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Société

En Inde, tu t’implanteras

 
Tant sur le plan économique que culturel, l’Inde n’a de cesse de s’imposer sur la scène internationale. Depuis une vingtaine d’années, en effet, elle connait un essor économique notable. Aussi attire-t-elle de plus en plus entreprises et capitaux étrangers. Le jeudi 19 décembre 2013, c’est au tour de Christie’s, la société britannique de ventes aux enchères fondée par la famille Pinault, d’investir les lieux. Cette première vente aux enchères sur le territoire indien a remporté un franc succès. A Bombay, ville qui dans laquelle réside près d’un milliardaire sur trois, les œuvres se sont arrachées notamment celles d’art moderne indien, qui est devenu une valeur refuge.

Loin d’être anecdotique, cet événement confirme une fois de plus la nécessité pour les entreprises de conquérir les marchés de ces pays émergents, qui constituent une manne économique et financière encore sous-exploitée. Grâce à son implantation récente en Chine et en Inde, Christie’s est désormais le nouveau leader mondial volant la vedette à Sotheby’s.
S’implanter dans un pays présente évidemment des avantages d’ordre économique mais aussi d’importantes retombées en termes d’image. Une entreprise de cette envergure se doit d’être associée à des pays attractifs, dynamiques, lieux clefs des derniers progrès et évolutions. Là où se créent les nouvelles richesses et où les leaders d’opinion cherchent à valoriser leurs réussites.
Miléna Sintic
Crédits photo :
AP Photo/Rafiq Maqbool

greenwashing
Société

Les trésors cachés de la RSE

 
Ah, la Responsabilité Sociétale des Entreprises ! Ce sujet dont on vous bassine les oreilles, soit pour vous dire combien elle est nécessaire, soit pour vous dire combien elle est négligeable pour les performances de l’entreprise. Certes, elle ne fait pas bondir le chiffre d’affaires à court terme. C’est pourquoi elle est souvent reléguée à un rang secondaire, ne faisant pas partie du core business de l’entreprise. Et pourtant…
Et pourtant-
Pourquoi Spanghero fut-elle plongée dans un tel cauchemar économique après la découverte de cheval dans vos lasagnes au bœuf ? Un problème de responsabilité vis-à-vis des consommateurs ? Et que dire vis-à-vis des employés eux-mêmes qui se sont sentis trahis ?
Pourquoi ce malaise chez Dove quand le mot Greenpeace est prononcé ? Serait-ce à cause de cette publicité détournée devenue culte sur la toile ?

Pourquoi, depuis la sortie de The Big One de Michael Moore, Nike a-t-elle fait appel à des organismes extérieurs pour contrôler les conditions de travail des salariés de ses entreprises sous-traitantes, et a promis de ne plus employer d’enfants ? Ces mots de Phil Knight, PDG de Nike jusqu’en 2004, n’y sont pas pour rien.
Enfin, pourquoi les entreprises s’investiraient-elles dans de nombreux programmes caritatifs depuis l’émergence de ces nouvelles préoccupations des consommateurs, si la question de la Responsabilité Sociale était vraiment négligeable à leurs profits ?
L’entreprise, on le sait, n’a pas vocation à la philanthropie… cependant, elle n’est jamais à l’abri du bad buzz, qui peut lui être parfois fatal. Si longue soit-elle à installer, il en faut peu pour qu’une image de marque flanche dangereusement en l’espace de quelques jours. Un phénomène encore plus rapide à l’heure des médias sociaux.
L’exercice de communication de crise revient alors à tenter tant bien que mal de recoller les morceaux, mais souvent le mal est fait.
La RSE : faire d’une vaste jungle…
La grosse difficulté en matière de RSE est de mettre en place en amont les réponses adaptées aux spécificités de l’entreprise, compte tenu de l’ampleur du sujet dont il est question : impact de l’entreprise sur l’environnement, sur la santé et le bien-être de ses salariés, de ses sous-traitants, de ses clients, prendre en compte le développement social… Aussi diverses soient-elles, l’impact sur toutes les parties prenantes est à considérer.
Le risque majeur en matière de RSE est de vouloir obtenir un effet trop rapidement. On demande un effet visible sur lequel on pourra communiquer, sauf qu’on prend alors le risque d’appliquer tel un vernis n’ayant qu’une utilité cosmétique, des politiques fragiles qui seront facilement dénoncées comme étant du greenwashing.
…un nouveau monde prometteur
Pourtant, les bénéfices d’une intégration adaptée de la RSE dans la stratégie globale sont énormes, et ce sur au moins 4 aspects :

