Société

Pape François : un pape 2.0

Depuis 2013, le Pape François a métamorphosé la communication du Vatican. Très présent sur les réseaux sociaux, il met en place une véritable stratégie de communication prônant avant tout l’ouverture à tous. Cependant, ses actions digitales ne plaisent pas à tout le monde et les critiques de certains fidèles créent la polémique. Le pape ne deviendrait-il pas un objet marketing ?
Une rock star des réseaux sociaux
Avec près de 27 millions de followers sur Twitter, le pape rassemble une communauté de tous horizons culturels à travers des profils traduits dans toutes les langues et des publications régulières. Chaque occasion est bonne à saisir pour s’adresser à ses fidèles. En effet, que ce soit sur des problèmes économiques et sociaux, comme la crise des migrants en Europe, ou sur des préoccupations plus religieuses telles que l’Avent, le pape s’exprime assidûment, ce qui s’apparente à une authentique stratégie de fidélisation.

À travers cette hyper-activité médiatique, le pape François confirme vouloir être « le pape des temps modernes », celui qui aura su réconcilier l’Église avec l’époque médiatique. Un pape connecté : ça, c’est nouveau !
Notons également que suite à la création de son compte Instagram en mars 2016, le pape a organisé une rencontre officielle avec le fondateur de ce réseau, Kevin Systrom. Entrevue inattendue pour le jeune PDG, mais aussi pour certains des membres de l’entourage du pape François, déroutés de recevoir la magnat médiatique au Vatican.

Le 24 janvier dernier, lors de la Cinquantième Journée Mondiale des Communications Sociales, le pape à souligné que la communication est le meilleur moyen de propager la miséricorde, valeur essentielle pour le Vatican. Avec une rhétorique puissante telle que « L’amour, par nature, est communication, il conduit à s’ouvrir et non pas à s’isoler. », il développe petit à petit une stratégie nouvelle : celle de la communication 2.0. Une communication qui rapproche plutôt qu’isole et qui doit être au service de la communion : « En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à communiquer avec tous, sans exclusion ». Il en donne ainsi l’exemple en s’intégrant pleinement aux différents canaux de notre ère médiatique. Ainsi, « tous » ou encore « union », termes qui prônent le rassemblement, reviennent de très nombreuses fois au sein de ce discours qui a marqué les esprits.
Un pape « populaire » qui ne fait pas l’unanimité
Face à cette omniprésence du pape sur les réseaux sociaux, les fidèles les plus récalcitrants à une communication digitale introduisent le débat suivant : un pape populaire est-il légitime ? C’est en effet de « populaire » et « populiste » qu’est qualifié le pape François par certains catholiques. L’idée d’une Église ouverte à tous agace une partie de sa communauté qui se sent délaissée, ayant l’impression de ne plus être le cœur de cible. À vouloir parler aux foules, le Pape ne s’éloigne t-il pas de ses fidèles ? L’hyper-activité médiatique n’est-elle pas néfaste à long terme ? À force de s’exprimer sur une pléthore de sujets, le pape pourrait perdre de son autorité et de son éloquence. Ainsi, un groupe catholique dénonce avec virulence sur Internet celui qu’ils appellent le « pape des masses » ou « pape du spectacle ».
Pape François, un produit marketing ?
C’est précisément cette notion de spectacle qui revient souvent dans la bouche des journalistes. Car , en plus du mécontentement d’une frange de sa communauté catholique, les journalistes et les médias le prennent également pour cible. Tantôt traité de pape « ultra-mondain » tantôt « d’idole virtuelle », la révolution communicationnelle du pape François est sans cesse remise en question. Il est accusé d’être un produit marketing et de mettre en place un culte de la personnalité afin de promouvoir sa religion.
Ces accusations bien que sévères, s’appuient sur de réels arguments.
En effet, le personnage du pape François est mis en avant sur la scène médiatique — rien d’exceptionnel si l’on considère les portraits presque divins de ses prédécesseurs — mais il se retrouve souvent là où on ne l’attendait pas. En février 2014, on le voit par exemple à la une du magazine Rolling Stone. Cette une plus qu’étonnante pour un homme d’Église a d’ailleurs été jugée grossière et honteuse par certains, quand d’autres la saluèrent. Ainsi, bien qu’il soit sans cesse critiqué et accusé de vouloir développer sa marque, le pape François a eu le cran d’intégrer l’Église catholique dans l’ère du numérique. Un effort à saluer quand on connaît la rigidité des protocoles pontificaux.
Steffi Noël
Sources :
• FAURE Mélanie, « Le pape François, roi de la communication digitale » Le Figaro. Publié le 16/03/2016. Consulté le 01/12/16.
• Message du Pape François pour la 50ème journée mondiale des communications sociales. Site officiel du Vatican. Publié le 24/01/16. Consulté le 04/12/16.
• TIBERI Jacques, « François, Pape de la com’ ? » J’ai un pote dans la com. Publié le 29/09/16.
Consulté le 01/12/16.
• DUCHATEAU Jean-Paul et VAN DIEVORT Charles, « Le pape François fait-il surtout du
marketing? » Lalibre. Publié le 31/01/14. Consulté le 04/12/16.
• CESARI Paulin, « Le pape François est-il devenu un produit marketing ? » Le Figaro. Publié le 13/03/2014. Consulté le 03/12/16.
Crédits :
© REUTERS/ Osservatore Romano photographe pour sputniknews.com Twitter
@Pontifex_fr Une du Rolling Stone, Février 2014

Société

Dakota access pipeline à l'ère des signaux de fumée

Alors que les médias signalent de plus en plus les dangers que représentent les énergies fossiles pour l’environnement, un scandale écologique et idéologique éclate aux États-Unis dans l’État du Dakota du Nord. Et presque personne n’en entend parler.
La guerre des mondes
Tout a commencé en 2014. La compagnie Energy Transfer Partners, spécialisée dans l’industrie pétrolière, obtient l’autorisation de construire un pipeline reliant le Dakota du Nord à l’Illinois en passant par le Dakota du Sud et l’Iowa. Un projet de près de 2 000 km, et d’un montant de 3,7 milliards de dollars.
Le problème ? Le pipeline est censé traverser la réserve indienne de Standing Rock, située dans le Dakota du Nord. Une terre sacrée, habitée par quelques 8 250 habitants, des Sioux pour la plupart. Mais le fait est que, si les réserves indiennes sont des territoires réservés aux peuples amérindiens, elles restent la propriété des États qui continuent officiellement de les administrer. L’État du Dakota du Nord a donc accepté que ce pipeline passe par Standing Rock, et ce malgré les dangers environnementaux que représente une conduite de pétrole dans un tel lieu habité (d’autant qu’aucune évaluation environnementale approfondie n’a été effectuée).
En avril 2016, des mouvements de protestations pacifiques, menés par l’ainé LaDonna Brave Bull Allard de la tribu Sioux, voient le jour. Organisés autour de trois camps, ils attirent quelques milliers de personnes, amérindiens, dans le but de retarder la construction de l’oléoduc. Une résistance à la fois physique et spirituelle, contre ce qui pourrait être une métaphore du capitalisme américain. Le genre de mouvement qui, dans la ligne de Gandhi et Rosa Parks, séduit et fédère. Quelqu’un qui répond de manière pacifique à une violence manifeste semble toujours plus sympathique que son agresseur. C’est simple, manichéen, vendeur. Pourtant, la couverture médiatique n’est pas au rendez-vous. Étrange, quand on sait que ce genre de sujet suscite souvent l’attention du public.

