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Société

Twitter, le petit oiseau fait des bulles

 
Le jeudi 7 novembre, à New York, Twitter est entré en bourse. Cette entrée, qui n’aura surpris personne tant le réseau social l’avait soigneusement préparée en amont, a été assez réussie selon les observateurs, le titre ayant grimpé jusqu’au double de sa valeur initiale avant de se stabiliser aux alentour de 44$ l’action. La “catastrophe Facebook” était donc évitée.
Cette réussite s’explique par plusieurs facteurs qui construisent à eux tous une communication globale parfaitement maitrisée. Celle-ci a permis à l’entreprise de San Francisco de résoudre les paradoxes qui existent entre l’intérêt des utilisateurs et celui des investisseurs mais surtout celui entre innovation et prudence.

Premier facteur donc, l’effort de transparence dont a fait preuve Twitter n’hésitant pas à annoncer ses pertes prévisionnelles en place publique ou encore à ne pas cacher qu’il pourrait y avoir des problèmes dans son modèle économique tout en restant ferme sur sa volonté de ne pas ajouter plus de publicité sur son site principal. Cela a bien sûr participé à rassurer à la fois les utilisateurs (audience et donc matière qui fonde la valeur de Twitter) et les investisseurs, Twitter apparaissant comme une société sérieuse consciente de ses défauts et problèmes.
Deuxième facteur, la posture humble et sérieuse que la société a prise vis à vis de sa cotation en bourse. Le choix du NYSE et non du Nasdaq n’est pas anodin (Facebook avait choisi ce dernier). En effet, le Nasdaq est habituellement réservé aux valeurs technologiques à fort potentiel d’innovation et de croissance (choix qui aurait semblé dès lors logique pour Twitter), ce qui en fait le marché privilégié des spéculateurs à court terme. À l’inverse, le NYSE est historiquement le marché des valeurs dites traditionnelles (industrie, sidérurgie, automobile notamment), installées et portées sur le long terme. Le choix du NYSE par Twitter communique une volonté de se développer sur le long terme et permet ainsi de réduire les nombreuses craintes quant aux défauts actuels, aux niveaux financier et économique, de la société. De plus Twitter, qui a surement appris du contre-exemple Facebook a décidé de présenter une action à un taux assez raisonnable (bien que supérieur à celui prévu en premier lieu) et surtout dans un volume relativement faible. Le réseau social a ainsi travaillé sa rareté sur les marchés ce qui a permis à l’action d’augmenter facilement sa valeur.
Mais tout cela n’explique toujours pas pourquoi bon nombre d’investisseurs ressentent le besoin d’investir dans Twitter, de croire tout simplement en la possibilité pour la compagnie de dégager du profit, celle-ci étant jusque là déficitaire (134 millions de dollars de perte attendue en 2013). Manque d’explication apparente qui amène de nombreuses personnes et journalistes à voir en cette Twitter-mania le témoin de la formation d’une nouvelle bulle internet, analogue à celle de la fin des années 90.
Si cette crainte peut être justifiée mais non vérifiée (on ne peut savoir qu’une bulle est une bulle qu’au moment où elle éclate), elle est tout de même en partie infirmée par le fait que des entreprises comme Facebook ou LinkedIn gagnent déjà de l’argent et que Twitter semble suffisamment préparé pour être rentable lui aussi.
 
 
Son principal avantage réside en MoPub, leader dans le secteur de la publicité sur mobiles racheté au groupe Orange début septembre. Rachat qui ne semble pas, par ailleurs, tout à fait fortuit et sans rapport avec l’introduction de l’entreprise sur les marchés. MoPub permet en effet à Twitter d’être l’entreprise la plus intéressante actuellement en terme de développement autour de la publicité mobile, si ce n’est de la publicité tout court. Car si MoPub est le leader en son domaine, Twitter est le mieux placé, ou du moins l’un des mieux placé dans la course aux datas. C’est ainsi un des rares sites à être capable de suivre l’utilisateur sur plusieurs appareils grâce au Twitter ID.
Pour résumer, Twitter est désormais capable d’identifier l’utilisateur quelque soit l’interface utilisée (fixe ou mobile), de le signifier aux annonceurs et de leur vendre en temps réel, grâce au Real Time Bidding, (technologie qui gouverne le monde de la publicité digitale aujourd’hui) un espace publicitaire dont la valeur est accrue par cette identification (en tant qu’intérêt pour une marque, un type de produit). Cela permet alors à une entreprise de suivre son client sur tous les appareils qu’il utilise et ainsi d’augmenter la probabilité d’achat, d’effectivité de l’annonce.
Cette innovation, majeure dans l’ère du Big Data permettrait d’expliquer l’engouement des investisseurs pour Twitter. La firme semblerait dorénavant avoir le plus fort potentiel de croissance à long terme, devant Facebook même.
 
