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Société

Une drôle de tempête qui se prépare sur Pyongyang

 
La marque suédoise de sous-vêtements Björn Borg s’apprête à lâcher sur Pyongyang plusieurs centaines de… petites culottes ! En effet, afin de promouvoir ses sous-vêtements, la firme a lancé sur son site un appel aux internautes : ceux-ci doivent voter pour la ville sur laquelle ils souhaiteraient voir s’abattre le 31 octobre une pluie de culottes et de boxers sexys. La capitale nord-coréenne remporte à ce jour haut la main le vote des participants, qui se sont eux-mêmes permis d’ajouter la capitale fortifiée à la liste des villes en course. On découvre ici la bienveillance – ou l’humour – des sud-coréens qui se sont mobilisés en masse pour voir la place forte de leurs chers voisins bombardée de sous-vêtements.
On pourrait croire que la marque renoncerait à son opération, mais ils tentent de faire croire le contraire : le directeur marketing rebondit sur le succès de la mobilisation pour se payer une opération de communication supplémentaire, martelant son désir de tout mettre en œuvre pour apporter « un peu de séduction » à une ville qui en aurait bien besoin. On sourit aisément à l’idée de la réussite d’un tel projet : qu’un avion pénètre dans la zone aérienne la plus sensible au monde, fasse pleuvoir ses armes de séduction massive sur une population qui ignore tout de ce que le monde capitaliste a fomenté dans son dos, et surtout la perspective d’une photo volée de Kig Jong-un avec une culotte en guise de couvre-chef surprise, voilà ce qui fait déjà le premier succès de la campagne. Pour ce qui est de sa mise en œuvre, c’est une affaire qui reste à suivre…
 
Inès Garmon

Société

N'est pas Dieu qui veut…

 
Il n’aura sûrement échappé à personne (pour les autres, pas de panique, je vous mets au parfum dans un instant), mais il y a au moins une personne à Paris qui ne connaît pas Kanye West. On a pu découvrir cela en regardant le Petit Journal de Yann Barthès il y a quelques jours.
Dans cette vidéo, une parisienne tombe sur Kanye West qui se fait photographier devant un immeuble. Intriguée, elle demande le plus simplement du monde qui est cette personne. Kanye West comprend et se présente, puis rentre dans le bâtiment, visiblement très vexé…
Que vient faire ici Kanye West me demanderez vous ? Et bien cette vidéo très amusante est la preuve de l’échec total de sa communication. En effet, Kanye West ne cesse depuis quelques mois de se proclamer devant toutes les chaînes de télévision la « number one rock star on the planet ». Il est « Jim Morrisson and Jimi Hendrix ». J’en passe et des meilleures.
Or, cette femme est la preuve vivante, et loin d’être la seule, qu’il n’est pas la rock star qu’il prétend être. Coup dur pour cette star mégalo qui pense que tout le monde sait qui il est et ce qu’il fait. C’est le risque de tenir ce genre de propos devant toutes les chaînes télévisées. Pas sûr que Kanye West ait un service de communication à proprement parler, mais cette vidéo Youtube est pour lui une humiliation et un flop magistral.
Le rire est la preuve la plus visible de cet échec communicationnel. Ce rire vient sûrement du fait que Kanye West tombe de son piédestal. Il ne peut contrôler ses réactions, un peu comme un enfant à qui on vient de dire quelque chose qui ne lui plait pas, il prend cela très sérieusement. La tête de Kanye West lorsqu’il est face à son propre flop fait rire d’elle-même. Le pire ennemi de ce king quelque peu autoproclamé réside dans le rire, arme fatale brandie contre lui depuis quelques temps.
Le flop de Kanye West est manifeste. Mais cet échec lui sera peut-être bénéfique malgré tout. Yann Barthès et surtout Ophélie Menier (sa nouvelle comparse à l’écran) ont retrouvé cette fameuse « femme qui ne connaît pas Kanye West » et son mari. Maintenant, elle le connaît, et l’équipe du Petit Journal l’a montrée en train d’écouter sa musique. Le mari de cette femme surtout, qui a vivement approuvé, rejoignant l’ironie très souvent proposée par Yann Barthès. Ils ont donc diffusé sur la chaîne des extraits de ses chansons. Ironie ou non, ces morceaux sont passés à l’antenne, pour ceux qui ne connaissaient pas Kanye West non plus… Cela reste à relativiser car le Petit Journal vise avant tout un public jeune, mais la présence de Kanye West et de ses chansons restent pour lui un avantage. Quel est le but de se proposer comme la rock star du monde sinon qu’on parle de soi ?
Et ensuite que voyons-nous en suivant les nouvelles ? Eminem, pour la sortie de son nouvel album très attendu, prend exactement le même chemin… Bataille ridicule pour la suprématie ou stratégie bien sentie ?
Dans le cas d’Eminem comme de Kanye West, le but est très certainement de mobiliser les fans sur les réseaux sociaux. Les réactions aux déclarations d’Eminem ne se font pas attendre, le gagnant est alors le rappeur qui aura les fans les plus mobilisés. Alors, flop ou pas ? La question mérite d’être quelque peu reposée. Cette quête de la couronne est forcément vouée à l’échec car mettre tout le monde d’accord est impossible, cela ajouté au fait qu’une grande partie de la population ne s’y intéresse pas. Du point de vue de la mobilisation des fans déjà conquis, l’échec n’est peut-être pas si important. Kanye West et Eminem ne se lancent pas dans une campagne de conquête d’un nouveau public, ils se lancent dans la quête de contact avec leurs fans déjà existants. Ils rechercheraient alors une sorte de « feed back », chose qui était plus difficile à obtenir avec Internet qui commençait seulement à s’imposer au début de leur carrière. Tireraient-ils ainsi pleinement partie des nouvelles possibilités des réseaux sociaux ?
 