Cependant, l’État et Energy Transfer Partners ne sont pas prêts à renoncer à leur projet – ni à laisser une poignée de manifestants menacer les matériaux et le chantier de l’oléoduc. Commence alors une phase de répression et de violences à peine réfrénées, contre les manifestants pacifiques : jets d’eau glacés, menaces physiques et morales, surveillance digitale et physique, drones, fils barbelés… Les officiers de l’État semblent avoir sorti le grand jeu. Les affrontements s’enchaînent, se radicalisent, jusqu’à l’arrestation brutale de 141 manifestants et à la mise à feu de l’un de leurs camps. On est en octobre 2016. Peu de temps après, les forces de l’ordre bloquent l’accès au ravitaillement des manifestants.
Il y a quelques jours à peine, le projet de Dakota Access Pipeline a été mis en stand-by par le gouvernement Obama. Une intervention fédérale venant récompenser des mois de protestations silencieuses. La nécessité d’effectuer une véritable estimation des risques environnementaux – chose jusque-là négligée par le Corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis – a enfin été affirmée. Mais le president-elect Donald Trump, plus libéral et climato-sceptique, pourrait à nouveau faire pencher la balance en faveur du pipeline.

#NoDAPL VS Energy Transfer Partner
Le cas du Dakota Access Pipeline soulève par ailleurs une autre question – celle de l’absence de couverture médiatique de l’évènement. Il est vrai que les protestations se sont cantonnées à un périmètre bien précis, inconnu du grand public. Mais tout de même, on parle ici de violences policières lors de manifestations pacifiques de minorité défendant son territoire, son lieu de vie. Que ces évènements soient presque passés sous silence remet sur le devant de la scène le comportement ambigu des États-Unis envers les Amérindiens.
Les réserves indiennes sont souvent des endroits isolés, c’est-à-dire des lieux où la couverture réseau est faible et l’accès à Internet jamais garanti. Difficile, dans ces conditions, d’informer le grand public via les réseaux sociaux — pratique devenue courante lors de l’organisation de manifestations. Difficile, certes, mais pas impossible. Alors que les grands médias faisaient le dos rond et détournaient le regard, la communauté amérindienne et ses sympathisants se mobilisaient.
Le hashtag #NoDAPL (No Dakota Access Pipeline) voit le jour sur Twitter afin d’appeler à la protestation, mais surtout pour informer du déroulement des évènements, qui sans les réseaux sociaux seraient probablement restés dans l’ombre. Des activistes amérindiens, à l’image du Docteur Adrienne Keene, se font les porte-paroles de leur peuple via des blogs, des articles sur des sites spécialisés, et d’autres réseaux comme Facebook ou Tumblr. Jusqu’à, enfin, se voir reconnaître par l’armée américaine elle-même, qui leur consacre un communiqué sur son site officiel. Pour la première fois depuis le début des protestations, un véritable relais officiel semble avoir été mis en place pour soutenir les habitants de Standing Rock.

#NoDAPL finit par devenir la signature des manifestants et la preuve d’une nouvelle forme de résistance – celle qui s’organise et se répand à travers le prisme des réseaux sociaux, comme autant de signaux de fumée.
«Representation matters »
L’absence de reportages et d’articles sur ces protestations est symptomatique de deux autres problèmes. Tout d’abord, le sentiment persistant pour les minorités que l’histoire se répète. On a souvent tendance à oublier que les États-Unis se sont construits sur les ruines de centaines de camps de tribus indiennes, et que celles-ci n’ont jamais véritablement été rétribuées pour leurs pertes. Au contraire, souvent mal intégrés, victimes de l’isolement et de l’alcool, les Indiens sont pour la plupart cantonnés dans des réserves, comme s’ils ne faisaient pas vraiment partie du peuple américain. Comme si on ne voulait pas reconnaître leur culture. L’absence de couverture médiatique concernant le Dakota Pipeline Access semble en être un exemple frappant.

Les Amérindiens sont souvent passés sous silence dans les médias – on l’a vu avec l’affaire du Dakota Access Pipeline. Mais leur présence dans les médias est-elle véritablement avantageuse ? Comme toutes les minorités, les Indiens semblent souvent limités à quelques traits de caractère – en un mot, à des clichés. La majorité des Américains ne voient les peuples natifs que sous l’image de Chief Wahoo, le logo de l’équipe de baseball, Cleveland Indians. Ou comme le vieux chef de Pocahontas, taciturne, visage fermé, parlant à peine anglais. Les Amérindiens ne sont donc pas vus comme un peuple civilisé – au contraire. Et leur absence de représentation – de représentation juste et réaliste – dans les médias tels que la télévision, les journaux ou même le cinéma — n’est-elle pas aussi responsable de l’indifférence du reste de la population américaine ?
Margaux Salliot
Twitter
Sources :
• Adrienne KEENE, Native Appropration, « #NoDAPL: Updates, resources, and reflections », publié le 1 novembre. Consulté le 5 décembre.
• Site du camp Sacred Stone, , « DAPL Easement Denied, But The Fight’s Not Over », Publié le 5 décembre. Consulté le 5 décembre.
• « The U.S. Army Cannot Evict Us From Treaty Lands ». Publié le 27 novembre. Consulté le 5 décembre.
• Bethania PALMA, « Army Corps Denies Easement and Blocks the Dakota Access Pipeline ». Publié le 4 décembre. Consulté le 5 décembre.
• Camille SEAMAN, « Gallery: Portraits from the Standing Rock protests ». Publié le 9 novembre. Consulté le 5 décembre.
Crédits :
• Camille Seaman pour le site Idea.ted.com, « Gallery, portraits from the Standing Rock protests », 9 novembre 2016
• Adrienne Keene pour le site Native Appropriations, « #NoDAPL: Updates, resources, and reflections »,
1 novembre 2016
• Jason Miller/Getty Images pour le site Business Insider, « MLB Commissioner Rob Manfred to meet with Cleveland Indians owner over use of controversial ‘Chief Wahoo’ logo », 25 octobre 2016
• Matika Wilbur, page Facebook du Sacred Stone Camp, 8 septembre 2016

Société

Le véganisme: mode de vie du futur ou mode communautaire?

Le Veggie World, plus grand salon végan d’Europe, se définit lui-même comme « LA destination végan Européenne : cool, branchée, trendy – et sans souffrance animale ». Comme lui, de nombreux évènements surfent sur cette vague végane qui emporte avec elle de plus en plus d’adeptes. Véritable religion du manger respectueusement, le véganisme est partout, sur tous nos médias. Sur Instagram, le hashtag #vegan est un des hashtags les plus populaires et les plus utilisés, montrant bien à quel point le véganisme devient de plus en plus une des thématiques majeures de notre époque. Comme tout mouvement, celui-ci divise et suscite de nombreuses critiques et polémiques.

Société

Qu'êtes-vous prêt à payer pour consommer gratuitement?