Thomas Luck
Sources :
Lemonde.fr
Lemonde.fr
Lenouvelobs.fr
Huffingtonpost.fr
Medium.com
Crédit photo :
Bannière : metronews.fr
IPO : twimg.com
Mopub : social-media-actu.com
 

Armor Lux
Société

Les Bonnets Rouges, ou comment évaluer la cote d'Armor (Lux)

 

C’est aux couleurs d’Armor Lux que le collectif “vivre, décider et travailler en Bretagne”, instigateur des « Bonnets Rouges » a défilé le 26 octobre dernier contre la réforme de l’écotaxe que souhaite mettre en place le gouvernement. Le mouvement profite du soutien de la firme bretonne, qui lui a gracieusement offert 900 bonnets pour cette manifestation. Pour celle du 2 novembre, le collectif avait commandé à Armor lux 7500 de ces bonnets, dans le but de les vendre aux participants : le produit devient symbole. Mais ce geste de soutien profite-t-il réellement à la marque bretonne ?
L’idée n’est pas si nouvelle. En 2012, Arnaud Montebourg, dans son engagement pour le « produire français », avait remis la marinière Armor Lux au goût du jour. Beau coup de pub pour la marque qui avait vu une réelle augmentation de ses ventes. En s’associant ainsi à des engagements politiques, elle devient l’icône de la défense des emplois français, collant à son image de marque : le « made in France », et gagne donc en visibilité.
Mais le geste audacieux reste risqué. D’une part, le mouvement des Bonnets Rouges est repris par la droite, voire l’extrême droite, avec le risque pour les consommateurs de faire l’amalgame et de se demander ce que soutient réellement Armor Lux.
D’autre part, si la vente des bonnets lors de la manifestation du 2 novembre s’est avérée être une réussite, le scandale qui a éclaté peu après est une beau dérapage : les bonnets ont étés fabriqués en Écosse, par une autre marque qu’Armor Lux… Quelle défense ? L’Ecosse est un pays celtique, cousine de la Bretagne…
Entre ces contradictions, l’image de marque d’Armor Lux est brouillée et décrédibilisée : le soutien des marques aux mouvements politiques, oui, mais à quel prix ?
 
Mathilde Vassor
Sources :
Nouvelobs.com
Crédit photo : Lacroix.com

Journée Mondiale des toilettes - Next One
Société

La journée mondiale des toilettes : coup de comm’ risible ou véritable enjeu de santé publique ?

 
Le 9 novembre dernier, une campagne de sensibilisation a été lancée par la société Next one (le spécialiste de la publicité dans les toilettes en France) afin de célébrer la journée mondiale des toilettes. L’objectif est de sensibiliser le public sur l’importance de l’hygiène du « petit coin. » Point historique : cette journée n’est pas un coup monté mais bien une journée mondiale décrétée par les Nations Unies en juillet 2013 sous la pression du pays précurseur hygiéniste, j’ai nommé Singapour.

Si le titre fait sourire, il est pourtant dû au fait qu’aujourd’hui près de 2,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas encore accès à des installations sanitaires correctes. De nombreuses organisations soutiennent cette journée, comme la World Toilet Organisation qui estime que, chaque année, plus d’un million et demi d’enfants meurent à cause de maladies diarrhéiques.
La campagne de sensibilisation comporte quatre visuels (sur 450 panneaux) présents dans les toilettes des lieux publics sur l’ensemble du territoire national. En choisissant ces lieux, le réseau d’affiches de Next One dispose de tous les atouts du « wait marketing. » Profitant du temps d’attente des usagers, les affiches captent leur attention et sont d’autant plus influentes. L’impact du message est ainsi démultiplié. Pour encore plus d’efficacité, les graphistes ont joué sur le décalage entre l’utilisation d’un pictogramme, mode d’expression inépuisable et universel, et la dureté du message.
Alors, dépêchez vous de convaincre les sceptiques de l’importance d’une telle journée ! Ça presse.
 
