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Culture

Le jeu vidéo : un produit culturel pas comme les autres

 

L’an dernier, à cette même date, ils étaient 180 000. 180 000 à se presser aux portes du salon Paris Games Week, dont la 3ème édition s’est déroulée cette année à la Porte de Versailles du 31 octobre au 4 novembre. Un chiffre impressionnant pour un produit culturel qui ne cesse de croître : le jeu vidéo.
En effet, si autrefois le jeu vidéo était synonyme de repli sur soi et si jouer était une activité marginale,  l’industrie vidéo-ludique se retrouve à présent propulsée sur les devants de la scène. Le jeu vidéo sur l’année 2011 représente 2,7 milliards € de chiffre d’affaire, et ce seulement en France. Le produit culturel le plus vendu en 2011 n’est ni un livre, ni un film… mais un jeu, Call of Duty : Modern Warfare 3, qui a récolté en 5 jours de commercialisation la bagatelle de 775 millions de dollars. Mais ce qui attire l’attention, ce n’est plus seulement l’importance que prennent ces grosses franchises du jeu vidéo. Ces dernières années, en effet, le jeu vidéo traverse de profonds changements. De plus, on ne vend pas un jeu vidéo comme on vendrait un autre produit : les enjeux sont différents, les techniques également.
L’évolution des joueurs est manifeste, et bat en brèche tous les clichés. Tout d’abord, on peut noter que tout le monde joue. 63 % des Français de 10 ans et plus ont joué aux jeux vidéo. L’âge moyen des joueurs est de 35 ans et est en constante augmentation. Il va donc falloir apprendre à s’adresser à de nouveaux joueurs, plus vieux, et qui ne rentrent donc plus dans la cible visée par la communication traditionnellement plus orientée vers les adolescents. C’est ce qu’a compris avant les autres le japonais Nintendo, avec sa Wii, dont les multiples programmes pour garder la ligne et un esprit vif (Dr Kawashima) ont rencontré un franc succès chez les joueurs plus âgés.

La deuxième évolution dément elle aussi un préjugé depuis longtemps ancré. En effet, 52% des joueurs sont… des joueuses. Le public masculin n’est plus prédominant, et les développeurs et éditeurs l’ont compris : il s’agit de produire des jeux qui plairont aux filles ! Plaire aux petites filles donc, avec beaucoup de jeux « girly » estampillés Barbie ou Littlepetshop, mais aussi aux plus grandes : le contenu des jeux ne mise plus tout sur la violence, et s’enrichit de cette nouvelle identité du public. Cela se traduit dans les jeux même par l’apparition de personnages féminins principaux aux personnalités fortes, qui change des stéréotypes sexualisés qu’ils endossaient auparavant. Toutefois, la sexualisation du marché est toujours forte, et les efforts ne sont que des pistes qu’il faut continuer à explorer. Par exemple, Jade de Beyond Good and Evil, est une journaliste-reporter-aventurière qui va dévoiler à ses lecteurs un bien sombre complot… Bien loin d’une Lara Croft dont le seul intérêt sont ses atours  qui attirent la gente masculine.

Au delà de ce changement de public, le jeu change aussi de pratique. On ne joue plus de la même manière. Tout d’abord, on ne joue plus seul, on joue en réseau. 73% des joueurs pratiquent le jeu en ligne. Cette mise en commun du jeu contribue à créer de véritables communautés qui échangent et influent sur le jeu avec un pouvoir colossal, parfois même trop important. L’année passée le studio Bioware, et son jeu Mass Effect 3 en ont fait les frais : les fans, déçus devant la fin de la trilogie qui ne tenait pas toutes ses promesses, ont tenu à faire entendre leur voix. Ces fans, par leurs actions sur les forums du jeu, sur les réseaux sociaux et sur ces outils « online » mis à leur disposition, ont fini par obtenir gain de cause. En effet, le studio a décidé de modifier son jeu en ligne pour en changer la fin ! Cela pose d’énormes questions : à qui appartient l’œuvre vidéo-ludique ? Ce comportement et cet engouement semble là encore propre au jeu vidéo : il est peu concevable d’aller voir un réalisateur pour aller lui demander de modifier la fin de son film !

Mais le changement de pratique vidéo-ludique se ressent par dessus tout sur l’évolution des supports. Le jeu traditionnel est amené peu à peu à disparaître.

Le nouveau marché est axé autour de deux supports principaux : les réseaux sociaux, et les smartphones et tablettes.
En ce qui concerne les réseaux sociaux, Facebook a pris une longueur d’avance, avec une application dédiée aux jeux, appelée Games Feed. Le succès est au rendez-vous : Sur Facebook, 350 millions de joueurs jouent ensemble, soit 53 % des utilisateurs.
Le marché des jeux sur portable est en pleine expansion. Ce seul marché a dégagé 5,2 milliards  d’euros de chiffre d’affaire dans le monde en 2011. Et certains « hits » en récoltent les fruits : les petits oiseaux énervés d’Angry Birds se sont plus vendus en 3 ans que Mario en 30 ans.
Les effets, prenant une telle ampleur, ne pouvaient rester circonscrits au seul milieu des jeux vidéo. La communication elle-même lorgne de plus en plus du côté du jeu, via l’ « advergaming ». Il s’agit de divertir, tout en faisant passer un message ou en vendant une marque. Cela peut se faire en introduisant le message dans un jeu (très présent dans les jeux sportifs ou automobiles), ou en faisant passer le message via une forme vidéo-ludique. (Cela est très présent sur Internet, notamment sur Facebook.)
Au vu de toutes ces évolutions, le marché culturel étrange et grandissant du jeu a probablement encore de beaux jours devant lui…
 