20 Minutes, Deezer, YouTube, Facebook, Google, autant d’espaces médiatiques que nous utilisons au quotidien gratuitement. En réalité ces médias se rémunèrent en vendant des espaces publicitaires sur leurs plateformes ou leurs supports. Pour cela, ils ont besoin d’attirer une audience et de la préserver. La publicité possède une place à part entière dans le paysage médiatique, et ce depuis la transformation de la presse par Emile de Girardin en 1836. Mais à la différence des journaux toujours payants à l’époque, la publicité est aujourd’hui la condition d’accès aux médias qui présentent leur contenu comme “gratuit”.
Il existe alors un hiatus de plus en plus important entre l’impression de gratuité et la pénibilité des interruptions publicitaires souvent non-pertinentes. Pour se débarrasser de ces interventions encombrantes, il suffit de payer le média (Youtube Red, Spotify…). Rien de plus simple… Sauf si le public rechigne à dépenser de l’argent quand il a eu l’habitude de consommer gratuitement. Le beurre et l’argent du beurre, le contenu sans la publicité.

Jusqu’à présent les plateformes médiatiques avaient le choix entre deux stratégies : l’une qui rendait la publicité très intrusive et pénible et qui poussait l’utilisateur à s’abonner et payer ; l’autre qui plaçait la publicité le plus discrètement possible pour faire en sorte que le consommateur l’accepte inconsciemment. Mais les internautes en ont assez et en dix mois le nombre de français ayant installé des « ad-blockers » a progressé de 20 %.
En revanche, selon une étude menée par Nielsen (1), plus de 55% des internautes se disent prêts à accepter les spots vidéos en échange d’un contenu gratuit. Si imposer une publicité n’est définitivement plus efficace, c’est que le consommateur revendique le choix de prendre part au processus publicitaire. Que sommes-nous alors prêts à faire pour continuer à consommer gratuitement ? Accepter sciemment de regarder de la publicité en échange d’un contenu ou d’un produit serait alors une nouvelle forme de monétarisation.
Une petite pub pour l’homme, un grand pas pour l’humanité.

En décembre 2012, Vincent Touboul Flachaire, 17 ans, a l’idée de développer une plateforme de dons en ligne en recourant à la publicité comme financement. Deux ans plus tard, Goodeed (2) est né. Le site rassemble d’un côté l’Unicef, Solidarités international, Weforest (3), de l’autre les annonceurs, et au centre, l’internaute qui accepte de regarder un spot publicitaire pour financer le projet de son choix.
Résultats : 120 000 membres, 3 millions de donations récoltées, 80% des utilisateurs ont entre 18 et 35 ans, et 70% ont fait leur première expérience du don grâce à la plateforme. Ce qui est particulièrement intéressant dans cette forme de financement est l’âge des donateurs. En effet, pour cette génération Y (4), née avec internet, l’omniprésence de la publicité digitale est familière, voir naturelle.  Rendre utiles ces quelques secondes de vidéo par un don est un avantage que leur portefeuille leur interdit généralement. Le concept de Goodeed offre deux intérêts novateurs : une revalorisation de l’usage de la publicité et surtout le choix pour l’internaute d’y être exposé.
Prochain départ après la pub.

L’idée est bonne et ne s’arrête pas au don en ligne. Depuis le mois dernier, grâce à l’application WelectGo, les habitants de Düsseldorf peuvent payer leurs tickets de métro grâce à la publicité. Pour 80 secondes de spot publicitaire visualisé, l’entreprise propose un billet électronique d’une valeur de 2,60€. L’engouement suscité par la formule est inespéré : en un mois 20 000 personnes ont téléchargé l’application et le stock de tickets s’épuise désormais en quelques heures.
L’histoire de cette start-up est pour l’instant assez marginale mais pourrait bien prendre une ampleur insoupçonnée. En effet, considérer la publicité comme un moyen de paiement accessible à chaque consommateur est inédit et redoutablement efficace. Certaines entreprises l’ont déjà bien compris. Vous êtes bloqué à l’aéroport et vous ne voulez pas dépenser 5 euros pour une demi-heure de connexion à la Wifi ? ViewPay vous laisse choisir la vidéo publicitaire de votre choix, vous la visionnez, et vous voilà connecté jusqu’au décollage de votre vol.
Les produits et services proposés sont essentiellement digitaux pour le moment mais comment ne pas envisager un futur où « l’advertpayment » (5) soit généralisé à toute la consommation ? En effet, on pourrait imaginer que regarder volontairement des spots publicitaires vous fasse gagner des crédits utilisables dans n’importe quel commerce.
L’idée n’est pas si utopique, ViewPay travaille déjà avec des entreprises comme McDonald’s, Peugeot ou Auchan.
Visionner plus pour gagner plus.

C’est une véritable boîte de Pandore qui s’ouvre pour les annonceurs. Là où chaque entreprise dépense actuellement une fortune en stratégies digitales pour que le consommateur regarde sa publicité jusqu’au bout, la monétisation des spots publicitaires pourrait bien rendre ces efforts vains. Le public deviendrait alors demandeur de cette même publicité qu’il cherche aujourd’hui à éviter par tout les moyens.
Mais, cette nouvelle façon de consommer la publicité ne sous-estimerait-elle pas le consommateur ? Michel de Certeau dans L’invention du quotidien rappelle que l’individu a la capacité de transformer les pratiques quotidiennes en établissant des « tactiques » pour détourner les « stratégies des dispositifs ». En clair, qu’est-ce qui garantit que devant l’écran je ne détourne pas le regard ? Mais devons-nous envisager un monde à la façon de la série Black Mirror où chaque individu serait prisonnier de la publicité pour gagner sa vie ? Sommes-nous destinés à être victimes d’un syndrome de Stockholm publicitaire ?
Avant de nous récrier contre l’aspect moral de cette technique, posez- vous la question : diriez-vous non à un repas, un plein d’essence ou à un billet d’avion contre quelques minutes de votre attention ?
Alice Jeanpierre
Sources :
• (1) nielsen.com
• (2) Goodeed.com
• (3) Organisme engagé dans la reforestation et l’environnement.
• (4) Désigne les personnes nées approximativement entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990.
• (5) “Advertpayment”: néologisme anglais désignant la monétisation de la publicité en ligne.
• « WelectGo: Kostenlos mit der Rheinbahn fahren »
• « ViewPay propose le visionnage de publicité contre des services en ligne payants », Offremedia, publié le 2/12/2015
• « Fred & Farid lance l’Advertpayment avec Viewpay, nouvelle ère pour la publicité digitale ? »,  airofmelty.fr, publié le 1/12/2015
Crédits :
• Disney
• Clubic.com
• Goodeed.com
• WelectGo
• La série Black Mirror