Pour l’image de marque de l’entreprise : la confiance par la conscience. Au-delà des risques qui s’éloignent d’une attaque en règle sur le fonctionnement de l’entreprise, les clients accordent une plus grande confiance à ceux qui font preuve de responsabilité. Un exemple probant en la matière est la place d’Yves Rocher, premier incontesté du classement Pasternak/Ifop 2013 des entreprises préférées des Français (Stratégies n°1749-1750 19/12/13). A noter qu’Yves Rocher est deuxième du classement derrière Airbus, avec 78,5% d’opinion favorable auprès des détenteurs d’actions, alors qu’elle n’est pas cotée.

Pour les collaborateurs : une vision globale porteuse d’engagement et de fierté. 83% des collaborateurs souhaitent être impliqués dans la démarche RSE de leur entreprise, mais seulement 17% le sont (DDB OpinionWay 2009). Il y a donc une véritable demande de la part des employés, prêts à s’investir. Une ressource interne peu exploitée qui peut s’avérer extrêmement porteuse si elle entre en interaction dans la démarche de RSE. Quoi de plus fort qu’un réenchantement de l’objectif commun pour dynamiser ses collaborateurs ?

Pour la crédibilité politique de l’entreprise : avec la crise, les regards se sont tournés plus encore vers l’entreprise pour lui demander d’apporter des réponses aux problèmes économiques, sociaux et sociétaux. L’entreprise possède incontestablement un poids politique, à la fois international, national et local. Faire preuve de responsabilité sur les questions sociétales à l’heure où les citoyens désinvestissent leur confiance des pouvoirs politiques classiques, n’est-ce pas un bon moyen de capitaliser sur l’avenir dans une période où les repères traditionnels sont en pleine mutation ?

Pour la pérennité de l’entreprise : s’adapter pour survivre. La pérennité de l’entreprise est le point de convergence de l’ensemble des parties prenantes. L’investissement en matière de RSE n’est pas une réponse à court terme, mais un moyen de capitaliser sur l’avenir en anticipant les changements qui seront de toute façon nécessaires à la survie de l’entreprise. Tenir compte de la diversité des acteurs et de la complexité des enjeux et faire preuve de courage en prenant les décisions non pas au plus vite, mais au plus tôt, peut s’avérer salvateur pour demain.

Lorraine de Montenay
Sources :
Stratégies n°1749-1750 19/12/13
Lemonde.fr
Dailymotion.com
Opinion-way.com
Pour en savoir plus :
Jean-Marc Le Gall, L’entreprise irréprochable, Réciprocité, Responsabilité, Démocratie, Desclée de Brouwer, Paris, 2011
Iso.org

7
le petit journal
Société

Yann Barthes : l’arroseur arrosé ?

 
« Je suis surpris que vous soyez si négatif (…) Quel genre d’entraineur êtes-vous ? » assénait la semaine dernière Mac Maharaj à Yann Barthes, lors de l’émission « Spéciale Afrique du Sud » de ce dernier. Le présentateur du Petit Journal, penaud, n’y avait pas trouvé grand-chose à redire. Mais, en diffusant cette leçon donnée habilement par un responsable de communication des plus hauts placés, c’est aux médias en général que l’émission renvoie la critique. Du négatif, du clash, des larmes, de l’appréhension quant à l’avenir… Ras-le-bol ! Les obsèques de Mandela ont bien prouvé une chose : regarder des gens danser dans les rues, chanter et rire n’apporte guère de désinformation, point de baisse d’audience,  et nous donnerait d’avantage envie de regarder la télévision – plutôt que d’attraper d’un même mouvement Télécommande et Tranxène.
La journaliste Clara Schmelck expliquait dans CB News le mois dernier en quoi la colère représente un « vecteur d’information » en tant qu’elle est « la manifestation (…)  la plus universellement partageable » (ici, sur Twitter). Certes, mais peut-être cette utilisation de sentiments négatifs est-elle, très précisément, influencée par la ligne édito-sentimentale des médias environnants.
Le site Influencia titrait avant-hier «  Média : 2014, année positive et créative ! ».
ALLELUIA !
On croise les doigts, on ouvre les yeux et… Cheeeeese ?
Le Petit Journal du 9 Décembre 2013
 
Chloé Letourneur
Sources:
CB News N°25, Novembre 2013
Influencia.net

Candy crush
Société

Candy Crush : avez-vous succombé à la gourmandise ?