Laura de Carne
Sources :
Le Huffington Post
Doc News
Crédits photos :
Docnews.fr

Didier Deschamps porté par les joueurs de l'équipe de France
Société

Malheureusement pour certains, ils ont gagné …

 
Comme souvent en France, le football déchaîne les passions. Mais certains avaient mis en jeu beaucoup plus que d’autres sur ce coup-là…
Les paris se sont enchaînés sur les plateaux de télévision et surtout sur Twitter. Ce genre de choses se répand très vite sur la toile. Mais attention à ne pas parler trop vite … C’est ce qu’a découvert la société Dorcel (productrice de films pornographiques) à la fin du match. Cette société avait promis sur son compte Twitter un accès gratuit à sa VOD toute la nuit si les bleus gagnaient, et n’a pas pu tenir parole… Parce que les serveurs ont été complètement noyés sous l’affluence massive des internautes.
Pas besoin d’être connu pour que ses paris soient retenus, en témoigne ce tumblr  créé juste pour l’occasion, et qui va faire regretter très vite à ces tweetos d’avoir tweeté trop vite !
Antoines De Caunes a introduit l’émission en anglais, Augustin Trapenard a dû dire du bien du livre de Nabilla, Doria a fait sa météo dans la charmante ville de Poil (mais aussi à poil !), Cyril Hanouna s’est teint en blond… Bref, tout le monde a tenu son pari.

Tous ces éléments ont été rappelés allègrement tout au long de la journée d’hier sur les pages de ces émissions, pour tenir le public en haleine et pour s’assurer d’une très, très belle audience hier soir. Ou quand les réseaux sociaux, loin de réduire l’audience, sont un moyen de la maintenir, voire de l’augmenter en de grandes occasions. Une nouvelle façon pour les chaînes de télévision d’utiliser leurs pages Facebook, Twitter, Instagram, voire bientôt Bitstrips ?
 
Paola Paci
Sources
Lemonde
Legrandjournal

Stop au hashtag
Société

#Overdose ?

 
Jouons à un nouveau jeu : éviter de croiser un hashtag durant toute une journée. Perdu ?
Le hashtag est un marqueur de métadonnées originellement utilisé par IRC (Internet Relay Chat) dans les années 1990. Rendu populaire par son utilisation sur Twitter à partir de 2007, il permet de classifier sur les réseaux sociaux des mots-clefs lorsqu’ils sont précédés d’un croisillon : le « # » (créant des liens hypertextes). Il apparaît ensuite sur de nombreux autres sites, comme Instagram, Tumblr, Linkedin… et récemment les géants YouTube (2011) et Facebook (2013).
Son succès est tel qu’en 2013, le hashtag ne se cantonne plus à Internet. Perdant son utilité première, il devient un véritable symbole communautaire. Ainsi la publicité et l’événementiel se sont stratégiquement emparés de ce nouveau phénomène. D’innombrables affiches et spots publicitaires utilisent désormais les hashtags.
Citons comme exemple le spot publicitaire de Subway :

Ou encore les affiches du BHV Marais :

Il est désormais courant de voir des hashtags s’afficher en bas de l’écran lorsque l’on regarde des émissions de télévision. Des présentateurs (cf. cérémonie des Grammys) en ponctuent naturellement leurs phrases, démocratisant leur usage.
C’est bien cela le plus troublant, son apparition dans la culture et le langage oral. Dans la musique par exemple : le célèbre rappeur Kanye West parle même d’un « hashtag rap » (une métaphore, une pause, une « one-word punchline »).
Cela prend une telle ampleur que le commun des mortels s’y met aussi. Faire un croisillon avec ses doigts et insérer un hashtag dans la conversation : pas si absurde ?
Phénomène de mode à son apogée ? Indéniablement. Un tel usage du hashtag est-il supposé durer ? Cela est moins sûr. Quand les smileys, lol et autres mdr sont sortis de la sphère Internet pour envahir notre quotidien, ces derniers se sont ringardisés.
Aussi… Gare à l’#overdose.
 Justin Timberlake et Jimmy Fallon sont d’accord 
 
Maud Espie
Sources
TwitteRadar
Wikipédia
Crédits photos :
 Image de Une : Ilétaitunepub.fr

Campagne d'une actrice contre le viol des femmes
Société

Souriez, vous êtes violées !