Société

Gleeden et l'infidélité 2.0 en procès

« Gleeden a changé beaucoup de choses dans ma vie. Fidèle depuis 17 ans, j’ai eu envie de vibrer, d’adrénaline, de séduire à nouveau, mais en toute discrétion, car je suis heureuse et épanouie dans ma vie de famille et ne souhaite pas tout bouleverser. » Voilà le genre de témoignage que l’on peut trouver sur la page d’accueil du site de rencontres Gleeden, lancé fin 2009, et qui a fait de l’infidélité son crédo.
La libération des femmes, la promesse d’épanouissement dans l’adultère et la garantie d’anonymat sont les principaux engagements du site. Ces mots d’ordre, doublés de campagnes de publicité aussi drôles que provocantes, n’ont pas manqué de créer des polémiques et ont valu à Gleeden un certain nombre d’attaques en justice. La dernière en date provient des AFC (Associations Familiales Catholiques), qui reproche au site de faire de l’infidélité un « business ».
La police des bonnes mœurs
Des couples brisés, des familles ruinées et une vie sociale rongée par le mensonge et la dissimulation… Voilà les effets de l’infidélité que redoute et prédit l’association catholique qui réunit près de 15 000 membres. Alors en faire l’apologie, l’encourager et la faciliter : une véritable hérésie ! Cette association, on la connaît déjà, c’est la même qui depuis quelques semaines se montre aux côtés de la Manif pour tous extrêmement virulente à l’égard de la campagne de prévention des MST pour les homosexuels. Les AFC appellent les maires à « prendre leurs responsabilités » et exigent le retrait pur et simple des affiches de cette campagne sur lesquelles on aperçoit des couples homosexuels, au motif que ces dernières « troublent et indignent les familles ».
Dans l’affaire Gleeden, l’association entend se placer comme défenseur tout à la fois des plus faibles (les personnes trompées, les enfants des couples adultères), des familles « choquées » par ce type de publicités et des consommateurs qui subissent leur prolifération dans le métro, dans les rues, sur les bus… Et puis l’adultère, renchérit l’association, est interdit par le Code Civil, qui stipule que « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance ».
Drôle de relation qui se noue ici, où une association catholique connue pour ses prises de position conservatrices et rétrogrades prétend venir au secours des valeurs républicaines… En réalité, et comme le rappelle l’avocate de Gleeden Caroline Mécary, l’adultère est dépénalisé en France depuis plus de quarante ans et ce détail du Code Civil à propos du mariage peut seulement être invoqué – ou non – par les époux lors d’un divorce, relevant ainsi d’un choix purement personnel. On ne peut donc pas considérer l’adultère comme un délit pénal au même titre que le meurtre ou le viol.
Autrement dit, affirmer que l’infidélité est illégale est mensonger, un peu hypocrite et opère un retour en arrière conservateur, somme toute assez gênant. Gleeden, à l’occasion d’un autre procès en 2015, dénonçait déjà une « instrumentalisation de la justice ».
Laïcité et familles modernes
En réalité, que défendent les AFC si ce n’est une conception particulière, à tendance moralisante et religieuse, de la famille et du couple ? Ces deux structures évoluent pourtant, et sont appelées à évoluer encore. S’attacher à des conceptions anciennes et sclérosées de la famille, du couple marié et de la fidélité ne convient pas à tout le monde et relève d’un choix. Et si les AFC se targuent de ne pas faire le procès de l’infidélité mais du « business de l’infidélité », on comprend bien cependant ce qui leur pose problème…
L’association, comme son nom l’indique, promeut la famille catholique, et cherche à faire rayonner voire prévaloir ce modèle, s’érigeant ainsi, comme le reproche l’avocate de Gleeden « en censeur, en porte-étendard d’une morale que toute la société ne porte pas ». Entrer dans des considérations qui visent à décider si l’adultère est « bien » ou « mal » est stérile et intrusif. Entre normes sociales, morale et valeurs dominantes, les AFC semblent vouloir élever en valeurs universelles ce qui ne relève finalement que du choix personnel, elles ne jouent donc pas sur le bon terrain.
Fausse subversion et vrai business

Pour en revenir à Gleeden, il parait assez évident que le site n’a pas inventé l’infidélité, qui existe comme le dit son jeune créateur Teddy Truchot – marié et père de famille – « depuis la nuit des temps ». Ses concepteurs ont seulement très bien su cerner un marché jusqu’alors inexploité : celui des personnes insatisfaites dans leur couple ou dans leur vie de famille. L’existence de sites comme Gleeden n’est qu’un symptôme moderne parmi d’autres, de la solitude qui peut frapper les individus dans une société mettant encore en avant comme modèle normatif – et seule voie d’accès à l’accomplissement personnel – la vie en couple, la famille nucléaire… et tendant de ce fait à présenter comme des anomalies le célibat, les familles mono-parentales ou encore les couples homosexuels.

Chez Gleeden, les campagnes sont souvent drôles, avec une touche de provocation, des petits airs d’interdit… Autrement dit, tout ce qu’il faut pour retenir l’attention du consommateur éventuel. Cette communication extrêmement bien pensée leur a permis de bien se placer sur le marché très concurrentiel des sites de rencontres. La provocation est sans nul doute leur meilleure arme : des slogans placardés dans le métro du type « Par principe, nous ne proposons pas de carte de fidélité », à leur stand au Salon du Mariage, qu’ils avaient loué sous un faux nom avant de se dévoiler et de distribuer des pommes d’amour aux clients du salon, le site sait faire parler de lui en bien comme en mal. « Ce n’est pas normal que vous soyez là. » s’insurge une passante, observant avec effroi les autres clients du salon croquer dans leurs pommes d’amour…
Gleeden est avant tout une plateforme payante (l’inscription est gratuite mais il faut s’abonner pour pouvoir communiquer avec d’autres utilisateurs), qui réunit à l’heure actuelle près de 3,3 millions de membres à travers le monde (dont la moitié en France). Le « marché de niche » qu’elle a choisi, celui des personnes mariées, lui permet de se faire une place parmi les mastodontes que sont Meetic, E-Darling, AdopteUnMec et autres. Ses concepteurs exploitent le créneau jusqu’à la caricature. Entre leurs coups de com’ et leur marketing bien léché, ils n’ont pas fini de faire parler d’eux, ni de provoquer les tremblements d’associations catholiques en tous genres… Le jugement dans l’affaire du procès intenté par les AFC est en tout cas mis en délibéré fin janvier. Affaire à suivre…
Violaine Ladhuie
Sources :
• Annick Cojean « La promotion de l’adultère combattue au tribunal » – Le Monde 25/11/2016
• Daniel Schneidermann « Gleeden, un débat de l’après Charlie » – Rue89 20/02/2015
• « La provoc du site d’adultère Gleeden au salon du mariage » – vidéo BFMTV 13/02/2015
• Emilie Brouze « Gleeden au tribunal : « L’exploitation mercantile du malheur des autres » » L’Obs avec Rue89 22/11/2016
• teddytruchot.com

Société

Algorithme et Big Data, pour le meilleur ou pour le pire ?

De plus en plus d’entreprises et d’hommes politiques se dirigent vers le big data – désignant l’analyse de volumes de données (data) à traiter de plus en plus considérables et présentant un fort enjeu marketing – et la géolocalisation afin d’affiner leur stratégie commerciale ou d’affûter leurs stratagèmes politiques.
En outre, les algorithmes – équations complexes programmées pour s’effectuer automatiquement à l’aide d’un ordinateur pour répondre à un problème spécifique – connues uniquement de leurs propriétaires, régissent aujourd’hui le fonctionnement de la plupart des réseaux sociaux et sites d’information. Filtrant notre information, cloisonnant les électeurs dans des cases ou influençant nos comportements d’achat, il est temps de se pencher sur l’éthique et la transparence de ces pratiques.