 
A moins de n’avoir ni tablette, ni smartphone, ni compte Facebook, vous n’avez pas pu passer à côté du phénomène Candy Crush Saga. Le jeu qui consiste à créer des combinaisons de bonbons est devenu mythique, depuis sa création en avril 2012.
En effet, en novembre 2013, le site Think Gaming estime jusqu’à 5,3 millions le nombre de « casseurs de bonbons » quotidiens !

Vous avez dit simple ?
Pour les quelques rares qui ne connaîtraient pas le jeu, il est important de préciser qu’il ne consiste qu’en  créer des combinaisons de bonbons (3 au minimum) – afin de les faire exploser.  Et c’est tout. Au revoir les jeux compliqués, les intrigues alambiquées, la simplicité est maintenant la recette du succès. Un succès qui surprend d’ailleurs, et cela jusqu’à ses créateurs, la société King, qui affirment « être les premiers surpris ».
Un succès explosif
Candy Crush est la représentation d’une génération d’ATAWAD (Any Time, Any Where, Any Device), qui consomme du jeu vidéo partout. Si cela ne vous a pas encore frappé, levez la tête et observez car c’est dans toute la société qu’a pénétré le jeu : métros, bureaux, domiciles… Sa simplicité le rend accessible partout, et inutile d’y jouer 1h pour passer les niveaux !
De plus, la généralisation de l’utilisation du web mobile au détriment du web sur PC a accéléré sa propagation.
Retour vers le passé : la recette d’un succès
Depuis quelques années, le retro gaming est en plein boom. On assiste à un retour des jeux vidéo rétro : Snake, Sonic, Tetris, etc.
Les raisons de cette tendance sont multiples. Les commandes simplifiées séduisent ; un sentiment de nostalgie à l’égard d’une époque révolue se développe, ainsi qu’un sentiment de frustration quant à l’accélération constante du progrès technique – qui conduit bien vite à remplacer certains jeux vidéo par d’autres, reléguant les anciens au placard  sans qu’ils n’aient pu, souvent, être pleinement appréciés. Candy Crush a su reconnaître cette tendance et s’y imposer, en créant un gameplay accessible de tous. D’ailleurs, il est souvent comparé à son ancêtre Tetris, dont il reprend les codes : assembler des pièces pour les faire disparaître.
Mais au noir et blanc de nos premiers téléphones et Game Boys, Candy Crush  s’approprie les couleurs et en joue pour en faire un jeu moderne et fun. Et c’est là toute la révolution. Du jaune, du bleu, du violet, du vert… : c’est une véritable féérie qui se déploie sous les yeux du joueur.
A cela s’ajoute un discours bienveillant, composé de compliments tels que « Divin ! », « Merveilleux ! » qui, un poil exagérés, rappellent les compliments de l’enfance. Car oui, vous l’avez bien compris, avec Candy Crush, il s’agit bien de s’évader du sérieux de son quotidien afin de renouer, pendant un cours instant,  avec l’enfance, ce temps de l’innocence et de l’émerveillement.
Vous aimez Candy Crush, dites-le
L’ascension fulgurante de Candy Crush peut surprendre. Pourtant, la communication effectuée par l’entreprise –mis à part des spots télévisés –est très faible.  C’est sur le bouche-à-oreille que compte la société et cela fonctionne. Sur Facebook, le jeu vous invite régulièrement à poster votre score et les personnes battues sur votre mur, afin de faire connaître le jeu et d’inciter vos amis à y jouer.
« Un jeu qui rapporte bonbon »
Candy Crush est un jeu qui, il faut bien le dire, provoque une certaine addiction. Tout a été pensé pour : le jeu semble interminable (le nombre de niveaux exact n’est d’ailleurs pas connu) et son utilisation invite à une compétition entre amis, que l’on veut dépasser à tout prix. Lorsque l’on commence à jouer, il devient difficile de s’arrêter. Et c’est bien là-dessus que compte la société King. Ce jeu, supposé gratuit, propose bien vite d’acheter des boosters (qui vont vous aider à franchir un niveau) ou encore des vies. Etre le meilleur a un prix. Ce modèle a un nom : le « free-to-play ». En moyenne, Candy Crush rapporterait 663 000$ par jour.
Et cela ne s’arrête pas là. La société ne cesse de trouver de nouveaux débouchés à son célèbre jeu : celle-ci se lance doucement mais sûrement dans le marché des produits dérivés. Une société New Yorkaise, le Dylan’s Candy Bar, se propose de vendre ces bonbons. Vous pouvez maintenant déguster ces fameux jelly fish, color bombs et autres mélanges sucrés. Ces bonbons franchissent ici une étape capitale : de l’ordre de l’imaginaire, ils rejoignent maintenant un nouveau monde, celui de la matérialité. Cette étape, dans le cadre d’une stratégie marketing toujours plus forte, est de plus en plus mise en scène. Il s’agit de créer de nouveaux besoins chez les consommateurs, de leur faire croire à l’indispensabilité de ces produits.
Le marché des produits dérivés est un marché plus que porteur : aujourd’hui, les produits qui rencontrent le succès sont dérivés à l’extrême, pour faire gagner à l’entreprise un maximum de profits. Ils sont le symptôme d’une logique commerciale qui repousse toujours plus ces limites. Les entreprises à l’avoir compris sont légions, le géant Disney notamment, qui s’en est fait une spécialité.