 
« It’s your fault » dure quatre minutes.
En Inde, un viol survient toutes les deux minutes.
Le calcul est superflu mais si l’on en croit les statistiques, deux femmes indiennes seront violées  au cours de ce visionnage. 

Des cris, des larmes, des manifestations en pagaille ; le viol collectif d’une étudiante de 23 ans dans un bus de New Dehli au cours de l’hiver dernier semble avoir joué un rôle de catalyseur dans la crise sécuritaire qui ébranle aujourd’hui l’ensemble de la nation. Un vent de panique souffle sur l’Inde et ni l’insistance des médias, ni les revendications de la population ne semblent en mesure d’ébranler les convictions jugées archaïques du gouvernement conservateur au pouvoir. Porte-parole d’une société encore profondément tournée vers le patriarcat, les responsables religieux et politiques du pays multiplient les déclarations sexistes et persistent à faire peser la responsabilité des crimes sexuels sur les victimes elles-mêmes. Excédé par l’incapacité de leurs dirigeants à conduire des mesures préventives, consterné par l’indifférence et la misogynie de leurs concitoyens, le collectif d’humoristes AIB (All India Backchod) fait valoir son droit de réponse dans une vidéo postée sur Youtube le 19 septembre dernier. En langue anglaise et volontairement subversive, cette satire de l’extrême entend lutter contre une forme de « surdité collective »  et s’adresse à  un public resté hermétique aux autres supports de sensibilisation.  Si l’usage de l’implicite dans l’écriture du script n’est pas novateur, le choix d’en confier la lecture à deux actrices connues du monde Bollywoodien est  on ne peut plus judicieux. Massivement partagée sur les réseaux sociaux indiens, « It’s your fault »  crée rapidement le buzz et attire l’attention des médias du monde entier.

Le sarcasme et l’ironie se mêlent au grotesque dans cette diatribe à l’humour sombre, très sombre, à la hauteur du sujet qu’elle traite.  Adeptes d’une violence toute en euphémismes, les membres d’AIB se livrent à un exercice périlleux : marier le viol à la plaisanterie. Le pari, bien qu’osé, est néanmoins relevé par ces féministes d’un nouveau genre  qui ne s’écartent jamais de leur intention communicationnelle initiale: on ne rit pas du viol, on se rit de l’absurdité des considérations qu’il suscite ;  l’alliance entre les deux antagonistes  fonctionne. Des propos du gourou Asharam invitant les victimes à fraterniser avec leur violeur aux revendications des détracteurs de l’industrie bollywoodienne, en passant par un retour sur les lois du pays, les stéréotypes prononcés par des hommes d’influence au cours des dix derniers mois sont successivement démantelés. Au fil des minutes, une logique de l’absurde s’instaure, en apparence imparable, le raisonnement sexiste joue sur l’évidence et s’appuie sur de prétendus arguments d’autorité. Les chiffres, manipulés, démontrent l’indémontrable et révèlent une culpabilisation  incohérente des victimes.
Perçu au travers du prisme de la caricature, le spectacle soumis au regard de l’internaute n’en est pas moins troublant. Attaquées face caméra, de plus en plus marquées par les coups à mesure que les secondes défilent, les actrices, qui ne se détachent  jamais de leur sourire forcé, intériorisent les propos de leurs bourreaux et  deviennent pareilles à des automates.
Les textes, sciemment provocateurs, sont déclamés sur un air enjoué si bien que le contraste établi entre la brutalité des images et la légèreté du ton confère une atmosphère malsaine à la séquence.  Quant aux derniers plans filmés, ils font office de révélation : l’hypocrisie s’envole, l’énonciation gagne en profondeur. Le rideau tombe, les comédiennes s’effacent et laissent place à des femmes pour qui il n’est plus question de jouer. Un renversement sémantique s’opère, prononcé par elles, « It’s my fault » se veut accusateur : « c’est votre faute à vous, les violeurs ».
En termes de visibilité, le succès de cette vidéo n’est plus à prouver. Avec plus de 2 300 000 vues à son actif, la parodie d’AIB suscite pourtant des réactions mitigées. Si la plupart des critiques reconnaissent la portée pédagogique du média (les fans du collectif ont entre 12 et 30 ans), elles sont nombreuses à lui reprocher une certaine forme d’élitisme. Cette problématique n’est pas sans rappeler les questions soulevées  par Jeremy Rifkin dans l’Âge de l’accès. En Inde, l’accès fixe à l’internet reste marginal et l’anglais n’est maîtrisé que par une minorité de la population. D’autant que le public branché, privilégié et instruit d’AIB ne semble pas répondre aux critères  de la « cible majoritaire » définie par les campagnes de sensibilisation au viol. Ce dernier argument est contestable mais il a le mérite de relancer le débat de l’universalité en termes de prévention. Considérer qu’il existe un « violeur type »  est en effet aussi dangereux que de dresser le portrait d’une « victime idéale ».  De plus, ces considérations apparaissent contraires à l’esprit de la vidéo qui présente des violeurs masqués et de toutes couleurs de peau.
Au-delà de l’originalité de la forme,  c’est bien l’universalité du thème choisi qui confère une résonance particulière au message du collectif. En Grande Bretagne, dix femmes sont violées chaque heure. Il y a un an, les propos du député américain Todd Aikin sur les « viols légitimes » déclenchaient une vive polémique aux Etats-Unis.
« STOP BLAIMING THE VICTIMS » ; à défaut de pouvoir changer la mentalité de ses dirigeants, la revendication du collectif AIB est parvenue aux oreilles du monde entier. Comment ? En résolvant une simple énigme. «Le point commun entre l’humour et le viol ? » Ils sont apatrides.
 