Société

L'autre campagne de 2017 : les villes candidates à l'accueil de Jeux Olympiques de 2024

C’est l’autre campagne de 2017, plus discrète dans les médias, mais pourtant menée à l’échelle internationale. Tout commence en 2015. Quatre villes se déclarent candidates pour être hôtes des olympiades qui se tiendront dans huit ans : Paris, Budapest, Los Angeles et Rome. Finalement, Rome a retiré sa candidature, faute de budget. Restent trois concurrents qui doivent convaincre avant les résultats au congrès de Lima le 13 septembre 2017. Un an leur est donc dévolu pour mener cette campagne. L’enjeu pour les villes candidates est de présenter une image dynamique de ville prospère, mais également de prouver que celles-ci sont en mesure d’organiser un événement sportif d’envergure mondiale. Pour cela, elles doivent présenter un projet mené sur huit ans et convaincre le CIO, mais également les sponsors et parfois les populations elles-mêmes qu’elles sont dignes de devenir le centre du monde en 2024.
« Paris, la force d’un rêve »

En février 2016, Paris dévoile son slogan de candidature: « La force d’un rêve ». En effet, après les échecs de 2008 et de 2012, Paris semble destinée à devoir organiser les jeux de 2024, cent ans après les dernières olympiades françaises. La ville présente ainsi son meilleur dossier depuis de longues années. Plusieurs villes seront mobilisées pour accueillir certaines épreuves, notamment Marseille pour des épreuves nautiques. Des sportifs iconiques soutiennent la campagne et rappellent subtilement que les Jeux sont aussi un grand spectacle qui émeut le monde entier. Ainsi, Teddy Riner, devenu une légende mondiale du judo, figure comme un ambassadeur incontournable pour cette candidature, de même que le couple de boxeurs en or de Rio, Tony Yoka et Estelle Mossely. Ces soutiens de campagne mobilisent donc les stars des derniers jeux qui sont déjà associés au succès français aux JO. Il s’agit également de jeunes sportifs populaires et appréciés qui doivent donc remporter l’adhésion au programme français.
N’oublions pas l’argument choc du dossier, l’usine à rêve française : la proximité du château de Versailles. Le rapport ? Aucun, mais il s’agit de faire rêver donc Paris ne lésine pas sur les moyens. Par ailleurs, un symbole a été vite repris pour quiconque soutient la candidature : placer les mains de sorte à ce qu’elles forment une tour Eiffel. Les femmes participant à la Parisienne de 2016 ont donc été invitées à soutenir Paris 2024 de la sorte. Un symbole fort bien choisi sommes toutes : il signifie « Paris » en langue des signes internationale.
Enfin, le hashtag #shareParis peut-être repris sur Twitter. La campagne française joue ainsi sur tous les tableaux : la richesse du patrimoine et l’attrait de Paris dans l’imaginaire mondial, mais également une mobilisation populaire et un soutien de sportifs au sommet de leur popularité et de leur discipline. Un dossier optimal en apparence. Mais n’oublions pas que la menace sécuritaire continue de planer sur la France. Espérons que le CIO ne juge pas trop dangereux en ces temps troublés de confier à la France l’organisation d’un événement qui devrait rassembler tous les dirigeants de la planète dans un même stade, même dans huit ans.
Los Angeles, « Follow the sun » ou lobby NBC.

Le logo de LA 2024 représente un athlète aux ailes d’ange semblant prendre son envol face au soleil. Mais la ville ne capitalise pas que sur son ensoleillement pour appuyer sa candidature. En effet, la cité des anges n’hésite pas à avoir recours à des stratégies diaboliques : la chaîne NBC a ainsi acheté le monopole pour la diffusion des JO jusqu’en 2032. Aussi s’agit-il d’acquérir le monopole sur la couverture médiatique de l’événement. La ville de Los Angeles s’assure donc le contrôle sur le futur discours tenu au sujet de ces jeux. Los Angeles anticipe ainsi la production médiatique d’une lecture univoque au sujet de l’événement et conditionne la réception des images qui nous parviendront des jeux.
La fin justifie les moyens. Comme le dirait Edward Hall, l’ambition est ainsi de placer le téléspectateur de la chaîne NBC dans une «position hégémonique » ; il incarnerait la condition dans laquelle est un récepteur qui intègre sans résistance le message dans les termes souhaités par l’émetteur.
À un an du résultat, Los Angeles est le favori de la campagne et mise aussi sur la modernité de ses installations. Ceci permet de se démarquer de Paris et Budapest, qui mettent en valeur leur patrimoine. D’où la volonté de capitaliser sur les ressources entrepreneuriales et les pool d’innovation de la Silicon Valley. En témoigne le film de campagne de la ville, qui allie des plans de la côte pacifique avec des images des centres de recherche et des ressources technologiques des laboratoires californiens. Los Angeles propose donc une candidature portée vers l’innovation et le numérique, ce qui pourrait séduire le président du CIO Thomas Bach.

Vidéo de présentation pour la candidature de LA
Budapest: un rappel historique et une candidature boudée par les Hongrois.

Logo pour la candidature de Budapest pour les Jeux Olympiques de 2024
Le 23 octobre, Budapest dévoile le visuel du stand de tir à l’arc aux pieds du Parlement hongrois, sur les rives du Danube. Cette date n’a rien d’un hasard car elle coïncide avec la commémoration de l’insurrection populaire de 1956. Le symbole est fort: ce même parvis avait été un haut-lieu de la répression. Le message est donc à peine subliminal : le sport, instrument de paix, réconcilie et fédère en dépassant les clivages politiques. Il s’agit donc de rassurer le CIO quant aux inquiétudes qu’il pourrait avoir concernant les tendances autoritaires du gouvernement hongrois : “Les Jeux Olympiques ont une signification particulière pour la Hongrie au regard de ce contexte ; ils ont servi d’exemple du fait que la puissance du sport peut guérir les blessures et unir l’humanité” a déclaré Balázs Fürjes, président de la campagne Budapest 2024.
La capitale hongroise affiche la volonté d’utiliser ses monuments historiques, ce qui représente 26 sites prévus dans un rayon de 7km. Des casques de réalité virtuelle seront mis à disposition des délégués du CIO visitant Budapest afin de se figurer la grandeur du projet. La capitale magyare accroît également sa visibilité en organisant les championnats du monde de natation en 2017. Budapest se tourne vers une campagne ancrée dans la modernité, mobilisant les nouvelles technologies, mais sans se départir du patrimoine historique et architectural de la ville. Cette dualité semble donc refléter l’image actuelle de la Hongrie, entre héritages historiques lourds et volonté affichée de développement économique. Malgré ses bonnes initiatives, Budapest semble toutefois mal partie dans cette lutte. En effet, l’opinion publique apparaît très partagée. Nombre d’opposants ont tenté d’organiser un référendum citoyen pour bloquer la candidature, sans succès. De plus, la ville n’a pas vu les choses en grand lors de l’annonce de sa candidature. Aucune festivité n’avait été organisée alors que Paris avait présenté sa candidature à la nouvelle philharmonie de Paris, drapée de bleu-blanc-rouge pour l’occasion.