 Clément Francfort
 

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Culture

My name is…

 
En juillet dernier, James Bond et la reine Elisabeth d’Angleterre tombaient du ciel en parachute pour ouvrir les Jeux Olympiques de Londres. Moment mémorable qui marque bien l’ancrage du mythe James Bond dans la culture britannique et qui annonce implicitement le nouveau film de Sam Mendes. C’est dit, Skyfall est sorti le 23 octobre en avant-première à Londres. Ont alors commencé à pleuvoir les gadgets de communication du super-héros ou plutôt de sa super production.
Le 50e anniversaire des James Bond au cinéma constitue le discours d’accompagnement, le prologue de la campagne de communication pour promouvoir le film. Une campagne qui joue sur une reprise par lesannonceurs du personnage principal. Ou comment se parer pour la sortie du prochain film. Coca-Cola Zéro exhibe sur ses canettes collector ultra design la silhouette de Daniel Craig en smoking noir et blanc suivi du slogan « Unlock the 007 in you » comme pour inciter à l’action d’un super-héros, ou mieux, celle d’un super-consommateur.
Rien de mieux pour une marque que de revêtir le costume de l’agent secret pour fidéliser son public.
Certaines marques y voient aussi l’opportunité de lancer de nouveaux produits comme les vernis OPI avec ses nouvelles teintes intitulées « Golden Eye » dorée, « Casino Royale » violette et « Skyfall » aubergine. Bollinger, connu pour être LE champagne fétiche de Bond, a, quant à lui, créé un coffret spécial en forme de silencieux noir qui s’ouvre à l’aide du code 0, 0 et 7… Heureux hasard.
Si vous rêvez encore de devenir James Bond (ou James Bond girl), le site officiel du tourisme du Royaume-Uni exaucera vos 36 000 volontés. Visit Britain propose aux internautes une série de missions en ligne pour tenter de gagner un séjour à Londres sur les traces de l’agent secret avec des incantations telles « Live like Bond », « Accept your mission », ou un défi « Have you got what it takes ? ». Le site propose également un film publicitaire vantant les qualités de James Bond et de l’Angleterre, confondues et décrites comme «  emblématiques», « authentiques », « exaltants », « époustouflants » jusqu’au jeu de mot « You’re invited. Bond is Great… Britain ».Visit Britain mise sur un transfert de l’imaginaire des fans de James Bond sur le Royaume-Uni.
D’autres marques profitent même du film et y placent leurs produits, qui deviennent pour certains des symboles, comme l’Aston Martin ou la montre Omega présentes dans chaque film. Les symboles changent aussi au fil des annonceurs : désormais l’agent secret ne boit plus sa vodka martini « shaken not stirred » mais une bière Heineken ! Les temps ont bien changé ! Le personnage est utilisé à des fins publicitaires : en utilisant le nouveau smartphone X Peria T de Sony, il  incite le consommateur à faire de même.
Alors, y aurait-il un glissement du personnage mythique vers une marque à part entière ?
James Bond n’est plus un produit de la Guerre Froide ou une conséquence des Trente Glorieuses. Alors que ses gadgets annonçaient une société de consommation d’après-guerre et sa voiture l’essor de ce moyen de transport, James Bond évolue aujourd’hui plus vite que la musique et que les avancées techniques. Le personnage des romans et des films devient peu à peu une marque qui a une importance non négligeable sur le marché. Les atouts propres au  personnage et aux films deviennent des outils de marque. Par exemple le logo, le sigle 007, le slogan « My name is Bond », la musique, le générique qui se dessine toujours sur le même scénario (James Bond tire avec son pistolet et atteint sa cible), ses James Bond girls. On reconnaît un générique de James Bond comme on reconnaîtrait une publicité. Les valeurs véhiculées par cette marque sont sans cesse réaffirmées dans les films : James Bond incarne l’éternel gentleman au courage sans limites, son humour anglais capable de survivre à n’importe quelle situation.
Sa facilité de s’accommoder au fil du temps et de perdurer depuis 1962 est un accompagnement du spectateur, celui-ci a grandi entouré de l’univers de James Bond. Dans le monde fragile dans lequel nous nous trouvons, rien de mieux que de suivre les péripéties d’un homme d’action, voulant agir pour le bien de sa patrie tout en profitant des biens terrestres.
James Bond assure et rassure. God save communication.
 