Marine Bryszkowski
Sources
HuffingtonPost
TheIndependant
ABC
Courrierinternational
IndianExpress
MSMagazine

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Facebook, j'aime ou j'aime pas ?
Société

Les réseaux sociaux : WHO’S NEXT ?

 
Au secours, Facebook devient has been ?
Une récente étude américaine montre que Facebook séduit moins les jeunes adolescents aujourd’hui que leurs aînés.
Il semble que les jeunes utilisateurs commencent à se lasser de partager leurs photos librement, de liker les pages de leurs films préférés, et préfèrent les mini-messages vifs de 140 caractères.
Sur 8 600 interrogés, 26% préfèrent Twitter, contre 23% pour Facebook et sa filiale Instagram.
De plus, on ne peut ignorer l’entrée fracassante de l’Oiseau bleu à Wall Street, qui semble être au passage bien mieux réussie que celle de son concurrent en son temps.

Facebook et Twitter co-existent depuis plusieurs années déjà, alors pourquoi ce revirement en 2013?
Aujourd’hui, la tendance semble être celle du commentaire. Il faut réagir et interagir sur un article, une émission… et bien sûr dans l’instant.
Alors, Twitter a-t-il déjà remplacé Facebook dans le cœur des ados ? Les tweets ont-ils remplacé les statuts, et les followers les amis ?
Twitter semble bien « follow » les traces du succès de Facebook. Alors faisons une hypothèse un peu folle : après The Social Network, pour quand un film sur la création de Twitter ?
Les réseaux sociaux n’ont pas le temps de s’essouffler qu’ils se trouvent déjà soi-disant remplacés.
Alors chers curieux, à vos Smartphones : Mais pourquoi faire au juste ? Actualiser son statut, retweeter ou pourquoi pas envoyer un Snapchat à un ami ?
Avouez qu’on s’y perd un peu. Who’s next ?
 
Sophie Cleret
Sources :
Stratégies.fr – Twitter détrône Facebook chez les adolescents américains
Slate.fr – Les adolescents se lassent de Facebook
Crédits photos :
Image de une : BeGeek.fr
Image 2 : brandaroundtheweb.fr

Snapchat
Société

Jacques a dit : Snapchat tout ce que tu veux !

