatillonne, rappelons que c’est par de telles expressions, bien trop ordinaires, que se perpétuent ce type de vision de la famille.
Néanmoins, et pour conclure sur une note positive, n’oublions pas que l’important est d’inviter chacun à apporter sa pièce à l’édifice, et en cela, la campagne semble plutôt convaincante.
 
Mathilde Vassor
Crédits photos :
Une – TF1.fr
RTL.fr