Quel avenir pour Candy Crush ?
Même si le jeu vient de perdre la première place de jeu vidéo préféré dans le cœur des Français (il se classe 2e au classement des jeux vidéo préférés sur Facebook, juste derrière Criminal Case), Candy Crush cherche à conquérir de nouveaux territoires. Une entrée en bourse à New York se prépare, avec une valorisation de 5 milliards de dollars. Est-ce trop tôt ? Peut-être, car le risque pour la société de mourir jeune est important.
Seul le temps nous donnera la réponse, souhaitons seulement à la société que son succès ne s’éteigne pas aussi rapidement qu’il ne s’est déclenché.
 
Adeline Mateus
Sources :
Humanité.fr
LeCourrierdesEchos.fr
Comestible.fr
Marketing-et-communication.fr
Lenouvelobs.com
Crédit photos :
King Candy Crush

ivresse guillaume canet
Société

L’ « Ivresse » selon Guillaume Canet

 
Les spots de prévention sont devenus monnaie-courante dans le paysage télévisuel. On les voit, on les entend. Ils nous surprennent, nous émeuvent, nous choquent parfois. Voici le dernier en date : un court-métrage de cent secondes d’ « Ivresse » qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Pour cause, qui retrouve-t-on à la réalisation ? Ni plus ni moins que Guillaume Canet, l’un des acteurs/réalisateurs français les plus célèbres de sa génération.
A la demande de l’acteur Patrick Chesnais, fondateur de l’association Ferdinand –du nom de son fils décédé quelques années plus tôt-, le réalisateur de « Ne le dis à personne » et des « Petits mouchoirs » a repris les commandes derrière la caméra.
En résulte un film qui, malgré son thème plus que récurrent, réussit à surprendre. Ni ton moralisateur, ni images trash, Guillaume Canet met en scène l’histoire d’un jeune couple, ivre d’amour, auquel on s’apparenterait bien volontiers. Les voilà ivres d’air pur, de sensations fortes, de plaisir. Et puis les voilà ivres, tout court. Ecran noir. La fin tragique de ces petites saynètes de bonheur n’est suggérée que par les sons, ceci dit plus qu’allusifs, qui viennent apporter une intensité supplémentaire à l’instant   : « Ivre au volant. Amuse-toi mais reste en vie ».

Le message, aussi universel soit-il, s’adresse ici directement aux jeunes, tant grâce au nom du réalisateur qu’au ton adopté. Ce choix de cible n’a rien d’hasardeux : les 18-24 ans ne représentent que 9% de la population, mais 25% des tués sur les routes de France. C’est ce chiffre que s’attache à réduire la fondation Ferdinand, qui a déjà réalisé huit courts-métrages sur les dangers de l’alcool au volant.
« Ivresse », de Guillaume Canet, est diffusé depuis mercredi dernier sur plusieurs chaines télévisées, dans les salles de cinéma, et sur le site internet roulons-autrement.com, géré par la fondation Vinci Autoroutes.