 
A l’instar de Facebook, immense réseau social fondé par le très jeune Mark Zuckerberg, Snapchat démarre comme projet d’étude de deux étudiants de Stanford : Evan Spiegel et Bobby Murphy. Il est lancé en septembre 2011 et très vite, début 2013, la société de capital risque Benchmark, prend le pari d’investir 13,5 millions de dollars dans la start-up, ainsi que Facebook qui tente de racheter l’application pour 3 milliards de dollars, des sommes qui en disent long sur l’enthousiasme que suscite cette invention.
Le fonctionnement est simple. Il s’agit d’un système de partage de photos et de vidéos, que l’on envoie à un cercle d’amis – des contacts que l’on ajoute – comme sur Facebook ou Instagram. Ce qui diffère radicalement cependant, c’est qu’une fois la photo prise, sa durée de visualisation est modifiable de 1 à 10 secondes par l’expéditeur et « l’existence » de l’image ou pour ainsi dire sa conservation, est limitée pour le destinataire.
Comment interpréter les différents enjeux de ce média apparemment innovant qui promeut le côté éphémère des publications en sous-entendant une sécurité des données ?
En 2013, il semblerait que la photo communique plus de chose que les mots. Que ce soit sur Facebook ou sur Instagram, les images dominent et inondent la page d’actualité.
Sur Snapchat, le modèle se différencie en ce qu’il possède un caractère éphémère, trait particulièrement recherché chez les utilisateurs en quête de sécurité et de confidentialité. Dans un monde où toute donnée est conservée, les internautes craignent la divulgation d’informations personnelles, de laisser leur image sans aucun contrôle ou de se voir trahis par des photos compromettantes qui, une fois postées sur la toile, n’y seront pas retirées de sitôt. La disparition en quelques secondes de ces dernières est donc la panacée pour bon nombre d’addicts au partage compulsif de photos.
Snapchat a trouvé la solution : partager, puis supprimer. Le fait de ne pas garder de traces outrepasse l’autocensure que chacun se pose à soi-même. Il en ressort une plus grande liberté dans la prise d’images et la spontanéité n’en est que plus accrue. Avec Snapchat, les barrières n’existent plus, chacun n’envoie que ce qu’il contrôle et ne reçoit que ce que l’émetteur a choisi de lui faire parvenir. Plus question de tags, ni de profil visible pour 200 ou 300 « amis », il n’y a un lien qu’entre l’émetteur et le récepteur, tous deux avec la même volonté : faire partager des instants de vie sélectionnés et envoyés sans crainte.
Le paradoxe est notable : la photo en temps qu’objet, qui n’en est déjà plus un avec les nouvelles technologies, n’est donc plus faite pour être conservée, mais doit absolument être supprimée. Il n’est donc plus question de souvenirs, mais de flux constants de partage en quelque sorte.
De nos jours, tout semble pouvoir être partagé, sans limites. Innombrables sont les internautes capturant chaque moment de leur vie. Comment faire la distinction entre ce qui doit ou non être posté?
Le monde est saturé d’images et Snapchat n’est qu’une application de plus tournant autour de la monstration. Dans la prise de photo, même confidentielle ou éphémère, le côté voyeur est sous-jacent. Et Snapchat ne fait qu’accroître cette tendance. Le voyeurisme est occulté par le sentiment de confiance diffusé par l’application et incite donc inconsciemment les utilisateurs à prendre de plus en plus d’images sans censure, et ainsi perdre peu à peu toute perception d’intimité.
Snapchat veut se différencier des autres médias. Par la suppression de chaque photo envoyée, l’application donne une certaine garantie de sécurité, mais pour combien de temps encore ? Et peut-on véritablement parler de sécurité sur internet ?
En effet, tout utilisateur, même le moins aguerri, sait comment faire une capture d’écran : communément appelé un « screen shot ». Cette fonction neutralise en partie l’aspect éphémère dont l’application se targue. En envoyant une image, même à des amis, qui soit dit en passant, ne le sont parfois pas réellement, la capture d’écran est incontrôlable.
Comment savoir si le récepteur va photographier l’image que l’on envoie, comment alors juger ce qui se doit d’être éphémère ou ne pas l’être ? Comment maîtriser la notion de propriété ? Lorsqu’un utilisateur fait une capture d’écran d’une photo, cela est signalé à l’envoyeur, mais il est alors trop tard, et l’envoyeur n’est plus le seul en possession de sa photo qui devait, au départ, disparaître à jamais.
De plus, très récemment, une nouvelle fonctionnalité « Snapchat Stories » est apparue, discréditant le fondement même de l’application. On peut en effet conserver l’historique commenté de nos photos, en illimité pendant 24 heures. Même si les destinataires peuvent être sélectionnés et limités, ce qui restreint grandement la diffusion de ces photos, le système commence à changer. À partir de là, il est difficile de ne pas penser au géant Facebook, qui est passé d’inoffensif réseau social à vendeur d’informations à destination de la publicité ou encore de la NSA.
Les snaps sont effacés très rapidement après leur ouverture et après 30 jours s’ils n’ont pas été lus. Mais Micah Schaffer, chef de la confiance et de la sécurité chez Snapchat a avoué, il y a peu, avoir dû fournir certaines photos aux autorités dans le cadre d’enquêtes. Est-ce un bien ou un mal ? À chacun de juger en fonction de ce qu’il décide d’envoyer.
Snapchat est divertissant, innovant, tout beau, tout nouveau. Pour le moment. Comment savoir en effet si la NSA n’est pas en train de collecter les quelques 350 millions de clichés pris par jour ? Personne ne pourra se plaindre a posteriori, les cas Facebook et LinkedIn ayant fait assez de bruit comme cela, mais ce qui est certain c’est que la servitude à ces applications, toutes autant qu’elles sont, est en réalité tout à fait volontaire.
 
