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Réseaux sociaux : bonjour le fisc, adieu vie privée !

Le Ministre de l’Action et des Comptes Publics, Gérald Darmanin, a annoncé dans l’émission Capital sur M6 l’expérimentation de la lutte contre la fraude fiscale en surveillant les réseaux sociaux. Oui vous avez bien lu ! Cette mesure devrait entrer en vigueur au début de l’année prochaine alors il est encore temps de faire le tri dans ses photos Instagram, Facebook et Twitter avant que le fisc ne vous pointe du doigt.

Le contrôle 2.0

Mais en quoi consiste ce contrôle au juste ? C’est très simple en réalité : les services du fisc vérifieront particulièrement vos photos et vidéos mais également toute information sur votre vie qui seraient en contradiction avec votre déclaration officielle de revenus. Et tout cela grâce à un algorithme digne de la série Black Mirror valant plus de 20 millions d’euros et permettant de détecter tous les indices de fraude.

Si jamais vous êtes pris sur le fait, c’est à dire en vous exposant avec des biens qui ne correspondent pas à votre niveau de vie et ceci plusieurs fois de suite, alors une enquête approfondie sera lancée pour savoir s’il s’agit du prêt de votre « cousin » pour citer le Ministre ou réellement une fraude. Réfléchissez bien avant de poster la magnifique photo de votre dernière voiture sur Facebook pour frimer devant vos amis car le plaisir risque d’être de courte durée.

Il s’agit alors de la création d’une toute nouvelle « Police fiscale » en charge d’enquêter et d’explorer le tréfonds de nos réseaux préférés en accédant à nos comptes personnels qui sont ainsi publics. Il y a ainsi une obligation de la collaboration des plateformes avec Bercy, permettant un data mining (exploration de données) plus libre et plus rapide. Cette toute nouvelle collaboration permettrait alors un ciblage précis des utilisateurs. Votre cher profil Twitter pourrait alors devenir votre ennemi juré.

S’exprimer, est-ce s’exposer ?

« Quelle honte ! » ou « Où sont nos libertés ? » pensez-vous à juste titre, mais cette mesure est-elle réellement légale ? Malheureusement oui. Il s’agit de la responsabilité de chacun lorsque nous décidons d’afficher des photos sur des réseaux sociaux publics. Quand nous donnons des informations sur des plateformes publiques, qu’on s’y exprime de n’importe quelle manière que ce soit alors, en effet, on s’expose. Ainsi, nous consentons  inconsciemment à ce que nos informations puissent être consultées par tous.

La collecte des données n’est d’ailleurs pas nouvelle du tout, le fisc regarde déjà les billets d’avions ou toute grosse dépense au nom du consommateur. Le fisc est tout à fait en droit de demander une justification pour toute dépense de notre quotidien. Cela donne froid dans le dos, n’est-ce pas ? Pourtant nous sommes déjà épiés depuis des années sur notre façon de consommer.

La lutte pour la vie privée

Les réactions ne se sont pas faites attendre sur les réseaux sociaux, particulièrement les internautes de la « Twittosphère » qui ont brandi leur plus belle ironie et ont protesté face au danger de la surveillance généralisée.

L’association de la Quadrature du net montre également les dangers de la surveillance généralisée et défend la liberté d’Internet. La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) semble également perplexe face à cette nouvelle pratique, ironique en sachant que le gouvernement avait assuré qu’elle avait été validée.

Êtes-vous prêts à user d’autres subterfuges pour garder votre vie privée et votre consommation secrète ? Ce qui est certain, c’est que nous pouvons compter sur des personnes faisant preuve d’ingéniosité pour passer entre les mailles du filet.

Antoine AZEU

Sources :

Crédits photo :

  • ©NUR PHOTO / AFP
  • https://www.mensxp.com/social-hits/news/48036-crazy-rich-asians-tried-to-lsquo-flaunt-their-wealth-rsquo-but-broke-people-won-the-game.html
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