Paola Paci
Sources :
http://www.lefigaro.fr/musique/2013/10/15/03006-20131015ARTFIG00413-eminem-se-prend-pour-le-dieu-du-rap.php

La minute pop du 07/10

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Société

Caisse d'épargne : l'échec d'une stratégie digitale

 
La Caisse d’Épargne Auvergne-Limousin a fait parler d’elle, ces derniers jours, en détournant trivialement son animal emblématique sur sa page Facebook. Présenté les testicules coincés dans une mangeoire, l’écureuil-victime accompagne de manière sarcastique le slogan de l’enseigne : Parce que les accidents n’arrivent pas qu’aux autres, la Caisse d’Épargne prend aussi en charge les séquelles temporaires… 
Le message décalé qu’a voulu véhiculer l’institution n’a pas été apprécié par ses clients, qui ont associé cette ironie triviale à une preuve de médiocrité et à un manque de sérieux et de professionnalisme : Vous vouliez être drôle ? Mais alors que faites-vous avec notre argent ? Vous rigolez avec ? (1). Comment comprendre une telle consternation face à une opération de communication pourtant originale et audacieuse ? Suite à cet afflux de commentaires négatifs, la banque a supprimé son post et présenté ses excuses. Cette stratégie du mea culpa sonne comme l’aveu d’une erreur communicationnelle.
La dérision et le ton décalé sembleraient être en incohérence avec les codes communicationnels du secteur bancaire, à tel point que les internautes ont d’abord cru à un piratage du compte Facebook de la banque. L’image corporate de la banque semble se heurter aux codes particuliers du Web 2.0, marqués par des jeux de détournement et de second degré.
Au risque de se voir décrédibilisées, les institutions bancaires sont-elles vouées à conserver une posture communicationnelle sobre et minimaliste ? Sans l’humour, pilier de la créativité, comment peuvent-elles innover dans leur stratégie communicationnelle ?
 