Agathe Gindele
Sources :
Le site Clubic.com

racism
Société

L’e-mail, média actif du racisme

 
« La nouveauté, ce n’est pas la banalisation des propos racistes, c’est la circulation par  Internet qui leur ouvre un espace », notait le sociologue Michel Wieviorka dans Libération le 5 novembre dernier. Si l’on constate aisément l’ampleur du phénomène sur les réseaux sociaux et les blogs, dans des commentaires d’utilisateurs souvent anonymes, une autre face de cette circulation sur Internet est bien moins médiatique : celle de chaînes d’e-mails aux tendances racistes ambigües.
L’espace qu’investissent ces chaînes est particulier : de par la régularité du phénomène et la multiplication de ses contenus, il pourrait s’inspirer du principe des Newsletters, notamment dans l’attente qu’il crée chez les personnes qui les reçoivent. Cependant son format est invariablement celui de la chaîne que l’on transmet à tout son réseau, ou du moins ceux qui ne s’élèvent pas contre cette transmission.
Au-delà des nombreux glurges et hoax souvent relayés par cette stratégie de push, il s’agit de conforter le destinataire-diffuseur dans son sentiment d’avoir raison et de ne pas être seul (au vu du nombre de destinataires du message). Cela se fait notamment à l’aide de citations, véritables arguments d’autorité, surtout lorsqu’il s’agit de personnalités frappant l’imaginaire collectif tel que De Gaulle.
Les personnes qui cautionnent ces messages en les retransmettant ne se considèrent pas comme racistes, ainsi leurs rédacteurs jouent sur cette légitimation d’une pensée flirtant pourtant bien avec un racisme décomplexé.
Si le contenu de ces chaînes est effectivement peu crédible pour qui est accoutumé au fact-checking et aux hoax, sa méthode reste pourtant prospère aujourd’hui.
Lorraine de Montenay
Source :
Hoaxbuster.com

Une Minutes
Société

La Une de Minute ou la stratégie des Unes à scandale

 
Mardi 12 novembre, le controversé hebdomadaire d’extrême droite Minute choisissait de mettre en titre de sa Une « Taubira retrouve la banane », un sujet faisant directement écho aux attaques à caractère raciste dont avait récemment été victime la ministre de la justice. Il ne fallut que très peu de temps pour que cette couverture ne fasse scandale, au point que le sujet soit devenu dans la journée même un « trending topic », la France entière s’insurgeant contre ce titre scandaleux relayé par tous les médias.
Au regard du petit nombre d’abonnés du magazine et de sa faible distribution en kiosques, c’est un coup de buzz réussi pour ses rédacteurs, dont l’un confiait de façon anonyme « L’objectif, c’était de faire parler de nous. On voulait se payer un coup de pub pour zéro euro, le contrat est rempli au-delà de nos espérances ».
Outre le fait qu’il faudra, au regard de l’embrasement autour de cette Une, donner malheureusement raison à cette déclaration, c’est un problème sous-jacent que révèle cette affaire : la stratégie de plus en plus remarquée des Unes à scandale.
Or, si Minute indigne par son racisme clairement affiché, il est important de souligner que cette stratégie de la provocation est de plus en plus utilisée par nos médias actuels, à coup de phrases chocs et d’illustrations explicites. L’Express ou encore Le Point se sont déjà prêtés à ce jeu dangereux. Mais si cette tendance apparaît comme une réponse à la mauvaise santé de notre presse moderne, on peut se demander si le sensationnel à tout prix est vraiment la solution.

 
Justine Spitzer