Félicia de Petiville
Sources :
Le Figaro et vous
The Guardian « The Skyfall’s the limit on James Bond marketing»
Stratégies « James Bond, une marque, une vraie ! »

Culture

L'anticonformisme selon France 3

 
La rentrée 2012 a été riche en campagnes médiatiques et aujourd’hui on s’intéresse à celle de France 3. Si vous êtes passés à côté, elle ressemble à ça.
Créée par l’agence « Australie », cette campagne d’affichage, qui s’accompagne de supports radio et vidéo, a fait sensation sur les réseaux sociaux. Et pourtant, les afficionados de Twitter et Facebook ne sont pas le cœur de cible d’une chaîne qui traîne derrière elle une image « vieillotte ». Mais en 2012, France 3 se rebelle et décide de faire entendre sa voix à travers une campagne osée.
Problème : comment  parler, à une génération de trentenaires urbains, d’émissions pour la plupart regardées par nos grands-parents ? Et surtout, – même si l’agence ne le formule pas de cette manière dans son discours – comment faire passer l’idée que regarder France 3 est une activité socialement valorisante ? Tout simplement en jouant la carte de l’humour.
Avec des slogans faisant la part belle à l’ironie et au second degré la chaîne nous montre qu’elle n’oublie pas de prendre du recul par rapport à ses propres productions. Cependant, rajeunir l’image d’une marque est toujours une tentative périlleuse. Et dans le cas de France 3, le risque était grand de nier l’identité de la marque en cherchant à travestir ses valeurs. Or, l’intelligence d’ « Australie » a précisément été d’axer sa campagne sur six émissions phares de la chaîne parmi lesquelles  30 millions d’amis, Plus belle la vie ou Côté Jardin.
Faire preuve d’autodérision c’est bien, en profiter pour tacler la concurrence c’est mieux. Après D8, c’est donc au tour de France 3 de s’attaquer aux programmes de M6. Avec humour, un des visuels consacrés à  Des Racines et des Ailes  annonce « Quand on s’invite dans un lieu, ce n’est pas pour refaire la déco » — les intéressés apprécieront. De manière moins marquée, les autres chaînes du PAF en prennent pour leur grade avec des références à la télé-réalité ou aux émissions hyper-scénarisées.
Bref, à travers ces quelques affiches France 3 affirme son caractère décalé. Destiné aux jeunes urbains, leur message pourrait se simplifier en ces mots : regarder France 3 c’est bien car c’est anti-mainstream. La chaîne, plutôt que de se lancer dans une quête de reconnaissance, prend le contrepied des critiques. La 3 devient « tendance », précisément parce que ses programmes ne le sont pas.
Alors si vous souhaitez briller en soirée, n’oubliez pas, dites que vous regardez  Thalassa.
 
Angélina Pineau

N.B : et pour tous ceux qui s’intéressent au graphisme, une très bonne analyse de cette campagne est disponible ici sur le site d’OWNI.

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Affiche du film Would you have sex with an arab - sortie en 2012
Culture

Would you have sex with an arab ?

 
Si vous avez emprunté le métro ces dernières semaines, vous avez certainement été frappé par ces quelques mots qui ornent l’affiche du film de Yolande Zauberman « Would you have sex with an arab ? ». Au-delà du titre d’un film, il s’agit d’une véritable interpellation, d’une invitation à la réflexion. Et vous, est-ce que vous coucheriez avec un arabe ?
On dénote un certain malaise dans ces mots, un tabou, un interdit. La réalisatrice ne pose pas la question « avez-vous déjà couché avec un arabe ? » ou « vous est-il déjà arrivé d’entretenir une relation amoureuse avec un arabe ? ». Non, elle emploie le conditionnel « would you », « est-ce que vous le feriez ? » pour mettre en évidence une impossibilité, une improbabilité, en quelque sorte une barrière comme si le fait de faire l’amour avec un « arabe » tenait de l’extraordinaire. Cette question résonne un défi, comme une interrogation existentielle : si nous nous trouvions dans cette situation est-ce que nous dépasserions l’interdit ?
Aujourd’hui en Israël, un individu sur cinq est arabe. Un million cinq cent mille arabes vivent en communauté avec la société juive-israélienne, sans en être séparés par un mur. C’est dans ce contexte, où la formation de couples mixtes est presque considérée comme un crime, que Yolande Zauberman interroge de jeunes juifs de Tel-Aviv, mais aussi des arabes israéliens sur la possibilité d’un rapport sexuel avec un(e) arabe (et inversement un(e) juif(ve)). On se rend compte que le conflit israélo-palestinien est partout, qu’il s’immisce même dans la chambre à coucher qui est lieu de l’intime.
La finalité de la question n’est en fait plus de savoir si effectivement ces israélien(nne)s pourraient entretenir des rapports sexuels avec des arabes, mais plutôt d’interroger profondément la manière dont la question est perçue. On cherche à comprendre le sens de la question pour le récepteur : qu’associe-t-on au mot « arabe »  (et inversement au mot « juif »)? Il apparait clairement dans le film que souvent, dans la société israélienne, ces termes renvoient à l’idée de l’ «ennemi », de  « l’envahisseur », de l’ « autre ». Et pourtant, on ne fait pas l’amour à une représentation mais à une personne. On dématérialise ici l’humain, l’individu et on le renvoie à une idée, un imaginaire que l’on se fait de l’autre, qui dans ce contexte, apparait indissociable de l’identité. Une jeune juive israélienne exprime cette idée de manière triste mais quelque part touchante lorsqu’elle raconte son expérience « quand je l’ai fait, c’est comme si je faisais la paix avec un peuple. Je n’ai pas pu une seule seconde oublier qu’il était Palestinien. C’était purement politique, le coup le moins érotique de toute ma vie ».  La diversité des sens de cette question génère la diversité des réponses qui tient sur la manière dont les jeunes font l’expérience du conflit.
Il n’est pas anodin que ce film nous soit présenté ainsi de manière provocante, car au-delà de la situation au Moyen-Orient, il s’inscrit dans un contexte de tensions déjà existantes pour ceux qui veulent réfléchir en termes de séparation, entre « you » et « the arab ». Elle nous interroge sur notre représentation de l’autre, sur les barrières et les tabous qu’elle nous impose et son influence sur notre manière d’envisager le rapport avec l’autre de manière universelle.
 