 Alexandra Ducrot
(1) Un des commentaires sur le compte Facebook de la Caisse D’Épargne Auvergne-Limousin
Sources :

https://www.facebook.com/Caisse.dEpargne.Auvergne.Limousin?fref=ts
 
 
 
 

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flux de donnees
Société

Données numériques, un enjeu stratégique majeur

 
Edward Snowden, l’informaticien américain assure que de nombreuses informations numériques venues du monde entier sont, chaque jour, interceptées par la NSA et d’autres entreprises privées américaines. Suite à cette révélation de détention de données européennes par les Etats-Unis, les Sénateurs français appellent à la mise en œuvre d’un projet européen de réglementation des données numériques.
L’Union Européenne doit absolument maîtriser les données relatives à son territoire, il en va de sa souveraineté. Outre une protection de la vie privée des citoyens européens, cela représente également un manque à gagner pour les entreprises européennes. La collecte de données permet, en effet, d’établir le profil de millions d’individus monnayables ensuite auprès des annonceurs ; ce qui constitue une manne financière considérable.
La solution serait de stimuler l’émergence d’un cloud européen – un ensemble de serveurs accessibles par internet qui traitent et stockent les données – car un texte de réglementation resterait insuffisant. En effet, actuellement le cloud produit par des entreprises américaines est soumis à la législation de ce pays. Ceci permet aux Etats-Unis d’user des données comme bon leur semble. A l’ère du numérique, il s’agit d’entrer dans la danse de gouvernance de l’internet mondial, élément incontournable de la puissance étatique. Parallèlement, il est nécessaire de développer une base industrielle de cyberdéfense des données numériques. La route reste longue avant que l’Union ne devienne un acteur prépondérant dans le domaine numérique.
 
Miléna Sintic

Société

"OMG" : Buzzfeed bientôt en français

 
Si vous cherchez désespérément une liste des 18 chats les plus ennuyeux/agaçants sur Instagram ou 20 idées de déguisement d’Halloween pour briller malgré votre timidité maladive, alors n’attendez plus : Buzzfeed est fait pour vous.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Buzzfeed : c’est un site américain né en 2006 et devenu un véritable phénomène dans le monde anglophone avec ses 85 millions de spectateurs uniques par mois en août dernier. Un score qui le situe entre les géants Amazon et Twitter. Le site connaît d’ailleurs une croissance exponentielle : c’est en effet 3 fois plus qu’il y a un an et le nombre de visiteurs ne cesse de grandir.
Pourquoi un tel succès ? Tout d’abord parce que Buzzfeed a un positionnement des plus originaux. Le site se définit volontiers comme une « base virale du buzz » : les contenus sont faits pour être partagés et se propager sur le net. En effet, habilement conçus, ils envahissent les réseaux sociaux, une des raisons de la très forte fréquentation du site. Mi-website éditorial classique, mi-réseau social, ce site hybride possède ses petites spécificités : des « badges » emblématiques permettent par exemple aux utilisateurs de donner leur avis sur les articles, à la manière d’un « like » Facebook en plus diversifié. Le site se veut réactif et interactif : ainsi la publication continue de nouveaux posts et articles est signalée comme une notification (« raw feed »), les contenus les plus appréciés et prometteurs du moment sont mis en avant pour optimiser le buzz, de grandes compétitions sont organisées entre les « users » qui sortent ainsi de la passivité et se transforment momentanément en éditorialistes… Ainsi Buzzfeed est un site polyvalent où on peut donc consulter, interagir, commenter, partager et publier des contenus.