 
Céline Male
Sources :
Metronews.fr
LePoint.fr
L’Express.fr
Crédits photos :
Radio VInci Autoroutes
ursofrench.fr

Flora Coquerel miss france 2014
Société

La belle et les bêtes

 
Depuis le 7 décembre 2013, la France a sa nouvelle Miss : Flora Coquerel, jeune étudiante de 19 ans. Si la plupart des Français approuvent ce choix (ou s’en fichent), c’est plus la nationalité franco-béninoise de l’ancienne Miss Orléanaise qui intéresse l’opinion publique que sa beauté incontestée.

On s’y est habitué : A chaque concours Miss France son scandale. Rappelons-nous seulement du litige autour du concours de 2010 entre la société Miss France (appartenant à Endemol France) et l’emblématique Geneviève de Fontenay.
Or, cette fois-ci, « le scandale Miss France 2014 » prend une dimension politique. Dès son couronnement, Flora Coquerel a été la cible d’attaques racistes, surtout sur les réseaux sociaux (à retrouver sur Buzzfeed), espaces protégés par l’anonymat. “Elle n’est même pas blanche celle qui représente la France” compte hélas parmi les commentaires les plus cléments…
De plus, de soi-disant trucages du vote du public auraient fait gagner une fille métissée en guise de réponse du Comité Miss France à Alain Delon qui, suite à ses propos favorables au Front National, n’est plus le bienvenu au Comité dont il était pourtant le parrain « à vie. »
Pourquoi ce concours est-il toujours accompagné d’une polémique ? Serait-ce surtout pour faire parler à chaque fois d’un évènement dépassé qui perd de plus en plus l’attention de la population ?
Cependant, l’élection Miss France 2014 soulève une deuxième question : celle de la légitimité de la parole sur internet, une sphère encore peu contrôlée. Les auteurs de propos racistes publiés sur la toile ne devraient-ils pas être condamnés comme dans la vie réelle ?
 
Teresa Spurr
Sources :
Le Nouvel Observateur, Le plus
Lepoint.fr
Huffingtonpost.fr
Linternaute.com
Photos :
Une : TF1
Sacre Flora Coquerel : metronews.fr

Greenpeace
Société

Killstarter, ensemble pour détruire la planète

 
Greenpeace a encore frappé ! Pas d’escalade de grands édifices ou d’irruption dans une centrale nucléaire. A travers un site web dédié, c’est une action moins périlleuse mais tout aussi pertinente que l’organisation a entreprise.
Killstarter est le nom de la plate-forme. Certains d’entre vous reconnaitront une parodie du site américain Kickstarter, la célèbre plate-forme de crowdfunding (financement collaboratif), qui met en lien des porteurs de projets innovants avec une communauté d’internautes qui peut les soutenir financièrement.
Sur Killstarter.fr, on peut soutenir la création d’une centrale nucléaire en Namibie, installer un fondeur de banquise ou élaborer un poulet OGM hexapode. Ceci sous le slogan « Avant qu’elle ne meurt, épuisons la planète » ! Suivant la même logique qu’un site de crowdfunding, chaque projet est présenté de manière crédible, accompagné d’une vidéo explicative, de la somme nécessaire à sa réalisation incluant même le montant déjà récolté. Alors qu’on s’apprête à sortir le porte-monnaie, la page disparaît et laisse place à celle du site de Greenpeace qui présente ses vraies démarches ainsi que la possibilité de faire un don.
Greenpeace brille encore une fois par l’originalité de sa communication. L’organisation, dont la seule source de fonds provient de particuliers, essaie de réactiver l’envoi de dons en redirigeant l’opinion publique vers des projets d’envergure planétaire. Ce coup de com’ met en lumière les controverses que le crowdfunding peut parfois susciter en ce qui concerne le type de projets soutenus ou le réel emploi des sommes récoltées. Greenpeace met clairement en avant son éthique ainsi que son intégrité garantissant à chaque contributeur une participation responsable et effective face à des enjeux environnementaux de la plus haute importance.
 
Salma Bouazza
Sources :
Meltybuzz.fr
Rue89.com

protestation contre les tests sur les animaux
Société

Jacques a dit : vert-ueux ?