Nous verrons donc le 13 septembre si Paris 2024 n’était qu’un doux rêve ou si à trop suivre le soleil, Los Angeles s’est brûlé les ailes et a laissé Budapest conquérir le monde.
Justine Fortuny
LinkedIn
 
Sources :
• Revue « Sport et société », article du 20 octobre 2016 par Kévin Bernardi, « L’occasion pour le Mouvement Olympique de se réengager avec des villes de taille moyenne ». Consulté le 26 octobre 2016.
• Paris2024.org consulté le 18 novembre 2016.
• la24.org consulté le 18 novembre 2016.
• budapest2024.org consulté le 18 novembre 2016.
• Article de L’Equipe, « Quelles sont les forces et les faiblesses de Paris pour l’organisation des Jeux olympiques de 2024 ? », publié le 14 septembre 2016, consulté le 26 octobre 2016.
• RTL, article « JO 2024 : Paris dans le coup mais Los Angeles bénéficie du « contrat du siècle », publié le 23 août 2016 par Grégory Fortune, consulté le 24 octobre 2016.
• Site 20minutes, article « JO 2024: Slogan, logo et com’… On a comparé les candidatures de Paris, Los Angeles et Budapest » publié le 17 novembre 2016 par Romain Baheux, consulté le 18 novembre 2016.
Crédits photos :
• site 20 minutes. Propriété de la photo : agence presse SIPA.
• site www.paris2024.org
• site https://la24.org/
•site https://budapest2024.org/
• la Parisienne Crédit Paris2024
• l’Express, suivi live de l’événement, capture d’écran issue du direct de la cérémonie sur Dailymotion.
 

Société

"Mariés au premier regard", le laboratoire de l'amour

Alors qu’en ce mardi 8 Novembre les électeurs américains se ruaient aux urnes pour élire leur futur chef d’état, les experts de l’émission « Mariés au premier regard », diffusée ce même jour sur M6, s’affairaient pour trouver la moitié de célibataires français.
Sur les écrans de télévision pour la première fois, l’émission regroupait déjà plus de 3 millions de téléspectateurs impatients de savoir si M6 après « L’Amour est dans le pré » réitérerait l’exploit d’unir deux âmes en mal d’amour.
Le principe, quoi qu’osé, est simple. Des scientifiques, à l’aide d’une batterie de tests « scientifiques » établissent la compatibilité de célibataires qui, sur les bases des résultats obtenus, se voient attribuer un candidat du sexe opposé avec lequel ils devront se marier sans jamais l’avoir rencontré. Pour établir un couple, les participants hommes et femmes vont devoir passer par les filets d’un processus de sélection rigoureux : test olfactif pour définir l’odeur de leur futur partenaire, test sonore pour la voix, questions sur le biorythme (car il est impossible d’unir deux personnes n’ayant pas la même horloge biologique…) et enfin un questionnaire à choix multiples afin de mieux cerner les personnalités et les désirs de chacun. Le futur couple né de cet algorithme sentimental se marie puis passe six semaines de probable idylle en lune de miel avant de décider de rompre ou de conserver cette union.
Pour crédibiliser cette expérimentation scientifique de la rencontre amoureuse, M6 a réuni ses petits chimistes de l’amour. L’équipe est constituée de Catherine Solano, sexologue et andrologue (andrologie : spécialité médicale s’occupant de la santé masculine, en particulier pour les problèmes de l’appareil reproducteur masculin et les problèmes urologiques particuliers aux individus mâles ), Pascal de Sutter, docteur en psychologie et enfin Stephane Edouard, sociologue de couple (néologisme désignant un « conseillé de séduction » diplômé de… l’école de la vie).
Ce n’est pas la première fois que la chaine joue aux entremetteurs. En effet, durant onze saisons, la présentatrice de l’émission, Karine Lemarchand avait prouvé ses talents de madame Irma permettant à des agriculteurs français de rencontrer l’amour avec un grand « A ». Mais le traitement de la rencontre dans « Mariés au premier regard » est une innovation majeure dans le domaine de l’audiovisuel.
Alors que Stendhal, des années plus tôt, nous rendait la vision d’une scène de première rencontre passionnée et onirique entre Madame de Rênal et Julien Saurel, M6 nous donne à voir une expérience audiovisuelle froide et sans saveur, tentative illusoire d’une alchimie amoureuse.
La chaine part d’une hypothèse simple : qui se ressemble s’assemble. De là, elle établit son système de sélection pseudo scientifique. M6 met au point un véritable traitement médical audiovisuel du « virus célibat ». Les candidats sont traités comme des patients venant consulter docteur M6 dans l’espoir d’être soignés de l’épidémie de solitude amoureuse qui semble s’abattre depuis quelques années sur la population française. En effet, l’effervescence des applications de rencontre en ligne comme Meetic ou eDarling va dans le sens d’une difficulté croissante des célibataires à trouver l’amour par les voies « conventionnelles » de la rencontre physique. Les conditions plus traditionnelles de formation du couple se redéfinissent et bouleversent l’économie et le traitement audiovisuel de la rencontre. Surfant sur la vague des applications de rencontres organisées comme Tinder ou Happen, l’émission est ironiquement le fruit de ce triste constat de l’échec des rencontres traditionnelles et de la brièveté des unions maritales.
Mais alors que Tinder repose encore plus ou moins sur le principe de l’aléatoire et du hasard, M6 les nie fondamentalement. La première rencontre est cadrée, organisée, orchestrée minutieusement. De l’intimité de la sphère privée elle devient publique et construite à travers le prisme de l’écran. Déjà exploité par la chaine dans « l’Amour est dans le pré », ce système de mise en spectacle de la formation du couple conduit à la création d’un monde des sentiments illusoires. Cette lumière dirigée vers les mécanismes de la construction du couple (découverte des affinités, des odeurs, des goûts) fait office d’un aveu : celui de l’absence assumée de spontanéité de la construction audiovisuelle. Cette révélation brise l’enchantement télévisuel et trahit les intentions piégeuses, déjà largement soupçonnées par les téléspectateurs, de ce média. Le spectateur ne cède plus à la « suspension consentie de l’incrédulité » (Coleridge), et ne s’abandonne pas dans l’illusion de l’émission. Cet échec de l’enchantement se confirme dans la réception désastreuse de l’émission par les autres médias qui se complaisent de ne pas être « dupes » face à cette supercherie outrageante.
Pour le résultat de cette magnifique expérimentation rendez vous ce soir sur M6 à 21h.
Céline Jarlaud
Source et crédit photo:
M6 replay
twitter

1
Société

Les trans et la publicité commerciale : entre militantisme, image de marque et opportunisme médiatique

En tant que reflet supposé de nos sociétés, la publicité à le pouvoir d’orienter l’opinion publique par les représentations qu’elle propose. Ainsi, le recours plus fréquent dans les campagnes publicitaires à des membres de la communauté LGBT, en l’occurrence transgenres (personnes qui se sentent appartenir à un autre genre que celui que leur attribue leur état civil à la naissance) et transsexuels (personnes entreprenant des transformations physiques pour appartenir au sexe auquel elles s’identifient), est loin d’être anodin.
Souvent décriées ou au contraire applaudies, ces campagnes laissent rarement indifférent. On peut
dès lors interroger le rôle joué par ces récentes publicités et l’influence réciproque entretenue avec les évolutions sociétales.
Si ces campagnes apparaissent a priori comme l’un des symptômes d’une évolution des mentalités, leur pouvoir dépasse la simple fonction de miroir : ces publicités peuvent se faire le moteur des transformations positives de l’opinion aussi bien qu’elles peuvent alimenter les pires stéréotypes ou être source de confusion.
De la visibilité à la « normalisation »
Dans le cadre de sa campagne « Unlimited » sortie à l’occasion des JO de Rio 2016, Nike choisit le jeune athlète triathlonien Chris Mosier pour porter son message de marque dans un spot intitulé « Unlimited Courage ». Premier transgenre à intégrer l’équipe olympique masculine des Etats-Unis, Chris Mosier est avant tout mis avant par la marque pour ses performances physiques, sa détermination et sa capacité inspirante à repousser ses limites et non uniquement pour avoir transitionné de femme à homme. Cette campagne offre donc un regard neuf et valorisant qui, en donnant davantage de visibilité aux transgenres, permet de sensibiliser l’opinion à une question de société qui peine sortir du tabou.