BuzzFeed
Succès également parce que le site joue la carte de la diversité à travers ses différentes rubriques : « informations, divertissement, life, vidéo, more ». Buzzfeed s’est rendu célèbre grâce à ses fameuses « listes », souvent déjantées (un concept repris par des sites français très populaires, tels que Topito.fr) et propose des gifs à la manière d’un tumblr, des sélections de vidéos, de liens etc. Toutefois, il se positionne également aujourd’hui comme un site d’information sérieux, ambitieux et légitime. De grands reporters y proposent des articles de fond et de nombreuses exclusivités sur les thèmes suivants : monde, politique, business, technologies, sports, idées et « longform ». Rien de très surprenant finalement quand on apprend que son co-fondateur n’est autre que Jonah Perrepeti du Huffington Post (un des quelques 300 sites partenaires de Buzzfeed) et qu’entre autre Ben Smith, journaliste de Politico collabore au site. Ces articles prennent parfois une tonalité humoristique : pour Buzzfeed « sérieux » et « amusant » n’ont rien de contradictoires et le site prend un malin plaisir à se jouer des codes en « décoinçant » la presse politique. Une approche qui, de surcroît, attire plus de jeunes soi-disant « délaissés » par les autres sites d’information classiques.
Résolument innovant, volontairement concis, fait sur mesure pour les réseaux sociaux, flexible sur les contenus pour un multi-usage et une foule de visiteurs aux attentes et profils très éclectiques… si Buzzfeed est un succès c’est finalement parce que le site incarne un nouveau modèle pour la presse. Un modèle qui marche puisque le site devrait réaliser cette année environ 60 millions de recettes, soit 20 millions de plus que prévus. Tout cela sans héberger de publicité venant de l’extérieur puisque le site se finance largement grâce aux « native advertising » ou aux « advertials », mélanges de publicité « ad » et d’édito « editorial ».
Buzzfeed pique votre curiosité ? Si le site américain ne s’est pas encore imposé en France (100 000 visiteurs par mois), ce dernier a bien l’intention de conquérir les internautes non anglophones : c’est pourquoi il lancera en octobre la version espagnole et portugaise de son site, après le projet d’un Buzzfeed UK sur mesure pour les British et leur humour si… particulier. Pas de jaloux : les articles les plus populaires seront traduits en français par des équipes de traducteurs, faisant appel à des internautes, des étudiants utilisateurs de Duolingo, une plate-forme gratuite d’enseignement de langues étrangères. Il faut donc espérer que les traductions seront de qualité. Buzzfeed a cependant le projet de recruter une équipe d’éditeurs professionnels pour surveiller les opérations et permettre de publier des articles plus adaptés aux pays ciblés. Les Frenchies pourront donc expérimenter Buzzfeed dans la langue de Molière à partir du 4 novembre 2013.
Beaucoup d’OMG, LOL et WIN en perspective !
 
Maud Espie
Pour patienter :
http://www.buzzfeed.com/hannahkw/20-reasons-you-wish-you-were-at-hogwarts-during-ha-fncg
http://www.buzzfeed.com/samir/this-bad-lip-reading-of-game-of-thrones-is-the-best-thing-yo
Sources :
Le Monde, Marianne

Société

Le retard de Watchdogs, stratégie commerciale ?

 
Mardi 15 octobre, Ubisoft annonçait qu’il s’attendait à une perte opérationnelle comprise entre 40 et 70 millions pour l’année à venir suite notamment au retard de lancement de Watch Dogs, jeu majeur aux résultats de l’entreprise. Suite à cette déclaration, l’action de la société a chuté de 23%, témoignant des doutes des investisseurs quant à la stratégie du développeur français.
Car on pourrait bien parler de stratégie. En effet, si la raison invoquée pour expliquer ce délai est un développement pas encore tout à fait terminé, il est apparu que les motivations d’Ubisoft pourraient être plus diverses.
Tout d’abord, cette décision aurait avoir avec GTA V, lui aussi repoussé plusieurs fois avant sa sortie définitive (le best-seller de Rockstar étant déjà accusé d’avoir causé le flop de FIFA 14, titre pourtant en tête des ventes chaque année).
Une autre raison évoquée serait un marché des consoles nouvelle génération plus important l’année prochaine ce qui permettrait à Watch Dogs de remplir pleinement sa vocation de best-seller. Enfin, l’actualité créée autour du jeu lui donne une visibilité qu’Ubisoft ne saurait mésestimer.
Néanmoins, cette décision empêche la sortie du pack PS4/Watch Dogs ainsi que sa présence dans les rayons pour les fêtes de fin d’année, ce qui pourrait être catastrophique en terme de vente.
Ubisoft aura-t-il donc eu raison de repousser la date de sortie de son titre phare ? Réponse en début d’année prochaine.
Thomas Luck
 

Société

Jacques a dit « Vapotez ! » (ou pas ?)