 
Le phénomène est loin d’être nouveau : depuis que certains consommateurs se sont rendus compte qu’ils n’avaient aucune idée de ce qui pouvait bien se cacher derrière la liste des composants inscrite sur le papier d’emballage, un besoin de transparence a vu le jour. Madame veut savoir ce qu’il y a dans son beurre pour le corps, Monsieur exige la traduction de mots obscurs comme « anthocyanes », « tartrazine » ou « sulfure de sélénium. »
Les différentes marques l’ont vite et bien compris. Loin de cantonner l’envie du bio à la population bobo parisienne, de nombreuses entreprises ont au contraire décidé d’alimenter la tendance et d’en profiter pour viser cette toute nouvelle population. Au point d’en faire un peu trop ?
Si la publicité éco-friendly a rapidement envahi les médias, il existe des marques qui, dès le début, ont choisi de jouer la carte de la transparence. Ainsi, Lush propose ses cosmétiques végétariens et « testés sur les Anglais » depuis 1994. Des noms d’ingrédients intelligibles pour tout être normalement constitué, une possibilité pour les clients de gagner un masque en ramenant cinq pots pour qu’ils soient recyclés, utilisation de la carte de l’humour so British jusque dans le nom des crèmes et des shampoings (Jasmine hair’oïne, Hot en couleur, Mieli mielo ou encore Les fleurs du mâle)… Tous les ingrédients sont réunis pour faire du bio hype et rigolo.
Cependant, Lush est aussi l’illustration d’une surenchère communicationnelle, ce qui lui vaut parfois un retour de bâton de la part des consommateurs, en témoigne la promotion de leur engagement pour la cause des animaux, qui donnerait presque à la marque l’image de filiale de la SPA. Par exemple, Lush s’oppose brutalement au gavage des oiseaux sur son site officiel ou lors de mises en scène dans certains magasins.

Il en va de même pour la dénonciation de la cruauté des tests sur les animaux, lorsqu’est exposée en vitrine une comédienne subissant les mêmes traitements. Autant de situations qui peuvent parfois choquer les clients et ne pas avoir les conséquences escomptées. Il en résulte une surenchère qui peut, à terme, lasser les clients vaguement adeptes du principe.

Le premier biais que rencontre l’éco-friendly dans la publicité actuelle découlerait alors de cette volonté des marques d’en faire toujours plus. Cela se vérifie d’autant mieux que la majorité des entreprises en question a décidé de surfer sur la vague de la com’ verte sans que leurs produits aient un quelconque rapport au bio.
Devant l’engouement pour les produits green, beaucoup d’annonceurs n’ont eu d’autre choix que de prendre ce tournant, ou du moins faire semblant. Est apparu alors un nouveau phénomène, celui de « greenwashing » (traduisez « écoblanchiment »). Le concept est assez basique : prenez un bien de consommation qui n’a pas la moindre qualité écologique apparente et faites en sorte qu’il apparaisse au contraire comme le dernier-né tout beau tout bio.
Si le consommateur est fatigué de voir du vert partout, c’est bien parce qu’il s’agit d’une véritable tendance actuelle : l’air du temps est au sauvetage des arbres et des bébés phoques. Les marques cherchent à verdir leur image.
L’OIP (l’Observatoire Indépendant de la Publicité) donne d’ailleurs un classement des pires campagnes en termes de greenwashing, aux rangs duquel figurent Le Chat, Mercedes, Audi ou encore Herta. L’OIP analyse les différents procédés auxquels a recours  la publicité : certains mots induisant le consommateur en erreur, la composition graphique, l’absence de preuves ou simplement l’exagération de la composante verte du produit.  La possibilité est également donnée aux internautes de voter ou bien même de créer leur propre publicité mensongère sur le site.
Entre une surabondance de bonne volonté – qui entraine parfois un ras-le-bol des consommateurs – et la mise en avant parfois illégitime de produits loin d’avoir l’étiquette bio, il semblerait possible que le verdure… pas tant que ça.
Annabelle Fain
Sources
Stratégies
MPJ2009
Observatoiredelapublicité
Dailymail
Lush
Crédits photos
Dailymail
Lush
Animaux

Foot
Société

Du sexe et du foot, que demande le peuple ?