Camélia Docquin

Culture

Jacques a dit que Balzac et Zola allaient devenir des panneaux publicitaires

 
Rien d’étonnant dans le fait de trouver des doubles pages de publicité dans Glamour, ni même dans votre M du weekend : les annonceurs commerciaux ciblent toutes les composantes du spectre de la presse écrite sans faire les fines bouches, en visant néanmoins les titres correspondant à leur secteur d’appartenance et aux publics qu’ils souhaitent toucher – leurs clients potentiels. Cette stratégie permet effectivement d’atténuer le caractère invasif de leurs appels d’offres qui, tombant à propos, dérangent moins les lecteurs. Prenons l’exemple archétype des magazines féminins : si nombreuses sont les lectrices – et nombreux les lecteurs ? – qui témoignent de leur exaspération face à l’absence de contenu éditorial et se plaignent de l’invasion des annonces, il n’en reste pas moins qu’elles font aujourd’hui partie intégrante du corps de ce genre de titres, jusqu’à paraitre naturelles. Ces magazines constituent des supports publicitaires particulièrement opportuns – des écrins publicitaires si bien conçus que les publicités appartiennent désormais au contrat de lecture. Et notons que ce qui est vrai pour Elle ou Grazia l’est aussi pour Auto-Journal ou Science & Vie Junior. Il serait cependant injuste, inutile voire même insensé de faire de ce constat un blâme : la presse écrite a autant besoin des ressources que lui procure la publicité que les annonceurs des supports qu’elle leurs offre – ils sont nécessaires à leur existence respective. L’ensemble du système de la presse écrite repose sur cette interdépendance qui, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, lui permet de conserver sa liberté – son autonomie vis-à-vis des pouvoirs politiques.
Rien d’étonnant, donc, à trouver de la publicité dans les journaux ou dans les magazines – seuls les lecteurs du Canard Enchaîné ou de Causette y échappent. Mais que diriez-vous de voir apparaitre une annonce pour Nescafé, Mr Propre ou encore Durex dans un livre ?
C’est ce qui vous attend si vous avez adopté les eBook readers, ces liseuses numériques à ne pas confondre avec les tablettes, qui possèdent bien plus de fonctions et sont dotées d’applications. Il vous est par exemple impossible de jouer à Angry Bird sur le Kindle d’Amazon ou sur le Kobo de la Fnac ; et je crains qu’elles ne vous permettent pas non plus de consulter vos comptes, de géo-localiser le McDo le plus proche ou de live-twitter un meeting de Mélenchon. Notons cependant que les liseuses offrent un réel confort de lecture : leur écran n’est pas rétroéclairé, et les yeux ne fatiguent pas. Si elles ne multiplient pas les fonctions, c’est donc pour mieux assumer la leur.
J’entends d’ici les puritains crier au scandale – « un support numérique ne remplacera jamais le livre ! ». Et je ne peux qu’acquiescer.
Les eBooks ne remplaceront pas les livres – ce n’est d’ailleurs pas leur vocation. Les contenus numériques sont transportables plus facilement, et moins chers – tout simplement. Et c’est à la lumière de ces avantages qu’il faut reconsidérer et juger les liseuses.
Mais nous ne sommes pas ici pour faire leur procès. Signalons néanmoins que le fait qu’il n’y ait pas encore de tradition attachée au livre numérique laisse la porte ouverte à des pratiques auxquelles on n’aurait jamais songé avec les livres papiers – c’est le cas de la publicité.
Les éditeurs numériques songent effectivement à autoriser l’insertion de publicités au sein même des eBooks. Ainsi, lorsqu’un personnage du roman que vous lirez sirotera une tasse de thé, il se pourra qu’apparaisse sur la page de votre liseuse une annonce, ou le lien vers une annonce de la marque Earl Grey. De même, si le décor de l’action est planté à San Francisco, vous pourriez voir s’afficher sur votre écran une publicité pour une chaîne d’hôtels prestigieux de la ville, ou pour une agence de voyage américaine …
Une telle nouvelle donne envie de crier au scandale, je vous l’accorde. La première réaction ne peut être que le refus épidermique : souiller ainsi le livre, cet objet sacré – sacralisé ?
Les éditeurs numériques mettent en avant la baisse des coûts : une telle pratique permettrait de diminuer le prix des eBooks, et donc de faciliter l’accès à tous aux contenus et à la culture. Rappelons que la T.V.A. sur les livres vient d’augmenter, passant de 5,5% à 7%…
Que penser d’une telle mesure ? Faut-il distinguer les livres papiers des livres numériques, et accepter de faire une place aux annonceurs sur le territoire bien gardé du livre, via les eBooks ? Sans doute serait-il plus judicieux de ne pas établir de différence fondamentale entre les deux types de supports, pour plusieurs raisons : cela permettrait d’abord de revaloriser le livre numérique, qui souffre d’un manque essentiel de reconnaissance et de crédit par rapport au livre papier. Et puis, si l’on autorisait l’insertion de publicités dans les eBooks, pourquoi la refuserait-on, à long terme, dans les livres traditionnels ? …
 