 
Chers curieux,
Vous avez tous entendu parler de la cigarette électronique. Cet appareil composé d’une capsule remplie d’un liquide, d’un système de chauffage et d’une batterie.
Qu’y a-t-il dans ce liquide ? De l’eau, des arômes divers et parfois de la nicotine à différentes concentrations. Elle a été créée à la base comme substitut à la cigarette qui aujourd’hui tue environ 50% de ses fidèles consommateurs -ce qui est une intention plus que louable ; en plus d’être dite moins nocive, elle est aussi économique. En effet, le prix d’une e-cigarette varie entre 40 et 150 euros et celui d’une recharge entre 5 et 8 euros. Or une recharge représente l’équivalent de quatre paquets de clopes. Donc, côté fumeurs on se réjouit !
Mais la cigarette électronique, plus qu’une « aide » au sevrage tabagique, constitue un business en plein boom. Le chiffre d’affaire aux Etats-Unis de 2013 est estimé à 1,7 milliards de dollars. En France, on compte 500 000 « vapoteurs », et plus d’un million ont déjà essayé.
Et si la majorité de l’offre se trouve sur internet, le nombre de boutiques spécialisées se multiplie de manière exponentielle.
Entre substitut, alternative fun ou mode « bobo », la cigarette électronique est partout. A croire que tout le monde « vapote » en toute tranquillité. Et pourtant, elle fait parler d’elle, comme l’ont montré les débats houleux au Parlement Européen ce mois-ci. Elle est l’occasion de discours virulents « contre », et de manifestations « pour » comme en témoigne cette photographie tirée de Libération

Personne ne semble d’accord mais tout le monde a une opinion.
L’e-cigarette est une préoccupation de santé publique mais aussi politique car ne l’oublions pas un « vapoteur » reste un électeur.
Le fait est que la cigarette électronique se passe bien de bonne presse, car si sa publicité est interdite, le bouche à oreille semble très efficace. Si la vente aux mineurs est interdite, regardez la sortie des lycées et même des collèges…
Il semble que ni débats, ni réticences n’empêchent de vapoter.
Le véritable problème réside dans le flou et l’ambivalence qui planent autour de la cigarette électronique. Elle n’est pas un médicament alors que les produits qui contiennent de la nicotine ne sont mis sur le marché que sous l’étiquette « médicament ».
Elle se présente comme une alternative moins nocive à la cigarette, mais comment croire à une préoccupation de santé publique quand on sait qu’aucune étude scientifique n’en a prouvé l’efficacité pour arrêter de fumer la cigarette classique ?
La dangerosité du produit est aujourd’hui mal évaluée, de nombreuses erreurs d’étiquetage concernant le dosage ont été décelées.
Et cette ambivalence n’est pas sans incidence sur les stratégies de communication à adopter.
N’est-ce pas plus agréable de commander une cigarette électronique rose à paillettes goût melon que d’aller à la pharmacie acheter un patch? Choisir une e-cigarette devient presque aussi dur que de choisir son téléphone portable tant le choix des couleurs et des formes est différent. Tout est dans le design.
En effet, on n’achète pas un médicament, mais plutôt un accessoire esthétique.
Ne faisons pas les innocents, le large choix des « arômes » séduit en général un public jeune et plutôt féminin. Ceux-ci constituaient déjà la cible des cigarettes classiques au chocolat, les Pink Lady… Alors véritable progrès ?
Ainsi, ce flou profite à ce marché et participe à une redéfinition des arguments de vente et de l’image du produit : la cigarette électronique née comme substitut, devient une alternative fun, respectueuse (fini de déranger son voisin avec sa fumée) et même esthétique…
Quand fumer est « has been », « vapoter » devient branché et ça les grands groupes comme Marlboro, British American Tobacco l’ont compris et commencent à développer et commercialiser leurs propres modèles d’e-cigarettes.
Mais alors santé ou business en premier ?
 