 
Dans cette même optique, le choix d’égéries transgenres réalisé par des marques peut contribuer à une médiatisation positive des trans. Cela permet d’engager un processus de « normalisation » des trans dans la société, devenant plus présents, plus visibles et mieux représentés médiatiquement.
L’iconique campagne AW10 de Givenchy illustre cela parfaitement, mettant en vedette le mannequin transsexuel brésilien Lea T sans mettre pour autant l’accent uniquement sur sa transidentité.

De même, la marque canadienne de soins de la peau pour ados Clean & Clear a choisi Jazz comme égérie de sa campagne de 2015, une ado de 14 ans née dans un corps de garçon. Si ce choix peut sembler audacieux pour une marque grand public, il apparait tout à fait cohérent avec le positionnement de la marque dont le slogan est « See The Real Me » et l’objectif affirmé est d’accompagner les ados dans leur construction identitaire et l’acceptation de soi.

Enfin, on peut également penser à la surprenante et créative campagne réalisée par la marque Thinx proposant des protections hygiéniques novatrices répondant aux attentes de chacun. Intitulée « People with periods », cette campagne met à l’honneur un homme trans, le mannequin Sawyer DeVuyst.

Toutefois, les marques ne se contentent pas de servir la cause des transgenres en leur offrant un espace médiatique valorisant. Elles tentent en effet de marier leur image de marque avec les valeurs symboliques associées au choix de ces modèles encore atypiques. Etant le ressort même du marketing, ce mécanisme n’est pas en soi négatif, pourvu que le recours à des personnes trans reste cohérent avec l’identité de la marque…
Un buzz médiatique à double tranchant
Ces campagnes devenant quasi immanquablement virales, elles sont source d’une très forte audience (près de 3 millions de vues pour le spot Nike Unlimited Courage et 800 000 vues en cinq jours pour celui de Clear & Clean).
Dès lors, les marques ne seraient-elles pas tentées d’instrumentaliser le recours à des transgenres dans leurs publicités dans le simple but de « faire le buzz » ou pour tenter de capter, non sans opportunisme, une partie des valeurs progressistes, de tolérance, d’accélération de soi, etc. et de renvoyer une image de marque « moderne », « en accord avec son temps » ?
C’est du moins le sentiment que peut donner la dernière campagne de Google qui relate « The Story of Jacob and City Gym ». Ce spot de 2:30 minutes retrace le parcours de Jacob Wandering et sa transition, tout en vantant les mérites d’une salle de sport qui selon la propriétaire n’a pas pour but d’être « réservée à certains groupes » mais qui pourtant doit être « un véritable lieu d’appartenance ». Le message porté par Google apparaît assez confus, oscillant entre une certaine valorisation des transgenres et une présentation qui tend à les enfermer dans une catégorie « à part » plutôt qu’à normaliser leur statut au sein de la société. En outre, le lien entre cette histoire et l’objet du spot n’apparait pas clairement : on peine à comprendre qu’il s’agit d’une publicité pour le service « My Business » de Google dont le but est de donner plus de visibilité aux entreprises.
Le lien entre ce service et les trans est tout sauf évident.
On peut dès lors questionner la légitimité du recours à des transgenres pour cette publicité et se demander si ce n’est pas essentiellement le fruit d’une pure stratégie marketing…

Un opportunisme commercial loin de favoriser une évolution des mentalités
De nombreuses publicités semblent effectivement ne faire intervenir des personnes trans que pour pour surfer sur la vague médiatique que cela génère
En jouant sur un effet de surprise certainement déroutant car rompant avec le schéma typique de l’univers automobile (une jolie fille sexy séduisant la gente masculine), la mise en scène du mannequin androgyne Stav Strashko dans le spot publicitaire de 2013 pour la Toyota Auris tend à décrédibiliser les transgenres. L’effet de surprise repose effectivement sur le fait que cette jolie fille, que l’on souhaitait tant voir se retourner pour pleinement en apprécier la physionomie, révèle finalement un torse plat d’homme… Ce spot laisse entendre que, ce trans n’est ni une « vraie » femme, ni un homme, ce n’est qu’un mauvais ersatz de la « bombe » habituelle des publicités automobiles. Ainsi, le personnage trans apparait comme un élément choquant et décevant.

Par ailleurs, le jeu plus ou moins fin sur des stéréotypes que l’on aimerait autant voir totalement disparaître ne s’arrête pas là. Certaines campagnes, et parmi les plus décriées, n’hésitent pas à se moquer des personnes trans à travers une jolie compilation de clichés et de stéréotypes rétrogrades, le tout en introduisant une grande confusion entre transsexuels, transgenres, non-binaires et travestis.
On peut notamment penser à la publicité pour tampons de la marque Libra. Suggérant qu’une femme trans n’est pas véritablement une femme, le spot a par la suite été clairement reconnu comme étant transphobe avant d’être finalement retiré des écrans.

Le clip publicitaire ayant été supprimé, il n’est plus visible que sur la page web suivante : http://www.gentside.com/
Ainsi, si une apparition plus fréquente des trans dans les campagnes publicitaires peut casser certains tabous, leur utilisation marketing semble moins favoriser une évolution des mentalités que contribuer à la perpétuation des stéréotypes.
Jouissant d’une influence non négligeable, les campagnes publicitaires font bien plus qu’accompagner les évolutions sociales. Par les représentations qu’elle propose des membres de la société, la publicité conserve donc le pouvoir d’orienter de manière plus ou moins insidieuse le degré d’ouverture des esprits.
Maïlys Vyers

linkedIn
Pour aller plus loin:
http://lareclame.fr/127660-magnum-travestis-competition-xavier-dolan

Culture Week – Des chats, des chiens, des enfants et des trans

Une publicité diffusée pendant Fierté Montréal choque la communauté trans [Le Devoir]


Sources :
« Nike’s Latest Ad Stars Chris Mosier, the First Transgender Athlete on a U.S. National Team Part of brand’s ‘Unlimited’ series », Kristina Monllos pour Adweek le 8 novembre 2016

« Un premier athlète trans en vedette dans une pub de Nike », Arti Patel pour The Huffington Post Canada le 8 novembre 2016
« Team USA’s Chris Mosier Is First Transgender Athlete Featured in Nike Ad », Mari Brighe pour Advocate, le 8 novembre 2016

« Find out the touching story behind Lea T’s Givenchy ad », Zing Tsjeng pour Dazed, le 8 novembre 2016

« Pour la 1ère fois, une ado trans est l’égérie d’une marque grand public », Ludivine D. pour La Réclame le 8 novembre 2016

« Thinx, la marque de protections hygiéniques, sort sa pub avec un homme trans », Juliette Von Geschenk pour MadmoiZelle, le 8 novembre 2016

« Meet the Gym Owner Featured in Google’s Transgender Ad », Suzanna Kim pour abc News, le 8 novembre 2016

« Une publicité retirée des écrans car elle se moquait des trans », Quentin Girard pour Libération, le 8 novembre 2016

 
 

Société

La pilule pour homme: c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?