 
  Le 19 novembre 2013, La France se qualifie pour la Coupe du Monde 2014, à l’issue d’un match contre l’Ukraine remporté à trois buts contre zéro. Un miracle pour les Français, qui bien loin de s’y attendre, avaient abandonné leurs rêves de conquêtes footballistiques depuis quelques années. Au fur et à mesure que le match se rapproche, différents people et entreprises s’amusent à jouer sur cette vague de défaitisme national, et y trouvent un terrain idéal pour un comique de répétition bon enfant, qui fait mouche. Ainsi, Carrefour s’engage à rembourser à 100% les téléviseurs achetés si les Bleus gagnent la finale, mais Doria Tillier, la miss météo du Grand Journal de Canal +, se montre encore plus audacieuse en annonçant la veille du match qu’elle présentera la météo du lendemain « à poil » si l’équipe de France sort victorieuse. Internet s’empare du phénomène, comme le prouve le Tumblr « Si les bleus gagnent », qui recense les promesses des peoples, tandis que de nombreux anonymes se lancent des défis personnels, comme aller acheter ses croissants en tenue de ski.
Une initiative mérite cependant d’être étudiée de plus près, au-delà de l’engouement potache d’un Cyril Hanouna teint en blond — il s’agit de celle de la société de production de films pornographiques Marc Dorcel. À 20h55, le compte de Dorcel tweete une annonce en forme de blague : si les Bleus l’emportent, leurs films seront disponibles en téléchargement gratuit toute la nuit. Le défi est pris au sérieux, retweeté plusieurs milliers de fois, et c’est sans surprise que le réseau du site se trouve saturé à 22h54, alors que la France exulte de sa victoire. Le site plante, certes, les responsables n’ayant pas eu le temps de préparer le terrain pour une telle affluence, mais ce n’est pas ce qui importe le plus dans cet immense coup de communication, au demeurant très réussi.

 Un tel phénomène interroge à nouveau les rapports qu’entretient un peuple avec l’équipe qui le représente, mais aussi la conception qu’il se fait de ce sport, dans son imaginaire collectif. À travers les hashtags #FRAUKR, #AllezLesBleus, #SiLesBleusGagnent, le match France-Ukraine a été un des évènements les plus commentés : à titre d’exemple, on dénombre plus de 1 244 161 tweets à son sujet, sans compter les milliers d’articles ou de statuts Facebook publiés. Nous assistons donc à une réelle ferveur, qu’il ne serait pas abusif de qualifier de patriotique, qui touche tout le monde, du supporter endurci au Français lambda qui ignore les règles les plus basiques du football. Dans un pays divisé comme la France, au cœur duquel les écarts sociaux ne cessent de s’accentuer, comment expliquer une telle cohésion, le temps d’un soir ? Le désir de prestige international gagné sur un terrain parvient-il à créer l’unité là où la politique échoue ? En serait-on donc toujours aux problématiques du pouvoir de l’empire, dont la portée s’étend au monde entier, à travers l’affrontement de l’autre ?
 D’autre part, le succès d’une plateforme pornographique à un tel moment réactive un stéréotype vieux comme le monde : celui de l’homme qui regarde la télé, les pieds posés sur la table, et sa femme… eh bien sa femme qui attend que ça passe. Il est tentant de voir dans la passion pour le football un épanchement de la virilité, une nouvelle façon de vivre en tant qu’Homme, celui qui porte un grand H, qui inspire le respect et marque son territoire à travers la guerre, la lutte pour son statut de mâle dominant. En 2013, à l’heure de stratégies communicationnelles toujours plus sexistes (que l’on songe en effet à la campagne de publicité de Darty au moins de novembre, qui faisait son miel d’une imagerie douteuse, mi-érotique mi-glauque), de tels clichés ont malheureusement la peau dure. La satisfaction sexuelle solitaire (c’est du moins l’acception que l’on se fait généralement du film porno) serait-elle le prolongement naturel d’un exploit sportif, un exploit permis justement par le corps ? Soutenir son équipe, une forme de sublimation comme une autre, si l’on s’en remet aux théories freudiennes ? Qu’en est-il alors de la femme ? Ceci expliquerait-il que le milieu du sport soit en général très majoritairement masculin, particulièrement en ce qui concerne le foot ?
 Marc Dorcel est bien le second vainqueur du match, en ce mardi de novembre. En proposant de faire durer le plaisir de la victoire de façon, disons, plus intimiste, il parvient à faire exploser son nombre de visites. N’oublions pas que Dorcel a toujours revendiqué une esthétique porno-chic, bien loin des films crus de seconde zone, assaisonnant ainsi des codes de publicité conventionnels à un imaginaire glamour et polie, mettant un scène des plastiques sans défauts rehaussées par des accessoires souvent luxueux. Alors, la recette d’un coup de communication réussi serait donc aussi simple qu’une déclinaison des aspects les plus valorisants du corps ? La victoire est un plat qui se mange chaud, très chaud.
 