Elodie Dureu

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Snoop Dogg Hologram Tupac
Culture

La résurrection de Tupac Shakur

 
Tupac Shakur n’est pas mort et pour tout vous dire je m’en doutais un peu.
C’est lors de la dernière édition du festival Coachella, qui s’est terminée dimanche dernier, que le martyr du Hip Hop West Coast a signé son grand retour sur scène aux côtés de Snoop Dogg devant un public médusé. L’icône du rap US a commencé sa prestation par un savoureux « Do you know who the fuck it is ? » avant d’attaquer les premières lignes de Hail Mary. Puis il a disparu à la fin de 2 of Amerikaz Most Wanted dans un brouillard presque féerique, laissant les festivaliers sur leur faim, plus vraiment certains que Tupac soit mort depuis plus de dix ans.
Malheureusement, pas de tour de magie là-dessous, ni de vraie résurrection, il s’agissait d’un hologramme concocté par le festival à la demande de Dr.Dre. C’est le studio de James Cameron, Digital Domain Media Group, qui avait déjà brillé en raflant un Oscar dans la catégorie « visual effects » pour le film « L’étrange Histoire de Benjamin Button », qui s’est attelé à la tache. C’est une version améliorée de la méthode du Pepper’s Ghost mise au point en 1860 qui a permis de recréer un Tupac plus vrai que nature. Rien de nouveau donc. Il s’agit en fait de projeter une image sur une surface, ici la scène du festival, recouverte de papier Mylar. Ce n’est donc pas un hologramme à proprement parler, car c’est un Tupac 2D et non 3D que les festivaliers ont pu admirer. L’image, elle, n’est pas non plus un simple copié-collé d’un concert de l’artiste. Au contraire, elle a été travaillée sur ordinateur en se basant sur les caractéristiques physiques et la gestuelle provenant de plusieurs enregistrements afin de rendre la scène encore plus réaliste.
Passés ces détails techniques, il faut aussi saluer l’audace de la performance. Alors que le fantôme de Nate Dogg était aussi de la fête, seul Tupac semble avoir marqué les esprits. Abattu à Las Vegas en 1996 dans des circonstances encore mystérieuses, le mythe Tupac est toujours bien vivant et certains restent persuadés que ce dernier n’est pas mort. Pour se rendre compte de l’étendue du phénomène il suffit de taper « 2Pac is still alive » sur un moteur de recherche, vous ne serez pas déçus du résultat tant les théories du complot sont variées. Ainsi, redonner vie à Tupac, qui plus est dans son fief, la Californie, est une belle manière de jouer avec la légende. Le choix de la première chanson Hail Mary est lui aussi emblématique car c’est une ode à la vengeance sur laquelle le rappeur défie ceux qui l’ont trahi et ceux qui ont voulu sa tête. Les punchlines « I am a ghost in this killing fields » et « revenge is like the sweetest thing » prennent donc ici tout leur sens.

On s’en doute, cette brève réapparition a particulièrement plu sur le Web et les internautes s’en sont donnés à cœur joie en relayant les rumeurs de son retour. Notre Tupac virtuel s’est même vu créer un compte sur Twitter @HologramTupac avec comme accroche « I rap and I am an hologram » et un public de plus de 33 000 followers. Parmi les meilleurs détournements, on retiendra aussi la version Star Wars du concert ainsi que la fausse programmation 100% artistes morts, réalisée par Brain Magazine et intitulée le Coachella Hologram Festival.
Le petit tour de Dr.Dre et Snoop Dogg semble donc plutôt réussi et on parle maintenant de ressusciter d’autres artistes, chanteurs ou acteurs. En effet, bien que Dre ait renoncé à partir en tournée avec Tupac, il semble vouloir s’attaquer à deux autres grandes icônes américaines, Marvin Gaye et Jimi Hendrix. De son coté, Jackie Jackson voit les choses en encore plus grand et envisage de ramener son frère Michael à la vie pour la prochaine tournée des Jackson5. Si cette surenchère fait sourire, cela peut aussi paraître assez morbide sous certains aspects. Bien sûr, Gorillaz ou encore les Black Eyed Peas avaient déjà utilisé ce procédé mais jamais avec un mort.
A vrai dire, une seule personne avait osé jusque-là : Céline Dion. En effet, la diva québécoise s’était déjà essayée à ce petit tour de passe-passe en chantant avec Elvis Presley sur le plateau d’American Idol. Un duo virtuel qui avait tout de même un peu moins de panache, sans vouloir froisser les fans de Céline. De plus, on voyait déjà à l’époque se profiler un problème majeur concernant le respect du mort. Le King avait-il vraiment envie de chanter en duo avec Céline Dion ? Je vous laisse y réfléchir.
 