Sophie Cléret
Sources :
http://www.fagg-afmps.be/fr/news/news_cigarette_electronique_2013_04.jsp
http://www.liberation.fr/societe/2013/03/05/fausse-cigarette-de-la-fumee-sans-feu_886567

Société

Grands changements et dommages collatéraux chez Lagardère Active

 
La menace Internet pesant sur la presse papier a récemment touché une victime de grande ampleur. La nouvelle est tombée jeudi dernier : le groupe Lagardère Active, premier groupe de presse magazine français, se sépare de dix de ses 39 titres parmi lesquels on peut compter Be, Psychologies magazine, Première, Pariscope ou encore Campagne, dont les futurs acquéreurs restent encore inconnus.
Dans une interview du Monde, Denis Olivennes, président du directoire et futur directeur général du pôle presse magazine, expose en termes vagues la stratégie de réorganisation du groupe : il s’agirait, à présent, d’investir essentiellement dans les titres les plus importants (entendons : rentables) pour la société et surtout d’exploiter leur « forte capacité de développement numérique ».
La réaction des salariés ne s’est pas faite attendre, entre manifestations devant le siège le jour de l’annonce, et une préparation de grève générale prévue pour lundi 21 Octobre. 350 postes seraient en effet touchés par ces remaniements. Et si Denis Olivennes affirme son désir de préserver ces emplois au cours des cessions, il écrit parallèlement au personnel que les titres ne trouvant pas d’acheteur seront voués à être fermés.
Bien que contestée, l’action du groupe Lagardère reflète la stratégie dominante de la presse actuelle : surmonter les maux apportés par l’ère digitale en se soumettant aux nouvelles donnes de celle-ci et s’adapter du mieux que possible. Le tout est dès lors de savoir dans quelle mesure cette presse papier est capable de se plier, sans se briser.
 
 Charlène Vinh

Société

Un Tweet pour les sans-abris

 
Depuis le 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère, est apparu un nouvel hashtag dans la twittosphère : #Tweet2Rue. Derrière ce hashtag, 5 personnes en grande précarité équipées de Smartphones tweetent leur quotidien. Cette opération, orchestrée par la Fondation Abbé Pierre, France Inter, Génération Réactive et la FACE 93, a fait réagir la twittosphère très partagée entre soutien d’un côté et malaise affiché de l’autre.
Ainsi, le hashtag #Tweet2Rue a été fortement monopolisé par des twittos choqués par ce qu’ils percevaient comme une mise en scène de plus des SDF : après les SDF équipés de bornes Wi-Fi ambulantes ou les SDF hommes sandwichs pour Ogilvy, les SDF sont-ils une fois de plus privés de leur libre-arbitre ? Est-il indécent de laisser les sans-abris mettre en ligne leur quotidien sur un réseau social ?
Pourtant, il faut rappeler que contrairement à ces initiatives précédentes, celle-ci vise bien à laisser le citoyen (sans-abris) libre d’exprimer lui-même son quotidien en ligne, en lui fournissant les outils nécessaires à cette mise en réseau.
Le principe de cette initiative est simple : au-delà d’être définis par ce que les SDF n’ont pas (sans-abris, sans domicile fixe), ces personnes en situation de grande précarité sont avant tout mises à la marge de la société, et donc avant tout en situation d’isolement.
Leur fournir un téléphone portable, et a fortiori un Smartphone, leur permet de recommencer à tisser un lien social, nécessaire à leur sortie de la misère, mais aussi précieux pour leur survie. En effet, grâce à un Smartphone, ils peuvent en plus de tweeter, contacter et être joignables à tout moment, chercher des emplois sur internet, un endroit pour dormir, être en contact avec les services sociaux… On est loin de l’idée d’un Smartphone qui ne serait qu’un gadget, que certains utilisateurs de Twitter voudraient voir revendu par ces sans-abris.