Agnès Mascarou
Sources :
Libération
Le Figaro
Football.fr
Sexpress.fr

Stylist
Société

Portrait d’une femme Stylist ?

 
Lancé au printemps dernier, l’hebdomadaire gratuit Stylist a déjà dû tomber entre vos mains. J’ai exploré ce petit nouveau, et je n’ai pas été déçue.
Pas si nouveau
En effet Stylist vient d’Angleterre, et a été crée par le groupe Short List Media en 2009. Fort de son succès outre manche, le groupe britannique s’est associé au groupe Marie Claire français pour distribuer à travers l’hexagone ce premier magazine féminin gratuit à destination des femmes de 25 à 49 ans. Le magazine tiré à 400 000 exemplaires est distribué tous les jeudis dans dix villes françaises. Il ne risquait pas de passer inaperçu lors de son lancement !
Stylist est un « magazine intelligent destiné au femmes actives et CSP + » déclare Jean-Paul Lubot, directeur général délégué du Groupe Marie Claire. Souhaiteraient-ils donc grappiller le lectorat si fidèle des autres féminins ? Les vilains…
Le gratuit débarque sur un marché où la concurrence se fatigue : Envy c’est fini, BE est passé en mensuel, Grazia mène une bataille des prix qui a obligé le géant Lagardère à réduire le prix de ELLE à deux euros. Dans ces conditions, c’est quand même plus facile.
20 millions d’euros de budget, cela fait peur. Ils prennent de vrais risques et on ne va pas les pointer du doigt pour ça, bien au contraire. Pour ce qui est de leur définition de la femme active, c’est autre chose…
Une belle remise en forme
Quand j’ai ouvert le numéro 25 du 14 novembre 2013 en son milieu, je suis directement tombé sur les pages Mode :

Ma première réaction a été de penser que c’était une campagne pour dénoncer les retouches photos excessives qui tombent presque dans le caricatural et dont on parle si souvent. Je tourne donc les pages pour savoir de quoi il s’agit, et là, à ma grande surprise :
« REMISE EN FORME, la femme active court partout, et c’est en alliant pragmatisme et élégance qu’elle met le monde à ses pieds »
 Je me suis donc bien plantée. Je ne sais pas si elle peut encore courir avec des jambes pareilles ! Pour ce qui est de l’élégance je ne savais pas que l’aspect malingre, presque malade, était chic. On a tous bien compris le jeu de mots et la réalisation originale qui va de pair, mais pourquoi la rendre si mince ? Sa poitrine s’est faite la malle, toute sa chair aussi apparemment et on nous l’expose comme un modèle à suivre, le modèle de la femme « active » qui fait du sport, qui « met le monde à ses pieds » – mais qui manifestement ne mange pas.
Un peu de rêve n’a jamais tué personne
Les magazines féminins ont toujours été là pour nous faire rêver, nous montrer la femme que l’on a envie d’être, celle à qui on a envie de ressembler. Qui a envie de voir dans les magazines féminins Madame tout le monde en maillot de bain ? Pas moi en tout cas.
Ces magazines ont toujours véhiculé une certaine image de la femme moderne. Une image qui s’est transformée à travers le temps, en allant de la femme au foyer à l’entrepreneuse, et en passant par la militante. La femme active moderne est donc, selon le magazine gratuit, avachie sur un tabouret, le squelette apparent ou assise sur un gros ballon. Et elle attend. Cette femme là ne nous fait pas rêver. Le magazine Stylist nous livre ici une banalisation de la minceur plus que choquante et l’expose comme norme de beauté unique. Le NO ANOREXIA choc d’Oliveiro Toscani est bien loin derrière lui.
Stylist nous propose une alternative au modèle de la femme forte selon ELLE, qui peut être un tantinet agaçant – parce que trop forte. Ce nouveau magazine féminin a au moins le mérite d’innover, de nous montrer autre chose. Cependant Stylist présente un modèle à l’autre extrême de celui proposé par ELLE, peut-être serait-il bon de trouver un juste milieu !
 
Sibylle Pichot de la Marandais
Sources :
Stylist.co.uk
“Stylist, le pari féminin gratuit” : Le Monde – 17/04/2013
“Stylist, le féminin qui descend dans la rue” : L’express Styles – 19/04/2013
Crédits photos :
Image de Une : Stylist N°10 du 23 Juin 2013
Tumblr du photographe Jean Pacôme Dedieu