Pauline Legrand
Crédits photo: ©nme.com

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Culture

La loi des Séries

 
Ici point de fans hystériques ni de billets d’entrée au prix exorbitant d’un bras, voire même deux si vous refusez de partir sans votre photo de l’accolade avec votre déité cathodique fétiche. Le Forum des Images organise pour sa troisième édition le festival « Séries Mania », qui vous donnera un avant goût des séries françaises qui tiendront sous peu le haut de l’affiche. Mais loin d’être chauvin, ce festival vous donnera également l’occasion, grâce à une sélection internationale, de voir ce qui se fait de mieux aujourd’hui à l’étranger en termes de productions pour le petit écran. Débuté lundi, le festival s’achèvera lundi prochain. Et bon point pour les étudiants, les « sériephiles » ou tout autre curieux, l’entrée est gratuite.
 
L’occasion de trouver Série à son pied…
 
La bonne idée de ce festival c’est de mettre en lumière certaines séries peu ou pas – encore – révélées au grand public. Le festival n’a pas pour mission de promouvoir des séries qui tiennent déjà le haut du pavé et qui nous sont souvent resservies à loisir façon chewing-gum remâché. Qu’elles soient récentes ou diffusées en avant-première, ce festival a cela de frais qu’il nous concocte un programme blindé de pépites en puissance que nous aurions découvert au mieux quelques mois après leur diffusion dans leur pays natal (et pour cause, l’outre-Atlantique est souvent dure à traverser, quoique l’arrivée du streaming ait un peu changé la donne…), au pire jamais. En effet quelle meilleure vitrine que ce festival pour des séries comme Ta Gordin/Mice , tout droit venue d’Israël, dont les deux premiers épisodes seront projetés dimanche avant une présentation par Amit Cohen, le scénariste de la série, et Ron Leshem, son producteur exécutif. Car l’autre valeur ajoutée de ce festival, c’est incontestablement la présence d’émissaires venus présenter leur production, l’occasion, on l’imagine, d’ouvrir des espaces de discussion. On le comprendra c’est donc un véritable melting-pot télévisuel avec la mise à l’honneur cette année de l’Australie et du Québec. « Pour la première fois, l’Amérique du Sud est aussi présente avec une moisson de séries argentines, tandis que l’Europe du Nord étonne toujours avec une découverte belge sur le tour cycliste de Flandres (De Ronde) et la burlesque incursion d’un mafieux américain dans les paysages de la Norvège profonde (Lilyhammer) ». Un programme intéressant donc, qui reflète tant les divers visages de la création télévisuelle que son extrême fertilité.
 
Quand les séries tiennent le haut de l’affiche
 
Qui ne saliverait pas devant cette présentation faite sur le site officiel du festival ?
« Séries Mania présente un choix de séries anglo-saxonnes qui font ou feront l’événement dans les mois à venir, parfois associées à des noms prestigieux du cinéma, comme Michael Mann pour Luck, Laura Dern pour Enlightened ou encore Steven Spielberg pour Smash. Des showrunners particulièrement prolixes reviennent avec leur dernière création, tels J. J. Abrams (Alcatraz) et Ryan Murphy (American Horror Story)… » .
Ce « teaser » est la meilleure illustration de la nouvelle perméabilité entre cinéma et série T.V. De là à dire que la série T.V est une héritière toute trouvée de son aîné, il n’y a qu’un pas, qu’on ne serait pas les premiers à franchir : réalisateurs, acteurs ; les passerelles sont nombreuses et il est courant de voir les têtes connues passer du grand au petit écran.
 
Et s’offre même le luxe de la réflexivité
 
Depuis quelques années, la création des séries télévisées se fait beaucoup plus dense, de meilleure qualité aussi. Fini Dallas, sirènes en maillots rouges et autres telenovelas culculs diffusées ou tard le matin, ou en plein après-midi. Désormais les séries télé se veulent arty, esthétiques voire carrément intellos. Une série télé ne se subit plus, elle se déguste. Preuve en est le succès de Lost, tarabiscotée comme il faut, créant sa propre mythologie, de Madmen, visuellement impeccable, ou encore dans un autre genre la rediffusion – sur Arte – près de 20 ans après sa première diffusion en France, de la série Twin Peaks créée par David Lynch, qui avait alors été déprogrammée faute de public.
C’est donc logiquement que des séries si travaillées et dont le contenu n’est aucunement laissé au hasard, s’offrent si bien à l’exégèse et au commentaire. Riche de ce constat, le festival a intégré à ses projections des tables rondes et conférences* qui raviront autant les initiés que les novices.  Cette année, le festival abordera notamment ces questions : « Les génériques : un art en soi ? », « Une série peut-elle être politique ? » mais  aussi la spécificité des programmes courts qui font aujourd’hui recette (Bref, Scènes de ménages,…). Des zooms seront faits sur les séries Lost, Ainsi soient-ils, ou Friday Night Lights.
Et parce que les séries jouent les prolongations en dehors du petit écran, vous trouverez également des juke-boxes diffusant le meilleur des génériques, et des images d’une sélection de Web-séries et de mini-formats.  A découvrir par lot de deux épisodes ou à engloutir par saison entière, le site du festival sera votre meilleur allié pour vous constituer un menu à la carte !
 