Face à l’indignation que suscite cette opération, on est en droit de s’interroger sur les raisons d’un tel malaise parmi les twittos, qui ne se privent pas d’exprimer leur ressenti :

En effet, s’il peut paraître plus simple d’entrer en contact avec des personnes qu’on ne connait pas via un réseau social comme Twitter, la réalité de l’exclusion se rappelle d’elle-même de par ce type de réactions. En caricaturant, on pourrait résumer : sur Twitter comme IRL, on préfère les chats aux SDF.

Pour ma part, il me semble que c’est là où cette initiative courageuse prend tout son sens : il s’agit de donner la possibilité à des sans-abris de s’exprimer d’eux-mêmes dans un espace où on ne les entend pas, et où on refuse parfois même de les voir. Cette réappropriation de l’espace citoyen, et ici médiatique se fait sur le long terme. Avec une visée plus longue que celle du buzz puisqu’elle veut se faire sur plusieurs mois, elle permettra ainsi peut-être de pouvoir combattre les préjugés et l’incompréhension de leur situation pour ceux qui ne la connaisse pas.

Le choix de Twitter est-il pertinent ?
Cependant, au-delà du débat émotionnel, il est légitime de s’interroger sur la pertinence du choix de Twitter comme vecteur de cette opération. En effet, la durée de vie des tweets est très courte, et convient parfaitement au commentaire d’émissions durant le créneau de l’émission par exemple. Mais qu’en sera-t-il pour une opération de ce type et à long terme ?
La question se pose d’autant plus que la parole des SDF se retrouve noyée du fait du petit nombre de leurs propres tweets par rapport au nombre de tweets de leurs commentateurs. Ainsi, il faut se rendre sur chacune de leurs TL pour prendre connaissance des tweets de Patrick, Nicolas, Ryan, Sébastien et Manu, qui n’ont publié pour l’instant à eux 5 que 118 tweets (au 20/10/2013 à 18h). Les commentateurs se retrouvent donc dans une position de confiscation de la parole de ces SDF.
Cette confiscation intervient comme une barrière supplémentaire ajoutée à celle de la difficulté à s’approprier les codes d’un nouvel espace social. Les médias utilisés pour l’instant : l’écriture, le Smartphone et Twitter, demandent une prise en main qui n’est pas innée, et d’autant moins aisée que l’accueil médiatique qui leur est réservé apparaît mitigé.
Pour éviter que la parole sitôt donnée ne se retrouve confisquée, il est nécessaire d’établir une légitimité à cette parole auprès des twittos en encourageant et en accompagnant cette démarche. C’est ce que devrait permettre en partie le suivi de ces cinq SDF par cinq journalistes de France Inter, qui se contenteront cependant de retweeter ces 5 volontaires.
Si l’idée d’humaniser les chiffres de la misère en y associant ses vrais visages n’est louable, encore est-il nécessaire de leurs donner la voix nécessaire pour faire entendre leurs maux. Sur ce point, le manque de relais transmédia de cette initiative (quelques minutes seulement sur France Inter le 17 octobre) s’apparente à une erreur compte tenu du peu de visibilité de l’initiative et de l’accueil qu’elle reçoit. Accueil, dont on ne peut qu’espérer qu’il se réchauffera avec l’arrivée de l’hiver.
 
Lorraine de Montenay
Sources :
http://www.tweets2rue.fr
http://www.franceinter.fr/evenement-tweets-2-rue
https://twitter.com/search?q=%23tweets2rue&src=hash
http://www.toutalego.com/2013/10/tweet2rue-quand-twitter-confisque-la.html

Société

Arrêtes-toi si tu peux

 
Pour mes doigts. Pour mes 30 ans. Pour l’exemple. Pour lui.
De grands rectangles colorés qui se superposent, des messages accrocheurs en lettres blanches sans cohérence apparente.
Puis, en plus petit, cette conclusion : « On a tous une bonne raison d’arrêter de fumer. »
Dans le métro, cette campagne de l’INPES ne vous aura pas échappé.