Décembre 1967, les femmes opprimées, mais les femmes libérées… par la loi Neuwirth. Celle- ci abroge les articles du code de la santé qui réprimaient la propagande anticonceptionnelle et autorise l’importation et la fabrication des contraceptifs. Depuis, the star, c’est elle : la pilule, ou contraception hormonale orale féminine.
En 2010, selon une étude de l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la santé), 71% des femmes de moins de 35 ans prennent la pilule pour éviter la grossesse. Et du
côté des hommes ? Eh bien toujours ce bon vieux condom, et pour cause ! Les recherches en
matière de contraception hormonale masculine menées depuis les années 70’, sont un véritable
échec, sans parler du terrible manque de communication en la matière. Mais alors pourquoi,
frein scientifique, sociologique ? En tout cas, cela ne semble encore être qu’un doux rêve.

Vade retro spermato !
Bien que les scientifiques et les chercheurs ne se soient pas dorés la pilule ces dernières
décennies, les résultats des recherches pour la contraception masculine pourraient être plus
féconds. Après tout, nous sommes au XXIème siècle et il est grand temps que la contraception
soit l’affaire de tous. « Les hommes devraient s’impliquer, c’est aussi à nous d’assumer le non-
désir d’enfant » préconise Pierre Colin, cofondateur d’ARDECOM, association créée en 1978
pour la recherche et le développement de la contraception masculine. En 2009, l’INPES tapait
dans le mille avec sa campagne pour sensibiliser tous les citoyens à la contraception. Un
discours qui envoie promener les attentes des téléspectateurs avec une campagne publicitaire inversant les rôles : et si les hommes tombaient « enceinte » à cause d’un oubli de pilule ?
Si pour des raisons évidentes, les hommes ne sont pas sujets d’une grossesse, ils pourraient bien
être les seuls responsables directs de la contraception dans le couple : depuis les années 70’,
plusieurs techniques ont été inventées. À ce jour, il existe trois méthodes principales de
contraception pour homme :
–    La contraception hormonale, reconnue par l’OMS (Organisation Mondiale de la
Santé) et testée sur plus de 1500 hommes ces quarante dernières années.
–    La contraception masculine thermique, mise au point au CHU (Centre Hospitalier
Universitaire) de Toulouse et qui consiste à remonter les testicules vers le haut du
corps dans le but d’augmenter leur température, qui passe alors de 34°c à 37°c,
permettant ainsi de diminuer significativement, voire supprimer, les
spermatozoïdes.
–    Et enfin, la vasectomie, une méthode marginale et brutale, car définitive.
Un intérêt grandissant donc… Mais toujours rien de probant !
Soyons clairs : scientifiquement parlant, la pilule pour homme existe déjà. Elle est testée en
France depuis les années 70’, notamment par le Docteur Soufir, médecin à l’hôpital Cochin à
Paris. Pourtant, sa commercialisation n’est pas pour demain, et le meilleur moyen de s’en rendre
compte est d’analyser le sujet du point de vue de la communication et de la médiatisation.
L’année 1982 est importante dans l’histoire de la contraception puisque c’est à cette date que
l’interdiction de toute publicité pour les contraceptifs est supprimée. Cependant, jusqu’à ce jour
la communication à ce sujet est un échec retentissant : mis à part la pile d’articles qui rappellent
que tout cela est bien joli mais pas encore tout à fait réalité, les informations sur le sujet sont
rares. Sur Internet, il est presque impossible de trouver des résultats concrets pour la
contraception masculine. Par exemple, le youtubeur Pitoum explique dans l’une de ses vidéos
que l’association française pour la contraception a produit une web-série pour présenter les
différentes méthodes de contraception. Belle initiative ! Mais voilà, sur les six épisodes en
ligne, un et seulement un, nous avertit de l’existence d’un contraceptif masculin : le préservatif.
Alors à quoi tient l’origine de ce flop communicationnel, ou plutôt cette absence de
communication ?
Une pilule qui a du mâle à passer
Cause de ce silence quasi parfait ? Très probablement la dimension sociologique du sujet, la
pilule étant le symbole historique de la libération des femmes. Dans un article du magazine
Society, le docteur en sociologie Cyril Desjeux explique que « La contraception masculine […]
peut être perçue comme un retour à une forme ancestrale de domination masculine vis-à-vis des
femmes qui se sont battues pour maîtriser leur corps : la pilule, c’est un droit qu’elles ont gagné ;
la pilule masculine, ce serait comme leur retirer ce droit. »
Mais cela n’empêche en rien une évolution des mentalités. Le 27 mars 2015, l’émission Les
maternelles lance une étude auprès de ses « maternautes ». Résultat : 60 % des femmes se
disaient prêtes à confier la responsabilité de la contraception à leurs hommes. Cela ne veut évidemment pas dire que ces messieurs se sentent parés pour une telle expérience, loin de là.
Beaucoup d’hommes disent ne pas être prêts à assumer la responsabilité de la contraception au
sein du couple ou considèrent encore la prise de la pilule comme une atteinte à leur virilité.
Par ailleurs, l’un des principaux arguments rédhibitoires seraient les potentiels effets
secondaires liés à la contraception masculine (acné, comportement dépressif, augmentation
significative de la libido chez les hommes), ce contre quoi certains acteurs s’insurgent. En effet,
les mêmes effets secondaires existent en ce qui concerne la pilule, hormis la libido qui a plutôt
tendance à baisser. Au début du mois de novembre, une vidéo sur Facebook mettait en scène
une jeune femme se moquant avec ironie des hommes ayant abandonné les tests de
contraception masculine parce qu’ils ne pouvaient supporter les effets secondaires. « Pauvres
garçons ! » blague-t-elle, « toutes les femmes les ont subis». C’est aussi l’idée qu’a voulu
transmettre Courrier International cette semaine, « il est temps de s’y mettre, les mecs ! ».
La pilule pour les hommes n’est donc pas prête à voir le jour pour le moment. En fait, la
meilleure méthode contraceptive pour ces messieurs reste encore de bonnes vieilles chaussettes dans les sandales !
Camille Laine
Sources:

COUTARD Hélène, LEGRAND Victor « Une pilule qui passe mâle » Society, 17-24 octobre 2016 consulté 20/11/2016; accessibilité Paris Sorbonne Universités
RODIN Gaëlle, DESFFRESNNES Marie, « Et si les hommes tombaient enceintes ? » Madame le Figaro, 25 septembre 2009. Consulté 01/11/2016
LEMBEZAT Carole « Contraception. La pilule pour homme, ce n’est pas pour demain. » Courrier International. Publié le 02/11/2016. Consulté le 02/11/2016
Marcos Ministère de la Santé INPES, vidéo diffusée en 2009. Consulté le 20/10/2016
Chaine YouTube « humour, parodies, concerts et diaporamas » 22/10/2009
GUERRE François, THIEBAUD Olivier, LAPLATTE Stéphane, MENEGHETTI, web-série Mégabit :
tout sur les idées reçues en contraception, Consulté le 25/10/2016.
PITOUM (chaîne YouTube) «La contraception masculine – HARDSCIENCES #4» Publiée le 05/04/2016, consulté le 25/10/2016
Page facebook Fusion

Crédits:

Magazine Society,  illustrations de Pierre La Police, photo à la Une
madame.lefigaro.fr