Marie Latirre
*Tables rondes qui pourront être suivies en direct ou en différé sur le site du festival notamment.

Culture

Peut-on toujours « madonner » le monde à 53 ans ?

 
Ce n’est une surprise pour personne : le nouvel album de Madonna est sorti le lundi 26 mars dans les bacs. Minutieusement préparée, la communication élaborée autour de la parution de cet opus provoquait déjà une scission entre les fans impatients et les autres, partagés entre l’agacement et une curiosité réservée. Toutefois,  chacun à sa manière attendait de pied ferme le retour de la « Reine de la Pop ».
Le titre même se veut accrocheur : « MDNA », initiales qui font évidemment écho aux petits cristaux euphorisants, ainsi qu’au DNA, acronyme anglais d’ADN. On s’attend alors à un album qui serait du « pur Madonna », marqué à la fois par son ADN et ses vertus addictives. La promesse est élevée, et la communication autour du douzième album de la Reine n’est pas là pour le démentir.
L’élément paroxystique de sa promotion est bien sûr sa performance à la mi-temps du  Super Bowl 2012, diffusée sur NBC. La Madone commençait en effet son live en reprenant deux de ses titres phares : Vogue et Music, avant d’enchaîner de façon plus surprenante sur une reprise de Sexy and I Know It de LMFAO. Mais c’était surtout l’occasion de chanter son nouveau single Give Me All Your Luvin avec ses deux nouvelles collaboratrices Nicki Minaj et MIA. Devant environ 114 millions de téléspectateurs, il s’agissait d’un véritable enjeu pour créer l’engouement autour de son album.

Oui mais voilà, déjà, à ce moment, un article du Figaro soulignait : « La prestation était à couper le souffle du côté de la mise en scène. Mais la chanteuse, un peu molle et hésitante dans sa performance, a perdu de sa superbe. ». Un tel propos laisse bien entendre le principal obstacle pour Madonna : personne ne nie sa capacité à surprendre et à proposer des spectacles de qualité, mais là où le doute s’installe, c’est lorsqu’il s’agit de savoir si elle est toujours celle qui casse les paradigmes des tendances musicales, celle qui trône au royaume de la musique populaire.
En effet, celle qui a vendu le plus de disques de tous les temps se confronte à des monstres de la scène musicale, prêts à jouer sur les ressorts les plus efficaces de la communication et de la provocation pour faire parler d’eux. Citons sa principale concurrente Lady Gaga, à la fois artiste la plus suivie sur Twitter et personnalité la plus influente du monde selon le magazine Time . Celle-ci cherche l’innovation à un point tel qu’elle a opté pour un changement de look au jour le jour, la création d’un réseau social (LittleMonsters.com) ou encore des prises de position politiques (la dernière en date : création d’une association pour se battre contre les humiliations subies par les jeunes lors des bizutages). Par ailleurs, l’américaine délurée est tout aussi capable de faire des shows enflammés que des ballades au piano.
En clair : la jeune génération (oui oui, Katy Perry, Shakira, et toute la clique) a formé une nouvelle cour des Grands, dans laquelle on joue certes à provoquer aux niveaux politique et sexuel, mais également à triompher sur Twitter & Co. Voilà pourquoi le nouvel album de Madonna semble décevoir : il semble presque désuet dans les moyens qu’il exploite pour faire parler de lui.  Ainsi, le clip « Girls Gone Wild » paru tout récemment, tire les ficelles du « porno chic » dans un paysage sadomasochiste qui… non seulement ne surprend plus, mais encore fait penser aux premières vidéos de Madonna, illustrant des morceaux comme Erotica.