A contrepied des campagnes traditionnelles qui mettent l’accent sur la santé, les problèmes cardio-vasculaires ou les déformations atroces dues au tabac, l’INPES change d’angle et mise sur une stratégie plus ludique. La campagne repose en effet sur l’auto-analyse et surtout la motivation du fumeur. Pour une fois, l’arrêt du tabac est proposé de manière positive ; l’accent est mis sur la carotte plutôt que sur le bâton.  Chaque fumeur est invité à trouver « sa bonne raison » d’arrêter.

Dans son communiqué de presse, l’INPES explique : « Le point de départ et non le moindre est la motivation (…). Si les risques du tabac sont bien identifiés par chacun, la motivation aurait besoin d’être encouragée. »
La version vidéo de la campagne propose une approche empathique. On y voit des scènes de la vie quotidienne susceptibles de trouver un écho en chaque fumeur. A chacun sa motivation, qu’il s’agisse de la santé, de l’entourage et de ses proches, de raisons financières ou encore esthétiques.

Voilà ce qu’en dit Yvan Attal, le réalisateur du film « Les raisons » : « Penser les choses « à l’envers », c’est-à-dire penser à tout ce qui permet de mieux profiter de la vie sans cigarette, est un bien meilleur point de départ pour donner envie d’arrêter à celui qui fume. C’est la dimension humaine, esthétique, et émouvante de ces scènes qui donnera peut-être envie à certains de décrocher ».
Tabac et publicité
Petit focus sur le lien entre tabac et campagnes de communication.

Pour lutter contre le tabac, on peut lister trois tendances générales : l’incitation à modifier son comportement, la réglementation et enfin les mobilisations collectives. Les stratégies des campagnes évoluent et s’adaptent aux comportements. Le site de l’INPES répertorie les différentes stratégies des campagnes depuis 1976 (date de promulgation de la loi Veil) :
1976 : première pierre de l’édifice
De 1993 à 1996 : une communication positive
De 1997 à 2001 : « Vous pouvez vous faire aider ! »
Depuis 2001 : « Ne supportez plus la fumée des autres ! »
2001-2003 : informer sur la toxicité de la cigarette
Depuis 2004 : « Fumer, c’est dépassé »
En 2010, renouveler les messages
En 2011 et 2012, l’Inpes mise sur la motivation
Retrouvez ici toutes les campagnes de communication de l’INPES :
http://www.inpes.sante.fr/10000/themes/tabac/campagnes.asp
Mais qu’en pense le public ?
Alors, des campagnes efficaces ? L’INPES a mené l’enquête.
D’après eux, le public est demandeur de campagnes « dures » pour dénoncer les méfaits du tabac, comme c’est le cas dans la campagne anti-tabac « Révélation » de 2002 :

Mais pas seulement.
La nocivité de la cigarette est connue de tous, c’est pourquoi il y a une demande concernant la difficulté d’arrêter. Avec cette nouvelle campagne, on insiste sur la dédramatisation du sevrage.
Pour ceux qui préfèrent arrêt plus en douceur, il y a toujours les cigarettes électroniques. Des couleurs, des parfums, des tailles différentes. Il y en a pour tous les goûts. Avec près d’un million d’utilisateurs occasionnels et 500 000 vapoteurs réguliers, on ne présente plus l’e-cigarette, véritable phénomène de mode.
Le succès d’une campagne anti-tabac repose sur certains principes : communiquer sur la santé publique requiert quelques précautions. Il s’agit de ne pas stigmatiser ou inquiéter, ne pas imposer de normes sociales, ne pas décrire les risques sans proposer des solutions, etc. Comme le souligne l’INPES, « cette communication est d’autant plus délicate qu’elle peut paraître intrusive, normative et aller contre la liberté des individus. »

Un exercice délicat, donc, auquel l’INPES se prête avec plus ou moins de succès. « On a tous une bonne raison d’arrêter », c’est déjà un changement d’angle par rapport aux campagnes précédentes.
En bref, une campagne qui a le mérite de communiquer d’une manière différente.
 
Clara de Sorbay
Sources :
L’INPES, ici et là.
Minutebuzz
Le Figaro