Madonna : Girl gone wild (2012) par tartenpion333
Enfin, on serait presque tenté de dire que quelque chose sonne « faux » dans cette exhibition de la part de cette femme de 53 ans. Elle serait allée jusqu’à s’écrier « Combien d’entre vous dans cette salle ont vu Molly ? » (pour ne pas dire MDMA) au festival Ultra Music à Miami, propos qui amènera le DJ canadien Deadmau5 à poster sur Facebook : « Très classe, Madonna. Quel super message pour les jeunes fans de musique. Mais au moins, t’es hype et branchée! J’en ai rien à faire de critiquer Madonna. Je peux admirer sa carrière et tout ce qu’elle a fait de bien, mais c’était quoi, cette connerie? C’est ça, ton message? Rechercher de la drogue? Va te faire foutre, putain d’imbécile! ».
On peut donc penser, au terme de cette argumentation, qu’il y a peut-être une erreur dans l’approche de Madonna pour continuer à régner sur le monde de la pop, qui est paradoxale : pour être « in », la diva n’aurait peut-être pas dû surfer sur la puissante vague électro-érotique qui fait la grande tendance du moment. Toutefois, il faut savoir que les plus critiqués sont en général les plus grands, et que l’album de Madonna reste de bonne qualité, beaucoup de journalistes se recoupant dans leur opinion, selon laquelle les singles ne sont pas les meilleurs morceaux, l’album proposant quelques bonnes pistes à l’instar de « Gang Bang » ou « I don’t give A ».
Il revient donc à chacun de faire le choix d’aimer ou ne pas aimer.

 
Lucas Vaquer
Crédits photos: billboard.com  

Street Art "What are you looking at" ?
Culture

Jacques ne l’a pas dit mais le street art est en vogue

 
Jacques ne l’a pas dit mais peut être qu’il devrait en parler davantage. Je parle de tous ces artistes de rue à l’image de Banksy, JR ou encore Mark Jenkins qui travaillent depuis des années à surprendre les individus que nous sommes par l’exposition d’œuvres d’arts inattendus destinées à faire réagir celui qui les voit à savoir le plus souvent, le piéton.
Si je prends le temps de m’arrêter sur leur travail aujourd’hui c’est parce qu’il me semble que le street art est un mode de communication au sens le plus brut du terme tout comme l’art est de manière générale un mode d’expression et donc un mode de communication. Le particularisme du street art, enfin selon moi, réside dans le fait qu’il confronte le spectateur à un spectacle inattendu et donc surprenant voire même parfois choquant. Il est possible d’ailleurs que ce type de réaction soit celle attendu par l’artiste dès le moment où il conçoit son œuvre : par exemple Mark Jenkins comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous expose consciemment certaines de ses œuvres, des personnages en scotch habillés pour ressembler à de véritables personnes, à la vue de tous et filme les réactions des passants à leur contact.

Ce type de travail permet alors l’établissement d’une communication implicite entre l’auteur de l’œuvre et le spectateur de cette même œuvre. En effet, le premier va révéler à l’autre l’existence d’un point de vue dont il n’avait pas connaissance par le seul fait de l’amener à réfléchir au sens de ce qu’il voit. Ce qu’il voit est alors souvent très ordinaire, quelque chose qu’il voit tous les jours à tel point que paradoxalement il n’y prête même plus attention. Ce peut être le visage des gens qu’ils croisent dans la rue (JR et ses expositions photos caricatures), ou les ordures qui inondent les poubelles (Tim Noble et Sue Webster) ou encore le détournement d’objet du quotidien (la cabine téléphonique de Banksy). Eclairés sous un nouveau jour, mis en valeur par un nouveau regard l’artiste pousse son public à se poser de nouvelles questions et met en lumière des phénomènes courants et pourtant important.
Ce type d’art connait à l’heure actuelle un certain succès puisque des agents économiques et sociaux ont pu dernièrement, reprendre à leur compte ce type de mécanisme. On peut citer ici les autorités néo-zélandaises qui jouent à réaliser du trompe l’œil sur les trottoirs pour alerter les piétons sur les dangers de la route mais aussi un organe de sensibilisation anglais qui utilise le tag comme vecteur de son message sur la nécessité d’utiliser des préservatifs[1] et enfin les trois fausses grand-mères d’un groupe nommé Neozoon qui cherchent à faire passer leur message quant à la lutte contre la maltraitance des animaux en affichant des fourrures dans les rues de Paris et Berlin[2].
Ainsi, le street art en vient à se démocratiser et à se mettre parfois au service d’idéaux qui communiquent alors de manière frappante sur leurs idées. Si l’idée est intéressante il convient cependant de ne jamais oublier que le street art trouve ses racines dans la sincérité, le partage d’idées fortes et une certaine abnégation des artistes qui le représentent puisqu’ils cherchent avant tout la confrontation avec le public. Des lors, il est nécessaire de s’inscrire dans cet esprit pour réussir à frapper avec succès et une certaine éthique, l’esprit des passants qui verront votre travail.
 
Justine Jadaud

[1] road4.com
[2] wecomin

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Affiche du film Chronicle sorti en février 2012
Culture

Hommes Volants Non Identifiés à New-York

Une attaque d’hommes venus d’une autre planète ? Non non, pas de panique il s’agit simplement de la promotion du film Chronicle qui sort le 22 Février prochain sur nos écrans.

L’illusion est saisissante et l’effet garanti, certains habitants de New-York ont d’ailleurs réellement cru à une attaque. L’affiche de cinéma classique ne suffisant plus à promouvoir un film, ces publicitaires ont voulu aller plus loin, beaucoup plus loin. Et ça marche : plus de 600.000 visionnages sur Youtube en une seule journée. Les méthodes pour diversifier la communication promotionnelle de tous types de produits n’ont pas fini de nous surprendre…
 
Héloïse Hamard